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Le premier enseignement du Bouddha

 
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Jean-Sherab
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MessagePosté le: 27/11/2006 18:48:47    Sujet du message: Le premier enseignement du Bouddha Répondre en citant

Le "Dhammacakka sutta".

Les Quatre Nobles Vérités.



I. Ainsi ai-je entendu : une fois le bienheureux se trouvait au parc des gazelles, à Isipatana (le (Séjour des sages) près de Varanasi.

Les deux extrêmes

II. Puis le Bouddha s’adressa aux cinq ascètes : « Ô moines, celui qui a renoncé à le vie du monde ne doit pas s’abandonner au deux extrêmes. Quels sont ces deux extrêmes ? C’est se complaire dans les objets désirables pour les sens, ce qui est bas, vulgaire, terrestre, vil, indigne et sans profit et c’est se vouer aux mortifications, ce qui est douloureux, indigne et sans profit.

Le Chemin du milieu

III. « Ô moines, évitant ces deux extrêmes, le Tathagatha a réalisé le Chemin du milieu. Celui-ci donne la vue, il donne la connaissance, il conduit à la tranquillité, à la connaissance suprême, à l’Eveil, au Nibbana.

IV. Et quel est ce chemin du milieu, ô moines que le Tathagatha à réalisé ? C’est simplement le Noble Octuple Sentier, à savoir : la vue juste, la pensée juste, la parole juste, l’action juste, les moyens d’existence justes, l’effort juste, l’attention juste, la concentration juste. Tel est le Noble Octuple Sentier réalisé par le Tathagatha. Il donne la Vue, il donne la connaissance, il conduit à la tranquillité, à la connaissance suprême, à l’Eveil, au Nibbana.

Les Quatre Nobles Vérités

V. Voici, ô moines, la Noble Vérité de la souffrance (dukkha) : La naissance est souffrance, la maladie est souffrance, vieillir est souffrance, la maladie est souffrance, la mort est souffrance, le chagrin et les lamentations, la douleur, l’affliction et le désespoir sont souffrance, être uni à ce que l’on n’aime pas ou ce qui déplaît est souffrance, être séparé de ce que l’on aime ou de ce qui plaît est souffrance, ne pas obtenir ce que l’on désire est souffrance. En bref, les cinq agrégats de l’attachement sont souffrance.

VI. « Voici, ô moines, la Noble Vérité de l’origine de la souffrance : c’est le désir, lié au plaisir et à la convoitise, qui produit les renaissances. Il fait ces délices de ceci et de cela, autrement dit, c’est le désir tendu vers le plaisir des sens, le désir de l’existence ou du devenir et le désir de la non-existence ou de l’annihilation.

VII. « Voici ô moines, la Noble vérité de la cessation de la souffrance. C’est la complète extinction du désir, l’abandonner, y renoncer, s’en libérer, s’en détacher.

VIII. Voici, ô moines, la Noble Vérité du sentier conduisant à la cessation de la souffrance. C’est simplement le Noble Octuple Sentier, à savoir : la compréhension juste, la pensée juste, la parole juste, l’action juste, les moyens d’existence justes, l’effort juste, l’attention juste, la concentration juste.


Les douze aspects de la sagesse

IX. "Telle est la Noble Vérité de la souffrance. Ainsi, ô moines, concernant ces choses non-entendues auparavant, s'élèvèrent en moi la vue, le savoir, la sagesse, la vision pénétrante et la lumière."

X. "Telle est la Noble vérité de la souffrance telle qu'ele doit être parfaitement comprise.Ainsi, ô moines, concernant ces choses non-entendues auparavant, s'élèvèrent en moi la vue, le savoir, la sagesse, la vision pénétrante et la lumière."

XI. Telle est la Noble Vérité de la souffrance, qui a été comprise. Ainsi, ô moines, concernant ces choses non-entendues auparavant, s'élèvèrent en moi la vue, le savoir, la sagesse, la vision pénétrante et la lumière."

XII. "Telle est la Noble Vérité de l'origine de la souffrance. Ainsi, ô moines, concernant ces choses non-entendues auparavant, s'élèvèrent en moi la vue, le savoir, la sagesse, la vision pénétrante et la lumière."

XIII. "Telle est la Noble Vérité de l'origine de la souffrance, telle qu'elle doit être abandonnée. Ainsi, ô moines, concernant ces choses non-entendues auparavant, s'élèvèrent en moi la vue, le savoir, la sagesse, la vision pénétrante et la lumière."

XIV. "Telle est la Noble vérité de l'origine de la souffrance, qui a été abandonnée. Ainsi, ô moines, concernant ces choses non-entendues auparavant, s'élèvèrent en moi la vue, le savoir, la sagesse, la vision pénétrante et la lumière."

XV. "Telle est la Noble Vérité de la cessation de la souffrance. Ainsi, ô moines, concernant ces choses non-entendues auparavant, s'élèvèrent en moi la vue, le savoir, la sagesse, la vision pénétrante et la lumière."

XVI. "Telle est la Noble Vérité de la cessation de la souffrance, telle qu'elle doit être comprise. Ainsi, ô moines, concernant ces choses non-entendues auparavant, s'élèvèrent en moi la vue, le savoir, la sagesse, la vision pénétrante et la lumière."

XVII. "Telle est la Noble Vérité de la cessation de la souffrance, qui a été comprise. Ainsi, ô moines, concernant ces choses non-entendues auparavant, s'élèvèrent en moi la vue, le savoir, la sagesse, la vision pénétrante et la lumière."

XVIII. "Telle est la Noble Vérité du chemin conduisant à la cessation de la souffrance. Ainsi, ô moines, concernant ces choses non-entendues auparavant, s'élèvèrent en moi la vue, le savoir, la sagesse, la vision pénétrante et la lumière."

XIX. "Telle est la Noble Vérité Du chemin conduisant à la cessation de la souffrance, tel qu'il doit être pratiqué. Ainsi, ô moines, concernant ces choses non-entendues auparavant, s'élèvèrent en moi la vue, le savoir, la sagesse, la vision pénétrante et la lumière."

XX. Telle est la Noble Vérité du chemin conduisant à la cessation de la souffrance, qui a été pratiqué. Ainsi, ô moines, concernant ces choses non-entendues auparavant, s'élèvèrent en moi la vue, le savoir, la sagesse, la vision pénétrante et la lumière."

Eveil non proclamé

XXI. "Aussi longtemps, ô moines, que ma vision de la vraie connaissance n'a pas été entièrement claire dans ces trois aspects et ses douze fonctions concernant les Quatre Nobles Vérités, je n'ai pas prétendu avoir réalisé l'illumination parfaite, qui est suprême dans cemonde avec ses dévas, ses maras et se brahmas, dans ce monde avec ses ermites et ses brahmanas, avec ses princes et ses hommes."

Proclamation de l'Eveil

XXII. "Mais lorsque ômoines, ma vision de la vraie connaissance a été entièrement claire dans ses trois aspects et ces douze fonctions concernant les Quatre Nobles Vérités, alors j'ai proclamé que j'avais réalisé l'illumination parfaite, qui est suprême dans cemonde avec ses dévas, ses maras et ses brahmas, dans ce monde avec ses ermites et ses brahmanas, avec ses princes et ses hommes."

XXIII. "En effet, la vision de la vraie connaissance s'est élevée en moi, de sorte que la délivrance de mon esprit est inébranlable. Ceci est la derrnière naissance. Il n'y aura plus désormais d'autre devenir."

Remarques sur le sermon

XXIV. Ainsi parla le Bouddha. Les cinq moines furent heureux et se réjouirent de ses paroles. Pendant l’exposé de la doctrine, le Vénérable Kondanna eut la vision pure et immaculée de la vérité et il réalisa : « Tout ce qui est soumis à la causalité est aussi soumis à la cessation ».


(extrait du livre du Dr. Rewata Dhamma "Le premier enseignement du Bouddha" éd. Claire Lumière.)


Qu'en pensez-vous? Vous choque-t-il? Vous parle-t-il? Y-a-t-il des notions ou des idées qui vous échappent ou qui vous posent question?

C'est un enseignement très important et qui est parfois négligé aujourd'hui. Il importe qu'il soit bien compris. Bien que moi-même je ne l'ai pas entièrement saisit vu qu'il ne prend sont sens complet et définitif qu'à l'Eveil je suis prêt à en discuter avec vous. Et je vous recommande la lecture du livre référencé ci-dessus si vous voulez en savoir plus. Wink


NB: J'avais fait une faute dans la retranscription, la souffrance vient d'être unis à ce que l'on aime pas, pas à ce qu'on aime. Wink


Dernière édition par Jean-Sherab le 29/11/2006 11:21:51; édité 1 fois
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MessagePosté le: 27/11/2006 18:48:47    Sujet du message: Publicité

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Jean-Sherab
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MessagePosté le: 28/11/2006 12:20:26    Sujet du message: Re: Le premier enseignement du Bouddha Répondre en citant

Jean-Sherab a écrit:



I. Ainsi ai-je entendu : une fois le bienheureux se trouvait au parc des gazelles, à Isipatana (le (Séjour des sages) près de Varanasi.

Les deux extrêmes

II. Puis le Bouddha s’adressa aux cinq ascètes : « Ô moines, celui qui a renoncé à le vie du monde ne doit pas s’abandonner au deux extrêmes. Quels sont ces deux extrêmes ? C’est se complaire dans les objets désirables pour les sens, ce qui est bas, vulgaire, terrestre, vil, indigne et sans profit et c’est se vouer aux mortifications, ce qui est douloureux, indigne et sans profit.

Le Chemin du milieu

III. « Ô moines, évitant ces deux extrêmes, le Tathagatha a réalisé le Chemin du milieu. Celui-ci donne la vue, il donne la connaissance, il conduit à la tranquillité, à la connaissance suprême, à l’Eveil, au Nibbana.

IV. Et quel est ce chemin du milieu, ô moines que le Tathagatha à réalisé ? C’est simplement le Noble Octuple Sentier, à savoir : la vue juste, la pensée juste, la parole juste, l’action juste, les moyens d’existence justes, l’effort juste, l’attention juste, la concentration juste. Tel est le Noble Octuple Sentier réalisé par le Tathagatha. Il donne la Vue, il donne la connaissance, il conduit à la tranquillité, à la connaissance suprême, à l’Eveil, au Nibbana.



La mortification est une vue extrêmiste.

Ce sont les cinq renonçants que le Bouddha avait rejoint alors qu'il avait pris la décision de ne plus suivre de maître mais de chercher la vérité sans préjugés.
Il les avait quitté après avoir entendu venant de la rivière face à lui lors de ses exercices de mortification, un père expliquant à son fils comment manier la barque pour la pèche. "Suis la voie du milieu" dit le père à son fils.
A ces mots le Bouddha compris qu'il était passé d'un extrême à l'autre. La mortification du corps n'avait pas plus de sens et d'utilité pour la voie spirituelle que la vie de plaisir qu'il menait dans son palais avant de partir dans sa quête du remède universel à la souffrance.
Croire que la souffrance physique par l'affaiblissement du corps permettait de liberer l'esprit est une erreur, il quitta donc le groupe des cinq ascètes pour continuer son chemin seul. Plutard après son Eveil sous l'arbre de a Bhodi à Bodhgaya, c'est à eux qu'il pensa en premier pour enseigner ce qu'il avait trouvé.
C'est donc à ces cinq ascètes extrêmistes qu'il donna d'abord son enseignement afin de les faire sortir de leur égarement. Telle est la Voie du milieu. Cette vois du milieu,le Bouddha luidonnera des extention plus vaste et notement métaphysique et psychologique dans ses enseignements ultérieurs. Cet enseignement étant une introduction extrêmement abrégée de son enseignement.

La complaisance dans les désirs sensuels, une vue extrêmiste.

La voie du milieu exclu donc les macérations et les mortifications, elles sont sans profit. Mais dit le Bouddha se complaire dans les plaisirs des sens. "C’est se complaire dans les objets désirables pour les sens, ce qui est bas, vulgaire, terrestre, vil, indigne et sans profit". Le mot important ici est "se complaire", le plaisir, le désir en eux-même ne sont pas indignes, il est comme nous le verrons plus loin un des facteurs lié au fonctionnement égocentrique de l'esprit. Le problème survient lorsqu'il n'est pas objectivé reconnu pour ce qu'il est et qu'il entraîne l'esprit dans la complaisance sensuelle, il devient alors source de dérèglement intérieure et de souffrance. C'est moins le désir le problème que les stratégies qu'il induit afin d'être maintenu, afin d'être rendu permanent, c'est cela quiproduit la souffrance. C'est cette disposition de l'esprit qu'il faut comprendre par "se complaire dans les objets désirables". Cette idée d'une nécessaire objectivation du désir, c'est-à-dire la reconnaissance de sa relativité de son caractère produit nous embête en Occident (et en Orient aussi d'ailleurs). Nous n'aurons aucun problème à abandonner les mortifications et encore nous sommes parfois victime en Occident d'une forme subtile de mortification qui est une forme de "culpabilité destructrice". Par contre toucher au désir est resentit comme une atteinte à ce qui caractérise l'existence humaine, aujourd'hui le désir est dit libéré. Le désir peut-être mais ceux qui s'y adonnent aveuglément non. Notre civilisation entière se donne comme objectif de répondre et assouvir les plaisirs des sens, produisons!, consommons! Or la frustration ne s'éteint pas pour autant, elle croît au fur et à mesure que les possibilités de choix explosent et qu e la création de nouveau besoin se multiplient ou au contraire que les possibilités d'aquérir ce qui est offert diminue. Les effets individuels et collectifs d'un tel mode de pensée sont, de tout temps et en tout lieu, l'insatisfaction, l'insécurité, l'agressivité, la violence et ultimement la guerre.
Mais au-delà de l'aspect culturel le désir lié à des projets pour l'avenir, le désir envers le sexe opposé, etc. toutes ces choses prennent une autre dimension lorsqu'on travaille sur cette complaisance. Nos rapports à ces choses prennent un caractère plus libre et plus ouvert, les relations se décrispent et prennent par là un caractère plus riche et moins autocentré.
Il n'y a pas à poser de jugement moralisant sur notre manière de vivre, votre humble serviteur est en plein dedans. Le Bouddha ne moralise pas, il prend acte, il objective, il parle en terme de causes et d'effets plutôt que de bien et de mal, il fait de l'expérience intérieure un objet d'étude. C'est ce que nous verrons avec l'analyse de Dukkha, la souffrance. Ainsi le Bouddha n'est pas un politicien ou un marchant, il ne cherche pas à plaire ou vendre quoi que ce soit. Il dit les choses telles qu'elles sont, sans détour. Ainsi il dit lui même "j'enseigne un chemin qui va à contre-courant" son enseignement va à l'encontre de l'opinion du monde. Il dit qu'il n'est pas un sauveur, croire en lui ne nous fera pas avancer d'un yota vers l'Eveil. Ainsi il dit lui-même "je montre le chemin" rien de plus.
Le Bouddha est un médecin en un sens éminent, parce qu'il soigne les maladies de l'existence en traitant les causes. Il fait un diagnostique 1er Noble Vérité. Il identifie la cause de la maladie, 2eme Noble Vérité. Il affirme que la guérison existe parce qu'il est lui-même guérit, 3eme Noble Vérité. Il administre le remède, 4eme Noble Vérité.


Mais comme le dit le point III les bénéfices de cette voie ne se limite pas à un bien être relatif, ce qui est déjà très bien par aillieurs. Mais à terme c'est à un autre régime d'existence que nous invite le Bouddha. "Ô moines, évitant ces deux extrêmes, le Tathagatha a réalisé le Chemin du milieu. Celui-ci donne la vue, il donne la connaissance, il conduit à la tranquillité, à la connaissance suprême, à l’Eveil, au Nibbana." Le Nibbana en Pali ou Nirvana en sanskrit, désigne l'état inconditionné d'existence, un état de connaissance parfaite, un état de paix inébranlable. Nous le verrons plus en détail à la troisième Noble Vérité. Comment y parvenir c'est le Point IV que le Bouddha expliqua au point VIII sur la Quatrième Noble Vérité. Nous le verrons aussi plus en détail.



N'hésitez pas à poser des questions? A donner vos impressions. Wink


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Jean-Sherab
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MessagePosté le: 29/11/2006 16:35:02    Sujet du message: Re: Le premier enseignement du Bouddha Répondre en citant

Jean-Sherab a écrit:


La première Noble Vérité.

V. Voici, ô moines, la Noble Vérité de la souffrance (dukkha) : La naissance est souffrance, la maladie est souffrance, vieillir est souffrance, la maladie est souffrance, la mort est souffrance, le chagrin et les lamentations, la douleur, l’affliction et le désespoir sont souffrance, être uni à ce que l’on n’aime pas ou ce qui déplaît est souffrance, être séparé de ce que l’on aime ou de ce qui plaît est souffrance, ne pas obtenir ce que l’on désire est souffrance. En bref, les cinq agrégats de l’attachement sont souffrance.




Dukkha est une notion très vaste. Il est difficile de le traduire on pourrait le traduire par souffrance ou plus présisément par le "réel sous sa modalité souffrante". En fait c'est ce qu'il y a a comprendre, ayant compris Dukkha on en est libéré. Ainsi le Bouddha dit:

"Qui voit dukkha, voit la naissance de dukkha, voit la cessation de dukkha et voit le chemin conduisant à la cessation de dukkha" (Sumyutta Nikaya).

Bref qui comprend la première Noble Vérité comprend les quatre. On voit comment le Bouddhisme est un exercice de compréhension circulaire. Nous sommes sous l'emprise universelle de Dukkha (1er), nous en reconnaissons les causes (2em), étant le résultat de cause nous comprenons que sa cessation est possible (3em), nous empreintons le chemin le chemin qui conduit à la cessation (4em) ainsi Dukkha est progressivement vu pour ce qui l'est. On voit pourquoi le Bouddhisme n'est pas un nihilisme, dukkha ne disparaît au Nirvana pas il est élucidé, compris et par la pred toute emprise sur l'esprit. La relation d'aliénation est remplacée par une relation de connaissance.

Dukkha est alors reconnu dans ses trois caractéristiques:

- Dukkha est souffrance. en effet bien des fois nous sommes tellement emporté par nos conditionnements que nous ne voyons pas que nous souffrons, nous ne voyons pas l'ensemble des mécanismes à l'oeuvre, entraîné par l'enchainement des événements interieurs et extérieurs. Plus que ça un Bouddha voyant toutes les relations à l'oeuvre voit l'ensemble des implications de dukkha non seulement pour lui mais pour tous les être de tout temps et en tous lieux.

- Dukka est impermanent. C'est ça nature et la non reconaissance de l'impermanence empêche la reconnaissance de dukkha et sa libération. C'est parce que nous ne voulons pas accepter l'impermanence, parce que cherchons par de multiples stratégies à maintenir une permanence envers ce qui par nature n'en a pas que nous souffrons. Ainsi nous cherchons activement à maintenir la manifestation des choses plaisantes permanente et à maintenir la non-manifestation
des choses déplaisantes permanente. Le dukkha dans toute sa diversité étant impermanent les efforts et stratégies pour maintenir ces "permanences" prennent énormément d'énergie et produisent beaucoup de souffrances, pour de toute façons un jour où l'autre être détruit puisque leur nature est impermanente. Et cela ne fusse que par la mort.

- Dukkha est insubstantiel. Là aussi c'est sa nature. Etant le résultat de causes et de conditions elle ne posède pas de nature propre. Ainsi le Bouddha réfute l'existence de substances éternelles comme l'âme ou une éventuelle "matière primordiale". Nous verrons ça plus en détail dans les posts suivant.

L'interdépendance de ces trois caractèristiques définit la nature de dukkha.

De ce point de dukkha reste assez théorique et on a du mal à voir ce que c'est pour nous dans nos vies. Dukkha comprend trois manières de se manifester:

Ce sera pour la prochaine

N'hésitez pas à poser des questions et si vous avez une meilleurs connaissance de ce sujet n'hésitez pas à y mettre votre grain de sel


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Jean-Sherab
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MessagePosté le: 30/11/2006 19:49:18    Sujet du message: Le premier enseignement du Bouddha Répondre en citant

La première Noble Vérité suite...

Dukkha se manifeste dons de trois manières.
Les deux premières sont assez vite accessible, la troisième se révèle au fur et à mesure du cheminement.

La première est dukkha dukkha c'est-à-dire la souffrance ordinaire.

"La naissance est souffrance, la maladie est souffrance, vieillir est souffrance, la maladie est souffrance, la mort est souffrance, le chagrin et les lamentations, la douleur, l’affliction et le désespoir sont souffrance, ..."

Voici la souffrance dans sa manifestation la plus immédiate, elle ne demande pas d'explication particulière, elle est le "produit fini" de dukkha.


être uni à ce que l’on n’aime pas ou ce qui déplaît est souffrance, être séparé de ce que l’on aime ou de ce qui plaît est souffrance, ne pas obtenir ce que l’on désire est souffrance.

Elle est la souffrance liée à l'impermanence, ce qui est plaisant parce que les conditions changent soit disparaît provoquant la souffrance de la perte soit devient source de déplaisir. Ce qui est déplaisant parce que les conditions changent vient à se manifester. Bref tous les événements intérieures et extérieures parce qu'il résultent de cause et de conditions sont soumis aux changements qui produisent alors toute la gamme des souffrances décrites dans la première forme de dukkha.


En bref, les cinq agrégats de l’attachement sont souffrance.

C'est là qu'est la forme la plus subtile de souffrance, les cinq agrégats constituent dukkha lui-même. Ils sont les éléments de la production conditionnée. En effet, étant dukkha, il sont souffrance, impermanence et insubstantiel. Les comprendre c'est en être libéré, en être libéré c'est les voir dans leur fonctionnement sans être prisonnié de leurs action. En fait dukkha mobilise de nombreux éléments interdépendants, néanmoins à des fins pragmatiques le Bouddha commença par enseigner ces cinq agrégats qui sont suffisant pour comprendre le mécanisme à l'oeuvre et les appliquer à une méditation analytique.

Le premier agrégat est celui de la Matière.

La matière est ici quelque chose de plus vaste que dans notre culture. C'est d'une part la matière grossière, qui est en gros la manière telle que nous la pensons en Occident c'est-à-dire des agrégats d'atomes formant des molècules. Cette conception n'a rien de très nouveau en Inde et en Grèce cette conception était très répendue. A cela s'ajoutte une forme de matière plus subtile que l'on désigne généralement par "énergie" est sont traditionnellement symbolisé par les 4 éléments (terre, feu, eau ,air) plus l'éther ou "mana". C'est quatre éléments sont associés à un organe des cinq sens, la terre pour le touché, le feu pour la vision, l'eau pour le goût et l'odorat, l'air pour le l'ouïe. L'éther pour l'"organe mental". Ces cinq énergies se prolongeant dans le domaine d'objet propre à chaque organe. Ainsi le jeu des associations et des dépendances entre ces divers agrégats d'atomes et d'énergie crée à la fois les organes et leur domaine d'objet si bien que l'agrégat de la matière englobe tout les aspects de la matière qu'il soit intérieur ou extérieur. Ainsi dans divers interprétations ultérieures (le plus célèbre étant le traité du "Bardo Thodhol") le flux des agrégats interdépendant continue à produire s'est effet si bien que la seul matière qui reste, constituant le cadavre est les agrégats d'atomes, une forme de "matière subtile" peut transmigrer après la cessation du corps organique.

Le second agrégat est celui de la sensation

En dépendance du premier agrégat naît la sensation. la sensation est la réponse en terme de sensation plaisante, déplaisante ou neutre qui résulte du "contact" entre un organe et son domaine d'objets. Sensations produites par le contact des formes visuelles et de l'oeil, des sons et l'oreille, etc.. jusqu'à le contact des objets mentaux avec l'organe mental (organe mental qui est plus que le cerveau bien que celui-ci en fasse sans aucun doute partie). L'organe mental n'est donc pas d'une nature supérieure aux autres organes dans sa constitution étant un élément parmi d'autres de ce qui fait une personne, on comprend par ce qui précède comment le bouddhisme et les autres pensées orientales en général ne séparent jamais complètement corps et esprit.

Le troisième agrégat est la perception

La perception naît en dépendance de la sensation et a pour fonction de reconnaître l'objet. Comme pour la sensation, la perception est de six types selon le domaine des sens correspondants.

Le quatrième agrégat est les formations mentales ou actes volitionnels.

C'est ici que se situe le noeud de la production de l'expérience, parce que c'est ici qu'intervient le karma c'est-à-dire littéralement "l'acte", la saisie, la "soif" c'est la racine du mouvement, "ce qui se porte vers" tel objet de perception, tel objet mental, etc. C'est à ce niveau qu'est produit la multiplicité des expériences individuelles bonnes ou mauvaises car c'est ici que la volonté intervient. "La volition est une construction mentale. Sa fonction est de diriger l'esprit dans la sphère des actions bonnes, mauvaises ou neutres". Ainsi 52 activités mentales sont répertoriées bonnes, mauvaises ou neutres en fonction de leur capacité à liberer ou à affliger l'esprit. La confiance, la honte, l'aversion et le haine, le désir, la volonté la concentration, l'attention, etc.
Plus loin nous verrons comment ces facteurs s'enchaînent mais ne nous embrouillions pas d'avantage. Le karma, l'acte posé à un moment donné induit alors une semence qui induira une réactions similaires dans des conditions similaires à celles où à été posé cet acte.
Plus tard dans le Mahayana. (Le Grand Véhicule développement ultérieur du bouddhisme par opposition au Petit Véhicule ou Teravada ne reconnaissant que les textes du Canon Pali ceux que nous utilisons maintenant pour cette présentation) ce mécanisme va faire l'objet d'explication et d'investigation plus précise et cet agrégat comprendra une conscience supplémentaire la conscience-tréfond qui viendra compléter le mécanisme, bien que son fonctionnement soit différent elle rapelle ce qu'on entend en Occident par "inconscient" (le maître ouvrage pour ce sujet est "la somme du Grands Véhicule" d'Asanga éd. de l'Institut Orientaliste de Louvain-La-Neuve).

Le cinquième agrégat est celui de la conscience.

La conscience apparaît en dépendance de l'ensemble du mécanisme. et l'on voit qu'elle vient finalement après la conscience étant toujours "conscience de... quelque chose". La conscience ne reconnaît pas les objets, ça c'est la perception qui le fait, la conscience est simplement une attention à, le fait de "s'aviser de la présence de l'objet". Ainsi la conscience s'avise de la présence du "bleu" mais c'est la perception qui reconnaît le "bleu" comme étant du "bleu". "Bleu" qui fait alors l'objet de la volition d'une manière ou d'une autre et produit les productions discurssives qui auront comme réponses émotions créant d'autres sensation de plaisirs, déplaisirs, neutres qui appèlerons d'autre volition, d'autre actes mentaux, etc. ...
Dès lors la conscience est un flux elle apparaît et disparaît perpétuellement dans un continuum où ces moments de conscience sont lié entre eux par la causalité. Mais ce flux n'est pas reconnu comme tel et la saisie (4em agrégat) cherche à solidifier ce flux (effort illusoire) et donne la sensation d'un moi, d'une continuité, d'une entité substantielle, éternelle, solide. Le verbe qui convient le mieux à la conscience est celui de "voir". La conscience n'est pas non plus à confondre avec la notion d'esprit, l'esprit est utilisé dans des dévelloppement ultérieur du bouddhisme et prend un sens bien plus vaste que la conscience car la conscience est toujours conditionnée, elle n'apparaît qu'en dépendance d'un phénomène.

Où est le Soi?

Le Bouddha a été très clair la dessus. Un jour qu'un de ses disciples pensait exposer la notion de conscience à un ami. La conscience "est se qui sent, éprouve les résultats des actions bonnes ou mauvaises ici et là". En entendant ces paroles le Bouddha relevat cette affirmation et dit: "A qui m'avez-vous enseigner la doctrine de cette manière, ô stupide? Shocked Laughing N'ais-je pas de beaucoup de manières expliqué la conscience comme naissant de conditions" ("l'enseignement du Bouddha, d'après les textes les plus anciens" Walpola Rahula éd. Seuil, coll. point sagesses). Là où notre tendance habituelle nous pousse à faire de la conscience une chose, une entité indépendante douée d'une existence propre, le Bouddha montra que la nature de la conscience était insubstantielle.
Dès lors si le mode d'existence de la conscience n'est pas la substance quel est son mode d'existence? La conscience est le résultat de la production conditionnée, les cinq agrégats n'aissent en dépendance les uns des autres. On ne voit dès lors le "moi" nulle part! Il n'est pas dans un des agrégats, chaque agrégat naissant en dépendance les un des autres aucun de ceux-ci ne peut réclamer le droit d'être le fondement du "moi". Il ne peuvent pas exister séparément puisqu'il dépendent mutuellement les uns des autres pour apparaître. Il n'est pas quelque part entre les agrégats. Il n'est pas dans un, deux, trois, quatre ou même les cinq. Est-il alors dans leur somme, dans la totalité? non. Si tel était le cas il ne serait pas cinq mais un, s'il était un il serait substantiel, s'il était substantiel il ne serait pas le résultat de la production conditionnée, s'il n'était pas le résultat de la conditionnée il serait permanent et si il était permanent il n'y aurait pas de fin à la souffrance.

Or il n'a pas d'existence propre, il n'a qu'une existence en dépendance. Les agrégats n'existent pas en eux-même, ils se conditionnent mutuellement seul ils n'existent pas, ils naissent les uns des autres, ils sont interrelatifs, ils apparaîssent relativement les un aux autres. Dès lors s'ils sont le résultats de causes et de conditions, ils sont insubstantiels, s'ils sont insubstantiels ils sont impermanents, s'ils sont impermanents la souffrance peut prendre fin.
Qu'est-ce que le "moi" alors dans ce flux impermanent, d'où naît ce sentiment? Lui aussi naît en dépendance, il n'est qu'un des facteurs mentaux de l'agrégat des actions volitionnelles (le quatrième) mais c'est celui là qui engendre le plus de saisies, il est à la base de la "soif", du désir, de l'aversion etc. Le désir de retourner ce flux en "centre", le désir d'obstruer le jeu infiniment mouvent du réel en y projettant des îlots compacts qui déjà ne cherche qu'à s'attirer ou à se repousser ou même à se détruire, le désir de chosifier le réel, la volonté de mettre un pilote dans ce qui n'en a jamais eut besoin, voilà la cause de la souffrance.

Quelles sont les conséquences d'une telle conception de la personne c'est qu'elle n'est pas un machin tout solide qui devrait "perdurer dans l'être" comme disait Spinoza, qu'elle n'est pas une citadelle assiégée en perpétuelle insécurité, devant identifier les amis et ennemis afin de contraindre le monde à sa volonté. En réalité les bénéfices personnels et collectifs d'une telle compréhension de la personne en tant qu'enchevêtrement de relations sont incalculables. Ne fusse qu'à dédramatiser la vie mentale pour être plus capable de comprendre la vie tout court, sa vie, son histoire. Mais plus qu'une compréhension intellectuel c'est à une compréhension intuitive que nous invite la Bouddha. La quête du plus précieux des trésors, le travail d'une vie, une liberté sans commune mesure.

Il n'y a donc rien dans dukkha de tristounet, de déprimant, rien de lugubre ni de mélancolique. Quand on lit les enseignements du Bouddha il n'a rien d'une souche morte. Il donne inlasablement des enseignements à ceux qui le demande, va à la rencontre des gens est décrit comme souriant, il fait même rire à l'occasion. L'abandon de tout désir ne semble pas déssécher ou dévitaliser les gens bien au contraire, il faut comprendre pourquoi. Et il faut surtout comprendre qu'on devient capable de l'abandonner que lorsque on a plus l'impression de perdre quelque chose mais de gagner. Ou plutôt de ni gagner ni perdre, c'est autre chose qui se met en place. Ca c'est le rôle de l'Octuple Sentier.

C'est ce que nous verrons dans la deuxième Noble Vérité et les suivante. Wink


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Jean-Sherab
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MessagePosté le: 02/12/2006 11:10:55    Sujet du message: Le premier enseignement du Bouddha Répondre en citant

Jean-Sherab a écrit:


La seconde Noble Vérité.

VI. « Voici, ô moines, la Noble Vérité de l’origine de la souffrance : c’est le désir, lié au plaisir et à la convoitise, qui produit les renaissances. Il fait ces délices de ceci et de cela, autrement dit, c’est le désir tendu vers le plaisir des sens, le désir de l’existence ou du devenir et le désir de la non-existence ou de l’annihilation.



Ici le Dr Réwata Dhamma traduit (tanha) par désir, le Vénérable Walpola Rahula quant à lui le traduit par "soif" ce qui est la traduction la plus courante. Mais ce n'est pas seulement la "soif" ce qu'elle induit comme enchaînement, c'est la "soif" lié aux plaisirs et à la convoitise. La "soif" oriente l'être vers les objets conçu comme plaisant produisant une stimulation agréable, stimulation qu'il cherche à faire perdurer par la répétition, c'est là qu'apparaît la convoitise. L'être convoite alors tous les objets susceptibles de réactiver cette stimulation, "Il fait ses délices de ceci et de cela".
Le terme "soif" rend bien l'idée de quelque chose qui n'en a jamais fini d'avoir "soif" quelque chose qui n'en a jamais fini de devoir être assouvit et qui n'aboutit qu'à l'insatisfaction appelant encore à la satisfaction orientent encore vers d'autres objets tout aussi deçevant.

C'est à ce niveau qu'il faut parler du karma. Le karma signifie "acte", comme nous l'avons vu c'est la "volition", c'est là qu'est la racine volontaire du fonctionnement des cinq agrégats. Les trois premier ne sont pas vraiment volontaire quant au cinquième il est conditionné par le quatrième, bien qu'il ne soit pas le résultat fini, tout les éléments sont à a fois conditionné et conditionnant. Mais le karma est donc l'acte mental qui entraîne la "soif" et par la suite l'attachement, entraînent le l'enchainement des actes physiques et verbaux. La "soif" est donc un mouvement de saisie. Ce mouvement de saisie est d'abord orienté vers les objets mentaux, c'est à ce niveau là que le travail doit d'abord se faire.

Quand on entend qu'il faut abandonner le désir on croit que cela se joue au niveau des objets extérieur qu'il faut rejetter les objets plaisants. En réalité si on pense comme ça on va se soumettre à des sentiment de manque, de privation, qui risque de nous faire percevoir la voie spirituelle comme une punition. Nous ne sommes pas des ascètes, nous ne vivons pas au temps du Bouddha, parler comme le Bouddha l'a fait à ses cinq amis ascètes cela a du les soulager de comprendre que il ne devaient pas se meurtrir pour se liberer. Mais le même enseignement ne nous soulage pas mais nous choque, voir nous révulse. Peut-être même que c'était le souhait du Bouddha. En effet, je me souviens lorsque j'entendais pour la première fois des enseignements sur ces choses, j'étais épaté par la pertinence des propos "enfin un enseignement qui me dit ce que je vis et le "comment" de cette vie et le "comment" de sa transformation et pas seulement quelques théories philosophiques qui bien que belles, pertinentes et sensées ne me disaient toujours pas concrêtement comment "faire", comment agir sur l'esprit pour atteindre ces idéaux éthiques et existentiels qu'elles promettaient" (qulqu'un a-t-il seulement déjà été kantien? peut-être même pas Kant lui-même). Néanmoins, parfois un petit noeud dans le ventre me disait "oui, c'est vrai mais je ne veux pas que ce soit comme ça", toutes mes idées sur la vie et ce qu'elle devait être se manifestait et s'opposaient devant ce discours. La vie c'est l'éclat, c'est le mouvement, c'est "se sentir" engagé dans le monde, "faire" pour les autres, rencontrer, exulter, "se sentir vivre", oui il y aa des hauts et des bas mais enfin c'est comme ça la vie! Dès lors, le désir est imaginé comme le moteur de ce "se sentir vivre", qui doit nous pousser en avant et créer, produire, échanger, amasser, construire, etc. Dès lors, on se dit assez logiquement que si le désir disparaît tout cela disparaît aussi et n'est remplacé par rien, qu'on devient soit insensible, soit morne. D'aillieurs il nous difficile est d'imaginer une vie sans désir, les seules images que nous avons en tête c'est celle de la dépression, celle d'une forme de haine du monde culpabilisée ou misanthrope, ou même l'impuissance sexuelle. Ce ne sont pas là le résultat d'une pratique d'abandon du désir basé sur une spiritualité authentique mais des déséquilibres voir des pathologies du désir. De nombreux médecins s'intéressent d'ailleurs à ces pratiques pour soigner certaine de ces pathologies.
Or, avec un peu d'analyse on se rend compte d'une part que cette définition de la vie comme le besoin de se sentir vivre à travers des expériences etc. n'est pas vrai que c'est une sorte de justification idéologique afin nous éviter de regarder les choses en face. Heureusement pour moi je souffrais juste assez pour voir que cette conception de la vie était mensongère. D'ailleurs "se sentir vivre", comme si la vie avait besoin d'être attestée régulièremment comme si on devait bien se convaincre qu'on vit bien, "oui là je me sens vivre! ok je vis, ouf!". N'est-ce pas la peur de la mort, le besoin de se rassurer sur un possible anéantissement qui nous pousse à reproduire cette attestation. D'autre part, l'idée que l'abandon du désir, de la "soif" entraîne une perte de relation au monde, un dévitalisation c'est faux, nous l'avons déjà dit la relation qui s'élabore progressivement c'est un lien dont la nature est celle des "quatre illimités", un sentiment mèlé de compassion, d'amour, de joie et d'équanimité, en vérité il n'y a rien de plus vital.

Mais nous n'en sommes pas là! Nous sommes dans le désir et convenablement, nous partons donc de beaucoup plus loin non seulement que ces ascètes (ou plutôt il était aussi loin que nous mais dans l'autre sens) mais peut-être aussi que de certaine des personnes vivantes dans des sociétés où ce genre de conception est valorisée. Notre culture est entièrement branchée sur ce "se sentir vivre". Dès lors est-ce seulement possible de prendre ce chemin? oui absolument. Pourquoi parce que la voie du Bouddha est beaucoup plus subtile et intelligente qu'un simple rejet du monde, elle nous prend là où nous sommes avec ce que nous sommes en nous apprenant à nous observer et à nous comprendre pas seulement ou même pas nécessairement en nous disant d'abandonner les objets du désir ou avec des raisonnements complexes mais en nous montrant la racine de la souffrance en nous ammenant à en observer le fonctionnement. Et cette racine c'est la "soif", le karma, la volition. Ce sont des synonymes. En effet, pas besoin d'abandonner des objets, abandonner l'objet, le rejetter ne changera rien à la tendance volitive, elle sera toujours là et trouvera un autre objet pour assouvir la "soif".
Par la méditation on travaille sur ce noeud qu'est là "volition", "l'acte mental" et on rééduque la volition pour qu'elle puisse aussi apprendre à la "lacher" et plus seulement à "prendre". On travaille alors sur le remplacement de facteur mentaux quicet fois sont libérateurs. On cherchera par exemple à remplacer cette "soif" par les facteurs mentaux de l'attention et de la concentration. Nous y reviendrons dans le Sentier Octuple. Aujourd'hui on entend plus que des discours sur le "lacher prise" etc. Mais le "lacher prise" n'est pas le lacher des objets, des événements et des personnes mais la relachement de la "volition mentale", c'est donc un "lacher prise" intérieur dont il s'agit.
Ce "lacher prise" est une travail de longue haleine. Il se travaille sur de nombreuses années, il faut un peu de détermination mais les fruits extérieurs sont là et viennent d'eux-même. Bien sûr on peut se dire tel acte (sans parler des actes répréensibles, tuer, voler, etc... ce qui va de soit) petit à petit je vais l'abandonner, on peut faire des voeux, mais pas dans un jugement culpabilisant et rigoriste parce que la méditation viendra nous aider petit à petit à le "lacher" sans que un sentiment de manque vienne nous faire perdre notre joie de vivre. Parce que c'est ça l'objectif c'est de remplacer peu à peu le besoin de "se sentir vivre" par la simple "joie de vivre" sans qu'aucun artifices extérieurs ne doivent venir nous rappeler à l'existence. Parce que sa source est intérieure.

Il y a évidement des désirs dont la force est plus grande que d'autres, pas besoin de vous faire un dessin. Là aussi les choses s'appaisent petit à petit selon les circonstances. Mais là non plus vous ne risquez pas l'impuissance. Néanmoins même envers ces désirs très puissant on peut travailler dans l'immédiat sur l'analyse des effets de ce type de désir. Par exemple je vois un corps de femme cela produit du plaisir s'il me paraît plaisant, mais si c'est sur cette seule forme que se produit le plaisir, déjà je suis appelé à une autre forme ou je transforme celle-là dans mon imagination afin de maintenir la stimulation du plaisirs, il me faudra combien de ces images ou de ces transformations phantasmatiques pour maintenir cela? jusqu'au moment où viendra nécessairement la lassitude. Bilan de l'oprération rien, nada! Où plutôt si des empreintes karmiques, des actes mentaux qui seront la cause d'actes mentaux futurs. Dès lors lorsque nous sommes dans la concupicence ne nous jugons pas, observons comment l'esprit agit dans cette situation, comment agit la "soif" pour produire la "saisie" et l'"attachement" à ces images mentales, comment il fait pour pousser à l'action physique et verbale. Evaluer les avancées et éventuellement les reculs dans la pratique par des questions du genre :"Est-ce que cela à encore de l'impact? beaucoup? moins qu'avant? etc. ?" Après posons un constat objectif sur l'enchaînement de ces actions, faisons un bilan sur les satisafactions et insatisafactions, sur leur capacité à nous aporter une vrai paix en terme de bien être pour nous même et les autres et pas seulement en terme de soulagement momentané. Si le bilan en terme de bien-être total pour nous même et autrui est positif si cela l'a fait croitre c'est qu'on est dans le bon pour le moment. Si sur une plus longue période on voit que le même comportement produit un bilan négatif pour autrui et pour nous c'est que ce comportement est inadéquat et qu'on doit travailler sur celui-ci afin de le désamorcer par la méditation.

Donc partons de là où nous sommes et en nous imposons pas de trop grands idéaux qui pourraient devenir des fardeaux. On voit comment fonctionne la Voie du Milieu. Lorsqu'on sent qu'on va trop dans les plaisirs sensuels que cela produit des dérèglements dans notre comportement reprenons l'effort par une pratique combinée de la méditation et de l'abandon des actes en question. Si on cherche à abandonner quelque chose et que cela produit un trop gros manque d'un coup, relachons un peu l'effort et ainsi de suite de cette manière l'effort sera juste et gardera une certaine douceur.
A partir de là on comprend que cela est un chemin progessif et qui peut être adapter à chacun.
Le Bouddha n'enseignait pas qu'à des moines, il enseignait aussi à des laics à plusieurs reprises il donna des conseils à des gens venu lui demander comment mener la vie dans le monde. Il donnait génralement des conseils sur la famille, encouragait la monogamie, le respect mutuel des époux, la fidélité, le respect des serviteurs et des maîtres, une conception égalitaire des êtres, donnait des conseils sur la gestion des royaumes, comment gèrer les deniers du ménage, des héritages famillaux, comment organiser les dons aux déshérités etc. et seulement après il expliquait la nature de dukkha et la pratique méditative. Le Bouddha n'a jamais opposé la spiritualité au monde. Néanmoins ceux qui désiraient développer les qualités d'un Eveillé pousser leurs efforts au-delà. C'est pour cette raison qu'on ne doit pas juger du degrés d'engagement d'une personne dans une voie spirituel. Certains chercheront un bien-être et un confort spirituel relatif, d'autres seront prêt à engager plus de temps et d'effort dans la voie pour dépasser les connaissances et les réalisations relatives mais il n'y a pas à dire l'engagement total est bien l'engagement à moitié ces mieux et l'engagement léger c'est mal. L'important c'est que la part totale de bonheur, de compréhension, de bien-être, de sagesse, de joie, augmente dans le monde.
Certain aurons de plus gros attachement que d'autres à certaines choses et modulerons leurs efforts en fonction de cela, certain se sera la colère, la curiosité pour la vie des autres, d'autres le besoin du regard approbateur d'autrui à travers des oeuvres, d'autres l'attraît érotique ou le plaisir de l'achat, du chopping, pour d'autre l'amour des jeux de concepts, etc. parfois tout ça en même temps. Le mot clef c'est compassion, d'abord sans quoi rien n'est possible la compassion envers soi, accepter ses limites, ses lachetés, ses turpitudes sans quoi on ne pourra pas les abandonner sans s'y relier sainement, on ne voudra pas les voir, on les niera et on souffrira lorsqu'elles se manifesteront. La compassion, l'acceptation de ce qu'on est est aussi un long travail.


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MessagePosté le: 02/12/2006 13:21:47    Sujet du message: Le premier enseignement du Bouddha Répondre en citant

2emme Noble Vérité (suite)


Alors quoi on ne pourra plus faire tout ça? Il y aura des choses qu'on abandonnera facilement parce que elles sont sans intérêt, d'autre qu'on abandonnera avec un long travail et qu'on finira par abandonner parce que elle ne nous manquerons plus grace à la stabilité intérieure acquise par la méditation et le développement dans le courant de conscience des "quatre illimités", d'autres qui resterons peut-être mais de manière assainies. D'autres encore que nous arriverons à voir comme les causes d'un Bonheur authentique, celles-là devrons être encouragée et faire l'objet d'une assiduité progressive, afin de les pousser à leurs plein accomplissement. C'est essenntiellement l'Octuple Sentier, les "quatre illimités" et ce qu'on appelera aussi les 6 paramitas.
De manière générale, le Bouddha à montrer que la "soif" n'était pas le seul moteur de l'existence ni le plus utile et efficace. Les oeuvres, la tendresse même la sexualité toutes ces choses peuvent s'accomplir sans que la "soif" entre en ligne de compte. Les même choses mues par la sagesse des "quatre illimités" gagnent en authenticité et en gratuité.

Mais que cela ne vous empêche pas de faire du chopping Wink Vous acheterez non plus mue par la "soif" mais par la joie ça fait toute la différence. Satisfaite de peu ce sera aussi le porte-feuille qui sera plus heureux et peut-être aussi ceux à qui vous ferez des cadeaux ou l'une ou l'autre associations d'utilité publique.

Donc voilà la racine, la volition mentale qui nous pousse à saisir et entretenir les objets mentaux. La volition saisit même les pensées déplaisantes si bien que la saisie, la soif est un mode mental pour une grande partie incontrôlée. Elle est l'acte volontaire par excellence, la source de la volonté et en même est largement instinctive et non-controlée. C'est là que le Bouddhisme réfute une certaine conception du libre arbitre, la liberté n'est jamais inconditionnée, l'idée que l'espace d'un instant on puisse s'extraire de ses déterminations pour faire un choix libre est une vue l'esprit. Tant que nous ne serons pas des Bouddhas nos choix seront conditionnés. Ce qui ne veut pas dire que la liberté et la possibilité de choix n'existent pas mais leur pouvoir réel est fortement relativisé.
Ainsi lorsqu'une pensée désagréable apparaît à l'esprit suite à des causes et des conditions, situations etc. Au lieu de la lacher et d'arriver à ce détendre la laissant se dissoudre d'elle-même nous la saisissons si bien qu'un "karma", un "acte" est produit donnant une force à cette pensée si bien qu'au lieu de partir elle restera et produira son action, une sensation de malaise, etc. . Au lieu de laisser passer, de lacher prise, d'abandonner la pensée nous la prenons pour comme la sortir de notre conscience, ce faisant nous produisons l'effet exactement inverse à celui voulu. Nous sommes donc vraiment dans l'ignorance de ces mécanismes et même lorsque nous le comprennons intellectuellement cela ne change pas encore grand chose, il faut appprendre à lacher par l'entraînement à la méditation durant plusieurs années ne fusse que quelque minute par jours (5 à 10 minutes), pas besoin de retraite intensive dans une grotte pendant 20 ans.
De manière générale nous sommes alors envahit de pensée de toutes sortes agréables et désagréables voulant nous attacher aux premières et rejetter les secondes. Mais dans tout les cas il y a égarement et souffrance. D'abord parce que la "soif" qui est à la source des volitions est tellement conditionnée, tellement automatique que elle saisit indistinctement formes mentales agréables et désagréables. Deuxièmement parce que ce n'est pas parce que une formes mentales (concepts, idées, souvenir, phantasmes, émotions) a des effets agréables sur le moment que elles sont source d'un bien-être réel, leurs concéquences sur le moyen et long terme peuvent déteriorer la paix, le contentement, le sentiment de sécurité, l'estime de soi, pousser à des comportements négatifs, etc.
Exemple la colère, sur lemoment on s'y attache, elle semble être légitime, on ne la lachepas parce que elle nous fait du bien, elle nous rassure dans nos choix, elle est le signe de notre sentiment d'avoir été lésé, qu'une injustice à été commise contre nous, etc. Elle sera peut-être le moteur d'acte qui engendrerons plus de malheur que de solution. Et après ... la colère restera là, elle aura été entretenue, même valorisée par nous mais petit à petit elle détruira notre joi de vivre, notre bien être, les même paroles, les mêmes images reviendront, les mêmes sénario de réparation tourneront en tête, etc. Alors est-ce qu'il faut se laisser faire? non! Mais encore une fois la recherche d'une solution et même de justice se fera plus éfficacement si on cherche à contrôler la colère. De cette manière les actions sont moins incontrôlée et de surcroît on fait en sorte que la colère ne nous détruise pas pendant et après. L'idée qu'il faut que la colère sorte sinon on la garde en soi n'est pas juste jusqu'à un certain point parce que avant qu'on doive en arrivé à faire sortir la colère il est possible de ne pas la laisser entrer et s'installer. Mais là non plus ne pas culpabiliser parce qu'on se met en colère c'est un mécanisme normal de l'"ego" qui cherche à proteger le "moi" et le "mien". dès lors ne pas se facher de s'être facher mais prendre tout événement intérieur et extérieur comme support de pratique. Objectiver, le prendre comme un travail à réaliser, pas comme étant la production substantiel d'un "moi" substantiel mais la le jeu de l'interdépendance.
Enfin parce que l'agitation mentales produit des périodes d'euphories suivies de période de dépression plus ou moins important selon les personnes, qui fatigue l'esprit, l'encombre et le rende insatisfait.

De plus on peut continuer longtemps a comparer les deux modes de rapport à l'esprit on ne saute pas à un courant de conscience largement dominé par l'ignorance et la "soif" à un courant intégralement imprègné de la sagesse lumineuse et des "quatre illimités". Pendant longtemps en fait on peut comparer les fois où on à réussit à "lacher prise" et les fois où on a échoué à ne pas se laisser prendre par la "soif" et la volitions mentales. On peut comparer les effets en termes de bien-être, d'aisance émotionnelle, les effets direct dans la vie et dans nos relations avec les autres, etc. Parce que pendant des années nous allons alterner échec et réussite du "laché prise", tant que notre habileté mental n'est pas suffisament avancée il nous arrivera de louper le coche. Pour une maîtrise pas totale mais suffisante il faut, 7, 8, 9 ans selon les gens. Mais les bénéfices en termes de bien-être, de compréhensin, de stabilité émotionnelle, de bonheur et d'harmonie relationnelle elle sont là dès les première années, voir les premiers mois, faut quand même compter une petite années de pratique quotidienne pour que l'on voit vraiment la différence. Pour certaine ce sera peut-être moins je sais pas. Mais quant on réussit il y a pas photo!
Je n'ai encore rencontré personne, bouddhiste ou pas, qui m'ait dit "je regrète de m'être mi à la méditation, je préferais avant". Au début on a peut-être l'impression d'avoir du mal et de se prendre la tête pour rien alors on a des gens qui veulent arrêter mais avec un peu de persévérance et de patience et une fois passé ce cap alors on a plus envie de retourner en arrière. Ca existe peut-être mais je ne connais pas.


C'est ici qu'on doit parler du karma et après du désir d'annihilation..se sera pour la prochane .. Wink


Dernière édition par Jean-Sherab le 09/12/2006 09:07:20; édité 2 fois
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MessagePosté le: 05/12/2006 18:05:13    Sujet du message: Le premier enseignement du Bouddha Répondre en citant

Terminons la Deuxième Noble Vérité en la reprenant rapidement.

Citation:
« Voici, ô moines, la Noble Vérité de l’origine de la souffrance : c’est le désir, lié au plaisir et à la convoitise, qui produit les renaissances."


Nous avons vu en abrégé comment se produit l'enchainement des éléments qui engendre la souffrance. La dernière partie de la phrase: "qui produit les renaissances" est à lier aussi à la partie de la phrase si dessous qui dit : "le désir de l'existence et du devenir".

Au première abord, on pense ici à la théorie des renaissance, de la transmigration. En effet cette transmigration est engendrée par la "soif", celle-ci ne s'éteingnant pas elle engendre la continuation du flux de conscience sous son mode égocentrique, ce qui l'entraîne à reprendre naissance sous une forme ou une autre, en fonction du "fruit" de ses acte passés. C'est le désir du devenir ou de l'existence

Citation:
"Il fait ces délices de ceci et de cela, autrement dit, c’est le désir tendu vers le plaisir des sens, le désir de l’existence ou du devenir"


Nous avons déjà vu cela plus haut.

Citation:
"et le désir de la non-existence ou de l’annihilation."


Ce désir peut prendre plusieurs forme. Il peut prendre un sens de nihilisme matérialiste, il n'y a pas de karma, pas de vie après la mort et les actes n'ont pas de conséquence. Bon maintenant on peut dire qu'il y a un marérialisme humaniste qui cherche la responsabilité à travers la raison. Ce n'est pas parce que Anne morelli a envie d'étrangler Monseigneur Léonard à chaque débat qu'elle le fait, elle sait qu'il y aura des ocnséquences. Very Happy
L'autre c'est a volonté de non-existence, l'idée d'une dissolution pure et simple de toutes formes d'existences. Viens ensuite, et à mon sens ces tendances-ci ne sont que des formes moins radicale de la précédente, les désirs d'autodestruction, les "je ne suis rien", l'autopunition, l'autodénigrement, l'idée de ne pas en valoir la peine. Ces tendances sont plus ou moins présente en chacun de nous. Ainsi les échecs, les actes manqués, l'autosabotage, la culpabilisation maladive, toutes ces choses qui plus ou moins consciement nous disent que notre existence est plus ou moins sans valeurs.

Le désir d'existence et le désir de non-existence ne sont que deux modes d'un même mécanisme qui est celui de la saisie dualiste ou égocentrique, c'est-à-dire la croyance en l'existence d'un soi qui existe réellement comme une entitée séparée et qu'il faudrait soit renforcer, faire perdurer, soit dans le deuxième cas annihiler, on entre laors dans des logiques de sacrifice, etc.
Or cela n'a pas de sens de vouloir annihiler ou sacrifier ce qui n'a jamais existé. Dans les deux cas on est dans l'illusion d'un Soi existant entretenu par la "soif".

Donc pour réaliser la nature de dukkha il faut abandonner ces deux désirs qui en dernière analyse s'alimentent de la même illusion.
Dès lors, est formulé dès le premier enseignement la fameuse formule "ni nihilisme, ni essentialisme".

La prochaine ce sera sur le rapport entre karma et liberté. Wink


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MessagePosté le: 14/12/2006 13:20:55    Sujet du message: Le premier enseignement du Bouddha Répondre en citant

Le karma nous l'avons vu est la "volition", le "mouvement qui porte à la saisie" dès lors le karma se réalise toujours dans le présent. C'est important parce qu'on à pris l'habitude de penser le karma comme une dette, c'est-à-dire comme une charge qui détermine notre présent de telle manière que celui-ci serait totalement déterminé.
En effet le karma présentement produit impregne l'esprit de telle manière que les actes passés pèsent plus ou moins fortement selon les circonstances sur le présent et les actes présent donc détermine plus ou moins fortement le futur. Mais ce background d'actes passé est appelé "fruit". Le terme "karma" étant réservé stricto sensu aux actes mentaux et physiques présents. Pourquoi "fruit" parce que ce qui détermine le présent n'est pas le résultat brut à l'identique d'un acte du passé mais la "maturation" des actes passés. Maturation qui veut dire que dans l'esprit les différentes imprégnations interagissent et donc se modifient mutuellement. Néanmoins on parle par commodité de karma pour désigner ce background et on utilise aussi l'adjectif de karmique pour désigner les éléments lié à ce processus. Les conséquences karmique donc, d'un acte négatif pourra être diminuer dans leur négativité par une réparation des dégâts, si la réparation n'est pas possible et même dans le cas où elle est possible par un remord constructif c'est-à-dire la mise un place d'un travail spirituel visant à corriger le travers qui à aboutit à cet acte négatif.
Il faut évidement que ce remord soit mu par une réelle intention de ne plus faire souffrir pas celle de s'arranger avec son "karma". Certain pense le karma comme une banque où on fait fructifier ses acquits. En fait le penser de cette manière c'est produire un karma médiocre. Cette compréhension superficielle du karma a eut dans le bouddhisme la même fonction que la peur de l'enfer et la promesse du paradis dans le christianisme. Le but était de civiliser les peuples par la peur, ce qui n'est peut-être pas la meillieur manière de moraliser la vie mais qui à du moins un impact positif sur la vie sociale pour des gens et à des époques où l'instruction était très faible. Cela dit et heureusement la plupart des gens même peu instruit n'ont pas besoin de la peur pour être bien agir ou même être altruiste et l'instruction ne suffit pas à faire quelqu'un de vertueux.
Mais le "karma" à donc d'une manière plus subtile plusieurs composantes. Nous l'avons vu le "fruit" c'est-à-dire les effets présents de la "maturation" des actes passés dans l'esprit. Ensuite le karma lui-même. L'acte mental de la volition induisant la saisie mental, l'attachement et les actes verbaux et physiques en découlant. C'est un processus mental assez rapide et dont nous avons vu que nous n'en avions pas la maîtrise totale. Ca c'est un mécanisme de base mais d'un point de vue éthique ce mécanisme de base en relation avec le "fruit" induit des comportements mentaux plus élaboré qui ne se limitent plus aux mécanismes mentaux formel (comme la saisie, attention, etc.) mais qui élaborent des contenus de pensées pour justifier ces actes, ce sont les motivations ou intentions. Nous fabriquons des motivations à nos actions qui cherchent à justifier le sens de nos actions. L'intention est donc un élément fondamental du karma. Si par exemple on agit bien en apparence avec l'intention d'"améliorer son karma", le karma produit sera médiocre. En effet l'action altruiste en apparence aura une motivation à finalité égoïste. Pire évidement si on agit pour le bien en apparence même avec des conséquences bénéfiques dans l'immédiat, et que la motivation est celle d'une stratégie cherchant à tromper les autres ou a dissimuler l'objectif réel de notre action, les conséquences à moyen et long terme seront négatives car le fruit des actes mentaux est implacable. Le "fruit" n'est donc pas un juge externe ni un juge interne qui compterait les points et avec qui on pourrait s'arranger, ce sont les actes mentaux eux-mêmes qui participent à imprimer la voie de réalisation de leur conséquences. Notre responsabilité envers nos actes est totale mais dans l'immédiat immergé dans l'ignorance nous sommes incapables d'en assumer la totalité parce que nous n'avons pas la sagesse suffisante pour en voir toutes leurs conséquences à court, moyen et long terme. Dès lors il faut travailler en maximum sur l'intention morale et en même temps être capable d'assumer notre finitude et notre caractère limité lorsque les conséquences de nos actes n'ont pas l'effet escompté. La aussi la compassion envers soi est nécessaire.
En réalité, peu de nos intentions sont pures. Souvent elles sont impures dans le sens ou elles ne sont presque jamais dénuées d'égocentrisme ou très rarement purement altruiste. Par exemple on peut avoir l'intention de poser une action altruiste pour quelqu'un et qu'ensuite l'idée d'un profit personnel apparaîssent, ne fusse que penser au plaisir du regard approbateur d'autrui, ou le fait d'être en accord avec notre conscience et nous éviter par là une culpabilité quelconque. Ou l'inverse on a une intention en grande partie egoiste et qu'une justification altruiste vient après coup. Dès lors, on peut se gargariser sur le fait qu'on agit pour les autres et il faut toujours souhaiter que ce soit le cas mais les mécanismes égocentriques sont tels qu'il est difficile de pouvoir être sûr qu'on est dans un altruisme pur. Il est préférable de chercher à développer une telle motivation par un effort permanent et rester conscient qu'en attendant on reste sans doute largement dans des mécanismes égocentriques. Comme ça on risque pas de prétendre plus qu'on ne peut réellement.
L'un des objectifs de la pratique méditative liée au développement de la sagesse c'est de purifier l'intention jusqu'à ce qu'elle deviennent purement altruiste et qu'à terme l'autre deviennent plus important que soi sans que cela devienne une dénégation ou un sacrifice douloureux de soi. La aussi l'entraînement à l'altruisme, portant l'intention au sens cognitif (vigilence, attention) et l'intention au sens moral sur autrui, un tel entraînement de l'esprit participe (avec la méditation et la sagesse) au décentrement et à l'abandon de la saisie d'un "soi" solide et réel.
Ce n'est pas pour rien que les études en neurobiologie par imagerie cérébrale montrent que les personnes engagées dans l'aide et le service aux autres (psychologique, associatif, social, etc. ...) montrent des modifications du fonctionnement du lobe préfrontal et de l'amydale similaire à ceux que l'on trouve dans le cerveau des méditants et qui montre une plus grande résistance aux émotions négatives. ("Surmonter les émotions destructrices", Daniel Goldman, éd. Robet Laffont).

L'autre composante du "karma" sont les conséquences. Selon les écoles on donne plus ou moins d'importance aux conséquences. Pour certaine les conséquences des actions involontaires n'ont pas du tout d'effets karmiques, pour d'autres ils en ont. Mais les actions volontaires ont toujours des conséquences karmiques même si des actions de nature inverses viennent contre-balancer ou transformer leurs effets directes, voir disparaître par l'action d'un travail conscient et sincère de transformation. Une histoire pour illustrer ce propos raconte qu'un jour où le Bouddha voyagait, il se prit une épines dans le pied, il dit "ce sont les dernier effets karmiques des conséquences d'un acte posé contre une personne que j'ai tué il y a plusieurs centaine de vie". Derniers effets puisque dans ses vies antérieures le Bouddha alors qu'il était encore dans ses vies néfastes trouva la mort, même entré dans ses vies bénéfiques où il commença son travail spirituel, sa vie fût plusieurs fois mise en danger. Lorsqu'il devint un haut bodhisattva il offrit sa vie à plusieurs reprises par amour pour les êtres. Donc le remort, la purification, la reconnaissance des actes, le travail de réparation sont des actes qui permettent à la fois de modifier le courant de conscience et de faire que nous ne poserons plus ce type d'acte à l'avenir, voir que nous aurons développer un détachement tel que nous serons devenu capable de prendre la souffrance sur nous pour secourir les autres.
On voit que les intentions et les conséquences laissent des marques dans le courant de conscience et qui interagissent mutuellement pour produire le "fruit". Mais en dernière analyse c'est l'intention qui détermine le plus le "fruit" puisqu'elle est la racine de l'acte et donc des conséquences. Si l'intention était alimentée de véritables motivations altruistes et que les conséquences n'ont pas les effets positifs escomptés ou même ont des effets négatifs, les effets karmiques des intentions seront plus lourds que les effets karmiques des conséquences.
J'ai parlé de réincarnation plus haut mais on comprend que le "karma" peut être pensé sans recours en la croyance en la réincarnation, le Bouddha n'ayant pas fait de celle-ci un point doctrinal irrévocable.
Quel est la place de la liberté dans cette vision de la psychée et de l'action humaine (ou pas d'aillieurs, la psychée des autres formes d'existence comme les animaux ont un fonctionnement similaire avec moins de liberté évidemment)? Ce sera la prochaine fois. Wink


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Jean-Sherab
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MessagePosté le: 29/12/2006 14:04:23    Sujet du message: Le premier enseignement du Bouddha Répondre en citant

Cette question qui est celle classique du rapport entre déterminisme et liberté est une chose difficile à saisir. Aujourd'hui en Occident, le rapport entre le discours sur le monde essentiellement scientifique nous parle d'un homme quasi automatisé, régit par des déterminismes aveugles (processus électrochimique et neuroneux), certain auteur vont jusqu'à dire que la conscience elle-même n'est qu'un épiphénomène, une "sécretion" inactive du cerveau dont la finalité est de maintenir l'illusion d'un sujet à des fin évolutive et adaptative (si la conscience n'a pas d'effet rétroactif on se demande lesquelles, voir Dennet, "la conscience expliquée" éd. Odile Jacob qui est sans doute celui qui a pousser le plus loin cette hypothèse de l'esprit-cerveau). Ca c'est le paradygme scientifique le plus largement admis dans la communauté scientifique et dans le grand publique l'hypothèse qui n'est d'aillieurs plus considérée comme une hypothèse par beaucoup mais comme un fait certain, un dogme, un fait scientifique alors qu'il n'y a là qu'une position métaphysique ne pouvant être directement confirmé expérimentalement. Certains cherchent à sauver la liberté et la conscience par la notion de "complexité", la liberté apparaîtrait parce que les processus en question seraient très très complexes or la complexité ne change rien à la nature de ces processus, des processus déterministes et aveugles même très complexes restent des processus déterministes et aveugles. Quant à l'hypothèse émergentiste-holiste-rationnaliste (voir, l'intentionnalité de Searle, éd. de Minuit) déjà plus intéressante, elle décrit la conscience comme une qualité émergente de la totalité interconnectée des neurones de la même manière que la qualité liquide émerge des molécules d'eau alors qu'individuellement elle ne possèdent pas cette qualité. Une propriété nouvelle apparaît dans la totalité qui ne résidait pas dans les parties. C'est intéressant mais cela reste très abstrait et ne repose sur aucune observations. Dans l'hypothèse réductionniste-évolutive on compare le cerveau à un ordinateur (entrée-traitement-sortie) dans l'hypothèse holiste on compare le cerveau à un phénomène naturel (l'eau) mais on reste dans l'analogie, la métaphore rien de scientifique et souvent pourtant ces hypothèse se présentent comme telles (pas dans le cas de Searle qui reste très conscient des limites de son approche contrairement aux réductionnistes). Bref nous ne voyons toujours pas de liberté dans ce cerveau dont tout le monde semble pourtant considérer comme la seule source possible de la conscience tout en niant de fait sa possibilité.
D'un autre côté alors que les conséquences métaphysiques et éthiques d'une telle position métaphysique sur l'esprit ne semble gèner personne et se fondre dans la culture ambiante avec la caution d'un prétendu rationalisme, cette même culture exalte la liberté comme une réalité allant de soi. De plus, la liberté telle qu'elle est plus ou moins promue dans l'idéologie ambiante est celle de la liberté de choix dans sa forme la plus plate et insignifiante. Le fameux "je fais ce que je veux!", dans cette conception les affects, émotions et impulsions spontannées sont considérées comme non problèmatiques tant qu'elles ne transgressent pas le cadre de la loi, les limites de cette liberté sont purement extérieures. Mais au sein de ces limites de nombreuses choses sont encore possible qui ne trouve pas de limites légales et temps mieux sans quoi aucune éthique ne serait possible. Si cette conception est une sorte de degrés zero de la liberté dans la mesure où elle se croit en essence totalement inconditionnée pensant la loi comme une limitation nécessaire mais contraire à la nature inconditionnée de la liberté. C'est en rapport spontanné, naïf et irréfléchit à la liberté mais le problème c'est que cette conception tend à se répendre notament à travers une certaines conception de l'économie de consommation de masse où la liberté fini par se réduire à notre "pouvoir d'achat" et où lorsque celui-ci n'est pas suffisant nous ne remettons pas cette prétendue liberté en question mais la loi, l'autorité qui est alors accusée de nous réfréner dans celle-ci, en nous privant du pouvoir de consommer qui est alors confondu avec le pouvoir d'être.
Alors attention je parle ici d'une certaine mentalité dans la conception de la liberté, je ne parle pas ici d'exigence de justice sociale légitime. Parce que il n'y a aucune raison que ce soit seulement ceux que leurs capacité financière ne permettent pas d'exercer ce pouvoir qui devraient remettre cette conceptions de la liberté en question mais tout le monde.
Heureusement, même si nous sommes tous plus ou moins imbibé de cette idéologie pour la plus grande part d'entre nous nous sommes tourner vers des conceptions plus rafinées de la liberté.
Dès lors, un rafinement supérieur de cette liberté est celle qui considère que ma liberté se limites là où commence celle des autres, là il y a un début d'intériorisation de la limites, l'individu fait sienne la limite et la nécessité d'un contrôle minimal de soi parce qu'il sait que c'est dans son intérêt, c'est l'égoisme rationnel qui est encore trop formel pour être considéré comme éthique. Ensuite le degrès supplémentaire est celui où expérimentant la souffrance en notre propre individualité nous ne désirons pas infliger la même chose à d'autres et cherchons à l'éviter.
Cette liberté qui prend appui sur la conscience de la souffrance de l'autre pour s'autolimiter est en fait le premier moment éthique et altruiste de la liberté. La conscience de la souffrance sert alors de contenu imaginatif permettant de jauger du caractère éthique ou altruiste d'une action. Ce moment est formulé dans toutes les traditions religieuses comme par exemple la fameuse injonction du Christ: "Ne fait pas à autrui ce que tu n'aimerais pas que l'on te fasse".

Ou le Bouddha qui devant un roi lui disant qu'après examen il était difficile de trouver plus chère que soi-même, lui répondit
Citation:
:"Même si l'on traverse le monde entier , on ne trouvera point quelqu'un de plus cher que soi-même. Puisque chacun est la plus chère personne pour soi. Que personne n'inflige une souffrance à personne"

Ou encore dans le Dhammapada (v. 129)
Citation:
"En comparent la douleur de sa propre personne avec celle de la victime, on ne doit pas la harceler ni la tuer "

Mohan Wijayaratna, les entretiens du Bouddha", Seuil, point sagesse, p 129.

Donc la réflexion est un moment important de la liberté, elle mets déjà à distance les impulsions immédiates afin d'en voir les conséquences de manière plus vaste. On prend déjà distance avec l'idée de la liberté comme étant "je fais ce que je veux", voyant que loin d'être une liberté authentique c'est en fait un mode de vie largement aliénant. La conscience de l'autre grandit. Parfois on entend que dans le Bouddhisme il ne faut plus penser, c'est faux et c'est une présentation dangereuse. Les trois entraînements du bouddhisme sont Sila (l'entraînement éthique), Samadhi (l'entraînement à l'attention et à la méditation pacifiante qui permet de "voir" les processus de production mentale et où on doit préalablement s'entraîner à lacher les pensées) et panna (la sagesse, la réflexion, etc..). Grace à samadhi on comprend de manière intuitive, non-réflexive la manière dont se produit la souffrance, c'est-à-dire par l'attachement égocentrique, la "soif", étant de plus en plus conscient de ses modes d'apparition. Tout en nous libérant de plus en plus de cette souffrance, nous sommes de plus en plus conscient de "comment" nous souffrons, les autres souffrent, se font souffrir et éventuellement nous font souffrir. Et "comment" souvent malgrès nous, nous faisons souffrir les autres. Comprenant cela de manière non-réflexive par la contemplation, nous refléchissons ensuite sur les données receuillies par cette contemplation, sur les causes et les effets des actions, sur les intentions, nous analysons nos motivations, nous mettons en mot les processus de production observé, c'est panna. Etant de plus en plus conscient du caractère universel de l'ignorance et de la souffrance dans laquelles nous sommes tous plongé, le développement de sila (dana, la générosité, metta, la bienveillance, etc..) devient de plus en plus naturel et prioritaire. Sila, sammadhi et panna se développent et se renforcent mutuellement.
Mais n'étant pas directement capable de comprendre la souffrance et toutes les conséquences de nos actes, il faut commencer par un travail sur panna, la réflexion, c'est ce qui nous est le plus directement accessible. Comme le montre ce Soutra du Bouddha à son fils de 7 ans.

Citation:
>© Nanabozho (Gichi Wabush)

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Majjhima Nikaya 61
Ambalatthikarahulovada Sutta
L'enseignement à Rahula à la Pierre de Mangue

D'après la traduction du Pâli à l'Anglais par Thanissaro Bhikkhu.
Pour distribution gratuite exclusivement.

Tiré de That the True Dhamma Might Last a Long Time: Readings Selected by King Asoka, traduit par Thanissaro Bhikkhu.


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J'ai entendu qu'en une occasion le Béni du Ciel demeurait à Rajagaha, au Bosquet de Bambous, le Sanctuaire des Ecureuils.

A cette époque le Vén. Rahula[1] demeurait à la Pierre de Mangue. Alors le Béni du Ciel, sortant de sa réclusion tard l'après-midi, alla là où le Vén. Rahula demeurait à la Pierre de Mangue. Le Vén. Rahula le vit venir de loin et, en le voyant, prépara un siège et de l'eau pour laver les pieds. Le Béni du Ciel s'assit sur le siège préparé pour lui et, s'étant assis, lava ses pieds. Le Vén. Rahula, s'inclinant devant le Béni du Ciel, s'assit d'un côté.

[...]

"Comment vois-tu ceci, Rahula: A quoi sert un miroir?"

"A la réflexion, monsieur."

"De même, Rahula, les actes corporels, les actes verbaux, et les actes mentaux doivent être accomplis après mûre réflexion.

"Chaque fois que tu voudras accomplir un acte corporel, tu devras y réfléchir: 'Cet acte corporel que je veux accomplir -- est-ce qu'il pourrait mener à une calamité pour moi-même, à une calamité pour les autres, ou pour les deux? Est-ce un acte corporel malhabile, aux désagréables conséquences, aux désagréables résultats?' Si, à la réflexion, tu sais qu'il entraînerait une calamité pour toi-même, une calamité pour les autres, ou pour les deux; que ce serait un acte corporel malhabile aux désagréables conséquences, aux désagréables résultats, alors tout acte corporel de ce genre est absolument inapproprié pour toi. Mais si à la réflexion tu sais qu'il n'entraînerait pas de calamité... que ce serait une action corporelle habile aux heureuses conséquences, aux heureux résultats, alors tout acte corporel de ce genre te convient.

"Lorsque tu es en train d'accomplir un acte corporel, tu devras y réfléchir: 'Cet acte corporel que je suis en train de faire -- est-ce qu'il mène à une calamité pour moi-même, à une calamité pour les autres, ou pour les deux? Est-ce un acte corporel malhabile, aux désagréables conséquences, aux désagréables résultats?' Si, à la réflexion, tu sais qu'il mène à une calamité pour toi-même, à une calamité pour les autres, ou les deux... tu devrais l'abandonner. Mais si à la réflexion tu sais que ce n'est pas le cas... tu peux continuer à le faire.

"Ayant accompli un acte corporel, tu devras y réfléchir... Si, à la réflexion, tu sais qu'il entraîne une calamité pour toi-même, à une calamité pour les autres, ou pour les deux; que c'était un acte corporel malhabile aux désagréables conséquences, aux désagréables résultats, alors tu devrais t'en confesser, le révéler, le mettre à plat devant l'Enseignant ou un compagnon avisé dans la vie sainte. L'ayant confessé... tu devrais faire preuve de modération à l'avenir. Mais si à la réflexion tu sais qu'il n'entraînerait pas de calamité... que c'était une action corporelle habile aux heureuses conséquences, aux heureux résultats, alors tu devrais demeurer mentalement rafraîchi et joyeux, t'entraînant jour et nuit dans les qualités mentales habiles.

"Chaque fois que tu voudras accomplir un acte verbal, tu devras y réfléchir: 'Cet acte verbal que je veux accomplir -- est-ce qu'il pourrait mener à une calamité pour moi-même, à une calamité pour les autres, ou pour les deux? Est-ce un acte verbal malhabile, aux désagréables conséquences, aux désagréables résultats?' Si, à la réflexion, tu sais qu'il entraînerait une calamité pour toi-même, à une calamité pour les autres, ou pour les deux; ce serait un acte verbal malhabile aux désagréables conséquences, aux désagréables résultats, alors tout acte verbal de ce genre est absolument inapproprié pour toi. Mais si à la réflexion tu sais qu'il n'entraînerait pas de calamité... ce serait une action verbale habile aux heureuses conséquences, aux heureux résultats, alors tout acte verbal de ce genre te convient.

"Lorsque tu es en train d'accomplir un acte verbal, tu devras y réfléchir: 'Cet acte verbal que je suis en train de faire -- est-ce qu'il mène à une calamité pour moi-même, à une calamité pour les autres, ou pour les deux? Est-ce un acte verbal malhabile, aux désagréables conséquences, aux désagréables résultats?' Si, à la réflexion, tu sais qu'il mène à une calamité pour toi-même, à une calamité pour les autres, ou pour les deux... tu devrais l'abandonner. Mais si à la réflexion tu sais que ce n'est pas le cas... tu peux continuer à le faire.

"Ayant accompli un acte verbal, tu devras y réfléchir... Si, à la réflexion, tu sais qu'il entraîne une calamité pour toi-même, à une calamité pour les autres, ou pour les deux; que c'était un acte verbal malhabile aux désagréables conséquences, aux désagréables résultats, alors tu devrais t'en confesser, le révéler, le mettre à plat devant l'Enseignant ou un compagnon avisé dans la vie sainte. Ayant confessé... tu devrais faire preuve de modération à l'avenir. Mais si à la réflexion tu sais qu'il n'entraînerait pas de calamité... que c'était une action verbale habile aux heureuses conséquences, aux heureux résultats, alors tu devrais demeurer mentalement rafraîchi et joyeux, t'entraînant jour et nuit dans les qualités mentales habiles.

"Chaque fois que tu voudras accomplir un acte mental, tu devras y réfléchir: 'Cet acte mental que je veux accomplir -- est-ce qu'il pourrait mener à une calamité pour moi-même, à une calamité pour les autres, ou pour les deux? Est-ce un acte mental malhabile, aux désagréables conséquences, aux désagréables résultats?' Si, à la réflexion, tu sais qu'il entraînerait une calamité pour toi-même, une calamité pour les autres, ou pour les deux; ce serait un acte mental malhabile aux désagréables conséquences, aux désagréables résultats, alors tout acte mental de ce genre est absolument inapproprié pour toi. Mais si à la réflexion tu sais qu'il n'entraînerait pas de calamité... ce serait une action mentale habile aux heureuses conséquences, aux heureux résultats, alors tout acte mental de ce genre te convient.

"Lorsque tu es en train d'accomplir un acte mental, tu devras y réfléchir: 'Cet acte mental que je suis en train de faire -- est-ce qu'il mène à une calamité pour moi-même, à une calamité pour les autres, ou pour les deux? Est-ce un acte mental malhabile, aux désagréables conséquences, aux désagréables résultats?' Si, à la réflexion, tu sais qu'il mène à une calamité pour toi-même, à une calamité pour les autres, ou pour les deux... tu devrais l'abandonner. Mais si à la réflexion tu sais que ce n'est pas le cas... tu peux continuer à le faire.

"Ayant accompli un acte mental, tu devras y réfléchir... Si, à la réflexion, tu sais qu'il entraîne une calamité pour toi-même, à une calamité pour les autres, ou pour les deux; que c'était un acte mental malhabile aux désagréables conséquences, aux désagréables résultats, alors tu devrais t'en sentir angoissé, honteux, et dégoûté. Te sentant angoissé... tu devrais faire preuve de modération à l'avenir. Mais si à la réflexion tu sais qu'il n'entraînerait pas de calamité... que c'était une action mentale habile aux heureuses conséquences, aux heureux résultats, alors tu devrais demeurer mentalement rafraîchi et joyeux, t'entraînant jour et nuit dans les qualités mentales habiles.

"Rahula, tous ces prêtres et contemplatifs au cours du passé qui ont purifié leurs actes corporels, leurs actes verbaux, et leurs actes mentaux, l'ont fait au moyen d'une réflexion répétée sur leurs actes corporels, leurs actes verbaux, et leurs actes mentaux juste de cette manière.

"Tous ces prêtres et contemplatifs au cours de l'avenir qui purifieront leurs actes corporels, leurs actes verbaux, et leurs actes mentaux, le feront au moyen d'une réflexion répétée sur leurs actes corporels, leurs actes verbaux, et leurs actes mentaux juste de cette manière.

"Tous ces prêtres et contemplatifs à présent qui purifient leurs actes corporels, leurs actes verbaux, et leurs actes mentaux, le font au moyen d'une réflexion répétée sur leurs actes corporels, leurs actes verbaux, et leurs actes mentaux juste de cette manière.

"En conséquence, Rahula, tu devrais t'entraîner: 'je purifierai mes actes corporels au moyen d'une réflexion répétée. Je purifierai mes actes verbaux au moyen d'une réflexion répétée. Je purifierai mes actes mentaux au moyen d'une réflexion répétée.' Voilà comment tu devrais t'entraîner."

Voilà ce que dit le Béni du Ciel. Gratifié, le Vén. Rahula fut ravi des paroles du Béni du Ciel.


--------------------------------------------------------------------------------


Note
1. Rahula: le fils du Bouddha, qui, selon le Commentaire, avait sept ans lorsque ce discours lui fut adressé. [Retour]

2. Contemplatif: samañña. [Retour]



Le texte intégral: http://www.canonpali.org/mn061.html

Nous voyons que le Bouddha ne déduit pas le sens des actions de principes abstraits tel que le bien-en-soi ou un principes ontologique quelconque mais des conséquences directes des actes en termes de résultats heureux ou malheureux. Agir seulement en fonction de concepts abstraits déduit d'un raisonnement et se voulant par là universel ou parce que ces principes sont admis par les conventions sociales, ce type de raisons parce qu'elles se posent comme étant universelles donc intemporelles ou intemporelles parce qu'issues d'un héritage immémorial sont en contradiction avec la nature des choses qui est par essence impermanente, soumises au changement. Le seul critère universel et intemporel et qui se confond avec la nature des choses c'est la souffrance (dukkha) et les mécanismes de sa production comprenant cela on agit afin de ne pas en produire.
Mais étant largement conditionné et ignorant il nous est très difficile de ne pas en produire, étant dans l'ignorance même nos actions à caractère altruiste auront un effet bénéfique réduit parce que elles seront elles-même conditionnées. Pourquoi? Nous revoici devant le difficile rapport entre déterminisme et liberté. Et puis en effet, réfléchir avant d'agir voilà qui ne semble pas être un conseil bien révolutionnaire. Mais si on observe le nombre de fois que nous agissons sur une journée et comptons combien de fois nous avons réfléchit à nos actes mentaux, verbaux et physique, ils ne sont pas très nombreux. De plus est-il toujours possible de réflechir avant d'agir? Avons-nous toujours le loisir de nous mettre dans un rapport de distance par rapport à nos propre affects dans une situation donnée? Si nous sommes honnête nous verrons que nous sommes souvent dans un rapport de perte d'autonomie par rapport à notre vie mentale, un mot et c'est parti les sénarios commencent à apparaître à l'esprit. Le rapport entre notre liberté et notre vie émotionnelle semble beaucoup moins évidente que dans l'idée de la liberté comme étant "je fais ce que je veux". Soumi à ces emballements constant de l'esprit, à ces peurs, angoisses, espoirs crispés, etc. fait-on vraiment ce que l'on veut? Sommes nous vraiment dans ce que notre coeur réclame de plus noble? La réflexion ne suffit souvent pas à infléchir cette tendance spontannée à suivre ses impulsions, pour le bouddhisme il faut passer à autre chose afin d'entrer dans une autre forme de spontanéité, une spontannéité vertueuse, nous explorerons cette voie la prochaine fois.
D'autre part, nous avons vu que l'occident contemporain ne semble pas pouvoir sortir de la contradiction qu'induit l'aspect déterministe de l'hypothèse scientifique de l'esprit-cerveau et la liberté individuelle qu'elle défend comme sa plus haute valeur. Il y a bien des philosophes en occident qui traitent de cette question avec plus ou mois de succès, le bouddhisme a-t-il trouvé une voie différente? C'est ce que nous essayeront de voir la prochaine fois. Wink


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MessagePosté le: 14/01/2007 12:10:44    Sujet du message: Le premier enseignement du Bouddha Répondre en citant

Nous avons vu que si la science nous permet de comprendre de manière de plus en plus fine le fonctionnement cérébral, elle ne peut affirmer qu'elle démontre par cette compréhension, avoir élucidé le problème de la conscience et encore moins de la liberté. Evidemment il n'est dans mon propos de vouloir déprécier les avancées de la science dans ce domaine. C'est une matière passionnante et qui oblige à faire preuve d'un plus grand réalisme dans l'approche de cette question.
Il d'aillieurs plusieurs points où l'approche neuroscientifique peut être mise en paralèlle de l'approche bouddhiste. Il y en a au moins deux qui me semblent intéressantes.
La première est celle du non-soi.
John Gray écrit: "La science suit les enseignements bouddhistes lorsqu'elle considère le moi comme une chimère. Nos perceptions sont des fragments, puisées dans une richesse insondable - mais il n'y a personne pour faire la selection. Nos moi sont fragmentaires... Nous travaillons dure sous l'effet d'une erreur. Nous agissons en croyant que nous sommes faits d'une seule pièce. Mais nous sommes capables de nous adapter aux situations uniquement parce que nous sommes une succession de fragments. Nous ne pouvons pas nous liberer de la perception d'être des "moi" consistants, et pourtant nous ne savons pas qui nous sommes."
Fransisco Varela résume, le moi est "vide de nature du moi, vide de toute substantialité saisissable".(p 242, "intelligence dans la nature, en quête du savoir", Jeremy Narby, Buchet-Chastel.)
C'est-à-dire que nous passons notre temps à essayer de saisir une substance à travers des caractéristiques sensées définir cette prétendue substance qu'est notre moi afin de nous poser comme une entité, séparée. Mais mais cet effort est vain et ne repose que sur une méprise sur la nature de ce moi qui est vide de la nature du moi. Ainsi nous souffrons parce que comme dit Gray: "nous travaillons dure sous l'effet de l'erreur", nous travaillons dure à maintenir une erreur qui à pris racine dans une puissante habitude, erreur qui induit un rapport souffrant au réel, à nous-même et aux autres. Bref par ce rapport distordu au réel qui est universel parce que propre à toute existence conditionnée nous souffrons, on nous fait souffrir et nous faisons souffrir. Dès lors, comme dit Gray tant que nous ne saurons pas qui nous sommes ou plutôt la manière dont nous sommes nous ne sortirons pas de cette erreur et de la souffrance.
Pourquoi un rapprochement avec les neurosciences sur cette base? Parce que dans les neurosciences le cerveau ne possède pas de pilote, pas de centre, de quartier général d'où il pourrait administrer l'expérience subjective où plutôt qui pourrait être la subjectivité elle-même, qui pourrait être le siège du moi. L'expérience est sensée être produite par l'interaction non préalablement définie d'une miriade de signaux et de réponses entre éléments spécialisés eux-même non centralisés. Ainsi il n'y a la qu'intedépendance et on ne peux débusquer nulle part un point d'appui d'où l'expérience pourrait s'organiser et pourtant elle s'organise. Idem pour la production conditionnée qui ne trouve aucun socle même l'ignorance (voir plus tard les douze liens de la production conditionnée) ou la volition qui peuvent être considérer comme les éléments d'enclanchement d'une production donnée, dépendent l'un de l'autre et dépendent de la mise en rapport simultanné et instantanné des autres éléments de la production conditionnée pour être produit, étant produit ils n'ont aucune base substantielle et peuvent apparaître, disparaître ou être modifiée selon les modifications des autres éléments.
Un autre point où un parallèle peut être posé c'est la placticité cérébrale. Le bouddhisme considère qu'il n'y a pas de résistance suffisante dans la nature des choses pour empêcher que la transformation des mécanismes montrés plus haut puissent aller jusqu'à leur inversion complète. C'est-à-dire que l'expérience dans laquelle nous sommes maintenant essentiellement aliéné par l'inertie des conditionnements en question peut inverser le rapport d'aliénation jusqu'à complète compréhension des conditionnements et cela par un relachement de la crispation égocentrique. C'est-à-dire par un désamorçage de la saisie dualiste qui induit attachement, aversion, opacité mentale, orgueil, etc. bref les émotions destructrices, les "écoulements mentaux toxique" comme on dit dans le bouddhisme. Bien sûr la science ne vas pas jusque là mais sugère que le renouvellement des connexions entretenues par l'usage et la selection neuronale est bien plus grand qu'il n'y paraît et que dans des situations et des entrennements bien précis ceux-ci peuvent être abandonné afin de produire des circuits activant des régions identifiées comme produisant une meillieurs adaptation aux émotions négatives (inversion de la balance entre lobe préfontal droit et gauche, et régénération de l'amydale) qui ont des effets bénéfiques sur l'ensemble du système. De manière générale, la capacité de réorganisation cérébral est bien plus grande que l'on ne croiyait. Même l'idée que le cerveau est composé d'un stock non renouvelable de neurones et que ceux-ci diminuent en nombre tout au long de la vie sans renouvellement est aujourd'hui contredit par l'observation. En effet, Les derrnières études montrent que des cellulles souches migrent du sommet du bulbe rachidien (si je me souvient bien je chercherais les références) vers les régions cérébrales de destination avant de se différencier et de s'intégrer au réseau existant. Or on a observer que ce mécanisme de réorganisation et de renouvellement cellulaire était plus grand et se renforcait ou au contraire diminuait voir se stoppait pour le renouvellement cellulaire selon le degrés de stress émotionnel que subissait le sujet. Plus les expériences liées à des charges émotionnelles négatives comme la colère, la peur, l'attachement crispé, l'avidité, etc. étaient renforcés plus les mécanismes de transformation du réseaux et de renouvellement neuronal s'amenuisaient. Plus on travaillait sur la présence et l'attention pacifiante cherchant à relacher les schémas mentaux source d'émotions négatives plus ces mécanismes se renforcaient.
Bien sûr il ne s'agit aucunement de dire que la science prouve le bouddhisme cela n'auraît aucun sens ce n'est pas comme cela qu'il faut penser les choses. Mais plutôt que ces données trouvent dans la perspective bouddhique une signification qui élargit le simple constat empirique. D'autres systèmes pourraient mettre ces données sous une autre perspective tout aussi originale.
Voir pour ce problème une bonne introduction de Fransisco Varela dans "Qu'elle savoir pour l'éthique? Action, sagesse et cognition", La Découverte, Paris, 1996.
Varela élabore dans ce petit livre une thèse fort intéressante qui déviendra plus tard sa thèse centrale sous le terme d'énaction. Dont l'une des conséquences est que l'éthique a avant tout une base sensori-motrice à mille lieux des théories éthiques idéalistes et rationnalistes qui pose l'intellect comme l'instrument de soumission d'une nature soupçonnée d'être la cause de la pulsion incontrôlée et d'être le lieu d'une sauvagerie enfuie, il montre au contraire que c'est dans une remise en relation avec cette nature sur un mode non conflictuel réinserant l'intellect dans sa perspective corporelle qu'une transformation éthique durable est possible. Et que c'est plus un intellect laisser à lui-même sans mise en relation avec sa base corporelle qui est source des déreglements intérieurs. Pour montrer que cette conception issue de ses réflexions sur les données neurobiologique est liée à un savoir non pas seulement technique et scientifique mais qu'elle s'exprime à travers les intuitions tirées de l'expérience immédiate de ceux qui ont pu écouter le sens originel de leur humanité. Pour illustrer sont propos Varela expose les perspectives bouddhistes sur la production de l'expérience subjective notemment à partir de la psychologie de l'Abhidharma, ainsi que les réflexions sur le déploiement de l'expérience à partir de l'un des plus briant esprit de cette autre grande tradition extrême orientale qu'est le taosiste, Mencius.
(je mettrais bientôt sur le forum une bibliographie que j'espère complète de ce grand scientifique et non moins grand humaniste qu'est fransisco Varela)
Voilà pour cette petite mise en perspective mais revenons à la question de la liberté qui on le voit par cette approche part d'un autre point de vue que l'approche formelle ou même existentialiste de la pensée occidentale. Qui ne sont évidemment pas moins intéressante, mon propos ici sur ce forum n'est jamais d'affirmer une quelconque supériorité du bouddhisme quant à sa vérité mais simplement d'exposer une perspective que je trouve intelligente et originale sur l'existence et qui est une source d'inspiration dans mon quotidien, ne niant en rien l'intelligence et l'originalité des autres voies ou choix de vie.
En effet sur une base d'expérience dont les modalités d'appréhension intellectuelle sont pour ainsi dire infinie et cela non pas par sa complexité mais au contraire par sa très grande simplicité, les manières de la "faire voir" sont variables et heureusement cela ne fait que renforcer la richesse de son approche. Mais n'oublions pas que sans l'expérience directe de cette simplicité de l'esprit nos débats ne seront que gloses stériles étant coupées de la source expérimental de leur sens. Parce que ce n'est ni le Bouddhisme, ni la Philocalie, ni le Souffisme, ni le Tao, ni l'Atman, ni la Kabbale qui transforme mais l'Esprit et sa compréhension directe et expérimentale.
La suite ce soir ou demain Wink


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MessagePosté le: 23/01/2007 18:13:54    Sujet du message: Le premier enseignement du Bouddha Répondre en citant

Revenons donc à la question de la liberté. On voit que il y a quelque chose de fondamental dans l'expérience subjective d'un point de vue bouddhiste, la coproduction conditionnée. Celle-ci est universelle c'est-à-dire qu'elle est identique pour tout les êtres sensibles. Ce sont les mêmes éléments qui président à la production subjective. Ce sont d'abord les éléments sités plus haut, les cinq agrégats, mais celle-ci peut être présenté grâce aux 12 éléments de la coproduction conditionnée (voir plus tard), on peut aussi entrer dans les détails avec l'Abhidharma et les systèmes des facteur mentaux où l'on décrit l'enclanchement de cette production et la diversité des contenus internes à cette production. En effet, si les facteurs mentaux dits omniprésents sont identique pour tous, les "facteurs mentaux secondaires" qu'ils produisent sont pour tout individus différents et changeant. Mais ces contenus mentaux ou facteurs mentaux secondaires ont une action de rétroaction sur les facteurs mentaux omniprésents de telle manière que l'esprit peut en fonction du types de facteurs mentaux secondaires entretenu soit se maintenir ou renforcer le mode égocentrique de l'esprit, soit cultiver sa tendance au décentrement et à l'ouverture.

L'Abhidharma propose cette classification (il y a deux classifications une dite tardive à 51 facteurs et une autre issue de l'Abhidharma proprement dit à 52 facteurs dans le soucis de rester dans les références du Canon Pali nous présenterons cette dernière, les deux classifications ne se différenciant pas sur le fond de l'analyse.

Il y a les 5 agrégats dont nous avons vu le fonctionnement plus haut. Donc les formes, les sensations, la volition, les formation mentales et les consciences liées au contact (six consciences, tactiles, auditives, olfactives, gustatives, visuelle et mentale.)

Mais la question est comment la volition se déclanche n'existant pas en elle-même et étant elle-même produite quel est le mécanisme qui induit cette impulsion primitive?
C'est ici qu'intervient un autre facteur mental fondamental décrit à partir dans le cycle à 12 temps de l'origination codépendante, c'est l'ignorance. L'ignorance ici n'a rien avoir avec l'intelligence au sens traditionnel où il s'agirait d'accumuler beaucoup de connaissance pour s'en débarrasser mais il s'agit d'un facteur mental c'est-à-dire une expérience que nous pouvons tous faire.
Cette ignorance n'a rien d'existant en soit de nouveau mais c'est une obnubilation une sorte d'autofascination de la conscience qui induit le sentiment de séparation entre un sujet et un objet, l'esprit perd le contact avec lui-même pour tomber dans l'illusion de cette séparation, une fois ce sentiment de séparation moi/non-moi induit, la "volition" poursuit le processus en induisant l'orientation de l'esprit vers un objet ainsi coproduit en même temps que le sentiment de moi et sa suite logique la "saisie", de cette manière s'enclanche le "devenir" ici compris dans le sens de déroulement plus ou moins "aveuglé" de l'existence. Plus ou moins en fonction des facteurs mentaux secondaires qui l'alimentent.

Mais voyons déjà les facteurs mentaux omniprésents qui structurent l'expérience.
Il en a 5 Le contact, le sentiment, la perception, l'intention (cetana) et l'attention (manas). Les trois premiers reprennent respectivement les trois premier agrégats. L'intention est la volition mais avec sa capacité d'orientation, l'intention oriente l'esprit vers un objet donné et cela en relation avec les formations karmiques (4eme agrégats). Quant à l'attention elle conditionne la qualité de l'esprit dans sa présence à l'objet en question.
Pour quoi l'intention est-elle conditionnée par les formations karmiques? Parce que celle-ci ne s'oriente pas de manière totalement indéterminée, elle est conditionné par la force des actes déjà posé qui on produit des habitudes mentales qui nous poussent à nous tourner vers certains objets privilégiés en priorité. Déjà là se pose la question de la liberté, jusqu'où va le pouvoir de détermination des formations karmiques sur l'intention?
On voit déjà une chose c'est que la coproduction conditionnée est à la fois source de déterminisme et d'ignorance et source de liberté et de libération selon le mode sous lequel cette production est induite. Il y a coproduction conditionnée, si elle est conditionnée, elle est "sous condition" c'est-à-dire déterminée par les éléments et facteurs de cette production mais aussi comme ces éléments et facteurs dépendent eux-mêmes de tous les autres il peuvent changer, donc apparaître, se renforcer, s'amenuiser, disparaître, réapparaître etc. voir disparaître totalement à l'Eveil pour laisser place à la Vue pure et inconditionnée de l'esprit. Donc on ne peut pas dire que l'esprit existe sans conditionnement et que nous avons une maîtrise totale sur lui, ça c'est une illusion. Pour s'en convaincre essayons simplement de cesser d'arrêter de penser durant 10 min. si on avait une telle maîtrise sur notre esprit un tel exercice ne poserait pas de problème et pourtant... . Mais d'un autre côté il impossible que nous soyons sans liberté aucun changement n'interviendrais dans notre vie sans même parler du choix d'un voie spirituelle, des choses comme l'évaluation des actions en terme de positif et négatif ou arrêter de fumer nous serait impossible. Donc le fait que la liberté soit conditionnée n'empêche pas son existence relative. Comment agrandir sa base? C'est ce que nous verrons en poursuivant l'examen des facteurs mentaux.



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MessagePosté le: 27/01/2007 12:04:30    Sujet du message: Le premier enseignement du Bouddha Répondre en citant

Si nous avons vu la manière dont dépendent l'un de l'autre les trois premiers facteurs et l'intention en temps que mode d'orientation de la conscience vers son objet, on doit se demander quel rôle l'attention joue dans ce processus. C'est en fait un rôle fondamental. L'attention est le facteur dont la modification va modifier la qualité de l'expérience en terme de clarté et de stabilité de l'expérience consciente. C'est en fonction de la qualité de l'attention que pourrons être modifié l'ensemble des autre facteur et que va se modifier aussi le rapport aux objets qu'ils soit mentaux ou physiques mais aussi le mode de rapport à soi.

L'attention par le développement de la méditation pacifiante et analytique vas modifier le rapport entre les éléments de cette production. Par l'entraînement à l'attention l'on va laisser l'esprit reprendre contact avec lui-même càd que au lieu de laisser la volition, l'intention incontrôlée, laissant s'associer de manière quasi automatique les pensées habituelles issues des formations karmiques avec les objets, se présentant soit à l'esprit soit à l'environnement immédiat (les objets et personne d'une situation donnée), l'attention va nous permettre d'apprendre à "voir" ce processus mental et de relacher la volition et la saisie. Et cela afin que les événements mentaux en question ne produisent pas d'effets émotionnellement déstabilisants à commencer par "les six émotions malsaines de base" qui sont l'attachement, la colère, l'arrogance, l'ignorance, l'indécision, le dogmatisme et on y ajoute généralement la jalousie.
On comprend mieux ce qu'il faut entendre par ignorance comme facteur mental, c'est essentiellement l'opacité mentale au sens de manque de clarté, manque de "vue", de présence à l'esprit, de vigilance envers les événement mentaux donc les pensées, les images mentales, projection, pensée discursive (monologue intérieurs) chargée émotionnellement par la peur, l'espoir, la colère, etc.. Donc l'intention incontrôlée est plus ou moins automatiquement orientée par la force des habitudes mentales vers les objets mentaux en fonction des perceptions de l'environnement (rappelons que la perception est déjà une reconnaissance d'un objet lié à une sensation de plaisir de déplaisir ou neutre eux-même produit par un contact) ou de pensées se trouvant déjà dans le champs de conscience et induit une "saisie" et un attachement à ces objets mentaux mais la volition entraînée par ceux-ci continue plus ou moins aveuglément à contruire passivement des pensées et images par association et sous le coup des habitudes mentales liées à des émotions antérieurement produitent (formations karmiques). L'esprit est alors victime presque impuissant des émotions ainsi activées dans son expérience présente et cela sous l'effet d'un déficit d'attention. Emotions présente qui ne feront que renforcer les tendances karmiques et seront causes à leurs tour de production afflictives futures. Donc on voit que la "soif", la volition et l'orientation intentionnelle incontrôlée se produisent en dépendance de l'ignorance qui est manque de présence, manque de "vue".
On comprend comment ces mécanismes induisent de multiples distortions dans notre rapport à la réalité et on comprend comment notre liberté en est affectée.

L'attention en relation avec l'intention vas donc déterminer la manière dont l'on va se rapporter aux objets. En fonction de la qualité de l'attention l'esprit va se rapporter de manière différente aux objets. L'Abhidharma donne "cinq facteurs établissant les objets":
1. L'intérêt/ aspiration
2. L'intérêt intentsifié/ croyance
3. L'inspection/ L'attention/ mémoire.
4. La concentration intense
5. La compréhension/ sagesse discriminente.

De manière moins attentive, vous avez faim votre intérêt pour le paim et les objets qui pourrons assouvir cette faim sera présent mais avec peu d'attention, ce la sera automatique. De la même manière des pensées apparaissent dans votre esprit mais vous avez peu d'attention a tel point que vous vous laissez absorber dans les souvenir et les constuction mentale jusqu'à oublier que vous êtes en train de contruire on est dans un intérêt inattentif et comme hors du monde.
Maintenant On est entrain de bricoler, trouver un solution pour un problême on est attentif aux objets on est dans un intérêt intensifié et cherchant des éléments de solution on est attentif au sens d'inspection (n°3). Par exemple vous lisez ce texte d'abord on est dans un intérêt ou un intérêt intensifé selon l'attention que l'on porte aux questions posées ici mais ensuite on inspecte par la réflexion la pertinance des hypothèses proposées ici.
Les trois premiers interviennent plus ou moins dans l'apréhension de tous objets dans notre manière habituelle de se rapporter aux objets.
Le 4eme facteur est la concentration intense au sens de samadhi, c'est-à-dire la concentration méditative ou au lieu d'avoir un intérêt focalisé sur les objets mentaux on va essayer d'augmenter l'attention en développant la "présence" ainsi on entre dans cette "vue" qui ne se crispe plus sur les pensées mais les "lache", relache la saisie et ainsi voit le mécanisme de la volition (qui en temps normal n'est pas visible parce que tellement automatique et habituel qu'on ne savait même pas qu'il était possible de le relacher). Ainsi par l'entraînement on est plus obligé de subir les effets néfastes des pensées et des émotions qui nous entraînent dans soit d'autres actions mentales néfastes soit nous pousse dans des actes verbaux ou physique néfastes pour nous même et pour les autres.
C'est seulement lorsqu'on développe cette habileté mentale que l'on commence à pouvoir "penser ce qu'on veut" et "faire ce qu'on veut" c'est-à-dire penser et faire ce qui en accord avec ce qu'il y a de plus authentique en nous et pas en fonction du poids d'une histoire (les formations karmiques) nous poussant toujours vers les mêmes situations et même shémas d'action qui sous couvert de quelque modifications apparantes se présentent comme nouvelles et différentes mais qui si on y regarde de plus près sont généralement issu des même régimes de fonctionnement égocentrique (je rapelle que "égocentrique" décrit un mode de fonctionnement psychologique propre à l'ignorance et l'attachement et pas un jugement de valeur sur des personnes)
Par l'entraînement à la présence et l'attention un espace de véritable liberté intérieure grandit et on peut faire face à un nombre croissant de situation psychologiquement stressantes tout en gardant les états de non agressivité et de compassion car plus cette liberté intérieure croît plus le relachement sur les objets et le relachement sur la croyance au "moi" augmente (comme croyance en la réalité intrinséque des objets et celle dans l'existance réelle du "moi" sont produite en même temps) on se sent de moins en moins touché personnellement voyant les mécanismes d'aveuglement à l'oeuvre en nous on les comprend de manière de plus en plus aigue chez les autres et le sentiment d'appartenance universel à la communauté des êtres sensibles à travers cette état universel de souffrance augmente en nous. Dès lors, la compassion envers nous-même et les autres croît d'autant, tout comme l'"amour" càd-à-dire le besoin de leurs porter secours.

Il nous faut donc d'abord chercher à "voir" ce mouvement volitionnel de la conscience. On ne peut pas le voir et en reprendre une maîtrise parfaite tout de suite dès lors il faut d'abord s'exercer par une attention minimale s'entraîner à réorienter l'intention vers des pensées positive lorsque nous sommes pris dans des développements de pensées négatives et émotionnellement éprouvantes.
Voici un texte du bouddha où il explique comment travailler l'entrainement à la réorientation intentionnelle. Bien qu'il s'agisse d'un entraînement qui implique déjà l'attention il ne s'agit pas de la pratique méditative proprement dites mais d'une attitude à adopter surtout aussi en dehors des scéances de méditation formelle pour garder une attention dans le quotidien.

Citation:
>© Nanabozho (Gichi Wabush)

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Majjhima Nikaya 20
Vitakkasanthana Sutta
L'enlèvement des pensées qui distraient

D'après la traduction du Pali à l'Anglais par Thanissaro Bhikkhu.
Pour distribution gratuite exclusivement.



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J'ai entendu qu'en une occasion, le Béni du Ciel demeurait à Savatthi, dans le Bosquet de Jeta, le monastère d'Anathapindika. Là, il s'adressa aux moines: "O moines!"

"Oui, monsieur," répliquèrent les moines.

Le Béni du Ciel dit: "Quand un moine est déterminé à obtenir l'esprit supérieur, il y a cinq thèmes il doit veiller aux moments appropriés. Quels cinq?

"On a le cas où des pensées mauvaises, et malheureuses -- en rapport avec le désir, l'aversion, ou l'illusion -- surgissent en un moine alors qu'il fait référence à et s'occupe d'un thème particulier. Il doit s'occuper d'un autre thème, séparé de celui-là, en rapport avec ce qui est heureux. Quand il s'occupe de cet autre thème, séparé de celui-là, en rapport avec ce qui est heureux, alors ces pensées mauvaises, et malheureuses -- en rapport avec le désir, l'aversion, ou l'illusion -- sont abandonnées et s'en vont. Avec leur abandon, il affermit son esprit tout en lui-même, l'établit, l'unifie, et le concentre. Tout comme un habile charpentier ou son apprenti se servirait d'une petite goupille pour en enlever, chasser, et retirer une plus grosse; de même, si des pensées mauvaises, et malheureuses -- en rapport avec le désir, l'aversion, ou l'illusion -- surgissent en un moine alors qu'il fait référence à et s'occupe d'un thème particulier, alors il doit trouver un autre thème, séparé de celui-là, qui soit en rapport avec ce qui est heureux. Quand il s'occupe de cet autre thème, séparé de celui-là, en rapport avec ce qui est heureux, alors ces pensées mauvaises, et malheureuses -- en rapport avec le désir, l'aversion, ou l'illusion -- sont abandonnées et s'en vont. Comme il les abandonne, il affermit son esprit tout en lui-même, l'établit, l'unifie, et le concentre.

"Si des pensées mauvaises, et malheureuses -- en rapport avec le désir, l'aversion, ou l'illusion -- surgissent toujours chez le moine alors qu'il s'occupe de cet autre thème, en rapport avec ce qui est heureux, il doit examiner les inconvénients de ces pensées: 'En vérité, ces miennes pensées sont malheureuses, ces miennes pensées sont blâmables, ces miennes pensées entraînent du stress.' Comme il est en train d'examiner les inconvénients de ces pensées, ces pensées mauvaises, et malheureuses -- en rapport avec le désir, l'aversion, ou l'illusion -- sont abandonnées et s'en vont. Comme il les abandonne, il affermit son esprit tout en lui-même, l'établit, l'unifie, et le concentre. De même qu'une jeune femme -- ou jeune homme -- qui aime les belles choses, serait horrifié, humilié, et dégoûté si on lui pendait la carcasse d'un serpent ou d'un chien ou d'un être humain au cou; de même, si des pensées mauvaises, et malheureuses -- en rapport avec le désir, l'aversion, ou l'illusion -- surgissent toujours chez le moine alors qu'il s'occupe de cet autre thème, en rapport avec ce qui est heureux, il doit examiner les inconvénients de ces pensées: 'En vérité, ces miennes pensées sont malheureuses, ces miennes pensées sont blâmables, ces miennes pensées entraînent du stress.' Comme il est en train d'examiner les inconvénients de ces pensées, ces pensées mauvaises, et malheureuses -- en rapport avec le désir, l'aversion, ou l'illusion -- sont abandonnées et s'en vont. Comme il les abandonne, il affermit son esprit tout en lui-même, l'établit, l'unifie, et le concentre.

"Si des pensées mauvaises, et malheureuses -- en rapport avec le désir, l'aversion ou l'illusion -- surgissent toujours chez le moine alors qu'il est en train d'examiner les inconvénients de ces pensées, il ne doit pas y avoir l'esprit ni ne faire attention à ces pensées. Comme il n'a pas l'esprit à cela et ne leur accorde aucune attention, ces pensées mauvaises, et malheureuses, sont abandonnées et s'en vont. Comme il les abandonne, il affermit son esprit tout en lui-même, l'établit, l'unifie, et le concentre. De même qu'un jeune homme aux bons yeux, qui ne voudrait pas voir des formes qui seraient en vue, fermerait les yeux ou regarderait ailleurs; de même, si des pensées mauvaises, et malheureuses -- en rapport avec le désir, l'aversion ou l'illusion -- surgissent toujours chez le moine alors qu'il est en train d'examiner les inconvénients de ces pensées, il ne doit pas y avoir l'esprit ni ne faire attention à ces pensées. Comme il n'a pas l'esprit à ces pensées et ne leur accorde aucune attention, ces pensées mauvaises, et malheureuses, sont abandonnées et s'en vont. Comme il les abandonne, il affermit son esprit tout en lui-même, l'établit, l'unifie, et le concentre.

"Si des pensées mauvaises, et malheureuses -- en rapport avec le désir, l'aversion ou l'illusion -- surgissent toujours chez le moine alors qu'il n'a pas l'esprit à cela et n'accorde aucune attention à ces pensées, il doit veiller à se défaire de la fabrication de pensées par rapport à ces pensées. Comme il s'occupe de se défaire de la fabrication de pensées par rapport à ces pensées, ces pensées mauvaises, et malheureuses, sont abandonnées et s'en vont. Comme il les abandonne, il affermit son esprit tout en lui-même, l'établit, l'unifie, et le concentre. De même que l'idée viendrait à un jeune homme qui marche vite, 'Pourquoi est-ce que je marche vite? Pourquoi ne pas marcher lentement?' Il marche alors lentement. Il lui vient à l'esprit, 'Pourquoi est-ce que je marche lentement? Pourquoi ne pas m'arrêter?' Il s'arrête donc. Il lui vient à l'esprit, 'Pourquoi est-ce que je m'arrête? Pourquoi ne pas m'asseoir?' Il s'assied donc. Il lui vient à l'esprit, 'Pourquoi suis-je assis? Pourquoi ne pas m'étendre?' Il s'étend donc. De la sorte, mettant de côté la posture plus grossière, il prend la plus raffinée. De même, si des pensées mauvaises, et malheureuses -- en rapport avec le désir, l'aversion ou l'illusion -- surgissent toujours chez le moine alors qu'il n'a pas l'esprit à cela et n'accorde aucune attention à ces pensées, il doit veiller à se défaire de la fabrication de pensées par rapport à ces pensées. Comme il s'occupe de se défaire de la fabrication de pensées par rapport à ces pensées, ces pensées mauvaises, et malheureuses, sont abandonnées et s'en vont. Comme il les abandonne, il affermit son esprit tout en lui-même, l'établit, l'unifie, et le concentre.

"Si des pensées mauvaises, et malheureuses -- en rapport avec le désir, l'aversion ou l'illusion -- surgissent toujours chez le moine alors qu'il s'occupe de se défaire de la fabrication de pensées par rapport à ces pensées, alors -- les dents serrées et la langue pressée contre le palais -- il doit battre, contraindre, et écraser son esprit avec sa conscience. Comme -- les dents serrées et la langue pressée contre le palais -- il bat, contraint, et écrase son esprit avec sa conscience, ces pensées mauvaises, et malheureuses, sont abandonnées et s'en vont. Comme il les abandonne, il affermit son esprit tout en lui-même, l'établit, l'unifie, et le concentre. De même que un jeune homme fort, saisissant un homme plus faible par la tête, par la gorge ou les épaules, le battrait, contraindrait, et écraserait; de même, si des pensées mauvaises, et malheureuses -- en rapport avec le désir, l'aversion ou l'illusion -- surgissent toujours chez le moine alors qu'il s'occupe de se défaire de la fabrication de pensées par rapport à ces pensées, alors -- les dents serrées et la langue pressée contre le palais -- il doit battre, contraindre, et écraser son esprit avec sa conscience. Comme -- les dents serrées et la langue pressée contre le palais -- il bat, contraint, et écrase son esprit avec sa conscience, ces pensées mauvaises, et malheureuses, sont abandonnées et s'en vont. Comme il les abandonne, il affermit son esprit tout en lui-même, l'établit, l'unifie, et le concentre.

"Donc quand un moine... s'occupe d'un autre thème... examinant les inconvénients de ces pensées... n'a pas l'esprit à cela et n'accorde aucune attention à ces pensées... s'occupe de se défaire de la fabrication de pensées par rapport à ces pensées... bat, contraint et écrase son esprit avec sa conscience... affermit son esprit tout en lui-même, l'établit, l'unifie et le concentre: On l'appelle alors un moine qui a la maîtrise des manières de séquences de pensées. Il ne pense qu'à ce qu'il veut, et ne pense jamais à ce qu'il ne veut pas. Il a retranché l'avidité, s'est débarrassé de ses chaînes, et -- grâce à la pénétration correcte de l'orgueil -- a mis fin à la souffrance et au stress."

Voilà ce que leur dit le Béni du Ciel. Gratifiés, les moines se réjouirent des paroles du Béni du Ciel.


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Révisé: Dim 1 fév. 2005


http://accesstoinsight.org/canon/sutta/majjhima/mn020.html


La dernière pratique est un peu obscure, en fait il s'agit d'une méthode par laquelle on "ouvre" des canaux d'energie en relation avec la production des pensées en mettant la langue relachée contre le palais on sert les dents et généralement on ajoute un sourire. En s'entraînant de la sorte lorsqu'une pensée souffrante apparaît on la désamorce. C'est pas facile de sourire lorsqu'une pensée difficile apparaît à l'esprit au début ça peut sembler incongru mais en fait ça la met à distance et à tendance à la dédramatiser. De cette manière on génère de la compassion au moment où une émotions négatives surgit ce qui modifie le flux de conscience et modifie l'habitude mentale liée aux pensées en question. nous reviendrons sur la méditation proprement dite dans la quatrième noble vérité, la vérité du chemin.

Le 5eme facteur est une forme de compréhension particulière dite aussi "sagesse discriminative". C'est une contemplation analytique qui cherche à analyser l'expérience de manière directe c'est-à-dire sans discours sur la métaphysique ou sur les opinion du monde mais sur ce qui se passe dans l'esprit au moment où cela ce passe. Le but est l'analyse de cette expérience du moment afin de voir qu'elle est réeellement de produit de ces mécanisme que nous venons de décrire et que "voir" que en essence cette expérience est vacuité, rien de solide rien de réellement existant de manière solide et indigne d'une saisie et d'un attachement destructeur pour nous même et pour autrui.
Il y a aussi trois autres facteurs mentaux qui seront positifs ou négatifs selon l'état d'attention et la motivation par lesquelles ils seront alimimenté: le souci, la réflexion et l'analyse.

Selon que nous seront dans l'un ou l'autre mode de rapport à soi, aux autres et au monde, c'est-à-dire soit sous le mode de l'ignorance et de l'obscurssicement mental,soit un mode de liberté fondée sur l'attention-ouverture nous produirons des facteurs mentaux dits secondaires qui modèleront notre expérience quotidienne et notre vie éthique.

Dans le cas de l'obscurssisement il y en a 20 en plus des 6 émotions négatives de base:
1. L'indignation (ici c'est l'indignation dans le sens de apitoiement stéril sur le mal que l'on nous fait ou sur le mal que l'on fait au autre justifiant l'inaction).
2. Le ressentiment.
3. La dissimulation rusée.
4. Le dépit.
5. la jalousie.
6. L'avarice.
7. La tromperie.
8. La malhonneteté
9. L'inflation mentale (production totalement incontrôlée de pensée)
10. La mechanceté
11. L'impudeur
12. L'absence de considération pour autrui.
13. La tristesse/la lourdeur d'esprit/ la nostalgie maladive.
14. L'agitation.
15. Le manque de confiance.
16. La paresse.
17. L'indifférence.
18. L'étourderie.
19. L'inattention.
20. Le non-discernement.

Bien sûr tout ces facteurs dérivés des six facteurs malsain de base son différent selon les gens on est tous de prime abord et le plus souvent dans cet obsurcicement mais toute personne inatentive n'est pas mue par la mechanceté mais ça aide ...malheureusement. Nous avons tous eut un jour ou l'autre un petit mouvement de mechanceté que nous avons sans doute pour la plupart sanctionné intérieurement par un remord mais l'inattention qui nous pousse à nous laisser porter par nos tendances égocentriques et nous pousse parfois à nuire malgrès que cela est ressentit après coup comme en désaccord avec notre dignité authentique.

Les facteurs mentaux positifs sont alors plus facile à générer et entretenir lorsque se développe cette connaissance et liberté intérieure du non-soi en relation avec l'attention. Il y en a 11:

1. La confiance.
2. Le respect de soi.
3. La considération envers autrui.
4. Le détachement.
5. L'absence de haine.
6. Le non-leurre.
7. La diligence.
8. La vigilance.
9. La préoccupation.
10. L'impartialité.
11. La non-violence.

On ajoute aussi parfois la "honte" dans un sens positif car en effet il n'y a pas d'éthique si on a pas un minimum honte de ses actions négatives sans évidement que cela tourne en culpabilisation qui transforme la honte en aliénation stérile.

Ces facteurs sont déterminés par l'attention certes mais aussi par le type de pensée et de raisonnement que nous entretenons mais en retour ces facteurs détermineront aussi le type de pensées qui apparaîssent à l'esprit dans une situation donnée.
Mais il est clair que quand on se lance dans ce travail nous restons encore durant de nombreuse années sous le régime de l'ignorance (en fait nous restons sous son emprise jusqu'à l'Eveil Ultime donc l'omniscience c'est pas pour tout de suite et peut-être pas pour cette vie-ci Wink ) même si elle décroit progressivement il est impossible de maintenir l'attention-ouverte et la "vue" de manière constante pendant longtemps encore on tombe dans l'ignorance inattentive et se reprend dans la vigilance, alternant ces deux états, avec le temps et avec de moins en moins d'effort, finalement on aura des périodes de grande vigilance entrecoupée de période de plus en plus réduite d'inattention. Disons que le nouveau régime de fonctionnement mental doit s'installer progressivement au cours des années. L'esprit se manifestant de plus en plus dans sa nature réelle (qui est joie, compassion et paix) il nous aide à maintenir cette vigilance avec de moins en moins d'effort et forme comme une protection capable d'amortir les émotions négatives diminuant leur actions néfastes sur notre vie mentale et sur notre existence en général.

Ainsi se dévoile progessivement l'esprit et ses qualités, le Bouddha parle beaucoup de l'esprit. Mais qu'est ce que l'esprit?
Il n'y a qu'à un seul endroit où le Bouddha en donne une définititon claire.

Citation:
>© Nanabozho (Gichi Wabush)

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Anguttara Nikaya I.49-52
Pabhassara Sutta
Lumineux

Traduit en français par Régis Xhardé, à partir de la version anglaise
traduite du Pali par Thanissaro Bhikkhu.
Pour distribution gratuite exclusivement.



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"Lumineux, ô Bhikkhus, est l'esprit.[1] Et il est souillé par des souillures externes." {I,v,9}

"Lumineux, ô Bhikkhus, est l'esprit. Et il est libéré des souillures externes." {I,v,10}

"Lumineux, ô Bhikkhus, est l'esprit. Et il est souillé par des souillures externes. La personne ordinaire (Puthujjana) non instruite ne perçoit pas cela comme étant [son état] réel, c'est pourquoi je vous dis que pour une personne ordinaire (Puthujjana) non instruite il n'y a aucun développement de l'esprit." {I,vi,1}

"Lumineux, ô Bhikkhus, est l'esprit. Et il est libéré des souillures externes. Le disciple nôble bien instruit perçoit cela comme étant [son état] réel, c'est pourquoi je vous dis que pour un disciple nôble bien instruit il y a un développement de l'esprit." {I,vi,2}



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Note

1.Cette déclaration a provoqué de nombreuses controverses aux cours des siècles. Le commentaire [qui accompagne ce sutta] soutient que "esprit" désigne ici le bhavanga-citta, l'état mental momentané entre les périodes où le flux mental annonce les objets, mais cette déclaration soulève plus de questions qu'elle n'en résout. Il n'y a aucune référence au bhavanga-citta ou au flux mental dans aucun des suttas (ils apparaissent pour la première fois dans un traité Abhidhamma, le Patthana); et comme les commentaires comparent le bhavanga-citta au sommeil profond, pourquoi est-il dit si lumineux? Et pourquoi la perception de sa luminosité serait un prérequis au développement de l'esprit ? Et de plus, si "esprit" dans ce discours signifie bhavanga-citta, que signifie le développement du bhavanga-citta ?

Une autre interprétation assimile la luminosité de l'esprit à la "conscience sans distinction," décrite comme "lumineuse" dans le MN 49 et le DN 11, mais cette interprétation pose également des problèmes. Selon le MN 49, cette conscience n'a aucune source dans le monde descriptible, pas même la "Totalité du Tout," alors comment peut-elle être souillée? Et, comme elle n'est pas réalisée tant que le but de la pratique n'est pas atteint, pourquoi la perception de sa luminosité serait-elle un prérequis au développement de l'esprit ? Et une fois encore, si "esprit" désigne ici la conscience sans distinction, comment le sutta peut-il parler de son développement ?

Une approche plus raisonnable pour comprendre cette déclaration peut être développée si on la prend dans son contexte: l'esprit lumineux est l'esprit que le méditant essaie de développer. Percevoir sa luminosité signifie comprendre que les souillures telles l'avidité, l'aversion, ou la désillusion ne sont pas inhérentes à sa nature, ne constituent pas un élément nécessaire à l'éveil. Sans cette compréhension, il est impossible de pratiquer. Avec cette compréhension, cependant, on peut faire l'effort d'éliminer les souillures existantes, laissant l'esprit dans l'état que le MN 24 appelle "pureté en termes d'esprit." cela correspondrait au niveau lumineux de concentration décrit dans la comparaison standard du quatrième jhana: "Et en outre, avec l'abandon du plaisir et de la souffrance comme auparavant avec la disparition de l'exaltation et de l'angoisse &endash; il entre et demeure dans le quatrième jhana: la pureté de l'équanimité et de l'attention, ni-plaisir-ni-souffrance. Il demeure assis, laissant se répandre dans son corps une pure et claire conscience. Comme si un homme était assis, recouvert des pieds à la tête d'une étoffe blanche de telle sorte qu'aucune partie de son corps ne soit pas couverte par cette étoffe blanche, de même, le Bhikkhu est assis, laissant se répandre dans son corps une pure et claire conscience. Il n'y a aucune partie de son corps qui ne soit pas envahie par la pure et claire conscience." A partir de cet état, il est possible de développer le discernement qui, non seulement élimine les souillures existantes, mais déracine également toutes leurs sources les empêchant ainsi de réapparaître. Ce n'est que dans les états d' Eveil qui suivent la prise de conscience de celà que la "conscience sans distinction" peut être atteinte.


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Révisé: Ven 27-août-2004


Version anglaise d'origine:
http://www.accesstoinsight.org/canon/sutta/anguttara/an01-049.html


On voit comment cette définition à pu servir de fondement au développement de l'idéalisme du Vijnavadin, l'homme est naturellement libre et bon, les conditionnements étant externes à l'état réel de l'esprit non seulement la libération est possible, mais celle-ci consiste en un travail de reconnaissance de cette nature réelle. Ce entre autre chose fonde l'égalité fondamentale des êtres sensibles. Mais cette reconnaissance n'est qu'un niveau nécessaire mais non suffisant pour la liberation. Le germe des souillures n'est pas liberé, seul le discernement de ce qu'elle sont c'est-à-dire Dukkha met l'esprit dans l'état d'indistinction c'est-à-dire où l'esprit ne distingue plus de séparation entre les choses mais voit leur nature dépendante et coproduite. Le Bouddha est celui qui voit la souffrance qui connait la souffrance.

Citation:
Acela-sutta
Un article de Encyclopedia Dharma.
La coproduction conditionnée (ACELA-SUTTA)

Ainsi ai-je entendu: Une fois, le Bienheureux séjournait à Kalandakanivapa dans le parc des Bambous, près de la ville de Rajagaha. Un jour, le Bienheureux, s'étant habillé de bon matin, prit son bol et son manteau, puis entra dans la ville de Rajagaha pour sa tournée d'aumône. A ce moment-là, un ascète nu appelé Kassapa vit de loin le Bienheureux qui arrivait. L'ayant vu, l'ascète Kassapa s'approcha du Bienheureux et échangea avec lui des compliments de politesse et des paroles de courtoisie, puis se tint debout à l'écart sur un côté.

Se tenant debout à l'écart sur un côté, l'ascète nu Kassapa dit: "Si le vénérable Gotama nous le permet, s'il veut nous donner l'occasion d'écouter sa réponse, nous voulons l'interroger sur un certain point." Le Bienheureux dit: "Ce n'est pas le moment pour questionner, ô Kassapa, nous sommes parmi les maisons." L'ascète nu Kassapa dit pour la deuxième fois: "Si le vénérable Gotama nous le permet, s'il veut nous donner l'occasion d'écouter sa réponse, nous voulons l'interroger sur un certain point." Le Bienheureux dit: "Ce n'est pas le moment pour questionner, ô Kassapa, nous sommes parmi les maisons."

L'ascète nu Kassapa dit pour la troisième fois: "Si le vénérable Gotama nous le permet, s'il veut nous donner l'occasion d'écouter sa réponse, nous voulons l'interroger sur un certain point." Le Bienheureux dit: "Ce n'est pas le moment pour questionner, ô Kassapa, nous sommes parmi les maisons."

Lorsque cela eut été dit par le Bienheureux, l'ascète nu Kassapa persista: "Ce n'est pas une grande chose que nous voulons vous demander, ô vénérable Gotama." Enfin, le Bienheureux dit: "Demandez alors, ô Kassapa, ce que vous voulez."

L'ascète nu Kassapa demanda: La souffrance de l'individu, ô vénérable Gotama, est-elle quelque chose de créé par lui-même ? - Ce n'est pas comme cela qu'elle se produit, ô Kassapa dit le Bienheureux. -La souffrance de l'individu, ô vénérable Gotama, est-elle quelque chose de créé par quelqu'un d'autre? - Ce n'est pas comme cela qu'elle se produit, ô Kassapa, dit le Bienheureux.

-Si la souffrance de l'individu n'est pas quelque chose de créé par lui-même, si la souffrance de l'individu n'est pas quelque chose de créé par quelqu'un d'autre, ô vénérable Gotama, la souffrance de l'individu est-elle une chose apparue par hasard? - Ce n'est pas comme cela qu'elle se produit, ô Kassapa, dit le Bienheureux.

-La souffrance de l'individu, ô vénérable Gotama, est-elle une chose non existante? - Si, ô Kassapa, la souffrance de l'individu n'est pas une chose non existante, la souffrance de l'individu est donc une chose existante. -Peut-être, le vénérable Gotama ne connaît-il pas la souffrance de l'individu, ne voit-il pas la souffrance de l'individu? -Non, ô Kassapa, je ne suis pas quelqu'un qui ne connaît pas la souffrance de l'individu. Je suis quelqu'un qui connaît la souffrance de l'individu. Je suis quelqu'un qui voit la souffrance de l'individu.

-Comment cela peut être alors, ô vénérable Gotama ? Lorsque j'ai demandé si la souffrance de l'individu avait été créée par lui-même, vous m'avez répondu en disant " Ce n'est pas comme cela qu'elle se produit".

Lorsque j'ai demandé si la souffrance de l'individu avait été créée par quelqu'un d'autre, vous m'avez répondu en disant " Ce n'est pas comme cela qu'elle se produit".

Lorsque j'ai demandé si la souffrance de l'individu se produisait par hasard, vous m'avez répondu en disant " Ce n'est pas comme cela qu'elle se produit".

Lorsque j'ai demandé si la souffrance de l'individu était une chose non existante, vous m'avez répondu en disant " La souffrance de l'individu n'est pas une chose non existante. La souffrance de l'individu est une chose existante".

Lorsque j'ai demandé si le vénérable Gotama ne connaissait pas et ne voyait pas la souffrance, vous m'avez répondu en disant " Je ne suis pas quelqu'un qui ne connaît pas la souffrance de l'individu. Je suis quelqu'un qui connaît la souffrance. Je suis quelqu'un qui voit la souffrance".

Dites-moi donc, ô vénérable Gotama, comment se produit la souffrance? Expliquez-moi, ô vénérable Gotama, comment se produit la souffrance?

(Le Bienheureux répondit): Lorsqu'on dit que l'individu fait des actions et que le même individu reçoit leurs résultats - comme vous l'avez dit au début: "La souffrance de l'individu est créée par lui-même "-, une telle affirmation se réduit à la theorie éternaliste.

Lorsqu'on dit qu'un individu fait des actions et qu'un autre obtient leurs résultats, c'est-à-dire l'opinion selon laquelle on souffre à cause de la faute d'un autre, une telle affirmation se réduit à la théorie annahilationiste.

Dans ce cas, ô Kassapa, le Tathagata enseigne la doctrine sans aller à ces deux extrêmes, mais selon la voie du milieu, selon laquelle: conditionnées par l'ignorance se produisent les formations mentales; conditionnée par les formations mentales se produit la conscience; conditionnés par la conscience se produisent des phénomènes psychiques et des phénomènes physiques; conditionnées par les phénomènes psychiques et les phenomenes physiques se produisent les six facultés; conditionné par les six facultés se produit le contact (sensoriel et mental); conditionnée par le contact (sensoriel et mental) se produit la sensation; conditionné par la sensation se produit le désir; conditionnée par le désir se produit la saisie; conditionné par la saisie se produit le processus du devenir, conditionnée par le processus du devenir se produit la naissance; conditionnés par la naissance se produisent la décrépitude, la mort, les lamentations, les peines, les douleurs, les chagrins, les désespoirs. De cette façon se produit ce monceau de souffrances.

(Cependant), par la cessation complète de l'ignorance, les formations mentales cessent; par la cessation complète des formations mentales, la conscience cesse; par la cessation complète de la conscience, les phénomènes psychiques et les phénomènes physiques cessent; par la cessation complète des phénomènes psychiques et des phénomènes physiques, les six facultés cessent; par la cessation complète des six facultés, le contact cesse; par la cessation complète du contact, la sensation cesse; par la cessation complète de la sensation, le désir cesse; par la cessation complète du désir, le processus du devenir cesse; par la cessation complète du processus du devenir, la naissance cesse; par la cessation complète de la naissance, la décrépitude, la mort, les lamentations, les peines, les douleurs, les chagrins, les désespoirs cessent. Telle est la cessation complète de tout ce monceau de souffrances.

Cela étant dit, l'ascète nu Kassapa dit au Bienheureux: Merveilleux, ô Vénérable, merveilleux, ô Vénérable. C'est (vraiment), ô Vénérable, comme si l'on redressait ce qui a été renversé, découvrait ce qui a été caché, montrait le chemin à l'égaré ou apportait une lampe dans l'obscurité en pensant: "Que ceux qui ont des yeux voient les formes ", de même le Bienheureux a rendu claire la doctrine de maintes façons.

Je prends donc refuge dans le Bienheureux, dans l'Enseignement et dans la Communauté. Puissé-je obtenir l'Ordination mineure et l'Ordination majeure auprès du Bienheureux.

(Le Bienheureux dit): O Kassapa, si quelqu'un qui était d'abord un adepte d'une autre religion veut obtenir l'Ordination mineure et l'Ordination majeure ici, dans cette Doctrine et dans cette Discipline, il lui faut passer une période de probation de quatre mois. Lorsqu'il a passé cette période de probation, à la fin des quatre mois, les moines contents de lui lui donneront délibérément l'Ordination mineure et l'Ordination majeure afin de le faire moine. Néanmoins, je constate une différence entre les individus.

L'ascète nu Kassapa dit: O Bienheureux, si quelqu'un qui était d'abord un adepte d'une autre religion veut obtenir l'Ordination mineure et l'Ordination majeure ici, dans cette Doctrine et dans cette Discipline, s'il passe une période de probation de quatre mois et si, lorsqu'il a passé cette période de probation, à la fin des quatre mois, les moines contents de lui lui donnent délibérément l'Ordination mineure et l'Ordination majeure afin de le faire moine, je suis prêt, ô Bienheureux, à passer une période de probation, même de quatre ans. Après avoir passé ainsi une période de probation, à la fin des quatre ans, que les moines contents de moi me donnent délibérément l'Ordination mineure et l'Ordination majeure.

Ainsi, l'ascète nu Kassapa obtint auprès du Bienheureux l'Ordination mineure et l'Ordination majeure. Peu de temps après son Ordination majeure, l'Ayasmanta Kassapa, demeurant seul, retiré, vigilant, ardent, résolu, parvint rapidement à ce but pour la réalisation duquel les fils de noble famille quittent leur foyer pour la vie religieuse; cet incomparable but de la Conduite pure, il le réalisa dans cette vie même.

Il compris: "Toute naissance nouvelle est anéantie. La conduite pure est vécue. Ce qui doit être achevé est achevé, plus rien ne demeure à accomplir." Ainsi, l'Ayasmanta Kassapa parvint au nombre des Arahants.


Récupérée de « http://sangharime.com/wiki/index.php?title=Acela-sutta »

Voir Mohan Wijayaratna, Sermons du Bouddha, point sagesse, Seuil.


On voit que lorsque les causes de dukkha sont présente la souffrance se produit lorsqu'elles sont absentes la souffrance ne se produit pas. La souffrance n'est donc pas inhérente à l'existence et sa supression n'entraîne pas son oubli, le Bouddha n'est quelqu'un qu a oublié la souffrance et n'est pas non plus quelqu'un qui aurait quelque opinions x ou y sur la soufffrance et sa signification, non il est celui qui la comprend, qui la voit dans sa vérité, non seulement dans son sens universel mais aussi dans pour l'individu.



Pour une comparaison des deux classifications:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Caitasika

Pour une bonne analyse de l'Abhidharma voir:
- Nagarjuna, Psychologie bouddhiste de la vacuité, David Ross Komito, éd. Kunchab, 2001.

Pour une mise en relation de la psychologie de l'Abhidharma avec les question de la conscience et des neuroscience voir:
-Varela, Thompson, Rosch, L'inscription corporelle de l'esprit, sciences cognitives et expériences humaines, coll. La couleur des idées, éd. Seuil, 1993.

La prochaine fois, nous en parlerons en détails de ce qu'est cet esprit dans la troisième noble vérité, le vérité de la cessation de la souffrance où nous devons définir ce qu'est le Nirvana.

Un de ces jours Wink


Dernière édition par Jean-Sherab le 03/09/2008 14:59:57; édité 1 fois
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MessagePosté le: 06/02/2007 21:34:46    Sujet du message: Le premier enseignement du Bouddha Répondre en citant

Nous avons vu le sens de la liberté. Bien que la liberté de choix existe celle-ci est conditionnée et dépend donc d'une liberté plus fondamentale celle qui est issue de la compréhension du mode de production de l'expérience consciente. Plus cette compréhension croît plus la liberté de choix augmente. Nous avons vu en effet que l'attention enn tant que facteur mental déterminant la qualité de cette expérience agissait sur le mouvement de saisie qui produit l'illusion dualiste et toutes les conséquences néfastes liés aux facteurs mentaux négatifs. Plus l'attention est entretenue dans le continuum de conscience plus la conscience "voit" le mouvement de l'intention et de la saisie qui mettent en relation une situation données se manifestant en dépendance des facteurs du contact, de la sensation, de la perception et les formations karmiques détermnées par les habitudes mentales produites par les saisies passées. Bref l'attention augmente le "jeux" entre les différents moments de la production subjective, cet espace permet avec le temps et l'entrainement de pouvoir laisser passer les formations mentales nocives et de voir que leur "pouvoir de nuisance" est en vérité nulle et dépend de l'absence de "vue". Vue qui dévoile la vacuité fondamentale des enchaînements égocentriques permettant de reconnaître la nature de l'esprit comme la luminosité fondamentale. La Claire Lumière comme l'on dira dans le Mahayana dont la nature est comparée à la joie, la compassion et la connaissance. La pleine réalisation de cette nature est appelée Nirvana. Je dis comparée à la joie, à la compassion et à la connaissance parce que nous ne pouvons jamais que parler par analogie d'un état qui est hors de toutes expériences connues.
D'ailieurs le bouddha parla très peu du Nirvana ultime. Les textes du Canon Pali sont rares et ont donné lieu à une grande quantité de théories, de commentaires et échafaudages métaphysiques mais ces courant ont tous insisté sur le fait que toutes ces tentatives sont vouée à l'échec en effet comme le sucre ne peut pas être compris à travers des descriptions conceptuelles mais par l'expérience gustative, le Nirvana ne peut être compris qu'à travers une expérience directe.

Néanmoins cherchons à travers quelque textes à montrer ce que pourrait être ce Nirvana.


Citation:
"Il y a, bikkhus, un non-né -- non-devenu -- non-fait -- non-construit. Si ce n'était de ce non-né -- non-devenu -- non-fait -- non-construit, on n'aurait pas le cas où on discernerait l'émancipation de ce qui est né -- devenu -- fait -- construit. Mais c'est précisément parce qu'l y a un non-né -- non-devenu -- non-fait -- non-construit, qu'on discerne l'émancipation de ce qui est né -- devenu -- fait -- construit."

-- Ud VIII.3


On voit que il y a passage à autre chose et cet autre chose est un au-delà du devenir et des constructions mais comme le montre le passage suivant cette émancipation ne se réduit pas une simple extraction du monde dans un autre monde ou non-monde.


Citation:
"Il y a cette dimension où il n'y a ni terre, ni eau, ni feu, ni vent; ni dimension de l'infinitude de l'espace, ni dimension de l'infinitude de la conscience, ni dimension du néant, ni dimension de ni perception ni non-perception; ni ce monde, ni le prochain monde, ni soleil, ni lune. Et là, dis-je, il n'y a ni allée, ni venue, ni stase; ni cessation ni naissance: sans position, sans fondation, sans support [objet mental]. Ceci, juste ceci, est la fin du stress."

-- Ud VIII.1


Ce passage avec d'autres (1) a fortement influencé le courant ultérieur du Madhyamyka dont le but est finalement d'éviter de bloquer le réel dans des catégories restrictives et dualistes lui imposant un mode d'existence qui lui est étranger. Le mode de négation des contraires rend le réel à lui-même le laissant à comme le dit Raimon Panikkar son hyperfluidité (voir "Le silence du Bouddha, introduction à l'athéisme religieux" édition augmentée, éd. Actes sud spiritualité. On voit que le nirvana ne peut se réduire aux éléments du monde phénoménal ni au quatre états de réalisation antérieure ni infini de l'espace, ni infinité de la conscience, ni néant, ni Tout (sphère de ni perception ni non-perception) mais peut-être tout ça à la fois. On ne peut pas dire que ce soit ce monde que nous vivons mais on ne peut pas dire non plus que c'est le prochain, il ne peut donc être étranger à l'un et à l'autre. On ne peut pas dire qu'il se réduit au mouvement car il est ni allée, ni venue, ni naissance mais il n'est pas non plus pure immobilité puisqu'il est ni stase, ni cessation. De plus il est sans position c'est-à-dire qu'il échape à toute topologie. Mais ce qui est le plus fondamental c'est qu'il est sans fondement en effet pour qu'il y ait fondement il faut qu'il y ait un fondement et quelque chose qui soit fondé par celui-ci or nous sommes avec le Nirvana au delà de toute dualités de cette sorte ce n'est que parce que nous appréhendons le nirvana que par nootre imagination qui ne peut sortir de la dualité que nous pensons le nirvana comme distinct du monde et de nous. Ce non fondement montre au contraire que le moi n'a plus besoin d'un fondement pour se définir il est dans l'ouverture intégrale ou il ne subsiste plus de moint de fixation mais ce décentrement parfait n'implique pas l'oubli du soi mais au contraire sa pleine connaissance sans plus ni moins d'intérêt que pour un autre être il est sans support ou sans objet.

Cette idée de spacialité de l'esprit qui ne se fixe plus sur aucun objet est donnée par le Bouddha dans le soutra suivant:

Citation:
Aggivessana Vacchagotta:] "Mais, Maître Gotama, le bikkhu dont l'esprit est ainsi libéré: Où réapparaît-il donc?"

[Le Bouddha:] "'Réapparaître,' Vaccha, ne s'applique pas."

"En ce cas, Maître Gotama, il ne réapparaît pas."

"'Ne réapparaît pas,' Vaccha, ne s'applique pas."

"...autant il réapparaît et il ne réapparaît pas."

"...ne s'applique pas."

"...ni réapparaît ni ne réapparaît pas."

"...ne s'applique pas."

"Comment se fait-il, Maître Gotama, que lorsqu'on demande à Maître Gotama si le bikkhu réapparaît... ne réapparaît pas... Autant il réapparaît et il ne réapparaît pas... ni réapparaît ni ne réapparaît pas, il dise, '...ne s'applique pas' dans chaque cas. A ce point, Maître Gotama, je suis embrouillé; à ce point, je suis confus. Le minimum de clarté que je tire de notre précédente conversation est maintenant obscurci."

"Certes te voilà embrouillé, Vaccha. Certes te voilà confus. Profond, Vaccha, est ce phénomène, difficile à voir, difficile à realiser, tranquille, raffiné, au-delà de la portée de conjecture, subtil, à-être-vécu par les sages. Pour ceux qui ont d'autres vues, d'autres pratiques, d'autres satisfactions, d'autres objectifs, d'autres enseignants, il est difficile à connaître. Cela étant le cas, Je vais maintenant te poser quelques questions. Réponds comme tu penseras qu'il convient. Comment interprètes-tu ceci, Vaccha: Si un feu brûlait en face de toi, saurais-tu que, 'Ce feu brûle en face de moi'?"

"...oui..."

"Et suppose que quelqu'un devait te demander, Vaccha, 'Ce feu qui brûle en face de toi, c'est en dépendance de quoi qu'il brûle?' Si on te le demandait ainsi, comment répondrais-tu?"

"...Je répondrais, 'Ce feu qui brûle en face de moi brûle en dépendance d'herbe et de bois pour son alimentation.'"

"Si le feu qui brûle en face de toi devait s'éteindre, saurais-tu que, 'Ce feu qui brûle en face de moi s'est éteint'?"

"...oui..."

"Et suppose que quelqu'un devait te demander, 'Ce feu qui s'est éteint en face de toi, dans quelle direction à partir d'ici est-il allé? A l'est? A l'ouest? Au nord? Ou au sud?' Si on te le demandait ainsi, comment répondrais-tu?"

"Cela ne s'applique pas, Maître Gotama. Tout feu qui brûle en dépendance d'une alimentation d'herbe et de bois, s'il n'est plus nourri -- pour avoir consumé cette alimentation et pour ce qu'on ne lui en offre pas d'autre -- est simplement classé comme 'éteint' (libéré)."

"Même ainsi, Vaccha, toute forme physique par laquelle quelqu'un qui décrit le Tathagata le décrirait: Cela, le Tathagata l'a abandonné, sa racine détruite, comme un palmier déraciné, privé des conditions de l'existence, non destiné à une future repousse. Libéré de la classification de forme, Vaccha, le Tathagata est profond, illimité, difficile à sonder, comme la mer. 'Réapparaît' ne s'applique pas. 'Ne réapparaît pas' ne s'applique pas. 'Autant il réapparaît et il ne réapparaît pas' ne s'applique pas. 'Ni réapparaît ni ne réapparaît pas' ne s'applique pas.

"Toute sensation... Toute perception... Toute construction mentale...

" la conscience par quelle quelqu'un qui décrirait le Tathagata le décrirait: Cela, le Tathagata l'a abandonné, sa racine détruite, comme un palmier déraciné, privé des conditions de existence, non destiné à une future repousse. Libéré de la classification de la conscience, Vaccha, le Tathagata est profond, illimité, difficile à sonder, comme la mer."

-- MN 72


Par la métaphore de la flamme symbolisant l'ignorance qui induit l'attachement au soi et produit la souffrance, le Bouddha montre que le Nirvana réside en son extinction. Mais le Bouddha étrangement ne demande pas à Vaccha si l'esprit du Bikkhu une fois libérée existe ou n'existe pas mais "Où vas-t-il?" A cette question d'ordre topologique Vaccha répond que les classifications de situation ne peuvent prétendre à catégoriser l'esprit. Dans les développement ultérieure, l'idée de l'esprit comme réalité inconditionné métaphoriquement comparé à l'espace dans sa qualité d'ouverture totale montrera un réel embrassant toutes formes sans jamais se retourner en fermeture sur un soi-disant Grand Tout ou si on parle de Tout dans le Chan ou le Zen cela sera jamais un Tout refermé sur ses parties mais toujours un Tout ouvert sur l'infini.
Par la suite le Bouddha montre que en fait l'esprit une fois nirvané est libre de toutes classifications. Ainsi le non-soi n'est pas néant...

Citation:
>© Nanabozho (Gichi Wabush)

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Samyutta Nikaya XLIV.10
Ananda Sutta
A Ananda
(sur le Soi, le Non-Soi, et le Pas-soi)

D'après la traduction du pali à l'anglais par Thanissaro Bhikkhu.
Pour distribution gratuite exclusivement.



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Alors le vagabond Vacchagotta alla voir le Béni du Ciel et, en arrivant, echangea de courtoises salutations avec lui. Après un échange d'amicales salutations et courtoisies, il s'assit de côté. Assis là, il demanda au Béni du Ciel: "Alors, Vénérable Gautama, y a-t-il un soi?"

Cela ayant été dit, le Béni du Ciel garda le silence.

"Alors, c'est qu'il n'y a pas de soi?"

Une seconde fois, le Béni du Ciel garda le silence.

Alors Vacchagotta le vagabond se leva de son siège et partit.

Puis, peu de temps après le départ de Vacchagotta, le Vén. Ananda dit au Béni du Ciel: "Pourquoi, seigneur, est-ce que le Béni du Ciel n'a pas répondu à la question de Vacchagotta le vagabond?

-- Ananda, si moi, Vacchagotta le vagabond m'ayant demandé s'il y avait un soi, j'avais dû lui répondre qu'il y a un soi, c'eût été conforme à ce que disent ces prêtres et contemplatifs qui sont des partisans de l'éternalisme [la conception qu'il y a une âme éternelle et immuable]. Si moi, Vacchagotta le vagabond m'ayant demandé s'il y avait un soi, j'avais dû lui répondre qu'il n'y a pas de soi, c'eût été conforme à ce que disent ces prêtres et contemplatifs qui sont des partisans de l'annihilationnisme [la conception qui veut que la mort soit l'annihilaton de la conscience]. Si moi, Vacchagotta le vagabond m'ayant demandé s'il y avait un soi, j'avais dû lui répondre qu'il y a un soi, avait dû répondre qu'il y a un soi, eût-ce été conforme avec la prise de connaissance de ce que tous les phénomènes sont non-soi?

-- Non, seigneur.

-- Et si moi, Vacchagotta le vagabond m'ayant demandé s'il n'y avait pas de soi, j'avais dû lui répondre qu'il n'y a pas de soi, Vacchagotta, pour perplexe qu'il était, le serait devenu encore plus: 'Est-ce que le soi que je connaissais n'existerait plus?' "



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Voir aussi: AN IV.42
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Révisé: Mer 16 mai 2001

Version anglaise d'origine:
http://www.accesstoinsight.org/canon/samyutta/sn44-010.html



[quote]


... et cette indétermination n'eest pas dissolution de la réalité c'est juste le contraire.

Citation:
>© Nanabozho (Gichi Wabush)

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Samyutta Nikaya XXII.85
Yamaka Sutta
Pour Yamaka

D'après la traduction du pâli à l'anglais par Thanissaro Bhikkhu.
Pour distribution gratuite exclusivement.



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J'ai entendu qu'en une occasion le Vén. Sariputta demeurait près de Savatthi au Bosquet de Jeta, le monastère d'Anathapindika. Or, à cette époque, cette méchante supposition était venue au Vén. Yamaka: "Ainsi que je comprend l'Enseignement expliqué par le Béni du Ciel, un moine qui n'a plus d'écoulements (mentaux), à la rupture du corps, est annihilé, périt, et n'existe plus après la mort." Un grand nombre de moines entendit, "On dit que cette méchante supposition est venue au Vén. Yamaka: ' Ainsi que je comprend l'Enseignement expliqué par le Béni du Ciel, un moine qui n'a plus d'écoulements (mentaux), à la rupture du corps, est annihilé, périt, et n'existe plus après la mort.'" Ils allèrent donc voir le Vén. Yamaka et à leur arrivée échangèrent de courtoises salutations. Après un échange d'amicales salutations et courtoisies, ils s'assirent d'un côté. Quand ils furent assis là, ils dirent au Vén. Yamaka, "Est-il vrai, ami Yamaka, que cette méchante supposition t'est venue: ' Ainsi que je comprend l'Enseignement expliqué par le Béni du Ciel, un moine qui n'a plus d'écoulements (mentaux), à la rupture du corps, est annihilé, périt, et n'existe plus après la mort.'

"Oui, mes amis. Ainsi que je comprend l'Enseignement expliqué par le Béni du Ciel, un moine qui n'a plus d'écoulements (mentaux), à la rupture du corps, est annihilé, périt, et n'existe plus après la mort."

"Ne dis pas cela, ami Yamaka. Ne représente pas à tort le Béni du Ciel. Ce n'est pas bien de représenter à tort le Béni du Ciel, car le Béni du Ciel ne dirait pas, 'Un moine qui n'a plus d'écoulements, à la rupture du corps, est annihilé, périt, et n'existe plus après la mort.'"

Mais même si le Vén. Yamaka se faisait ainsi réprimander par ces moines, lui -- par obstination et attachement -- maintint son adhésion à cette méchante supposition: ' Ainsi que je comprend l'Enseignement expliqué par le Béni du Ciel, un moine qui n'a plus d'écoulements, à la rupture du corps, est annihilé, périt, et n'existe plus après la mort.'

Quand ces moines virent qu'ils ne pouvaient pas arracher le Vén. Yamaka à sa méchante supposition, ils se levèrent de leurs sièges et allèrent voir le Vén. Sariputta. Dès leur arrivée ils lui dirent: "Ami Sariputta, cette méchante supposition est venue au Vén. Yamaka: ' Ainsi que je comprend l'Enseignement expliqué par le Béni du Ciel, un moine qui n'a plus d'écoulements, à la rupture du corps, est annihilé, périt, et n'existe plus après la mort.' Il serait bon que vous ailliez voir le Vén. Yamaka par sympathie pour lui."

Le Vén. Sariputta consentit en gardant le silence.

Alors, au soir, le Vén. Sariputta quitta sa retraite, et alla voir le Vén. Yamaka, et à son arrivée échangea de courtoises salutations. Après un échange d'amicales salutations et courtoisies, il s'assit d'un côté. Quand il fut assis là, il dit au Vén. Yamaka: "Est-il vrai, Yamaka mon ami, que cette méchante supposition t'est venue, 'Ainsi que je comprend l'Enseignement expliqué par le Béni du Ciel, un moine qui n'a plus d'écoulements, à la rupture du corps, est annihilé, périt, et n'existe plus après la mort.'"

"Oui, Sariputta mon ami. Ainsi que je comprend l'Enseignement expliqué par le Béni du Ciel, un moine qui n'a plus d'écoulements, à la rupture du corps, est annihilé, périt, et n'existe plus après la mort."

"Comment vois-tu ceci, Yamaka mon ami: La forme est-elle constante ou inconstante?"

"Inconstante, mon ami."

"Et est-ce que ce qui est inconstant est tranquille ou stressant?"

"Stressant, mon ami."

"Et est-il correct de considérer ce qui est inconstant, stressant, sujet au changement comme: 'Ceci est à moi. Ceci est mon soi. Ceci est ce que je suis'?"

"Non, mon ami."

"Est-ce que la sensation est constante ou inconstante?"

"Inconstante, mon ami."...

"Est-ce que la perception est constante ou inconstante?"

"Inconstante, mon ami."...

"Est-ce que les fabrications sont constantes ou inconstantes?"

"Inconstantes, mon ami."...

"Est-ce que la conscience est constante ou inconstante?

"Inconstante, mon ami."

"Et est-ce que ce qui est inconstant est tranquille ou stressant?"

"Stressant, mon ami."

"Et est-il correct de considérer ce qui est inconstant, stressant, sujet au changement comme: 'Ceci est à moi. Ceci est mon soi. Ceci est ce que je suis'?"

"Non, mon ami."

"Comment vois-tu ceci: Considères-tu que la forme soit comme le Tathâgata?"

"Non, mon ami."

"Considères-tu que la sensation soit comme le Tathâgata?"

"Non, mon ami."

"Considères-tu que la perception soit comme le Tathâgata?"

"Non, mon ami."

"Considères-tu que les fabrications soient comme le Tathâgata?"

"Non, mon ami."

"Considères-tu que la conscience soit comme le Tathâgata?"

"Non, mon ami."

"Comment vois-tu ceci: Considères-tu le Tathâgata comme étant dans la forme?... Ailleurs que dans la forme?... Dans la sensation?... Ailleurs que dans la sensation?... Dans la perception ?... Ailleurs que dans la perception ?... Dans les fabrications?... Ailleurs que dans les fabrications?... Dans la conscience?... Ailleurs que dans la conscience?"

"Non, mon ami."

"Comment vois-tu ceci: Considères-tu le Tathâgata comme forme-sensation -perception-fabrications-conscience?"

"Non, mon ami."

"Considères-tu le Tathâgata comme ce qui serait sans forme, sans sensation, sans perception, sans fabrications, sans conscience?"

"Non, mon ami."

"Et donc, Yamaka mon ami -- lorsque tu ne peux pas épingler le Tathâgata comme une vérité ou réalité même dans la vie présente -- est-il correct de ta part de déclarer, 'Ainsi que je comprend l'Enseignement expliqué par le Béni du Ciel, un moine qui n'a plus d'écoulements, à la rupture du corps, est annihilé, périt, et n'existe plus après la mort'?

"Auparavant, Sariputta mon ami, j'ai effectivement sottement soutenu cette méchante supposition. Mais maintenant, ayant entendu ton explication du Dhamma, j'ai abandonné cette méchante supposition, et j'ai fait une percée jusqu'au Dhamma.

"Alors, ami Yamaka, comment répondrais-tu si on t'interrogeait ainsi: Un moine, un qui est digne, sans plus d'écoulements mentaux: que devient-il, à la rupture du corps, après la mort?

"Ainsi interrogé, je répondrais, La forme est inconstante... La sensation... La perception... Les fabrications... La conscience est inconstante. Ce qui est inconstant est stressant. Ce qui est stressant a cessé et est allé à sa fin."

"Très bien, Yamaka mon ami. Très bien. En ce cas je vais te donner une analogie afin d'emmener plus loin ton entendement à partir de ce point même. Suppose qu'il y avait un maître de maison ou le fils d'un maître de maison -- riche, aisé, aux nombreuses possessions -- qui fusse parfaitement bien gardé. Alors suppose que se pointait un certain homme, désireux de ce qui ne serait pas son bénéfice, désireux de ce qui ne serait pas son bien-être, désireux de sa perte de sécurité, désireux de le tuer. Il pourrait venir à l'idée de cet homme: 'Il ne serait pas facile de tuer cette personne par la force. Et si je m'introduisais subrepticement et qu'alors je le tuais?'

"Il irait donc voir le maître de maison ou le fils d'un maître de maison et lui dirait, 'Puissiez-vous m'embaucher comme serviteur, seigneur.' Ce sur quoi, le maître de maison ou le fils d'un maître de maison embaucherait l'homme comme serviteur.

"Ayant été embauché comme serviteur, l'homme se lèverait le matin avant son maître, se coucherait le soir seulement après son maître, faisant tout ce qu'ordonnerait son maître, agissant toujours afin de lui plaire, lui parlant poliment. Alors le maître de maison ou le fils d'un maître de maison en viendrait à le considérer comme un ami et un compagnon, et en viendrait à se reposer sur lui. Quand l'homme se rendrait compte, Ce maître de maison ou ce fils d'un maître de maison me fait confiance,' alors, lorsqu'il le rencontrerait dans un lieu solitaire, il le tuerait avec un couteau tranchant.

"Or qu'en penses-tu, Yamaka mon ami? Quand cet homme est allé voir le maître de maison ou le fils d'un maître de maison et lui a dit, 'Puissiez-vous m'embaucher comme serviteur, seigneur': n'était-il pas déjà un meurtrier? Et pourtant quoiqu'il eut été un meurtrier, le maître de maison ou le fils d'un maître de maison ne le connaissait pas comme 'mon meurtrier.' Et lorsque, embauché comme serviteur, il se levait le matin avant son maître, se couchait le soir seulement après son maître, faisant tout ce qu'ordonnait son maître, agissant toujours afin de lui plaire, lui parlant poliment: n'était-il pas de même qu'alors un meurtrier? Et pourtant quoiqu'il fut un meurtrier, le maître de maison ou le fils d'un maître de maison ne l'a pas connu comme 'mon meurtrier.' Et lorsque il l'a rencontré dans un lieu solitaire et l'a tué avec un couteau tranchant: n'était-il pas de même qu'alors un meurtrier? Et pourtant quoiqu'il fut un meurtrier, le maître de maison ou le fils d'un maître de maison ne l'a pas connu comme 'mon meurtrier.'"

"Oui, mon ami."

"De la même façon, une personne ordinaire non-instruite -- qui n'a aucun égard pour les nobles personnes, n'est pas bien versée ou disciplinée dans leur Dhamma; qui n'a aucun égard pour les hommes d'intégrité, n'est pas bien versée ou disciplinée dans leur Dhamma -- présume la forme (le corps) être le soi, ou le soi comme possédant la forme, ou la forme comme dans le soi, ou le soi comme dans la forme.

"Elle présume la sensation comme étant le soi...

"Elle présume la perception comme étant le soi...

"Elle présume les fabrications (mentales) comme étant le soi...

"Elle présume la conscience comme étant le soi, ou le soi comme possédant la conscience, ou la conscience comme dans le soi, ou le soi comme dans la conscience.

"Elle ne discerne pas la forme inconstante, comme elle est réellement présente, comme 'forme inconstante.' Elle ne discerne pas la sensation inconstante, comme elle est réellement présente, comme 'sensation inconstante.' Elle ne discerne pas la perception inconstante... Elle ne discerne pas les fabrications inconstantes... Elle ne discerne pas la conscience inconstante, comme elle est réellement présente, comme 'conscience inconstante.'

"Elle ne discerne pas la forme stressante, comme elle est réellement présente, comme 'forme stressante.' Elle ne discerne pas la sensation stressante... Elle ne discerne pas la perception stressante... Elle ne discerne pas les fabrications stressantes... Elle ne discerne pas la conscience stressante, comme elle est réellement présente, comme 'conscience stressante.'

"Elle ne discerne pas la forme sans soi, comme elle est réellement présente, comme 'forme sans soi.' Elle ne discerne pas la sensation sans soi est... Elle ne discerne pas la perception sans soi est... Elle ne discerne pas les fabrications sans soi... Elle ne discerne pas la conscience sans soi, comme elle est réellement présente, comme 'conscience sans soi.'

"Elle ne discerne pas la forme fabriquée, comme elle est réellement présente, comme 'la forme fabriquée.' Elle ne discerne pas la sensation fabriquée est... Elle ne discerne pas la perception fabriquée est... Elle ne discerne pas fabriqué fabrications... Elle ne discerne pas la conscience fabriquée, comme elle est réellement présente, comme 'la conscience fabriquée.'

"Elle ne discerne pas la forme meurtrière, comme elle est réellement présente, comme 'forme meurtrière.' Elle ne discerne pas la sensation meurtrière... Elle ne discerne pas la perception meurtrière... Elle ne discerne pas les fabrications meurtrière... Elle ne discerne pas la conscience meurtrière, comme elle est réellement présente, comme 'conscience meurtrière.'

"Elle s'attache à la forme, s'accroche à la forme, et détermine qu'elle soit 'mon soi.' Elle se laisse attacher à la sensation est... Elle se laisse attacher à la perception est... Elle se laisse attacher aux fabrications... Elle se laisse attacher à la conscience, s'accroche à la conscience, et détermine qu'elle soit 'mon soi.' Ces cinq agrégats d'attachement -- auxquels on s'attache, auxquels on s'accroche -- mènent à sa perte et à sa souffrance à long-terme.

"Or, le disciple bien instruit des nobles personnes -- qui a de la considération pour les nobles personnes, est bien versé et discipliné dans leur Dhamma; qui a de la considération pour les hommes d'intégrité, est bien versé et discipliné dans leur Dhamma -- ne présume pas que la forme soit le soi, ou le soi comme possédant la forme, ou la forme comme dans le soi, ou le soi comme dans la forme.

"Il ne présume pas la sensation comme étant le soi...

"Il ne présume pas la perception comme étant le soi...

"Il ne présume pas les fabrications comme étant le soi...

"Il ne présume pas la conscience comme étant le soi, ou le soi comme possédant la conscience, ou la conscience comme dans le soi, ou le soi comme dans la conscience.

"Il discerne la forme inconstante, comme elle est réellement présente, comme 'forme inconstante.' Il discerne la sensation inconstante... Il discerne la perception inconstante... Il discerne les fabrications inconstantes... Il discerne la conscience inconstante, comme elle est réellement présente, comme 'conscience inconstante.'

"Il discerne la forme stressante, comme elle est réellement présente, comme 'forme stressante.' Il discerne la sensation stressante... Il discerne la perception stressante... Il discerne les fabrications stressantes... Il discerne conscience stressante, comme elle est réellement présente, comme 'conscience stressante.'

"Il discerne la forme sans soi, comme elle est réellement présente, comme 'forme sans soi.' Il discerne la sensation sans soi... Il discerne la perception sans soi... Il discerne les fabrications sans soi... Il discerne la conscience sans soi, comme elle est réellement présente, comme 'conscience sans soi.'

"Il discerne la forme fabriquée, comme elle est réellement présente, comme 'forme fabriquée.' Il discerne la sensation fabriquée... Il discerne la perception fabriquée... Il discerne les fabrications fabriquées... Il discerne la conscience fabriquée, comme elle est réellement présente, comme 'conscience fabriquée.'

"Il discerne la forme meurtrière, comme elle est réellement présente, comme 'forme meurtrière.' Il discerne la sensation meurtrière... Il discerne la perception meurtrière... Il discerne les fabrications meurtrières... Il discerne la conscience meurtrière, comme elle est réellement présente, comme 'conscience meurtrière.'

"Il ne se laisse pas attacher à la forme, ne s'agrippe pas à la forme, ne détermine pas qu'elle soit 'mon soi.' Il ne se laisse pas attacher à la sensation... Il ne se laisse pas attacher à la perception... Il ne se laisse pas attacher aux fabrications... Il ne se laisse pas attacher à la conscience, ne s'agrippe pas à la conscience, ne détermine pas qu'elle soit 'mon soi.' Ces cinq agrégats d'attachement -- quand on ne s'y attache pas, quand on ne s'y accroche pas -- conduisent à ce bonheur à long-terme et de bien-être."

"Ainsi donc, Sariputta mon ami, sont ceux qui ont des personnes comme toi comme compagnons dans la vie sainte, leur enseignant, les admonestant par sympathie, désireux de leur bien-être. Maintenant que j'ai entendu de ta bouche cette explication du Dhamma, mon esprit -- par défaut d'attachement/continuité -- a été libéré des écoulements."


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Révisé: Mar 19 octobre 2004

Version anglaise d'origine:
http://www.accesstoinsight.org/canon/samyutta/sn22-085.html



Bref il s'agit de voir les choses, les autres et le soi comme ils sont réellement présents c'est-à-dire sans les déformations qu'induits l'attachement et les autres écoulements mentaux toxiques qui en découle n'est pas annihilation mais libération et jouissance du réel dans sa souplesse. L'indétermination n'est pas stérilité mais la conformité de l'esprit avec sa nature.

Mais le non attachement envers les réalité relatives ne doit pas se muer en attachement pour un au-delà, le Nirvana n'est un objet, bien qu'il soit le but il ne peut être réifié en tant qu'entité à aquérir ou de fixation obsédante sans quoi le nirvana ne peut être réalisé il ne sera qu'un concept objet de crispation phantasmatique.

Citation:
>© Nanabozho (Gichi Wabush)

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Majjhima Nikaya 1
Mûlapariyâya Sutta
La séquence racine

D'après la traduction italienne de de De Lorenzo.
Pour distribution gratuite exclusivement.



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J'ai entendu ceci.

Une fois, le Bienheureux séjournait près d'Ukkatthâ, dans le parc, au pied d'un arbre magnifique. Là le Sublime se tourna vers les bhikkhus:

"Moines!" - "Illustre!" répliquèrent les moines. Le Sublime parla ainsi:

"Je veux vous montrer, ô moines, le principe de toutes les choses: écoutez et faites bien attention."

"Oui monsieur!" répondirent attentifs les moines. Le Sublime dit:

"Voici, ô moines, il y a quelqu'un qui n'a rien connu, un homme commun, sans compréhension pour ce qui est saint, étranger à la sainte doctrine, qui lui reste inaccessible; sans compréhension pour ce qui est noble, étranger à la doctrine des nobles, qui lui reste inaccessible. Il prend la terre comme terre, pense à la terre, pense sur la terre, pense 'Mienne est la terre' et s'en réjouit: et pourquoi? Parce qu'il ne la connait pas, dis-je.

La même chose lui arrive avec l'eau, le feu, l'air, la nature, des dieux, du Seigneur de la génération, de Brahmâ, des Brillants, des Radieux, des Puissants, de l'Ultra-puissant, de la sphère illimitée de l'espace, de la sphère illimitée de la conscience, de la sphère de la non-existence, de la limite de la perception possible, du ressenti comme ressenti, du pensé comme pensé, du connu comme connu, de l'unité comme unité, de la multiplicité comme multiplicité, du tout comme tout, de l'extinction comme extinction.

Mais celui qui, ô moines, comme ascète qui lutte, qui avec courage tente d'arriver à l'incomparable sécurité, même à lui la terre vaut comme terre, alors il ne doit pas penser terre, ni penser à la terre, ni penser sur la terre, ni penser 'Mienne est la terre', ni se réjouir de la terre: et pourquoi? Pour qu'il apprenne a la connaître, dis-je. L'eau, le feu, l'air, la nature et les dieux, l'unicité et la multiplicité, le tout lui vaut comme tout et donc il ne doit pas penser le tout, ni penser au tout, ni penser sur le tout, ni penser 'Mien est il tout', ni se réjouir du tout: et pourquoi? Pour qu'il apprenne à le connaître, dis-je. L'extinction lui vaut comme extinction, alors il ne doit pas penser à l'extinction, ni penser sur l'extinction, ni penser 'Mienne est l' extinction', ni se réjouir de l'extinction: et pourquoi? Pour qu'il apprenne a la connaître, dis-je.

Mais celui qui, ô moines, comme saint moine, éteint, arrivé à la fin, ayant accompli l'oeuvre, s'étant déchargé du poids, étant arrivé au but, a détruit les liens de l'existence, s'est sauvé en parfaite sapience, à lui aussi il arrive la même chose par rapport à la terre et à toutes les autres choses, et il ne pense pas 'Mienne est l'extinction'. Pourquoi? Parce qu'il la connaît, dis-je, parce qu'éteinte est l'envie inextinguible, qu'il est sans envie inextinguible. Parce qu'éteinte l'aversion, il est sans aversion.

Et il ne pense même pas 'Mien est le tout' parce que lui, l'erreur éteinte, est sans erreur. L'Accompli, ô moines, le Saint, parfait Eveillé ne pense pas 'Mienne est l'extinction' car l'Accompli la connaît, dis-je. Et il ne pense même pas 'Mienne est la terre' car il a découvert que 'Le Plaisir est racine de la douleur; le devenir engendre, le devenu vieillit et meurt'. C'est donc pourquoi, ô moines, l'Accompli mort à toute soif de vie, désintoxiqué, déraciné, enfui, désenchaîné, est éveillé dans l'incomparable Eveil parfait.

Ainsi parla le Sublime. Contents, les moines se réjouirent des paroles du Sublime.


(Il y a un texte encore plus clair à ce sujet mais je ne le retrouveplus je le mettrais plus tard merci.)

Bref chercher a posédé le Nirvana n'a pas de sens car s'attacher et s'identifier à quelque choses empêche de le connaitre cela vaut pour le soi, les émotions, les objets, les pensées, les autres et le Nirvana. S'identifier sans retenue à toutes nos expériences nous fait vivre la tête dans le guidon à tel point que nous ne nous comprenons plus et ne comprenons plus le monde et les autres mais se fixer sur un Absolu dont nous ne connaissons rien empêchent encore plus sa réalisation et sa connaissance car de celui-ci nous ne pouvons jamais que nous fixer sur des constructions mentales qui seront toujours fausses au regard de l'expérience indicible de l'Eveil.



La suite de la troisième Noble Vérité un autre jour Wink


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Jean-Sherab
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MessagePosté le: 28/02/2007 07:34:22    Sujet du message: Le premier enseignement du Bouddha Répondre en citant

En voici quelques définitions positives.


Citation:
"Ceci est la paix, ceci est exquis -- la résolution de toute construction, l'abandon de toute acquisition, l'achèvement de l'envie insatiable; l'équanimité; la cessation; le Nibbana."

-- AN III.32





Citation:
Il n'est pas de feu comme la passion,
pas de perte comme la colère,
pas de souffrance comme les aggrégats,
pas d'autre douceur que la paix.

La faim: la plus grande des maladies.
Les constructions: la plus grande des souffrances.
Pour qui sait la vérité
telle qu'elle est vraiment,
La Libération
est la première des douceurs.

Libération de la maladie: la première des bonnes fortunes.
Contentement: la première des richesses.
Confiance: le premier des liens de parenté.
Libération: la première des douceurs.

-- Dhp 202-205


Ce texte montre que loin d'être un état neutre et insensibilisé c'est à un sentiment de liberté, de paix sans commune mesure avec ce qui peux être expérimenté dans l'expérience ordinaire mais cette libération et ce contentement loin d'extraire la conscience de toutes relations les rends à la relation la plus primitive, celle de la confiance qui n'a plus rien avoir avec la croyance à ses propres capacités, ni à l'amour propre, ce " premier des liens de parenté" est le sentiment d'appartenance universelle qui apparaît avec la réintégration qu'induit la libération.

Citation:
Certains sont nés dans la matrice humaine,
les malfaisants en enfer,
ceux qui sont sur la bonne voie vont
au ciel,
et ceux qui sont sans écoulements:
totalement libérés.

-- Dhp 126


Le nirvana transcende les notions de monde, de ciel et d'enfer, encore une fois il ne peux être localisé dans un ici, un là, dans le monde ou à l'extérieure de celui-ci, c'est cela que l'on appèle l'ainsité ou la telléité de l'Eveil. Le Bouddha est "ainsi" ou "tel" c'est-à-dire dans la vérité qui échappe à toutes catégorisations, simplement là présent dans l'acceuil ouvert de la connaissance du réel tel qu'il est, dégagé de tous bloquages ou a priori sur ce qu'il doit être ou ne pas être.

Citation:
Les éveillés, constamment
absorbés en jhana,
persévérant,
fermement dans leur effort:
ils touchent à la Libération,
la sécurité sans pareil
contre l'esclavage.


-- Dhp 23


Disserter plus sur le Nirvana n'aura pas de sens puisque son sens n'apparaît qu'à travers son expérimentation et sa réalisation.



Source: http://www.canonpali.org/nibbana.html



La prochaine fois la quatrième et dernière noble vérité Wink


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MessagePosté le: 13/03/2007 18:28:52    Sujet du message: Le premier enseignement du Bouddha Répondre en citant

Citation:
"C'est tout comme si if un homme, voyageant par une piste déserte, devait voir un ancien sentier, une ancienne route, empruntée par les gens de jadis. Il la suivrait. La suivant, il verrait une ancienne cité, une ancienne capitale habitée par des gens des temps anciens, complète avec ses parcs, ses bosquets et ses étangs, murée, plaisante. Il irait trouver le roi ou le ministre du roi, disant : 'Sire, il vous faut savoir qu'en voyageant sur une piste déserte, j'ai vu un ancien sentier... je l'ai suivi... j'ai vu une ancienne cité, une ancienne capitale... complète avec ses parcs, ses bosquets et ses étangs, murée, plaisante. Sire, reconstruisez cette cité!' Le roi ou le ministre du roi reconstruiraient la cité, de sorte que plus tard, la cité deviendrait puissante, riche, et bien peuplée, en pleine croissance et prospère.

"De la même manière j'ai vu un ancien sentier, une ancienne route, empruntée par les Correctement Eveillés par Eux-mêmes des temps anciens. Et quel est cet ancien sentier, cette ancienne route, empruntée par les Correctement Eveillés par Eux-mêmes des temps anciens? Rien que ce noble octuple sentier: vue correcte, résolution correcte, parole correcte, action correcte, moyens de vie corrects, effort correct, attention correcte, concentration correcte... J'ai suivi ce sentier. Le suivant, J'ai acquis une connaissance directe de la naissance... du devenir... de l'attachement... de l'envie insatiable... de la sensation... du contact... des six moyens des sens... du nom-et-forme... de la conscience, une connaissance directe de l'origine de la conscience, une connaissance directe de la cessation de la conscience, une connaissance directe de la voie qui mène à la cessation de la conscience. J'ai suivi ce sentier.

"Le suivant, j'ai acquis une connaissance directe des constructions mentales, une connaissance directe de l'origine des constructions mentales, une connaissance directe de la cessation des constructions mentales, une connaissance directe de la voie qui mène à la cessation des constructions mentales. Sachant cela directement, je l'ai révélé aux moines, aux nonnes, aux disciples laïcs males et aux disciples laïques femelles, de sorte que cette vie sainte est devenue puissante, riche, détaillée, bien peuplée, étendue, et proclamée parmi les êtres célestes et humains."

-- SN XII.65


Voici comment le Bouddha présente la voie qu'il propose, comme quelque chose d'existant depuis des temps immémoriaux, il n'a en ce sens rien inventé mais seulement redécouvert cette route.
Celle-ci est composée de huit entrainement àmener à leur accomplissement complet et qui peuvent se résumer à trois efforts fondamentaux: L'éthique (sila), la concentration ( jhana) et la sagesse (pranna).

Citation:

[Visakha, un laïc, ex-époux de la Vén. Soeur Dhammadinna:] "Et est-ce que les trois aggrégats [de vertu, de concentration, de discernement] sont compris sous le noble octuple sentier, madame, ou est-ce le noble octuple sentier qui est inclus sous les trois aggrégats?"

[la Vén. Soeur Dhammadinna:] "Les trois aggrégats ne sont pas compris sous le noble octuple sentier, ami Visakha, mais le noble octuple sentier est compris sous les trois aggrégats. Parole correcte, action correcte, et moyens de vie corrects viennent sous l'aggrégat de vertu. Effort correct, attention correcte, et concentration correcte viennent sous l'aggrégat de concentration. Vue correcte et résolution correcte viennent sous l'aggrégat de discernement."

-- MN 44


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MessagePosté le: 13/03/2007 18:50:16    Sujet du message: Le premier enseignement du Bouddha Répondre en citant

Le premier entrainement de l'octuple sentier est celui de la vue juste.


La vue juste est celle de la réflexion sur les quatre Nobles Vérités, ce qui en soi nous le voyons déjà est un domaine vaste.


Citation:
"Et qu'est-ce que la vue correcte? La connaissance par rapport au stress, la connaissance par rapport à l'origine du stress, la connaissance par rapport à la cessation du stress, la connaissance par rapport à la voie de la pratique qui mène à la cessation du stress: C'est ce qu'on appelle la vue correcte."

-- DN 22


Ensuite vient la réflexion sur la nature du "moi":

Citation:
"Il y a le cas où une personne ordinaire et sans instruction... ne discerne pas quelles idées sont dignes d'attention, ou quelles idées sont indignes d'attention. Ceci étant, elle ne s'occupe pas d'idées dignes d'attention, et s'occupe au contraire d'idées indignes d'attention... Voici est comment elle s'en occupe de façon inadéquate: 'Etais-je dans le passé? N'étais-je pas dans le passé? Qu'étais-je dans le passé? Comment étais-je dans le passé? Ayant été tel, qu'étais-je dans le passé? Serai-je dans le futur? Ne serai-je pas dans le futur? Que serai-je dans le futur? Comment serai-je dans le futur? Ayant été tel, que serai-je dans le futur?' Ou bien elle est intérieurement perplexe à propos du présent immédiat: 'Suis-je? Ne suis-je pas? Que suis-je? Comment suis-je? D'où vient cet être? Où va-t-il?'

"Comme elle s'en occupe de façon inadéquate de cette manière, une des six sortes de vues surgit en lui: La vue J'ai un moi surgit en lui comme étant véritable et établie, ou la vue Je n'ai pas de moi ... ou la vue C'est précisément grâce au moi que je me perçois ... ou la vue C'est précisément grâce au moi que je ne me perçois pas ... ou la vue C'est précisément grâce au non-moi que je me perçois surgit en lui comme étant véritable et établie, ou bien il a une vue comme ceci: Ce moi qui est le mien -- le connaisseur qui est sensible ici et là au murissement des bonnes et mauvaises actions -- est ce moi qui est mien qui est constant, immortel, éternel, non sujet à changement, et durera aussi longtemps que l'éternité. C'est ce qu'on appelle un roncier de vues, un désert de vues, une contorsion de vues, un grouillement de vues, des chaînes de vues. Liée par des chaînes de vues, la personne ordinaire sans instruction n'est pas exempte de la naissance, de la vieillesse, et de la mort, du chagrin, de la lamentation, de la douleur, de l'angoisse, et du désespoir. Elle n'est pas exempte, vous dis-je, de la souffrance et du stress.

"Le disciple bien instruit des personnes nobles... discerne quelles idées sont dignes d'attention, et quelles idées sont indignes d'attention. Ceci étant, il ne s'occupe pas d'idées indignes d'attention, et s'occupe [au contraire] d'idées dignes d'attention... Il s'occupe de façon pertinente, Ceci est le stress... Ceci est l'origine du stress... Ceci est la cessation du stress... Ceci est le chemin qui mène à la cessation du stress. Comme il s'occupe de façon pertinente de cette manière, il abandonne trois chaînes en lui: la vue d'identité-vue, le doute, et l'attachement aux préceptes et pratiques."

-- MN 2


Mais de manière générale il s'agit de s'interroger sur la nature du réel. Mais cette intérrogation ne se termine ni ne se limite à des constructions mentales et conceptuelles sur ce que devrait être la réalité, l'existence ou la non-existence mais une vue directe et libératrice de l'ignorance et de la souffrance:

Citation:
[Kaccayana:] "Seigneur, 'La vue correcte, la vue correcte,' dit-on. Dans quelle mesure y a-t-il la vue correcte?"

[Le Bouddha:] "En gros, Kaccayana, ce monde est soutenu par (prend pour son object) une polarité, celle de l'existence et de la non-existence. Mais lorsque l'on voit l'origine du monde comme il est réellement avec un discernement correct, la 'non-existence' en référence au monde ne s'offre pas à nous. Lorsque l'on voit la cessation du monde comme elle est réellement avec un discernement correct, 'existence' en référence au monde ne s'offre pas à nous.

"En gros, Kaccayana, ce monde est en lien avec les attachements, (les aliments des) attachements, et les préjugés. Mais quelqu'un comme ceci ne se laisse pas impliquer dans ou lier à ces attachements, aliments d'attachements, fixations de conscience, préjugés, ou obsessions; ni n'est-il résolu sur 'mon moi.' Il n'a pas d'incertitude ou, lorsqu'il y a surgissement, seul le stress surgit; et que lorsqu'il y a disparition, seul le stress disparaît. En cela, notre connaissance est indépendante des autres. C'est dans cette mesure, Kaccayana, qu'il y a la vue correcte."

-- SN XII.15


De manière générale il s'agit d'abandonner les vues érronées et d'adopter les vues justes:

Citation:
"Et comment la vue correcte est-elle l'avant-coureur? On discerne la vue erronée en tant que vue erronée, et la vue correcte en tant que vue correcte. C'est là notre vue correcte. Et qu'est-ce que la vue erronée? 'Rien n'est donné, rien n'est offert, rien n'est sacrifié. Il n'y a pas de fruit ou de résultat des bonnes ou mauvaises actions. Il n'y a pas de ce monde, pas de monde prochain, pas de mère, pas de père, pas d'êtres spontanément renés; pas de prêtres ou de contemplatifs qui, se comportant correctement et pratiquant correctement, proclâment ce monde et le prochain après l'avoir directement connu et réalisé par eux-mêmes.' Ceci est vue erronée...

"On tente d'abandonner la vue erronée et d'entrer dans la vue correcte: Ceci est notre effort correct. On est attentifs à abandonner la vue erronée et à entrer et à demeurer dans la vue correcte: Ceci est notre attention correcte. C'est ainsi que ces trois qualités -- la vue correcte, effort correct, et attention correcte -- courent et font cercle autour de la vue correcte."

-- MN 117


...de plus on le voit cette vue correcte ne peut être acquise que dans le travail global de tous les autres entrainements de l'octuple sentier, il ne s'agit pas donc d'une simple adhésion à un corpus prédéfini de certitudes, ces vue ne sont pas acquise parce que je dirait "le bouddhisme, j'y crois à mort!"...là on a toujours rien compris. Ces vues doivent se développer au cours du temps de par une prise directe de la réflexion avec l'expérience.

source: http://www.canonpali.org/sacca4.html


Ainsi le Bouddha fut sans appel sur la question du libre examen:


Citation:
(Anguttara Nikaya, Tika Nipata, Mahavagga, Sutta No. 65)

L'enseignement aux Kalamas

[Les Kalamas de Kesaputra vont voir le Bouddha]

1. Ainsi l'ai-je entendu. Un jour le Béni du Ciel, alors qu'il passait par le pays de Kosala en compagnie d'une grande communauté de bhikkhus, entra dans une ville des Kalamas appelée Kesaputra. Les Kalamas qui étaient les habitants de Kesaputra se dirent: "Le Révérend Gautama, le moine, le fils des Shakyan, alors qu'il errait par le pays de Kosala, est entré dans Kesaputra. La bonne réputation du Révérend Gautama s'est répandue jusqu'ici: c'est vrai, le Béni du Ciel est ainsi accompli, pleinement éveillé, doté de la connaissance et de la pratique, sublime, connaisseur des mondes, sans pair, guide pour les hommes domptables, instructeur des êtres divins et humains, de ce qu'il a par lui-même compris clairement par connaissance directe. Il a lancé le Dharma, bon au début, bon au milieu, bon à la fin, doté du sens et de la lettre, et complet en tout; et il proclame la vie sainte qui est parfaitement pleine et parfaitement pure. Voir des gens aussi accomplis est bon, en effet."

2. Or donc, les Kalamas qui habitaient Kesaputra s'en allèrent là où se trouvait le Bienheureux. En arrivant là, certains lui rendirent hommage et s'assirent de côté; d'autres échangèrent des salutations avec lui et à la fin d'une discussion cordiale et mémorable, s'assirent de côté; certains le saluèrent en levant leur paumes jointes et s'assirent de côté; certains annoncèrent leur nom et leur famille et s'assirent de côté; certains, sans rien dire, s'assirent de côté.

[Les Kalamas de Kesaputra demandent conseil au Bouddha]

3. Les Kalamas qui habitaient Kesaputra assis de côté dirent au Béni du Ciel: "O vénérable monsieur, il y a des renonçants et des brahmanes qui visitent Kesaputra. Ils n'exposent et n'expliquent que leurs propres doctrines; celles des autres, ils les méprisent, les ridiculisent et les mettent en pièces. D'autres renonçants et brahmanes également, vénérable monsieur, viennent à Kesaputra. Eux aussi n'exposent et n'expliquent que leurs propres doctrines; celles des autres, ils les méprisent, les ridiculisent et les mettent en pièces. Vénérable monsieur, il nous prend des doutes et des incertitudes à leur sujet. Lesquels de ces révérends renonçants et brahmanes disent le vrai et lesquels disent le faux?"

[Le critère de rejet]

4. Le Bienheureux s'adressa aux Kalamas et dit : "Il est normal pour vous, ô Kalamas, de douter et d'être incertains; l'incertitude s'est levée en vous à propos de ce qui est douteux. Allez, Kalamas. Ne vous fiez pas à ce qui a été acquis du fait de l'avoir entendu de façon répétée; ni du fait de la tradition; ni du fait de la rumeur; ni du fait que ça se trouve dans une écriture; ni du fait d'une supposition; ni du fait d'un axiome; ni du fait d'un raisonnement spécieux; ni d'un parti-pris en faveur d'une notion à laquelle on a pu réfléchir; ni du fait de l'apparente habileté de quelqu'un d'autre; ni du fait de la considération 'Ce moine est notre maître spirituel'. O Kalamas, lorsque vous savez de vous-mêmes: 'Ces choses sont mauvaises; ces choses sont blâmables; ces choses sont condamnées par les sages; si on les entreprend et si on les observe, ces choses conduisent au dommage et au malheur,' abandonnez-les.

[Avidité, haine, et illusion]

5. Qu'en pensez-vous, ô Kalamas ? Est-ce que l'avidité apparaît chez quelqu'un pour son bénéfice ou pour son malheur? -- Pour son malheur, vénérable monsieur. -- O Kalamas, en s'adonnant à l'avidité, et se trouvant mentalement débordé et vaincu par l'avidité, cette personne prendra la vie d'autrui, volera, commettra l'adultère et racontera des mensonges; elle poussera également les autres à en faire autant. Lui faudra-t-il longtemps pour qu'il en résulte son dommage et son malheur? -- Non, vénérable monsieur.

6. Qu'en pensez-vous, ô Kalamas ? Est-ce que la haine apparaît chez quelqu'un pour son bénéfice ou pour son malheur? -- Pour son malheur, vénérable monsieur. -- O Kalamas, en s'adonnant à la haine, et se trouvant mentalement débordé et vaincu par la haine, cette personne prendra la vie d'autrui, volera, commettra l'adultère et racontera des mensonges; elle poussera également les autres à en faire autant. Lui faudra-t-il longtemps pour qu'il en résulte son dommage et son malheur? -- Non, vénérable monsieur.

7. Qu'en pensez-vous, ô Kalamas ? Est-ce que l'illusion apparaît chez quelqu'un pour son bénéfice ou pour son malheur? -- Pour son malheur, vénérable monsieur. -- O Kalamas, en s'adonnant à l'illusion, et se trouvant mentalement débordé et vaincu par l'illusion, cette personne prendra la vie d'autrui, volera, commettra l'adultère et racontera des mensonges; elle poussera également les autres à en faire autant. Lui faudra-t-il longtemps pour qu'il en résulte son dommage et son malheur? -- Non, vénérable monsieur.

8. Maintenant, qu'en pensez-vous, ô Kalamas ? Est-ce que ces choses sont bonnes ou mauvaises? -- Mauvaises, vénérable monsieur. -- Blâmables ou non blâmables? -- Blâmables, vénérable monsieur. -- Condamnées ou pratiquées par les sages? -- Condamnées, vénérable monsieur. -- Si on les entreprend et si on les observe, ces choses conduisent-elles au dommage et au malheur? Que vous en semble-t-il? -- Si on les entreprend et si on les observe, ces choses conduisent au dommage et au malheur. C'est là ce qu'il nous semble.

9. C'est pour ces raisons, ô Kalamas, que nous avons dit ainsi, 'Allez, Kalamas. Ne vous fiez pas à ce qui a été acquis du fait de l'avoir entendu de façon répétée; ni du fait de la tradition; ni du fait de la rumeur; ni du fait que ça se trouve dans une écriture; ni du fait d'une supposition; ni du fait d'un axiome; ni du fait d'un raisonnement spécieux; ni d'un parti-pris en faveur d'une notion à laquelle on a pu réfléchir; ni du fait de l'apparente habileté de quelqu'un d'autre; ni du fait de la considération 'Ce moine est notre maître spirituel'. O Kalamas, lorsque vous savez de vous-mêmes: 'Ces choses sont mauvaises; ces choses sont blâmables; ces choses sont condamnées par les sages; si on les entreprend et si on les observe, ces choses conduisent au dommage et au malheur,' abandonnez-les.

[Le critère d'acceptation]

10. Allez, Kalamas. Ne vous fiez pas à ce qui a été acquis du fait de l'avoir entendu de façon répétée; ni du fait de la tradition; ni du fait de la rumeur; ni du fait que ça se trouve dans une écriture; ni du fait d'une supposition; ni du fait d'un axiome; ni du fait d'un raisonnement spécieux; ni d'un parti-pris en faveur d'une notion à laquelle on a pu réfléchir; ni du fait de l'apparente habileté de quelqu'un d'autre; ni du fait de la considération 'Ce moine est notre maître sprituel'. O Kalamas, lorsque vous savez de vous-mêmes: 'Ces choses sont bonnes; ces choses ne sont pas blâmables; ces choses sont louées par les sages; si on les entreprend et si on les observe, ces choses conduisent au bénéfice et au bonheur,' entreprenez-les et observez-les.

[Absence d'avidité, de haine, et d'illusion]

11. Qu'en pensez-vous, ô Kalamas ? Est-ce que l'absence d'avidité apparaît chez quelqu'un pour son bénéfice ou pour son malheur? -- Pour son bénéfice, vénérable monsieur. -- O Kalamas, en ne s'adonnant pas à l'avidité, et n'étant pas mentalement débordé et vaincu par l'avidité, cette personne ne prendra pas la vie d'autrui, ne volera pas, ne commettra pas l'adultère et ne racontera pas de mensonges; elle poussera également les autres à en faire autant. Lui faudra-t-il longtemps pour qu'il en résulte son bénéfice et son bonheur? -- Non, vénérable monsieur.

12. Qu'en pensez-vous, ô Kalamas ? Est-ce que l'absence de haine apparaît chez quelqu'un pour son bénéfice ou pour son malheur? -- Pour son bénéfice, vénérable monsieur. -- O Kalamas, en ne s'adonnant pas à la haine, et n'étant pas mentalement débordé et vaincu par la haine, cette personne ne prendra pas la vie d'autrui, ne volera pas, ne commettra pas l'adultère et ne racontera pas de mensonges; elle poussera également les autres à en faire autant. Lui faudra-t-il longtemps pour qu'il en résulte son bénéfice et son bonheur? -- Non, vénérable monsieur.

13. Qu'en pensez-vous, ô Kalamas ? Est-ce que l'absence d'illusion apparaît chez quelqu'un pour son bénéfice ou pour son malheur? -- Pour son bénéfice, vénérable monsieur. -- O Kalamas, en ne s'adonnant pas à l'illusion, et n'étant pas mentalement débordé et vaincu par l'illusion, cette personne ne prendra pas la vie d'autrui, ne volera pas, ne commettra pas l'adultère et ne racontera pas de mensonges; elle poussera également les autres à en faire autant. Lui faudra-t-il longtemps pour qu'il en résulte son bénéfice et son bonheur? -- Non, vénérable monsieur.

14. Maintenant, qu'en pensez-vous, ô Kalamas ? Est-ce que ces choses sont bonnes ou mauvaises? -- Bonnes, vénérable monsieur. -- Blâmables ou non blâmables? -- Pas blâmables, vénérable monsieur. -- Condamnées ou pratiquées par les sages? -- Pratiquées, vénérable monsieur. -- Si on les entreprend et si on les observe, ces choses conduisent-elles au dommage et au malheur ou non? Que vous en semble-t-il? -- Si on les entreprend et si on les observe, ces choses conduisent au bénéfice et au bonheur. C'est là ce qu'il nous semble.

15. C'est pour ces raisons, ô Kalamas, que nous avons dit ainsi, 'Il est juste pour vous, ô Kalamas, d'avoir un doute et d'être dans la perplexité. Car le doute est né chez vous à propos d'une matière qui est douteuse. Allez, Kalamas. Ne vous fiez pas à ce qui a été acquis du fait de l'avoir entendu de façon répétée; ni du fait de la tradition; ni du fait de la rumeur; ni du fait que ça se trouve dans une écriture; ni du fait d'une supposition; ni du fait d'un axiome; ni du fait d'un raisonnement spécieux; ni d'un parti-pris en faveur d'une notion à laquelle on a pu réfléchir; ni du fait de l'apparente habileté de quelqu'un d'autre; ni du fait de la considération 'Ce moine est notre maître spirituel'. O Kalamas, lorsque vous savez de vous-mêmes: 'Ces choses sont bonnes; ces choses ne sont pas blâmables; ces choses sont pratiquées par les sages; si on les entreprend et si on les observe, ces choses conduisent au bénéfice et au bonheur', pénétrez-vous de telles choses et pratiquez-les.

[Les Quatre Demeures exaltées]

16. Le disciple des Nobles Personnes, ô Kalamas, qui est de la sorte dépourvu de convoitise, dépourvu de mauvaise volonté, désillusionné, qui comprend clairement et qui reste attentif, demeure, grâce à sa pénétration, dans la pensée de l'amitié, pour un quart; de même pour le second quart; de même pour le troisième; et de même pour le quatrième; et de même au dessus, en dessous et en travers; il demeure, grâce à sa pénétration, à cause de l'existence en elle de tous les êtres vivants, partout, le monde entier, avec la grande pensée, exaltée et sans limite, de l'amitié qui est libre de haine ou de méchanceté.

Il vit, grâce à sa pénétration, dans la pensée de la joie sympathique, pour un quart; de même pour le second quart; de même pour le troisième; et de même pour le quatrième; et de même au dessus, en dessous et en travers; il demeure, grâce à sa pénétration, à cause de l'existence en elle de tous les êtres vivants, partout, le monde entier, avec la grande pensée, exaltée et sans limite, de la joie qui est libre de haine ou de méchanceté.

Il vit, grâce à sa pénétration, dans la pensée de la compassion, pour un quart; de même pour le second quart; de même pour le troisième; et de même pour le quatrième; et de même au dessus, en dessous et en travers; il demeure, grâce à sa pénétration, à cause de l'existence en elle de tous les êtres vivants, partout, le monde entier, avec la grande pensée, exaltée et sans limite, de la compassion qui est libre de haine ou de méchanceté.

Il vit, grâce à sa pénétration, dans la pensée de l'équanimité, pour un quart; de même pour le second quart; de même pour le troisième; et de même pour le quatrième; et de même au dessus, en dessous et en travers; il demeure, grâce à sa pénétration, à cause de l'existence en elle de tous les êtres vivants, partout, le monde entier, avec la grande pensée, exaltée et sans limite, de l'équanimité qui est libre de haine ou de méchanceté.

[Les Quatre Consolations]

17. Le disciple des Nobles Personnes, ô Kalamas, qui est de la sorte pourvu d'un esprit libre de haine, un tel esprit libre de méchanceté, un tel esprit libre de souillure, et un tel esprit purifié, est quelqu'un par qui les quatre consolations peuvent être trouvées ici et maintenant , en pensant.

'Supposons qu'il y ait un au-delà et qu'il y ait un fruit, résultat, des actions faites, bonnes ou mauvaises. Alors, il est possible qu'à la dissolution du corps après la mort, je monterai au monde céleste, qui est caractérisé par un état de bonheur.' C'est là la première consolation qu'il trouve.

'Supposons qu'il n'y ait aucun au-delà et qu'il n'y ait aucun fruit, résultat, des actions faites, bonnes ou mauvaises. Pourtant, en ce monde, ici et maintenant, libre de haine, libre de méchanceté, sain et sauf, et heureux, je me maintiens.' C'est là la seconde consolation qu'il trouve.

'Supposons que le mal échoie en partage à celui qui fait le mal. Moi, cependant, je m'efforce de ne causer aucun mal à personne. Alors, comment le mauvais (fruit) me toucherait-il qui ne commets aucun acte mauvais?' C'est là la troisième consolation qu'il trouve.

'Supposons que le mauvais (fruit) n'échoie pas à celui qui fait le mal. Alors, je me verrai purifié dans tous les cas.' C'est là la quatrième consolation qu'il trouve.

Le disciple des Nobles Personnes, ô Kalamas, qui a un tel esprit libre de haine, un tel esprit libre de méchanceté, un tel esprit libre de souillure, et un tel esprit purifié, est quelqu'un par qui ces quatre consolations peuvent être trouvées, ici et maintenant.

Les Kalamas dirent: "C'est ainsi, ô Béni du Ciel. C'est ainsi, ô Sublime. Le disciple des Nobles Personnes, vénérable monsieur, qui est de la sorte pourvu d'un esprit libre de haine, un tel esprit libre de méchanceté, un tel esprit libre de souillure, et un tel esprit purifié, est quelqu'un qui trouve, ici et maintenant, ces quatre consolations, en pensant:

'Supposons qu'il y ait un au-delà et qu'il y ait un fruit, résultat, des actions faites, bonnes ou mauvaises. Alors, il est possible qu'à la dissolution du corps après la mort, je monterai au monde céleste, qui est caractérisé par un état de bonheur.' C'est là la première consolation qu'il trouve.

'Supposons qu'il n'y ait aucun au-delà et qu'il n'y ait aucun fruit, résultat, des actions faites, bonnes ou mauvaises. Pourtant, en ce monde, ici et maintenant, libre de haine, libre de méchanceté, sain et sauf, et heureux, je me maintiens.' C'est là la seconde consolation qu'il trouve.

'Supposons que le mal échoie en partage à celui qui fait le mal. Moi, cependant, je m'efforce de ne causer aucun mal à personne. Alors, comment le mauvais (fruit) me toucherait-il qui ne commets aucun acte mauvais?' C'est là la troisième consolation qu'il trouve.

'Supposons que le mauvais (fruit) n'échoie pas à celui qui fait le mal. Alors, je me verrai purifié dans tous les cas.' C'est là la quatrième consolation qu'il trouve.

Le disciple des Nobles Personnes, vénérable monsieur, qui a un tel esprit libre de haine, un tel esprit libre de méchanceté, un tel esprit libre de souillure, et un tel esprit purifié, en est un qui trouve, ici et maintenant, ces quatre consolations.

Ayant entendu la parole du Bienheureux, les Kalamas s'écrièrent: "Merveilleux, vénérable monsieur! Merveilleux, vénérable monsieur! C'est comme si quelqu'un redressait ce qui est renversé, ou découvrait ce qui est caché, ou montrerait le chemin à quelqu'un qui est perdu ou porterait une lampe dans l'obscurité, pensant: 'Ceux qui ont des yeux verront les objets visibles,' de sorte que le Dharma a été mis en branle de plusieurs manières par le Béni du Ciel. Nous, vénérable monsieur, allons prendre refuge auprès du Béni du Ciel, auprès du Dharma, et auprès du Sangha (la communauté) des Bhikkhus. Vénérable monsieur, que le Béni du Ciel nous considère comme des disciples laïcs qui ont pris refuge pour la vie, à partir de ce jour."

Notes (extraites de la revue de la Theravada Society d'Australie):

Kesaputra: les Kalamas de Kesaputra étaient un petit clan républicain à l'époque de Bimbisara, et on les mentionne, de même que d'autres clans républicains contemporains tels que les Sakyas de Kapilavastu, les Koliyas de Ramagama, les Bhaggas de la colline de Sumsumara, les Bulis de Allakappa et les Moriyas de Pipphalivana. Selon le Buddhacarita (XII, 2) c'étaient à ce clan qu'appartenait le philosophe Alara. L'Anguttara Nikaya (I, 188) semble situer Kesaputra dans le Kosala. --The geography of Buddhism, Biumala Churn Law 1932, page 30.

Kalama: Nom de gotra ou famille, probablement. On mentionne un nigama qui leur appartient dans le Kosala, qui était appelé Kesaputra. Le sermon prêché par le Bouddha lors de sa visite à Kesaputra est justement fameux pour deux raisons: 1- Les Kalamas étaient des Kshâtriyas. 2- Parmi les membres de cette famille spécifiquement mentionnés, il y a Bharandu Kalama, qui fut jadis un condisciple du Bodhisattva, et Alara Kalama, l'enseignant de Gautama avant son Eveil. --Dictionary of Pali proper names, Vol.1, page 581.

Alara Kalama: L'un des deux enseignants auxquels Gautama s'est d'abord attaché, après sa renonciation, l'autre étant Udakka Ramaputra. Dans l'Aryaprivesaña Sutra, le Bouddha décrit sa visite à Alara. Gautama a rapidement maîtrisé sa doctrine et fut capable de la réciter par coeur: mais s'étant convaincu qu'Alara non seulement connaissait sa doctrine, mais l'avait réalisée, il s'en est approché et l'a questionné. Alara a alors proclamé l'Akincannayatana et Gautama, en produisant une concentration et une énergie plus fortes que celles d'Alara, s'est rendu maître de cet état. Alara reconnut l'éminence de son élève et le traita comme son égal, mais Gautama, insatisfait dans sa quête, prit congé de lui pour aller ailleurs. Lorsqu'après avoir pratiqué les austérités pendant six ans le Bouddha atteint l'Eveil et accepta la requête de Sahampati pour qu'il prêche sa doctrine, Alara fut la première personne à qui il pensa comme étant le plus capable d'entendre son enseignement. Mais Alara était mort sept jours plus tôt.

Les livres mentionnent peu de choses à propos d'Alara. Le Maha Pranirvâna Sutra mentionne un Mallien, Pukkusa, qui dit avoir été le disciple d'Alara, mais qui, lorsqu'il entend le sermon du Bouddha, professe sa foi dans le Bouddha. Pukkusa décrit Alara au Bouddha comme quelqu'un qui pratiquait une grande concentration. Une fois, Alara était assis en plein air, et n'a ni vu ni entendu passer cinq cents chariots alors qu'il était pourtant éveillé et conscient.



Ce soutra est étonnant à bien des égard dans l'histoire des religions et même de la philosophie. Bien sûr il faut en limiter la portée historique parce que le bouddhisme s'est à bien des époques hérigés en système servant différent "clergés" ou institutions quant celle-ci n'etretenaient pas
des relations plus ou moins étroite avec le pouvoir politique. Néanmoins ce genre de déclaration du Bouddha a aussi souvent servit de levier pour déforcer les enfermements dogmatiques lorsque ceux-ci devenaient des nuisibles à l'authenticité de l'intuition originelle mais aussi ils inspirèrent certains souverains dans leur politique de tolérance vis-àvis des autres religions. Aujourd'hui dans l'occident démocratique ce type de textes et d'autres du Hinayana et du Mahayana prennent une tournure plus forte parce qu'il trouve dans le terreau démocratique la possibilité d'exprimer pleinement leur signification. Signification qui bien que forte et sans concessions ne doit pas nous faire oublier tout travail de vigilence envers les positions contraires voir dogmatique qui peuvent aussi traverser l'histoire du Bouddhisme et qui malheureusement pourrait chercher à s'exprimer encore aujourd'hui.

Nous avons déjà vu quelques notions liées à cette "vue juste" ou "compréhension juste" dans les posts précédents nous passerons donc la prochaine fois directement au deuxième entrainement de l'octuple sentier qui est l'intention juste. Wink A bientôt


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Jean-Sherab
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MessagePosté le: 16/03/2007 19:12:29    Sujet du message: Le premier enseignement du Bouddha Répondre en citant

Le deuxième entrainement de l'Octuple Sentier est l'intention juste.

La question de l'intention est fondamentale dans l'éthique Bouddhiste. C'est la motivation sous-jacente aux actes qui leurs donne leur puissance karmique comme nous l'avons déjà montré plus haut. C'est pour cette raison qu'il faut toujours "surveiller son être" comme disent les textes. Sans que cette survieillence devienne névrotique, ça c'est le rôle de la méditation pacifiante et du développement de la compassion de désamorcer les mécanismes névrotiques ou culpabilisants liés aux intentions.
En réalité, la purification des intentions se fait à travers tout le chemin de décentrement que constitue la voie. Ainsi par exemple le Bouddha explique comme il faut envisager le don et la générosité du point de vue de la motivation qui la sous-tend.



Citation:
Anguttara Nikaya VII.49
Dana Sutta
Donner

D'après la traduction du Pâli à l'Anglais par Thanissaro Bhikkhu.
Pour distribution gratuite exclusivement.



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Note du traducteur: Ce discours discute des motivations qu'on pourrait avoir d'être généreux, et classe par ordre ascendant les résultats auxquelles peuvent mener différentes motivations. Le Commentaire note que la motivation la plus haute, non-corrompue par de basses motivations et conduisant au non-retour, requiert un certain niveau de maîtrise de la concentration et de la pénétration afin d'être l'authentique motivation à donner.
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J'ai entendu qu'à une occasion le Béni du Ciel demeurait à Campa, sur les bords du lac de Gaggara. Alors un grand nombre de disciples laïcs de Campa vinrent trouver le Vén. Sariputta et, à leur arrivée, s'étant inclinés devant lui, s'assirent d'un côté. Une fois assis là, ils dirent au Vén. Sariputta: "Il y a longtemps, vénérable monsieur, depuis que nous avons eu l'occasion d'entendre un discours du Dhamma en présence du Béni du Ciel. Il serait bon que nous puissions entendre un discours du Dhamma en présence du Béni du Ciel."

"Alors en ce cas, mes amis, revenez le prochain jour d'Uposatha, et peut-être pourrez-vous entendre un discours du Dhamma en présence du Béni du Ciel."

"Il en sera comme vous dites, vénérable monsieur," dirent les disciples laïcs de Campa au Vén. Sariputta. Se levant de leurs sièges, s'inclinant vers lui, et ensuite en en faisant le tour -- en le gardant à leur droite -- ils partirent.

Alors, au jour d'Uposatha suivant, les disciples laïcs de Campa allèrent trouver Vén. Sariputta et, à leur arrivée, s'étant inclinés devant lui, se tinrent debout d'un côté. Alors le Vén. Sariputta, ainsi que les disciples laïcs de Campa, allèrent trouver le Béni du Ciel et à leur arrivée, s'étant inclinés devant lui, s'assirent d'un côté. Une fois assis là, il dit au Béni du Ciel: "Pourrait-il y avoir un cas où une personne ferait un don d'une certaine sorte et que ce don ne porterait pas grand fruit ni grand bénéfice, cependant qu'une autre personne ferait un don de la même sorte qui porterait grand fruit et grand bénéfice?"

"Oui, Sariputta, il y aurait un cas où une personne ferait un don d'une certaine sorte et que ce don ne porterait pas grand fruit ni grand bénéfice, cependant qu'une autre personne ferait un don de la même sorte et qu'il porterait grand fruit et grand bénéfice."

"Seigneur, quelle est la cause, quelle est la raison pour laquelle une personne ferait un don d'une certaine sorte et que ce don ne porterait pas grand fruit ni grand bénéfice, cependant qu'une autre personne ferait un don de la même sorte et qu'il porterait grand fruit et grand bénéfice?"

"Sariputta, il y a un cas où une personne ferait un don en recherchant son propre profit, avec un esprit attaché [à la récompense], cherchant à emmagasiner pour elle-même [avec la pensée], 'Je profiterai de ceci après la mort.' Elle effectue son don -- nourriture, boissons, vêtements, un véhicule; une guirlande, un parfum, et de l'onguent; de la literie, un abri, et une lampe -- à un prêtre ou à un contemplatif. Qu'en penses-tu, Sariputta? Est-ce qu'une personne pourrait faire un don comme celui-ci?"

"Oui, seigneur."

"Ayant effectué ce don en recherchant son propre profit -- avec un esprit attaché [à la récompense], cherchant à emmagasiner pour elle-même, [avec la pensée], 'Je profiterai de ceci après la mort' -- à la dissolution du corps, après la mort, elle réapparaît en la compagnie des Quatre Grands Rois. Alors, ayant épuisé cette action, ce pouvoir, ce statut, cette souveraineté, elle est un revenant, de retour en ce monde.

"Alors il y a un cas d'une personne qui ferait un don sans rechercher son propre profit, pas dans un esprit attaché [à la récompense], sans chercher à emmagasiner pour elle-même, ni [avec la pensée], 'Je profiterai de ceci après la mort.' Au lieu de cela, elle ferait un don avec la pensée, 'Donner est bon.' Elle effectue son don -- nourriture, boissons, vêtements, un véhicule; une guirlande, un parfum, et de l'onguent; de la literie, un abri, et une lampe -- à un prêtre ou à un contemplatif. Qu'en penses-tu, Sariputta? Est-ce qu' une personne pourrait faire un don comme celui-ci?"

"Oui, seigneur."

"Ayant effectué ce don avec la pensée, 'Donner est bon,' à la dissolution du corps, après la mort, elle réapparaît en la compagnie des Devas des Trente-trois. Alors, ayant épuisé cette action, ce pouvoir, ce statut, cette souveraineté, elle est un revenant, de retour en ce monde.

"Ou, au lieu de penser, 'Donner est bon,' elle ferait un don avec la pensée, 'Ceci fut donné par le passé, effectué dans le passé, par mon père et mon grand-père. Ce ne serait pas correct de ma part de laisser cette ancienne coutume familiale s'interrompre'... à la dissolution du corps, après la mort, elle réapparaît en la compagnie des Devas des Heures. Alors, ayant épuisé cette action, ce pouvoir, ce statut, cette souveraineté, elle est un revenant, de retour en ce monde.

"Ou, au contraire... elle ferait un don avec la pensée, 'Je suis prospère. Ceux-là ne le sont pas. Ce ne serait pas correct de ma part, étant prospère, de ne pas faire un don à ceux qui ne le sont pas'... à la dissolution du corps, après la mort, elle réapparaît en la compagnie des Devas rassasiés. Alors, ayant épuisé cette action, ce pouvoir, ce statut, cette souveraineté, elle est un revenant, de retour en ce monde.

"Ou, au contraire... elle ferait un don avec la pensée, 'De même qu'il y eut les grands sacrifices des sages du passé -- Attaqua, Vamaka, Vamadeva, Vessamitta, Yamataggi, Angirasa, Bharadvaja, Vasettha, Kassapa, et Bhagu -- de la même manière ceci sera ma distribution de dons'... à la dissolution du corps, après la mort, elle réapparaît en la compagnie des devas qui se régalent dans la création. Alors, ayant épuisé cette action, ce pouvoir, ce statut, cette souveraineté, elle est un revenant, de retour en ce monde.

"Ou, au contraire... elle ferait un don avec la pensée, 'Lorsque ce mien don est effectué, il rend l'esprit serein. Satisfaction et joie surgissent'... à la dissolution du corps, après la mort, elle réapparaît en la compagnie des devas qui ont pouvoir sur les créations des autres. Alors, ayant épuisé cette action, ce pouvoir, ce statut, cette souveraineté, elle est un revenant, de retour en ce monde.

"Ou, au lieu de penser, 'Lorsque ce mien don est effectué, il rend l'esprit serein. Satisfaction et joie surgissent,' elle ferait un don avec la pensée, 'Ceci est un ornement pour l'esprit, un soutien pour l'esprit.' Elle effectue son don -- nourriture, boissons, vêtements, un véhicule; une guirlande, un parfum, et de l'onguent; de la literie, un abri, et une lampe -- à un prêtre ou à un contemplatif. Qu'en penses-tu, Sariputta? Est-ce qu'une personne pourrait faire un don comme celui-ci?"

"Oui, seigneur."

"Ayant effectué ceci, sans rechercher son propre profit, sans avoir l'esprit attaché [à la récompense], sans chercher à emmagasiner pour elle-même, ni [avec la pensée], 'Je profiterai de ceci après la mort,'

" -- ni avec la pensée, 'Donner est bon,'

" -- ni avec la pensée, 'Ceci fut donné par le passé, effectué dans le passé, par mon père et mon grand-père. Ce ne serait pas correct de ma part de laisser s'interrompre cette ancienne coutume familiale.'

" -- ni avec la pensée, 'Je suis prospère. Ceux-là ne le sont pas. Ce ne serait pas correct de ma part, étant prospère, de ne pas faire un don à ceux qui ne le sont pas,' ni avec la pensée, 'De même qu'il y eut les grands sacrifices des sages du passé -- Attaqua, Vamaka, Vamadeva, Vessamitta, Yamataggi, Angirasa, Bharadvaja, Vasettha, Kassapa, et Bhagu -- de la même manière ceci sera ma distribution de dons,'

" -- ni avec la pensée, 'Lorsque ce mien don est effectué, il rend l'esprit serein. Satisfaction et joie surgissent,'

" -- mais avec la pensée, 'Ceci est un ornement pour l'esprit, un soutien pour l'esprit' -- à la dissolution du corps, après la mort, elle réapparaît en la compagnie de la suite de Brahma. Alors, ayant épuisé cette action, ce pouvoir, ce statut, cette souveraineté, elle est un non-revenant. Elle ne revient pas en ce monde.

"Ceci, ô Sariputta, est la cause, ceci est la raison pour laquelle une personne ferait un don d'une certaine sorte et que ce don ne porterait pas grand fruit ni grand bénéfice, cependant qu'une autre personne ferait un don de la même sorte et qu'il porterait grand fruit et grand bénéfice."


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Révisé: 6/10/2004


Version anglaise d'origine:
http://www.accesstoinsight.org/canon/sutta/anguttara/an07-049.html



Ce soutra est étonnant dans la mesure il considère que le don le plus pure est celui qui ne pose ni destinateur ni destinataire dans l'acte mais qui rend simplement hommage à l'esprit c'est donc le réel lui-même qui est honnoré à travers l'acte de générosité, ainsi dans l'acte du don rien n'est exclu.
Plus tard cette idée sera largement thématisé dans le Grand Véhicule (Mahayana) dans l'idée d'union de la Bodhicitta relative et absolue. La Bodhicitta ou Esprit d'Eveil est l'éthique poussée à ses conséquences métaphysiques ultimes. Lorsque l'éthique et la motivation altruiste relative c'est-à-dire la recherche sincère du bien des autres dans un premier temps encore mue par l'ignorance de la saisie egocentrique, par son union progressive à la nature du réel (ou de l'esprit-vacuité) devient de plus en plus en accord les choses telles qu'elles sont, le pratiquant dans son action ou son inaction est entièrement imbibé d'un altruisme naturel de moins en moins entravé par la saisie d'un "moi". C'est parce qu'il a purifié la croyance en un "moi", un "acte", un "autre" comme trois entités indépendantes et substantielles. Par cette "vue" de la nature universellement reliée des choses à chaque instant il donne sans aucune partialité, cette impartialité et sa gratuité est telle qu'il ne s'exclut pas lui même du processus du don.
En effet, en occident nous avons eut la tendance d'envisager la gratuité sous l'angle de l'exclusion du moi et donc du sacrifice. Le don doit être absolu et pour cela je dois donner le bonheur à l'autre et je dois du même coup me retrancher de tout bonheur. En réalité une telle compréhension est encore le résultat d'une pensée egocentrique d'autant plus difficile à repèrer qu'elle se pare de la motivation de l'altruisme. Bon souvent cette attitude est sincère mais elle reste problématique car le don souffrant du sacrifice peut toujours se retourner en exigence de rétribution culpabilisante. "Tout ça c'est pour toi que je l'ai fait et c'est comme cela que tu me remercies?", ce genre d'attitude est alimentée par le besoin de reconnaissance et la peur de l'abandon voir dans le pire des cas le désir de domination ou de possession d'autrui. A vrai dire cela est très humain et on a tous un jour ou l'autre réagit comme cela sous le coup de l'émotion et de la souffrance. Mais si on cherche à entrer dans la vie éthique l'acceptation de l'universel exige qu'on ne s'exclu pas de celui-ci. La prétention à se retrancher du bonheur pour accomplir l'acte de gratuité, finalement croire que si je fais, je donne pour l'autre "pour l'autre" cela implique que cela ne doit pas être fait "pour moi" semble être le sens même de l'idée d'altruisme. Cela est juste si cette prétention ne cache pas une motivation égocentrique plus ou moins inconsciente. Mais en réalité vouloir s'extraire de l'universel, s'en croire séparé c'est déjà sortir de l'universel et c'est acréditer l'idée qu'il y a un moi substantiel et séparé du reste de ce qui est. Accepter d'être heureux c'est aussi renforcer l'idée qu'il n'y a pas de différence fondamentale entre moi et autrui. Accepter ce bonheur authentique du détachement envers l'ego c'est renforcer ce détachement. Pourquoi faire un sort différent à ce moi alors que je souhaite le bonheur de tout ce qui vit, de tous les êtres, ce moi n'est-il pas un être sensible à l'instar de tous les autres qu'aurait-il de plus ou de moins que les autres pour mériter de ne pas être heureux?
Mais attention cette idée n'implique pas que le moi ne pourrait pas supporter quelques souffrances pour le bien des autres, que du contraire c'est parce qu'il ne se sépare pas de l'esprit universel qu'il devient capable de supporter avec patience les épreuves les plus dures pour le bien des êtres. Entrant dans l'au-delà de la dualité il voit la souffrance des autres comme la sienne propre et il lui devient insupportable de ne pas chercher à la prendre sur lui.
Cette idée de la nécessité de se prendre soi-même dans le travail de la pratique et de la compassion est la motivation la plus pure du pratiquant.

Citation:
Anguttara Nikaya IV.96
Raga-vinaya Sutta
L'asservissement de la passion

D'après la traduction du Pâli à l'Anglais par Thanissaro Bhikkhu. Pour distribution gratuite exclusivement.
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"Moines, on peut trouver ces quatre types d'individus dans le monde. Quels quatre? Celui qui pratique pour son propre bénéfice mais pas pour celui des autres. Celui qui pratique pour le bénéfice des autres mais pas pour le sien propre. Celui qui ne pratique ni pour son propre bénéfice ni pour celui des autres. Celui qui pratique pour son propre bénéfice et pour celui des autres.

"Et qui est l'individu qui pratique pour son propre bénéfice mais pas pour celui des autres? On a le cas où un individu donné pratique l'asservissement de la passion en lui/elle-même mais n'encourage pas les autres à asservir la passion; pratique l'asservissement de l'aversion en lui/elle-même mais n'encourage pas les autres à asservir l'aversion; pratique l'asservissement de l'illusion en lui/elle-même mais n'encourage pas les autres à asservir l'illusion. Tel est l'individu qui pratique pour son propre bénéfice mais pas pour celui des autres.

"Et qui est l'individu qui pratique pour le bénéfice des autres mais pas pour le sien propre? On a le cas où un individu donné ne pratique pas l'asservissement de la passion en lui/elle-même mais encourage les autres à asservir la passion; il/elle ne pratique pas l'asservissement de l'aversion en lui/elle-même mais encourage les autres à asservir l'aversion; il/elle ne pratique pas l'asservissement de l'illusion en lui/elle-même mais encourage les autres à asservir l'illusion. Tel est l'individu qui pratique pour le bénéfice des autres mais pas pour le sien propre.

"Et qui est l'individu qui ne pratique ni pour son propre bénéfice ni pour celui des autres? On a le cas où un individu donné ne pratique pas l'asservissement de la passion en lui/elle-même et n'encourage pas les autres à asservir la passion; il/elle ne pratique pas l'asservissement de l'aversion en lui/elle-même et n'encourage pas les autres à asservir l'aversion; il/elle ne pratique pas l'asservissement de l'illusion en lui/elle-même et n'encourage pas les autres à asservir l'illusion. Tel est l'individu qui ne pratique ni pour son propre bénéfice ni pour celui des autres.

"Et qui est l'individu qui pratique pour son propre bénéfice et pour celui des autres? On a le cas où un individu donné pratique l'asservissement de la passion en lui/elle-même et encourage les autres à asservir la passion; pratique l'asservissement de l'aversion en lui/elle-même et encourage les autres à asservir l'aversion; pratique l'asservissement de l'illusion en lui/elle-même et encourage les autres à asservir l'illusion. Tel est l'individu qui pratique pour son propre bénéfice et pour celui des autres.

"Ce sont là les quatre types d'individus qu'on trouve dans le monde."


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Voir aussi: AN V.20; AN IV.95.
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Révisé: 6/10/2004

Version anglaise d'origine:
http://www.accesstoinsight.org/canon/anguttara/an04-096.html


Source: http://www.canonpali.org/an04-096.html

Voici alors comment le Bouddha hierarchise ces intentions:

Citation:
Anguttara Nikaya IV.95
Chavalata Sutta
Le brandon

D'après la traduction du Pâli à l'Anglais par Thanissaro Bhikkhu.
Pour distribution gratuite exclusivement.



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"Moines, on trouve de par le monde ces quatre types d'individus. Quels sont ces quatre?
Celui ou celle qui ne pratique ni pour son bénéfice, ni pour celui des autres.
Celui ou celle qui pratique pour le bénéfice des autres, mais pas pour le sien propre.
Celui ou celle qui pratique pour son bénéfice propre mais pas pour celui des autres.
Celui ou celle qui pratique pour son bénéfice et aussi pour celui des autres.

"De même qu'un brandon tiré d'un bûcher funéraire -- brûlant par les deux bouts, couvert d'excréments au milieu -- ne sert de combustible ni dans un village, ni dans le désert: je vous dis que c'est là pareil qu'individu qui ne pratique ni pour son bénéfice, ni pour celui des autres.

L'individu qui pratique pour le bénéfice des autres, mais pas pour le sien propre est le plus élevé et le plus raffiné de ces deux.

L'individu qui pratique pour son bénéfice propre mais pas pour celui des autres est le plus élevé et le plus raffiné de ces trois.

L'individu qui pratique pour son bénéfice et aussi pour celui des autres est, de ces quatre, le plus éminent, le chef, le plus remarquable, le plus élevé et suprême.

De même que c'est de la vache que provient le lait; du lait que provient la crème; de la crème, le beurre; du beurre le ghee*; du ghee, la fleur du ghee; et de ces quatre, cette fleur est réputée la meilleure -- de la même manière, de ces quatre, l'individu qui pratique pour son bénéfice et pour celui des autres est le meilleur, le chef, le plus remarquable, le plus élevé et suprême.

"Ce sont là les quatre types d'individus qu'on peut trouver dans le monde."



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*Ghee (prononcer "gui"): beurre liquide, fondu et clarifié, ingrédient essentiel de la cuisine indienne.
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Voir aussi: AN V.20; AN IV.96.
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Révisé: 6/10/2004

Version anglaise d'origine:
http://www.accesstoinsight.org/canon/anguttara/an04-095.html




Source:[url] http://www.canonpali.org/an04-095.html[/url]

Les entrainements de base de la motivation juste sont ceux des sept trésors:

Citation:
Anguttara Nikaya VII.6
Dhana Sutta
Un trésor

D'après la traduction du Pâli à l'Anglais par Thanissaro Bhikkhu.
Pour distribution gratuite exclusivement.



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"O moines, on a ces sept trésors. Quels sept? Le trésor de la conviction, le trésor de la vertu, le trésor de la conscience, le trésor de l'intérêt, le trésor de l'écoute, le trésor de la générosité, le trésor du discernement.

"Et qu'est-ce que le trésor de la conviction? On a le cas où un disciple des nobles personnes possède la conviction, est convaincu de l'Eveil du Tathâgata: 'Certes, le Béni du Ciel est digne et à bon droit éveillé par lui-même, accompli en connaissance et comportement, bien-allé, expert par rapport au monde, sans pareil comme entraîneur de ces personnes susceptibles d'être apprivoisées, le Maître des êtres divins et humains, éveillé, béni.' C'est ce qu'on appelle le trésor de la conviction.

"Et qu'est-ce que le trésor de la vertu? On a le cas où un disciple des nobles personnes s'abstient de prendre la vie, s'abstient de voler, s'abstient de comportement sexuel illicite, s'abstient de mentir, s'abstient de prendre des intoxicants qui causent l'insouciance. Ceci, ô moines, est ce qu'on appelle le trésor de la vertu.

"Et qu'est-ce que le trésor de la conscience? On a le cas où un disciple des nobles personnes ressent de la honte à [l'idée de s'adonner à] l'inconduite corporelle, l'inconduite verbale, l'inconduite mentale. C'est ce qu'on appelle le trésor de la conscience.

"Et qu'est-ce que le trésor de l'intérêt? On a le cas où un disciple des nobles personnes ressent de l'intérêt pour [la souffrance qui résulte de] l'inconduite corporelle, l'inconduite verbale, l'inconduite mentale. C'est ce qu'on appelle le trésor de l'intérêt.

"Et qu'est-ce que le trésor de l'écoute? On a le cas où un disciple des nobles personnes a beaucoup entendu, a retenu ce que il/elle a entendu, a emmagasiné ce que il/elle a entendu. Quels que soient les enseignements qui sont admirables au début, admirables au milieu, admirables à la fin, et qui -- en leur sens et leur expression -- proclament la vie sainte qui est entièrement complète et pure: il/elle les possède pour les avoir souvent écoutés, retenus, discutés, accumulés, examinés avec son esprit, et bien-pénétrés en termes de ses vues. C'est ce qu'on appelle le trésor de l'écoute.

"Et qu'est-ce que le trésor de la générosité? On a le cas d'un disciple des nobles personnes, sa conscience lavée de la tache de l'avarice, vivant à la maison, librement généreux, la main ouverte, se régalant d'être magnanime, accessible aux requêtes, se régalant de distribuer des aumônes. C'est ce qu'on appelle le trésor de la générosité.

"Et qu'est-ce que le trésor du discernement? On a le cas où un disciple des nobles personnes a du discernement, est doté du discernement du surgissement et la disparition -- noble, pénétrant, menant à la fin correcte du stress. C'est ce qu'on appelle le trésor du discernement."

Ceux-ci, ô moines, sont les sept trésors.
Le trésor de la conviction,
le trésor de la vertu,
le trésor de la conscience, celui de l'intérêt,
le trésor de l'écoute, celui de la générosité,
et celui du discernement étant le septième.
De quiconque, homme ou femme, possède ces trésors
on les dit ne pas être pauvre, qu'ils n'ont pas vécu en vain.
Donc la conviction et la vertu, la confiance et la vision du Dhamma
devraient être cultivées par les sages,
se souvenant des instructions du Bouddha.



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Voir aussi: Sn I.2
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Révisé: 6/10/2004


Version anglaise d'origine:
http://www.accesstoinsight.org/canon/sutta/anguttara/an07-006.html





Mais les intentions doivent être cultivées afin que s'imprime constament à travers les années quatre dispositions d'esprit fondamentale sans lesquelles aucun progrès spirituel authentique ne peut avoir lieu: les quatre pensées exaltées ou demeures sublimes c'est-à-dire, la compassion illimitée, la bienveilliance ou amitié illimitées, la joie empathique illimitée et l'équanimité parfaite.

Dans ce long suttra, le Bouddha répond à la question de deux jeunes brahmanes viennent auprès du bouddha afin de clarifier un débat quant à savoir quel voie suivre afin de s'unir à Brahma, le dieu suprême du brahmanisme. Bien que pour le Bouddha "l'état de Brahma" ne soit encore qu'une réalisation spirituelle limitée, celui-ci come à son habitude ne cherchera pas à attaquer frontalement les croyances d'autrui mais il leur parlera de la voie à suivre afin de réaliser le "vrai Brahma", c'est-à-dire la réalisation des quatre demeures sublimes. Néanmoins le bouddha ne manqua pas de contester la prétention insensée de vouloir resembler à un être dont on ne connait rien, dès lors le Bouddha leur posa quelques questions afin de les pousser à définir cet état qu'il nomme Brahma et d'égratigner au passage l'hypocrisie de ces prêtres qui prétendent se délivrer et délivrer les autres à partir de quelques rituels et prières sans se remettre eux-mêmes en question dans leur manière de vivre et d'appréhender la réalité. Un texte très instructif sur l'Inde du temps du Bouddha ou l'on n'avait de moins en moins peur de contester un brahmanisme tout entier consacré au profit de la classe dominante des prêtres.

Citation:
Tevijja-sutta
Un article de Encyclopedia Dharma.
Où sont les vrais Brahma(s)? (TEVIJJA-SUTTA)

(16.1) Ainsi ai-je entendu: Une fois, le Bienheureux, en voyageant dans le pays Kosala avec un groupe important d'à peu près cinq cents disciples, arriva à Manasakata qui était un village de brahmanes. Alors le Bienheureux fit halte dans le parc des Manguiers situé au nord du village, au bord de la rivière Aciravati. A cette époque-là, beaucoup de brahmanes célèbres et riches, le brahmane Canki, le brahmane Tarukkha, le brahmane Pokkarasati, le brahmane Janussoni, le brahmane Todeyya et d'autres encore vivaient dans le village. (16.2) Un jour, une discussion naquit entre les jeunes brahmanes nommés Vasettha et Bharadvaja, sur le sujet de la voie et de la non-voie (religieuses), alors qu'ils faisaient les cent pas. Le jeune brahmane Vasettha dit: "La voie annoncée par le brahmane Pokkarasati est la voie directe vers le salut, celle qui mène l'individu qui la suit à l'état d'union avec Brahma." (Cependant), le jeune brahmane Bharadvaja dit: "La voie annoncée par le brahmane Tarukkha est la voie directe vers le salut, celle qui mène l'individu qui la suit à l'état d'union avec Brahma." Le jeune brahmane Vasettha ne put convaincre le jeune brahmane Bharadvaja, ni le jeune brahmane Bharadvaja le jeune brahmane Vasettha. (16.3) Enfin, Vasettha dit à Bharadvja: Le religieux Gotama, fils des Sakyas, ayant abandonné sa famille sakya et quitté son foyer pour entrer dans la vie religieuse, demeure ces jours-ci dans le parc des Manguiers du village Manasakata. (16.4) A propos du vénérable Gotama, une haute réputation s'est propagée partout: "Il est le Bienheureux, l'Arahant, parfaitement et pleinement éveillé, parfait en sagesse et en conduite, bienvenu, le Connaisseur des mondes, l'incomparable Guide des êtres qui doivent être guidés, l'Instructeur des dieux et des humains, le Bouddha, le Bienheureux." (16.5) Viens, Bharadvaja. Allons voir le religieux Gotama, interrogeons-le sur cette question et gardons sa réponse dans nos pensées. - Entendu, mon ami, répondit le jeune brahmane Bharadvaja. Le jeune brahmane Vasettha et le jeune brahmane Bharadvaja s'approchèrent de l'endroit où se trouvait le Bienheureux. S'étant approchés, ils échangèrent avec le Bienheureux des compliments de politesse et des paroles de courtoisie, et s'assirent à l'écart sur un côté. (16.6) S'étant assis, le jeune brahmane Vasettha dit au Bienheureux: O vénérable Gotama, alors que nous faisions les cent pas en parlant, une discussion s'éleva entre nous au sujet de la voie et de la non-voie (religieuses). J'ai exprimé mon opinion ainsi: "La voie annoncée par le brahmane Pokkarasati est la voie directe vers le salut, celle qui mène l'individu qui la suit à l'état d'union avec Brahma." (Cependant), Bharadvaja a exprimé son opinion: "La voie annoncée par le brahmane Tarukkha est la voie directe vers le salut, celle qui mène l'individu qui la suit à l'union avec Brahma." O vénérable Gotama, en ce qui concerne ce sujet, il y a une dispute, un débat et une différence (entre Bharadvaja et moi-même). (16.7) (Le Bienheureux s'adressa au jeune brahmane Vasettha et dit): Vous dites, ô Vasettha, que la voie annoncée par le brahmane Pokkarasati est la voie directe vers le salut, celle qui mène l'individu qui la suit à l'état d'union avec Brahma. Et également vous dites que, selon Bharadvaja, la voie annoncée par le brahmane Tarukkha est la voie directe vers le salut, celle qui mène l'individu qui la suit à l'état d'union avec Brahma. Alors, ô Vasettha, sur ce sujet y a-t-il vraiment une contestation, une dispute, une différence (entre vous deux)? (16.Cool Vasettha répondit: En ce qui concerne la voie et la non-voie, ô vénérable Gotama, les brahmanes enseignent des voies différentes: par exemple, de nombreux (groupes de) brahmanes, comme les brahmanes Addhariya, les brahmanes Tittiriya, les brahmanes Chandoka, les brahmanes Chandava, les brahmanes Brahmacariya, enseignent des voies différentes. (16.9) Toutes ces voies mènent-elles l'individu qui les suit au salut, à l'état d'union avec Brahma? Tout comme, ô vénérable Gotama, il y a de nombreuses voies près d'un village ou près d'un bourg, et tout comme toutes ces voies se rencontrent dans le village et dans le bourg, il y a de nombreuses voies annoncées par les divers brahmanes, comme les brahmanes Addhariya (...) les brahmanes Brahmacariya. Est-ce que toutes ces voies mènent l'individu qui les suit au salut, à l'état d'union avec Brahma? (16.10) (Le Bienheureux demanda): "Est-ce que vous affirmez, ô Vasettha, que toutes ces voies dirigent correctement?" (Vasettha répondit): "Oui, ô vénérable Gotama. J'affirme qu'elles dirigent correctement." (Pour la deuxième fois, le Bienheureux demanda): "Est-ce que vous affirmez, ô Vasettha, que toutes ces voies dirigent correctement?" (Pour la deuxième fois, Vasettha répondit): "Oui, ô vénérable Gotama, j'affirme qu'elles dirigent correctement." (Pour la troisième fois, le Bienheureux demanda): "Est-ce que vous affirmez, ô Vasettha, que toutes ces voies dirigent correctement ?" (Pour la troisième fois, Vasettha répondit): "Oui, ô vénérable Gotama, j'affirme qu'elles dirigent correctement." (16.11) - Cependant, ô Vasettha, y a-t-il un seul brahmane, parmi les brahmanes versés dans les trois Veda, qui ait vu Brahma face à face personnellement? - Il n'y en a pas, ô vénérable Gotama. (16.12) -Y a-t-il, ô Vasettha, un seul maître des brahmanes, parmi les maîtres des brahmanes versés dans les trois Veda, qui ait vu le Brahma face à face personnellement? - Il n'y en a pas, ô vénérable Gotama. (16.13) - Y a-t-il, ô Vasettha, un seul précepteur ou maître de précepteur, parmi les précepteurs et les maîtres de précepteurs des brahmanes versés dans les trois Veda, qui ait vu Brahma face à face personnellement? - Il n'y en a pas, ô vénérable Gotama. (16.14) - Y a-t-il, ô Vasettha, un seul brahmane, parmi les brahmanes versés dans les trois Veda, pendant les dernières générations jusqu'au septième Acariya-Mahayuga, qui ait vu Brahma face à face personnellement? - Il n'y en a pas, ô vénérable Gotama. (16.15) - Est-ce que, ô Vasettha, les anciens risi des brahmanes versés dans les trois Veda, les auteurs de formules, les faiseurs de formules, dans lesquelles des formes anciennes de mots sont chantées, émises ou composées, que les brahmanes de nos jours chantent encore et encore, ou répètent, des risi comme Atthaka, Vamaka, Vamadeva, Vessamitta, Yamataggi, Anglrasa, Bharadvaja, Vasettha, Kassapa, Bhagu, ont-ils dit: "Nous savons qui est Brahma. Nous savons d'où il vient et où il va?" - Non, ô vénérable Gotama. (16.16) -Ainsi, ô Vasettha, vous affirmez qu'aucun brahmane versé dans les trois Veda, ni leurs maîtres, ni leurs précepteurs, ni leurs maîtres de précepteurs, même jusqu'à la septième génération, qu'aucun d'eux n'a jamais vu Brahma face à face personnellement. (16.17) Egalement, vous affirmez que les anciens risi des brahmanes versés dans les trois Veda, qui étaient des auteurs de formules, des faiseurs de formules, d'anciennes formes des mots que les brahmanes de nos jours entonnent soigneusement, récitent précisément comme ils les ont appris par la tradition même, ces anciens risi comme Atthaka, Vamaka (...) n'ont jamais dit: "Nous savons qui est Brahma. Nous savons d'où il vient et où il va." (16.1Cool Cependant, les brahmanes versés dans les trois Veda, en disant par exemple: "Voici la voie directe, voici la voie directe pour le salut, celle qui mène (l'individu qui la suit) à l'état d'union avec Brahma ", dirent en réalité ceci: "Nous montrons la voie de l'union avec quelqu'un dont nous ne savons rien, que nous n'avons pas vu." (16.19) Maintenant, qu'en pensez-vous, ô Vasettha? Selon les faits, la parole des brahmanes versés dans les trois Veda n'est-elle pas une parole insensée? -Certainement oui, ô vénérable Gotama. Selon les faits, la parole des brahmanes versés dans les trois Veda est une parole insensée. (16.20) - En effet, ô Vasettha, il est impossible que ces brahmanes versés dans les trois Veda soient capables de montrer la voie de l'union avec quelqu'un dont ils ne savent rien et qu'ils n'ont pas vu. (16.21) Justement, ô Vasettha, tout comme une rangée d'aveugles attachés l'un après l'autre - le premier aveugle ne peut pas voir, l'aveugle qui est au milieu ne peut pas voir et celui qui est à la fin ne peut pas voir - de même, à mon avis, la parole des brahmanes versés dans les trois Veda est une parole d'aveugle. Le premier ne peut pas voir, celui qui est au milieu ne peut pas voir et celui qui est à la fin ne peut pas voir. (16.22) La parole de ces brahmanes versés dans les trois Veda s'annonce une parole ridicule, simplement des mots insensés, une parole vide et vaine. (16.23) Maintenant, qu'en pensez-vous, ô Vasettha ? Les brahmanes versés dans les trois Veda voient-ils, tout comme les gens ordinaires, la lune et le soleil qu'ils adorent, dont ils font l'éloge et auxquels ils rendent hommage, les mains jointes, et ils rendent hommage les mains jointes dans la direction où la lune et le soleil se lèvent et se couchent? (16.24) - Oui, ô vénérable Gotama. Les brahmanes versés dans les trois Veda peuvent, tout comme les gens ordinaires, voir la lune et le soleil qu'ils adorent, dont ils font l'éloge, auxquels ils rendent hommage les mains jointes, et ils rendent hommage dans les directions où la lune et le soleil se lèvent et se couchent. (16.25) - Qu'en pensez-vous, ô Vasettha? Ces brahmanes versés dans les trois Veda sont-ils capables de montrer la voie vers un état d'union avec la lune et le soleil qu'ils adorent, dont ils font l'éloge, auxquels ils rendent hommage les mains jointes dans la direction où la lune et le soleil se lèvent et se couchent, en disant: "Voici la voie directe, voici la voie correcte qui mène (l'individu qui la suit) à l'état d'union avec la lune et le soleil." - Certainement, non, ô vénérable Gotama. (16.26) - Ainsi, ô Vasettha, vous affirmez que ces brahmanes versés dans les trois Veda sont capables, tout comme les gens ordinaires, de voir la lune et le soleil qu'ils adorent (...) et, cependant, ces brahmanes ne sont pas capables de montrer la voie vers un état d'union avec la lune et le soleil qu'ils adorent. (16.27) (... D'autre part) vous affirmez qu'aucun de ces brahmanes versés dans les trois Veda, ni leurs maîtres, ni leurs précepteurs et maîtres de précepteurs même jusqu'à la septième génération, n'a jamais vu Brahma. (16.2Cool (Egalement) vous affirmez que les anciens risi des brahmanes versés dans les trois Veda, qui étaient des auteurs de formules, des faiseurs de formules (...) n'ont pas dit: "Nous savons qui est Brahma. Nous savons d'où il vient et où il va." (16.29) Cependant, ces brahmanes versés dans les trois Veda, en disant par exemple: "Voici la voie directe, voici la voie correcte vers le salut, qui mène (l'individu qui la suit) à l'état d'union avec le Brahma ", dirent en réalité ceci: "Nous montrons la voie pour s'unir avec quelqu'un dont nous ne savons rien, que nous ne voyons pas." (16.30) Maintenant, qu'en pensez-vous, ô Vasettha? Selon les faits, la parole des brahmanes versés dans les trois Veda n'est-elle pas une parole insensée? - Certainement oui, ô vénérable Gotama. Selon les faits, la parole des brahmanes versés dans les trois Veda est une parole insensée. (16.31) - Bien, ô Vasettha. Il est impossible que ces brahmanes versés dans les trois Veda soient capables de montrer la voie pour s'unir avec quelqu'un dont ils ne savent rien, qu'ils n'ont jamais vu. (16.32) Supposons, ô Vasettha, qu'un homme dise: "J'attends la plus belle jeune fille de ce pays et j'ai le désir de l'avoir ", les gens alors lui demanderaient: "Bien, cher ami, à propos de la plus belle jeune fille de ce pays que vous attendez et que vous désirez, savez-vous si cette jeune fille a pour origine la caste des nobles, la caste des brahmanes, la caste des commerçants ou bien la caste des Sudras ? " Questionné ainsi, il répondrait: "Je ne sais pas." (16.33) Les gens lui demanderaient alors: "Eh bien, cher ami, la plus belle jeune fille de ce pays que vous attendez et que vous désirez, connaissez-vous son nom ou le nom de sa famille? Cette jeune fille est-elle grande ou petite ou de taille moyenne? Est-elle noire, ou brune, ou couleur d'or? Savez-vous dans quel village ou quelle ville elle habite ? " Questionné ainsi, il répondrait: "Je ne sais pas." (16.34) Les gens alors lui demanderaient: "Eh bien, cher ami, n'est-il pas vrai que vous attendez et désirez une jeune fille que vous ne connaissez pas, que vous n'avez jamais vue?" Questionné ainsi, il répondrait par l'affirmative. Maintenant, qu'en pensez-vous, ô Vasettha? Selon les faits, la parole de cet homme ne s'avère-t-elle pas une parole insensée?- Certainement oui, ô vénérable Gotama. Selon les faits, la parole de cet homme s'avère une parole insensée. (16.35) -De même, ô Vasettha, vous affirmez que ces brahmanes versés dans les trois Veda, ni leurs maîtres, ni leurs précepteurs, ni leurs maîtres de précepteurs, même jusqu'à la septième génération, qu'aucun d'eux n'a jamais vu Brahma face à face personnellement. (16.36) (Egalement) vous affirmez que les anciens risi des brahmanes versés dans les trois Veda, qui étaient des auteurs de formules, des faiseurs de formules, d'anciennes formes des mots que les brahmanes de nos jours entonnent soigneusement, récitent précisément comme ils les ont appris par la tradition même ces anciens risi comme Atthaka, Vamaka (...) n'ont jamais dit: "Nous savons qui est Brahma. Nous savons d'où il vient et où il va." (16.37) Cependant, les brahmanes versés dans les trois Veda, en disant par exemple: "Voici la voie directe, voici la voie directe pour le salut, celle qui mène (l'individu qui la suit) à l'état d'union avec Brahma ", dirent en réalité ceci: "Nous montrons la voie de l'union avec quelqu'un dont nous ne savons rien, que nous n'avons pas vu." (16.3Cool Maintenant, qu'en pensez-vous, ô Vasettha ? Selon les faits, la parole des brahmanes versés dans les trois Veda n'est-elle pas une parole insensée? - Certainement oui, ô vénérable Gotama. Selon les faits, la parole des brahmanes versés dans les trois Veda est une parole insensée. (16.39) - Bien, ô Vasettha. En effet, il est impossible que ces brahmanes versés dans les trois Veda soient capables de montrer la voie de l'union avec quelqu'un dont ils ne savent rien et qu'ils n'ont pas vu. (16.40) Supposons, ô Vasettha, qu'un homme veuille construire un escalier pour une maison située à un carrefour. Les gens lui demanderaient: "Eh bien, cher ami, cette maison pour laquelle vous allez construire un escalier, savez-vous si elle est située à l'est ou au sud, à l'ouest ou bien au nord? Savez-vous si cette maison est grande ou petite ou de taille moyenne ? " Questionné ainsi, il répondrait: "Je ne sais pas." Les gens alors lui diraient: "Alors, cher ami, n'est-il pas vrai que vous voulez construire un escalier pour monter à une maison dont vous ne savez rien et que vous ne voyez pas? " Questionné ainsi, il répondrait par l'affirmative. (16.41) Maintenant, qu'en pensez-vous, ô Vasettha? Selon les faits, la parole de cet homme ne s'avère-t-elle pas une parole insensée? - Certainement oui, ô vénérable Gotama. Selon les faits, la parole de cet homme s'avère une parole insensée. (16.42) -De même, ô Vasettha, vous affirmez que ces brahmanes versés dans les trois Veda, ni leurs maîtres, ni leurs précepteurs, ni leurs maîtres de précepteurs, même jusqu'à la septième génération, qu'aucun d'eux n'a jamais vu le Brahma face à face personnellement (...) (16.43) Cependant, les brahmanes versés dans les trois Veda, en disant par exemple: "Voici la voie directe, voici la voie directe pour le salut, celle qui mène (l'individu qui la suit) à l'état d'union avec le Brahma ", dirent en réalité ceci: "Nous montrons la voie de l'union avec quelqu'un dont nous ne savons rien, que nous n'avons pas vu." (16.44) Maintenant, qu'en pensez-vous, ô Vasettha ? Selon les faits, la parole des brahmanes versés dans les trois Veda n'est-elle pas une parole insensée? - Certainement oui, ô vénérable Gotama. Selon les faits, la parole des brahmanes versés dans les trois Veda est une parole insensée. (16.45) - Bien, ô Vasettha. En effet, il est impossible que ces brahmanes versés dans les trois Veda soient capables de montrer la voie de l'union avec quelqu'un dont ils ne savent rien et qu'ils n'ont pas vu. (16.46) Supposons, ô Vasettha, que cette rivière Aciravati soit pleine d'eau jusqu'au bord et, par conséquent, débordante. Un homme y arriverait dans l'espoir de la traverser pour aller sur l'autre rive, ayant à faire sur l'autre rive. Cet homme, debout sur la rive, commencerait par invoquer l'autre rive, en disant: "Viens ici, ô l'autre rive! viens de ce côté-ci!" Maintenant, qu'en pensez-vous, ô Vasettha? Se peut-il qu'à cause de l'invocation, de la prière, du souhait et de l'éloge de cet homme, l'autre rive vienne de ce côté-ci? - Certainement non, ô vénérable Gotama. (16.47) - De même, ô Vasettha, les brahmanes versés dans les trois Veda, en abandonnant des pratiques concernant les qualités par lesquelles on devient un vrai brahmane et en assimilant des pratiques concernant les qualités par lesquelles on devient un non-brahmane, répètent ainsi: "Nous invoquons Indra, nous invoquons Soma, nous invoquons Varuna, nous invoquons Isana, nous invoquons Pajapati, nous invoquons Brahma, nous invoquons Mahiddhi, nous invoquons Yama." (16.4Cool En vérité, ô Vasettha, ces brahmanes versés dans les trois Veda, en abandonnant des pratiques concernant les qualités par lesquelles on devient un vrai brahmane, assimilent de plus des pratiques concernant les qualités par lesquelles on devient un non-brahmane. (16.49) Il est impossible que, à cause de leurs invocations, de leurs prières, de leurs souhaits, de leurs éloges, ils puissent s'unir avec le Brahma, après la dissolution de leur corps, après leur mort. (16.50) Supposons, ô Vasettha, que cette rivière Aciravati soit pleine d'eau jusqu'au bord et, par conséquent, débordante. Un homme y arriverait dans l'espoir de traverser la rivière, pour aller sur l'autre rive, ayant à faire sur l'autre rive. Supposons que les mains de cet homme qui est sur cette rive soient attachées fortement dans son dos. Maintenant, qu'en pensez-vous, ô Vasettha? Cet homme est-il capable d'aller sur l'autre rive de la rivière Aciravati? - Certainement non, ô vénérable Gotama. (16.51) - De même, ô Vasettha, il y a cinq choses prédisposant au désir. Dans la discipline des êtres nobles, ces cinq choses sont nommées une "chaîne " et également nommées un " lien". (16.52) Quelles sont ces cinq choses: les formes connaissables par la conscience visuelle désirées, aimées, plaisantes, charmantes, attirantes, séduisantes; les sons connaissables par la conscience auditive désirés, aimés, plaisants, charmants, attirants, séduisants; les odeurs connaissables par la conscience olfactive désirées, aimées, plaisantes, charmantes, attirantes, séduisantes; les saveurs connaissables par la conscience gustative désirées, aimées, plaisantes, charmantes, attirantes, séduisantes; les choses tangibles connaissables par la conscience tactile désirées, aimées, plaisantes, charmantes, attirantes, séduisantes. (16.53) En vérité, ô Vasettha, telles sont les choses prédisposant au désir qui sont nommées dans la discipline des êtres nobles une " chaîne " et également un " lien". (16.54) En effet, ô Vasettha, les brahmanes versés dans les trois Veda sont attachés à ces cinq choses prédisposant au désir, ils se collent à elles, ils sont inclinés vers elles, ils sont infatués d'elles; ils ne voient pas leur danger ni ne savent combien ces cinq choses sont instables et pourtant ils prennent plaisir à ces cinq choses. (16.55) En effet, ô Vasettha, ces brahmanes versés dans les trois Veda, en abandonnant des pratiques concernant les qualités par lesquelles on devient un vrai brahmane et en assimilant des pratiques concernant les qualités par lesquelles on devient un non-brahmane, demeurent attachés à ces cinq choses prédisposant au désir. (16.56) Ils se collent à ces cinq choses, ils sont inclinés vers elles (...) (16.57) Il est impossible que ces brahmanes versés dans les trois Veda, après la dissolution de leur corps, après leur mort, s'unissent à Brahma. (16.5Cool Supposons, ô Vasettha, que cette rivière Aciravati soit pleine d'eau jusqu'au bord et, par conséquent, débordante. Un homme y arriverait dans l'espoir de traverser la rivière, pour aller sur l'autre rive, ayant à faire sur l'autre rive. Cependant, il s'étend pour dormir sur ce côté-ci. Maintenant, qu'en pensez-vous, ô Vasettha? Cet homme est-il capable de gagner l'autre rive? - Certainement non, ô vénérable Gotama. (16.59) - De même, ô Vasettha, il y a cinq entraves. Dans la discipline des êtres nobles, ces cinq entraves sont nommées des " voiles " et également nommées des " obstacles". Quelles sont ces cinq entraves? La convoitise sensuelle, la malveillance, la torpeur physique et mentale et la langueur, l'inquiétude et le tracas, le doute. (16.60) Les brahmanes versés dans les trois Veda sont voilés, encombrés, empêchés et empêtrés par ces cinq entraves. (16.61) En vérité, ô Vasettha, ces brahmanes versés dans les trois Veda, en abandonnant les pratiques concernant les qualités par lesquelles on devient un vrai brahmane et en assimilant des pratiques concernant les qualités par lesquelles on devient un non-brahmane, sont voilés, encombrés, empêchés et empêtrés par ces cinq entraves. (16.62) En effet, ô Vasettha, il est impossible que ces brahmanes versés dans les trois Veda, après la dissolution de leur corps, après leur mort, s'unissent à Brahma. (16.63) Maintenant, qu'en pensez-vous, ô Vasettha ? Selon les paroles des brahmanes que vous avez écoutées et selon les discussions des savants, des précepteurs et des maîtres de précepteurs des brahmanes que vous avez entendues, oui ou non, du Brahma possède-t-il les femmes et la richesse? - Il ne les possède pas, ô vénérable Gotama. (16.64) - La pensée de Brahma est-elle haineuse ou est-elle libérée de la haine? - Sa pensée est libérée de la haine, ô vénérable Gotama. - La pensée de Brahma est-elle malveillante ou est-elle libérée de la malveillance? - Sa pensée est libérée de la malveillance, ô vénérable Gotama. - La pensée de Brahma est-elle impure ou est-elle libérée de l'impureté ? - Sa pensée est libérée de l'impureté, ô vénérable Gotama. -Est-ce que Brahma a la maîtrise de soi ou n'a-t-il pas la maîtrise de soi? - Il a la maîtrise de soi, ô vénérable Gotama. (16.65) - Maintenant, qu'en pensez-vous, ô Vasettha? Les brahmanes versés dans les trois Veda possèdent-ils ou non les femmes et la richesse? - Ils les possèdent, ô vénérable Gotama. (16.66) - La pensée des brahmanes est-elle haineuse ou est-elle libérée de la haine? - Leur pensée est haineuse, ô vénérable Gotama. -La pensée des brahmanes est-elle malveillante ou est-elle libérée de la malveillance? - Leur pensée est malveillante, ô vénérable Gotama. - La pensée des brahmanes est-elle impure ou est-elle libérée de l'impureté? - Leur pensée est impure, ô vénérable Gotama. - Est-ce que ces brahmanes ont la maîtrise de soi ou n'ont-ils pas la maîtrise de soi? - Ils n'ont pas la maîtrise de soi, ô vénérable Gotama. (16.67) - Alors, ô Vasettha, vous affirmez que ces brahmanes versés dans les trois Veda possèdent les femmes et la richesse, tandis que Brahma ne les possède pas. Comment peut-il alors y avoir une concordance et une similitude entre les brahmanes versés dans les trois Veda qui possèdent les femmes et la richesse et Brahma qui ne les possède pas? - Non, il n'y a pas de similitude, ô vénérable Gotama. (16.6Cool - Bien, ô Vasettha. En effet, il est impossible que ces brahmanes versés dans les trois Veda, qui possèdent les femmes et la richesse, après la dissolution de leur corps, après leur mort, s'unissent à Brahma. (16.69) Vous affirmez, ô vasettha, que la pensée de ces brahmanes est haineuse, tandis que la pensée de Brahma est libérée de la haine (...) Vous affirmez que la pensée de ces brahmanes est malveillante, tandis que la pensée de Brahma est libérée de la malveillance (...) Vous affirmez que la pensée de ces brahmanes est impure, tandis que la pensée de Brahma est libérée de l'impureté (...) Vous affirmez que ces brahmanes n'ont pas la maîtrise de soi, tandis que le Brahma a la maîtrise de soi (...) Comment peut-il alors y avoir une concordance et une similitude entre les brahmanes versés dans les trois Veda, qui n'ont pas la maîtrise de soi, et Brahma, qui a la maîtrise de soi ? - Non, il n'y a pas de similitude, ô vénérable Gotama. (16.70) - Bien, ô Vasettha. En effet, il est impossible que ces brahmanes versés dans les trois Veda, qui n'ont pas la maîtrise de soi, après la dissolution de leur corps, après la mort, s'unissent à Brahma. (16.71) Ces brahmanes versés dans les trois Veda, ô Vasettha, en s'installant (dans leurs opinions religieuses) se noient (dans leur mirage) et ainsi nageant ils arrivent seulement à une pensée désespérée selon laquelle ils sont en train de traverser un pays sec. (16.72) Ainsi, la "triple connaissance" de ces brahmanes versés dans les trois Veda n'est qu'un désert. Leur " triple connaissance " n'est qu'une forêt. Leur "triple connaissance " n'est qu'un péril. (16.73) Lorsque le Bienheureux eut ainsi parlé, le jeune brahmane Vasettha dit: J'ai entendu dire que le vénérable Gotama connaît la voie menant à s'unir avec le Brahma. (16.74) -Qu'en pensez-vous, ô Vasettha? Le village de Manasakata, n'est-ce pas près d'ici, n'est-il pas loin d'ici? - C'est vrai, ô vénérable Gotama. Manasakata est près d'ici, il n'est pas loin d'ici. (16.75) -Qu'en pensez-vous, ô Vasettha? Supposons qu'un homme né à Manasakata et qui y aurait grandi viendrait d'y revenir. Des gens lui demanderaient le chemin de Manasakata: est-ce que cet homme aurait une difficulté ou un doute pour l'indiquer ? - Certainement non, ô vénérable Gotama, car tous les chemins qui conduisent à Manasakata sont bien familiers à cet homme qui est né et a grandi dans ce village de Manasakata. (16.76) - Il est possible, ô Vasettha, que cet homme qui est né et qui a grandi à Manasakata puisse avoir une difficulté ou un doute (pour dire le chemin de Manasakata). Cependant, si le Tathagata était questionné sur le ciel du Brahma ou sur le chemin conduisant à ce ciel, il n'aurait pas de difficulté à répondre. Je connais Brahma, ô Vasettha. Je connais aussi le ciel de Brahma. (16.77) Je connais également le chemin menant au ciel de Brahma. Je sais qui est sur le chemin menant au ciel de Brahma. Je sais également qui est né dans ce ciel de Brahma. (16.7Cool Lorsque le Bienheureux eut ainsi parlé, le jeune brahmane Vasettha dit: J'ai entendu dire que le vénérable Gotama explique le chemin de l'union avec le Brahma. Il est bon que le vénérable Gotama nous explique le chemin de l'union avec le Brahma. Que le vénérable Gotama sauve la race des brahmanes ! (16.79) - Eh bien, ô Vasettha, écoutez, réfléchissez bien. Je vous expliquerai. - Je suis prêt, ô vénérable Gotama ", répondit le jeune brahmane Vasettha au Bienheureux. (16.80) Le Bienheureux dit: Sachez-le, ô Vasettha. Il apparaît (de temps en temps dans le monde) un Tathagata qui est un Arahant, complètement et parfaitement éveillé, parfait en sagesse et parfait dans sa conduite, correctement arrivé à son but, connaisseur des mondes, incomparable guide des êtres qui doivent être guidés, instructeur des dieux et des êtres humains, l'Eveillé, le Bienheureux (...). (16.81) Il enseigne la doctrine, bonne en son début, bonne en son milieu, bonne en sa fin, bonne dans sa lettre et dans son esprit, et il exalte la Conduite pure, parfaitement pleine et parfaitement pure. (16.82) Un chef de famille, ou le fils d'un chef de famille, ou un individu né dans une quelconque famille entend cette doctrine. L'ayant entendue, il atteint la confiance sereine en le Tathagata. (16.83) Parce qu'il a atteint cette confiance sereine et qu'il en est pourvu, il réfléchit ainsi: "Cette vie à la maison est pleine d'obstacles, elle est un chemin poussiéreux; la vie religieuse est comparable au plein air. (16.84) Il n'est pas aisé de pratiquer la Conduite pure entièrement pleine, entièrement pure, parfaite comme une conque gravée, en demeurant dans la vie domestique. Il faut donc que, m'étant rasé la barbe et les cheveux, ayant couvert mon corps des vêtements ocre, je quitte ma maison pour mener une vie religieuse, sans maison." (16.85) Plus tard, ayant abandonné l'ensemble de ses biens, quelle qu'en soit la valeur, ayant abandonné ses parents et son entourage, quel qu'en soit le nombre, s'étant rasé la barbe et les cheveux, ayant couvert son corps des vêtements ocre des religieux, il quitte sa maison pour mener une vie religieuse, sans maison. (16.86) Etant ainsi devenu religieux, ce disciple mène une vie maîtrisée selon le Code de la discipline, une vie vertueuse en voyant un danger même dans les petits manquements; il observe les préceptes. (16.87) Les actes du corps, les actes de la parole qu'il met en oeuvre sont sains; le moyen de gagner sa vie est entièrement pur; il est vertueux. Sa porte est gardée vis-à-vis des facultés sensorielles. Il possède la vigilance et la compréhension; il est pleinement satisfait. (16.8Cool Et comment, ô Vasettha, ce disciple est-il vertueux? Ayant abandonné le meurtre des êtres vivants, il s'abstient du meurtre des êtres vivants. Ayant déposé le bâton, déposé les armes, décent, compatissant, il demeure plein de bienveillance et de pitié envers tous les êtres vivants. (16.89) Ayant abandonné le vol, il s'abstient de prendre ce qu'on ne lui donne pas. Il ne prend que ce qu'on lui donne; il ne tient qu'à ce qu'on lui donne. Il vit étant lui-même purifié, ignorant le vol. (16.90) Ayant abandonné l'incontinence, il est chaste et continent; il se tient à l'écart, s'abstenant de cette pratique vulgaire dite le " rapport sexuel". (16.91) Ayant abandonné la parole mensongère, il s'abstient de mensonge. Il est un partisan de la vérité. Attaché à la vérité, il est sûr, digne de confiance, sans tromper le monde par sa parole. (16.92) Ayant abandonné la parole calomnieuse, il s'abstient de parole calomnieuse; ce qu'il a entendu ici, il ne le raconte pas là-bas, pour séparer ceux-là de ceux-ci; ce qu'il a entendu là-bas, il ne le raconte pas ici, pour séparer ceux-ci de ceux-là. Il ne parle qu'en vue de réconcilier ceux qui sont désunis ou d'accroître la concorde. Il se plaît dans l'harmonie, il trouve son plaisir dans l'harmonie, il trouve sa joie dans l'harmonie. Il ne parle que pour créer l'harmonie. (16.93) Ayant abandonné la parole grossière, il s'abstient de parole grossière. Il ne prononce que des paroles irréprochables, agréables à l'oreille, affectueuses, allant au coeur, courtoises, aimables à beaucoup de gens, plaisantes à beaucoup de gens. (16.94) Ayant abandonné les propos frivoles, il s'abstient de propos frivoles; il ne prononce que des paroles opportunes, véridiques, sensées, conformes à la doctrine et à la discipline, dignes d'être conservées, raisonnables, correspondant au but final, profitables. (16.95) Il s'abstient de détruire les graines et les plantes. Il ne prend qu'un seul repas par jour, s'abstenant de manger pendant la nuit et hors du temps (prescrit). (16.96) Il s'abstient de spectacles de danse, de chant, de musique ou d'agitation quelconque. Il s'abstient du port des guirlandes, de l'usage des parfums et des onguents, des ornements et décorations. Il s'abstient de lits grands et luxueux. (16.97) Il s'abstient d'accepter de l'or et de l'argent, des grains crus, de la viande crue. (16.9Cool Il s'abstient d'accepter des femmes et des jeunes filles, des esclaves d'un sexe ou de l'autre. (16.99) Il s'abstient d'accepter des chèvres, des moutons, des coqs, des porcs, des éléphants, des bovins ou des chevaux. Il s'abstient d'accepter des champs ou d'autres biens. (16.100) Il s'abstient d'envoyer des messages ou d'en porter.

Il s'abstient d'acheter et de vendre. Il s'abstient d'utiliser de faux poids, de la fausse monnaie et de fausses mesures. Il s'abstient de fourberie, de tromperie, de fraude, de pratiques tortueuses. (16.102) Il s'abstient de blesser en coupant ou en perçant, de lier, de pratiquer le vol à main armée ou par effraction, d'exercer une forme quelconque de violence. (16.103) Il s'abstient d'endommager les graines et plantes, à savoir les graines nées d'une racine, les graines nées d'une branche, les graines nées d'un noeud, les graines nées d'une greffe, les graines nées d'une graine, etc. (16.104) Il s'abstient de faire des réserves et d'en jouir, à savoir réserves de nourriture, de boissons, de vêtements, de véhicules, de lits, de parfums, de friandises, etc. (16.105) Il s'abstient de spectacles, à savoir danse, chant, musique, théâtre, récitation, claquement des mains, magie, hautbois, groupes musicaux, jonglerie, jeu de bambou, lavage des ossements, combats d'éléphants, de chevaux, de buffles, de taureaux, de boucs, de béliers, de coqs, de cailles, au bâton, au poing, boxe, lutte, avant-garde, armée déployée, revue de troupes, etc. - il s'abstient de tels spectacles. (16.106) Il s'abstient de telles occupations consistant en jeux et frivolités, à savoir huit carrés, dix carrés, jeu de plein air, jeu où l'on évite les lignes, jeu de présence, dés, bâtonnets, main et pinceau, boules, charrue, saut périlleux, moulin a vent, mesures en feuilles de palmier, chariot, petit arc, jeu de lettres, jeu de pensée, imitation des défauts physiques, etc. - il s'abstient de telles occupations consistant en jeux et frivolités. (16.107) Il s'abstient de lits élevés et de couches luxueuses, à savoir fauteuils, divans, tapis de haute laine, courtepointes, couvertures de laine, couvertures brodées de fleurs, matelas de coton, couvertures à broderie d'animaux, couvertures avec poil au-dessus ou avec poil d'un seul côté, couvertures de soie brodée de joyaux, soieries, tapis pour danseuses, couvertures d'éléphants, de chevaux, de voitures, housses en eau, belles couvertures en poil d'antilope, avec baldaquins et coussins rouges des deux côtés, etc. - il s'abstient de tels lits élevés et de telles couches luxueuses. (16.108) Il s'abstient d'occupations employant ornements et parures, à savoir onguents, massages, bains, frictions, miroirs, pommades, guirlandes, cosmétiques, poudres détersives pour le visage, fards, bracelets, chignons, cannes, boîtes, épées, parasols, sandales aux couleurs vives, turbans, joyaux, éventails en crin de buffle, vêtements blancs à longues franges, etc. - il s'abstient de telles occupations employant ornements et parures. (16.109) Il s'abstient de propos vulgaires, à savoir les conversations à propos des rois, des voleurs, des ministres, de l'armée, des périls, des batailles, de la nourriture, de la boisson, des vêtements, des lits, des guirlandes, des parfums, des parents, des véhicules, des bourgades, des marchés, des villes, des campagnes, des femmes, des hommes, des héros, des routes, des points d'eau, des morts, des sujets divers relatifs aux choses de la nature, relatifs à l'océan, et à propos de ce qui est et ce qui n'est pas, etc. - il s'abstient de tels propos vulgaires. (16.110) Il s'abstient de tels propos chicaniers, à savoir des paroles comme: "Toi, tu ne connais pas cette doctrine et cette discipline, moi, je connais cette doctrine et cette discipline, comment connaîtrais-tu cette doctrine et cette discipline? Tu t'es engagé dans la mauvaise voie, moi je suis engagé dans la bonne voie. Je suis conséquent avec moi-même, tu es inconséquent. Tu as dit après ce qu'il fallait dire avant, tu as dit avant ce qu'il fallait dire après. Ce que tu as imaginé est jeté bas. Ta thèse est réfutée: tu es battu. Va te défaire de cette opinion-ci ou démolis celle-là, si tu en es capable, etc." - il s'abstient de tels propos chicaniers. (16.111) Il s'abstient d'occupations consistant à envoyer des messages ou en porter, à savoir pour les rois, les hauts fonctionnaires du roi, les nobles, les brahmanes, les chefs de famille, les jeunes gens, en disant: "Va ici. Va là-bas. Emporte ceci là-bas. Apporte-le ici, etc." - il s'abstient de telles occupations consistant à envoyer des messages ou en porter. (16.112) Il s'abstient de fraudes et hâbleries qui sont pratiquées par des fraudeurs, hâbleurs, devins, jongleurs, et des profiteurs, etc. - il s'abstient de telles fraudes et hâbleries. (16.113) Il s'abstient des arts vulgaires, des mauvaises façons de gagner sa vie, à savoir en faisant des pronostics d'après les signes du corps, les auspices, les incidents extraordinaires, les rêves, les marques, les déchirures causées par les rats, et en faisant des oblations comme les oblations dans le feu, les oblations à la cuiller, les oblations de paille, de poudre de riz, de grains de riz, de beurre, d'huile, de bouche, de sang, et en pratiquant des sciences (occultes) comme la science du corps, la science des lieux à bâtir, la science des lieux à cultiver, la science des propitiations, la science des démons, la science secrète, la science des serpents, des poissons, des scorpions, des rats, des oiseaux, des corneilles, la prédiction du temps (qui reste) à vivre, la protection contre les flèches, la protection contre le règne animal, etc. - il s'abstient de tels arts vulgaires, de telles mauvaises façons de gagner sa vie. (16.114) Il s'abstient des arts vulgaires, des mauvaises façons de gagner sa vie, à savoir en faisant d

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MessagePosté le: 17/03/2007 17:20:44    Sujet du message: Le premier enseignement du Bouddha Répondre en citant

L'intention juste (suite)

La suite du texte:

Citation:
Il s'abstient des arts vulgaires, des mauvaises façons de gagner sa vie, à savoir en faisant des pronostics d'après les signes des joyaux, des vêtements, des bâtons, des couteaux, des épées, des dards, des arcs, des armes en général, des femmes, des hommes, des garçons, des filles, des esclaves mâles, des esclaves femelles, des éléphants, des chevaux, des buffles, des taureaux, des boeufs, des chèvres, des béliers, des coqs, des cailles, des varans, des bêtes à longues oreilles, des tortues, des bêtes sauvages,etc. - il s'abstient de tels arts vulgaires, de telles mauvaises façons de gagner sa vie. (16.115) Il s'abstient des arts vulgaires, des mauvaises façons de gagner sa vie, à savoir en faisant des prédictions comme: "Les rois feront une sortie. Ceux-ci ne feront pas de sortie. Les rois indigènes feront une avance. Les rois étrangers feront une retraite. Ceux-ci feront une avance. Les rois indigènes feront une retraite. Ceux-ci feront une avance; les rois indigènes auront la victoire. Les rois étrangers auront la défaite. Ceux-ci auront la victoire. Les rois indigènes auront la défaite. C'est ainsi qu'un tel aura la victoire, qu'un tel aura la défaite, etc." - il s'abstient de tels arts vulgaires, de telles mauvaises façons de gagner sa vie. (16.116) Il s'abstient des arts vulgaires, des mauvaises façons de gagner sa vie, à savoir en faisant des prédictions comme: "Il y aura une éclipse de lune, une éclipse de soleil. Il y aura une éclipse de constellation. La lune et le soleil suivront leur chemin. La lune et le soleil quitteront leur chemin. Les constellations suivront leur chemin. Les constellations quitteront leur chemin. Il y aura chute de météores. Il y aura embrasement des orients. Il y aura tremblement de terre; il y aura grondement céleste. La lune, le soleil, les constellations monteront, descendront, seront brouillés, seront purs. Voici quelles seront la conséquence de l'éclipse de lune, la conséquence de l'éclipse de soleil, la conséquence de l'éclipse de constellation, la conséquence du fait que la lune et le soleil suivent leur chemin, la conséquence du fait que la lune et le soleil quittent leur chemin, la conséquence du fait que les constellations suivent leur chemin, la conséquence du fait que les constellations quittent leur chemin, la conséquence de la chute de météores, la conséquence de l'embrasement des orients, la conséquence du tremblement de terre, la conséquence du grondement céleste, quelle sera la conséquence du fait que la lune, le soleil, les constellations montent, descendent, sont brouillés, sont purs, etc." - il s'abstient de tels arts vulgaires, de telles mauvaises façons de gagner sa vie. (16.117) Il s'abstient des arts vulgaires, des mauvaises façons de gagner sa vie, à savoir en faisant des prédictions comme: "Il y aura une pluie abondante. Il n'y aura point de pluie. Il y aura une riche moisson. Il y aura la disette. Il y aura la paix. Il y aura péril de guerre. Il y aura la maladie. Il y aura la santé ", ou encore en faisant des prédictions par les gestes, par l'arithmétique, par le calcul improvisé, par la poésie, par les choses de la nature, etc. - il s'abstient de tels arts vulgaires, de telles mauvaises façons de gagner sa vie. (16.118) Il s'abstient des arts vulgaires, des mauvaises façons de gagner sa vie, à savoir par l'art de marier, de réconcilier, de désunir, de faire rentrer l'argent, de faire prêter de l'argent, de rendre heureux, de rendre malheureux, de faire avorter, de paralyser la langue, de bloquer les mâchoires, de conjurer les mains, de conjurer les oreilles, d'interroger le miroir, d'interroger les filles, d'interroger les dieux, d'adorer le soleil, d'adorer le sacrifice, de souffler le feu, d'invoquer la déesse Fortune, etc. - il s'abstient de tels arts vulgaires, de telles mauvaises façons de gagner sa vie. (16.119) Il s'abstient des arts vulgaires, des mauvaises façons de gagner sa vie par les pratiques magiques, à savoir les pratiques magiques en vue d'apporter la bénédiction, de se libérer de promesses faites, de se protéger, de garder sa maison, de donner et d'ôter la virilité, de déterminer les lieux à bâtir, de consacrer les lieux à bâtir, de se rincer la bouche, de se baigner, de faire des oblations, de faire vomir, de purger, de chasser les impuretés par le haut, de les chasser par le bas, de chasser celles qui sont dans la tête, de préparer de l'huile pour l'oreille, des lavages des yeux, des drogues à respirer par le nez, des collyres, des onguents, d'exercer l'ophtalmologie, la chirurgie, la pédiatrie, d'appliquer de nouveaux remèdes consistant en racines, de contrecarrer l'effet de médicaments, etc. - il s'abstient de tels arts vulgaires, de telles mauvaises façons de gagner sa vie. C'est là sa part dans la morale. (16.120) Ce disciple religieux, ô Vasettha, qui est devenu ainsi vertueux, ne voit aucun danger nulle part. Tout comme un prince dûment couronné, qui a terrassé ses ennemis, ne voit plus de danger d'aucun côté pour ce qui est de ses adversaires, de même ô Vasettha, un disciple religieux qui suit ainsi les principes moraux ne voit plus de danger d'aucun côté, pour ce qui est de la défense morale. Pourvu de ce noble ensemble de vertus, il éprouve intérieurement le bonheur de l'irréprochabilité. C'est ainsi, ô Vasettha, que le disciple religieux possède une bonne conduite. (16.121) Et comment, ô Vasettha, le disciple religieux a-t-il sa porte gardée vis-à-vis des facultés sensorielles ? (16.122) Lorsqu'il voit une forme au moyen de son oeil, il n'en saisit ni les apparences générales ni les détails car, en conséquence de ce que l'organe de l'oeil demeure non maîtrisé, les choses mauvaises et vicieuses, la convoitise et la frustration, peuvent s'y introduire; il se garde contre l'organe de l'oeil; il se met en état de défense contre l'organe de l'oeil. Lorsqu'il entend un son au moyen de son oreille (...) (16.123) Lorsqu'il sent une odeur au moyen de son nez (...) (16.124) Lorsqu'il goûte une saveur au moyen de sa langue (...) (16.125) Lorsqu'il sent une chose tangible au moyen de son corps (...) (16.126) Lorsqu'il connaît une idée au moyen de sa pensée, il n'en saisit ni les apparences générales ni les détails car, en conséquence de ce que cet organe de la pensée demeure non maîtrisé, les choses mauvaises et vicieuses, la convoitise et la frustration, peuvent s'y introduire; il se garde contre l'organe de la pensée; il se met en état de défense contre l'organe de la pensée. C'est ainsi, ô Vasettha, que le disciple religieux a sa porte gardée vis-à-vis des facultés sensorielles. (16.127) Et comment, ô Vasettha, le disciple religieux possède-t-il la conscience et la compréhension? Dans ce cas, ô Vasettha, en allant ou en venant, le disciple religieux agit avec conscience et compréhension. En regardant devant ou autour de lui, il agit avec conscience et compréhension. En étendant ou pliant ses membres, il agit avec conscience et compréhension. En mangeant ou en buvant, en mastiquant, en goûtant, il agit avec conscience et compréhension. En déféquant et en urinant, il agit avec conscience et compréhension. En étant debout, en s'asseyant, s'endormant, s'éveillant, parlant ou se taisant, il agit avec conscience et compréhension. (16.128) Et comment, ô Vasettha, le disciple religieux est-il pleinement satisfait? Dans ce cas, ô Vasettha, le disciple religieux est pleinement satisfait d'un vêtement (monastique) qui lui préserve le corps et des aumônes de nourriture dont il sustente son ventre; partout où il va, il va avec son vêtement (monastique) et avec son bol à aumône. Tout comme, ô Vasettha, un oiseau emporte ses ailes partout où il vole, de même le disciple religieux qui est pleinement satisfait emportant seulement, partout où il va, le vêtement (monastique) dont il protège son corps et le bol à aumônes dont il sustente son ventre. C'est ainsi, ô Vasettha, que le disciple religieux est pleinement satisfait. (16.129) Ainsi pourvu de ce noble ensemble de vertus, pourvu de cette noble maîtrise des facultés sensorielles, pourvu de cette noble conscience et compréhension, pourvu enfin de cette noble satisfaction absolue, le disciple religieux cherche et choisit une résidence à l'écart, dans un bois, au pied d'un arbre, dans une montagne, une grotte, une caverne, un cimetière, un plateau boisé, un endroit découvert, une meule de paille. Etant revenu de sa tournée d'aumône, après son repas, il s'assied en repliant et croisant ses jambes, posant son corps bien droit, fixant son attention. (16.130) Ayant abandonné la convoitise dans ce monde, il demeure avec la pensée débarrassée de convoitise; il purifie sa pensée de la convoitise. (16.131) Ayant abandonné la haine et la méchanceté, il demeure avec la pensée débarrassée de méchanceté; il purifie sa pensée de la haine et de la méchanceté. (16.132) Ayant abandonné la paresse et la torpeur, il demeure avec la pensée débarrassée de la paresse et de la torpeur; attentif, pleinement conscient de ce qu'il voit, il purifie sa pensée de la paresse et de la torpeur. (16.133) Ayant abandonné l'agitation et le regret, il demeure avec la pensée débarrassée d'agitation et de regret; la pensée apaisée intérieurement, il purifie sa pensée de l'agitation et du regret. (16.134) Ayant abandonné le doute, il demeure avec la pensée débarrassée du doute; il est sans perplexité touchant les choses bonnes, il purifie sa pensée du doute. (16.135) Tant que, ô Vasettha, ces cinq entraves n'ont pas disparu, le disciple religieux se considère lui-même comme quelqu'un qui est endetté, comme quelqu'un qui est malade, comme quelqu'un qui est en prison, comme quelqu'un qui est vendu comme esclave, comme quelqu'un qui a perdu sa voie dans le désert. (16.136) [b]Cependant, ô Vasettha, lorsque le disciple religieux s'est débarrassé de ces cinq entraves, il se considère lui-même comme quelqu'un qui est libéré de ses dettes, comme quelqu'un qui s'est guéri de sa maladie, comme quelqu'un qui est libéré de sa prison, comme quelqu'un qui est libre et assuré. (16.137) Lorsque le disciple religieux considère ces cinq entraves dont il s'est libéré en lui-même, la joie naît en lui; de la joie naît l'allégresse; lorsque sa pensée est allègre, son corps se calme; lorsque son corps est calmé, il ressent le bonheur; lorsqu'il est heureux, sa pensée se concentre bien. (16.138) Ensuite il demeure en faisant rayonner la pensée de bienveillance dans une direction (de l'espace), et de même dans une deuxième, dans une troisième, dans une quatrième, au-dessus, au-dessous, au travers, partout dans sa totalité, en tout lieu de l'univers, il demeure en faisant rayonner la pensée de bienveillance, large, profonde, sans limite, sans haine et libérée d'inimitié. (16.139) Tout comme, ô Vasettha, un puissant sonneur de trompette fait entendre sans difficulté dans quatre directions le son de son instrument, de même est la libération de la pensée atteinte par la bienveillance, et ici il n'y aura plus aucun kamma restreint, il n'y restera aucun kamma restreint. Ainsi donc, ô Vasettha, c'est un chemin de l'union avec Brahma. (16.140) Ensuite, ô Vasettha, le disciple religieux demeure en faisant rayonner la pensée de compassion dans une direction (de l'espace), et de même dans une deuxième, dans une troisième (...) il demeure faisant rayonner la pensée de compassion, large, profonde, sans limite, sans haine et libérée d'inimitié. (16.141) Tout comme, ô Vasettha, un puissant sonneur de trompette fait entendre sans difficulté dans quatre directions le son de son instrument, de même est la libération de la pensée atteinte par la compassion, et ici il n'y aura plus aucun kamma restreint, il n y restera aucun kamma restreint. Ainsi donc, ô Vasettha, c'est aussi un chemin de l'union avec Brahma. (16.142) Ensuite, ô Vasettha, le disciple religieux demeure en faisant rayonner la pensée de joie sympathique dans une direction (de l'espace), et de même dans une deuxième, dans une troisième (...) il demeure en faisant rayonner la pensée de joie sympathique, large, profonde, sans limite, sans haine et libérée d'inimitié. (16.143) Tout comme, ô Vasettha, un puissant sonneur de trompette fait entendre sans difficulté dans quatre directions le son de son instrument, de même est la libération de la pensée atteinte par la joie sympathique, et ici il n'y aura plus aucun kamma restreint, il n'y restera aucun kamma restreint. Ainsi donc, ô Vasettha, c'est aussi un chemin de l'union avec Brahma. (16.144) Ensuite, ô Vasettha, le disciple religieux demeure en faisant rayonner la pensée d'équanimité dans une direction (de l'espace), et de même dans une deuxième, dans une troisième (...) il demeure en faisant rayonner la pensée d'équanimité, large, profonde, sans limite, sans haine et libérée d'inimitié. (16.145) Tout comme, ô Vasettha, un puissant sonneur de trompette fait entendre sans difficulté dans quatre directions le son de son instrument, de même est la libération de la pensée atteinte par l'équanimité, et ici il n'y aura plus aucun kamma restreint, il n'y restera aucun kamma restreint. Ainsi donc, ô Vasettha, c'est aussi un chemin de l'union avec Brahma. (16.146) Maintenant, qu'en pensez-vous, ô Vasettha ? Le disciple religieux qui mène sa vie ainsi, possède-t-il les femmes et la richesse ? - Il ne les possède pas, ô vénérable Gotama. - La pensée du disciple religieux est-elle haineuse ou est-elle libérée de la haine? - Sa pensée est libérée de la haine, ô vénérable Gotama. - La pensée du disciple religieux est-elle malveillante ou est-elle libérée de la malveillance? - Sa pensée est libérée de la malveillance, ô vénérable Gotama. - La pensée du disciple religieux est-elle impure ou est-elle libérée de l'impureté? - Sa pensée est libérée de l'impureté, ô vénérable Gotama. - Est-ce que le disciple religieux a la maîtrise de soi, ou n'a-t-il pas la maîtrise de soi? - Il a la maîtrise de soi, ô vénérable Gotama. (16.147) - Alors, ô Vasettha, vous affirmez que le disciple religieux ne possède pas les femmes et la richesse et que Brahma ne les possède pas non plus. N'y a-t-il pas une concordance et une similitude entre le disciple religieux qui ne possède pas les femmes et la richesse et Brahma qui ne possède pas les femmes et la richesse? - Certainement oui, ô vénérable Gotama. Il y a une similitude. (16.148) -Très bien, ô Vasettha. En vérité, alors, il est possible que ce disciple religieux qui ne possède pas les femmes et la richesse, après la dissolution de son corps, après sa mort, se réunisse à Brahma qui ne possède pas les femmes et la richesse! (16.149) Alors, ô Vasettha, vous affirmez que le disciple religieux est libéré de la haine et que Brahma est aussi libéré de la haine. N'y a-t-il pas une concordance et une similitude entre le disciple religieux qui est libéré de la haine et le Brahma qui est libéré de la haine? - Certainement oui, ô vénérable Gotama, il y a une similitude. (16.150) -Très bien, ô Vasettha. En vérité, alors, il est possible que ce disciple religieux qui est libéré de la haine, après la dissolution de son corps, après sa mort, s'unisse avec Brahma qui est libéré de la haine! (16.151) Alors, ô Vasettha, vous affirmez que le disciple religieux est libéré de la malveillance et que Brahma est aussi libéré de la malveillance. N'y a-t-il pas une concordance et une similitude entre le disciple religieux qui est libéré de la malveillance et le Brahma qui est libéré de la malveillance? - Certainement oui, ô vénérable Gotama, il y a une similitude. (16.152) -Très bien, ô Vasettha. En vérité, alors, il est possible que ce disciple religieux qui est libéré de la malveillance, après la dissolution de son corps, après sa mort, s'unisse avec le Brahma qui est libéré de la malveillance! (16.153) Alors, ô Vasettha, vous affirmez que le disciple religieux est libéré de l'impureté et que Brahma est aussi libéré de l'impureté. N'y a-t-il pas une concordance et une similitude entre le disciple religieux qui est libéré de l'impureté et Brahma qui est libéré de l'impureté? - Certainement oui, ô vénérable Gotama, il y a une similitude. (16.154) -Très bien, ô Vasettha. En vérité, alors, il est possible que ce disciple religieux qui est libéré de l'impureté, après la dissolution de son corps, après sa mort, s'unisse avec Brahma qui est libéré de l'impureté. Alors, ô Vasettha, vous affirmez que le disciple religieux a la maîtrise de soi et que Brahma a aussi la maîtrise de soi. N'y a-t-il pas une concordance et une similitude entre le disciple religieux qui a la maîtrise de soi et Brahma qui a la maîtrise de soi ?- Certainement oui, ô vénérable Gotama, il y a une similitude. (16.155) -Très bien, ô Vasettha. En vérité, alors, il est possible que ce disciple religieux qui a la maîtrise de soi, après la dissolution de son corps, après sa mort, s'unisse avec Brahma qui a la maîtrise de soi! (16.156) Cela dit, le jeune brahmane Vasettha et le jeune brahmane Bharadvaja dirent au Bienheureux: Merveilleux, ô vénérable Gotama. Merveilleux, ô vénérable Gotama. C'est (vraiment), ô vénérable Gotama, comme si l'on redressait ce qui a été renversé, découvrait ce qui a été caché, montrait le chemin à l'égaré ou apportait une lampe dans l'obscurité en pensant: "Que ceux qui ont des yeux voient les formes"; de même le vénérable Gotama a rendu claire la doctrine de nombreuses façons. (16.157) Aussi nous prenons refuge dans le vénérable Gotama, dans le dhamma (l'Enseignement) et dans le saiigha (la Communauté). Que le vénérable Gotama veuille bien nous accepter comme disciples laïcs, de ce jour jusqu'à la fin de nos vies.

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A noter que l'état de Brahma ou Grand Brahma n'est le 14eme niveau d'existence sur les 33 que compte la classification classique: http://www.canonpali.org/loka.html

Voici comment le Bouddha explique la manière dont il faut envisager le développement de la bienveillance illimitée, l'un des plus beau texte du bouddhisme ancien:

Citation:
Sutta Nipata I.8
Karaniya Metta Sutta
La bonne volonté

D'après la traduction du Pali à l'Anglais par Thanissaro Bhikkhu.
Pour distribution gratuite exclusivement.


Note: Ce sutta apparaît également à Khp 9.



--------------------------------------------------------------------------------


Voici ce que doit faire celui dont les buts sont avisés
Qui veut arriver à l'état de paix:
Etre capable, droit, et direct,
Facile à instruire, aimable et sans prétention,
Content et facile à vivre,
Ayant peu de charges, vivant de peu,
Aux facultés pacifiques, et plein de maîtrise [de soi],
modeste, et sans envie d'avoir des partisans.

Ne faites pas la moindre chose
que plus tard les sages pussent censurer.

Dites-vous: Heureux, tranquilles,
Puissent tous les êtres être heureux dans leur coeur
Quels que soient ces êtres,
faibles ou forts, sans exception,
longs, larges,
moyens, courts,
subtils, grossiers,
visibles et invisibles,
proches et éloignés,
nés et en recherche de naissance:
Puissent tous les êtres être heureux dans leur coeur.

Que personne ne trompe personne
Ou ne méprise quiconque, nulle part,
Ou que par colère ou irritation
Personne ne souhaite de souffrir à personne.

Comme une mère risquerait sa vie
Pour protéger son enfant, son seul enfant,
De même doit-on cultiver un coeur sans limite
Par rapport à tous les êtres.
Avec bonne volonté pour le cosmos entier,
Cultivez un coeur sans limites:
Au-dessus, en dessous, et tout autour,
sans obstacle, sans hostilité ni haine.
Que ce soit debout, en marchant,
Assis ou couché,
aussi longtemps qu'on est alertes,
On doit être résolu dans son attention.
C'est ce qu'on appelle les demeures sublimes
Ici et maintenant.

Non pas prisonnier de ses conceptions,
Mais vertueux et accompli en vision,
Ayant dompté le désir des plaisirs sensuels,
jamais plus
on ne reposera dans la matrice..



--------------------------------------------------------------------------------
Révisé: Mer 16 mai 2001

http://www.accesstoinsight.org/canon/khuddaka/suttanipata/snp1-08.html


Source: http://www.canonpali.org/samma-sankappo.html


La prochaine fois pour finir la question de l'intention juste, nous verrons la voie du Bodhisattva dans le Canon Pali. Abientôt Wink


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MessagePosté le: 19/03/2007 19:43:41    Sujet du message: Le premier enseignement du Bouddha Répondre en citant

Voici l'une des premières thématisations de la voie du bodhisattva (ou bhodhisatta en Pali) dans le Canon Pali. D'autre plus tard...

Citation:
extrait du Dîpankara-buddha-vamsa ("Chronique du Buddha Dîpankara")
traduction du pâli présentée par Jacques Martin in "Introduction au Bouddhisme"
éd. Le Cerf, coll. "Patrimoines - bouddhisme", Paris, 1989




Ce texte, tiré du canon pâli, est très certainement tardif sans qu'on puisse le dater avec exactitude.
Le Bouddha Sâkyamuni y évoque sa rencontre, dans une vie antérieure (alors qu'il était un brahmane nommé Sumedha), avec le samyaksam-buddha Dîpankara, l'un de ses prédécesseurs bien antérieur aux six Tathâgata évoqués dans le Mahâ'padâna-sutta.
L'épisode est important, car c'est au cours de cette rencontre que le bodhisattva se voit confirmer sa future qualité de samyaksam-buddha, par Dîpankara lui-même ainsi que par les dieux, juste après qu'il a renoncé à devenir lui-même un sravaka-buddha, renforçant ainsi sa décision de s'engager sur la voie du bodhisatta.




Il y a cent mille et quatre immenses éons existait une ville nommée Amara, agréable à contempler et magnifique. Pourvue des dix sons, fournie en boissons et nourriture, ayant le son de l'éléphant, le son du cheval, des timbales, des conques et des chariots aussi bien que : "Mangez ! Buvez !" car elle était renommée pour sa nourriture et ses boissons. Une ville dotée de tous ses éléments, ayant réalisé tous ses travaux, possédant complètement les sept joyaux, peuplée de toutes sortes de gens, prospère comme une cité des dieux, résidence de ceux qui accomplissent des actes méritoires.

Dans la ville d'Amaravati, un Brahmane nommé Sumedha avait accumulé d'innombrables biens ; il avait de nombreuses richesses en grain. C'était un érudit versé dans les textes brahmaniques, expert en paroles sacrées et en les trois Veda, parvenu à la perfection dans la connaissance des signes, dans la tradition orale et dans la vraie religion.

La vocation du brahmane Sumedha

Etant assis à l'écart, je pensais alors ainsi : "Une nouvelle existence est souffrance, et en vérité la destruction du corps physique l'est aussi. Je suis assujetti à la naissance, assujetti à la vieillesse et à la maladie. Eh bien, je vais chercher la sérénité sans vieillesse, sans mort, en paix. Ainsi maintenant, ayant abandonné ce corps puant, rempli de toutes sortes de cadavres, je pourrai aller sans désir, sans besoin.

Comme un homme tombé dans des immondices voyant un bassin rempli [s'il] ne souhaite pas [aller dans] ce bassin, ce n'est pas la faute de ce bassin. Ainsi, existant une base immortelle purifiée des souillures et des impuretés (kilesa), ne pas chercher cet état n'est pas la faute de cette base immortelle. Comme un homme encerclé par des ennemis ne s'enfuit pas alors qu'un chemin existe pour s'échapper, ce n'est pas la faute du [chemin] direct. De même [celui qui], entouré de souillures, [bien qu'] existe un chemin auspicieux, ne cherche pas ce chemin, ce n'est pas la faute du chemin direct [et] auspicieux. Comme un homme affecté par la maladie, [bien qu'] existe un médecin, ne fait pas soigner cette maladie, ce n'est pas la faute du médecin. Ainsi [celui qui, étant] malheureux, accablé par les mala­dies des souillures ne cherche pas ce maître, la faute n'en est pas au guide. Comme un homme, ayant cherché à se débarrasser d'un cadavre attaché à son cou, s'en étant libéré peut aller heureux, libre, selon sa propre volonté.

Ainsi ayant rejeté ce corps puant, accumulation de toutes sortes de cadavres, je peux aller sans désir, sans besoin. Comme des hommes et des femmes, ayant rejeté dans une latrine, vont sans désir, sans besoin. Ainsi aussi, ayant rejeté ce corps, plein de toutes sortes de cadavres, j'irai dans une hutte d'ascète, m'étant soulagé. Comme un propriétaire, ayant abandonné un très vieux bateau brisé et qui prend l'eau, part sans désir, sans besoin. Ainsi, ayant aussi rejeté ce corps aux neuf orifices coulant constamment, j'irai comme le propriétaire de ce bateau brisé. Comme un homme ayant emporté des marchandises, voyageant avec des voleurs, ayant vu le danger que ses biens soient pillés, ayant quitté [les voleurs], part. Ainsi aussi, ayant abandonné ce corps semblable à un grand voleur, j'irai sans craindre la destruction des choses bonnes."

L'ascète Sumedha

Ayant ainsi réfléchi, ayant donné aux riches et aux pauvres une richesse de plusieurs centaines de millions, je parvins à l'Himalaya. Non loin de l'Himalaya était une montagne nommée Dhammaka. Mon ermitage bien construit était une hutte de feuilles bien faite. Ainsi, je construisis un promenoir exempt des cinq défauts ; j'acquis le pouvoir de la Connaissance surnaturelle possédant les huit qualités. Ainsi, je renonçai à mon manteau; aux neuf défauts et me vêtis d'un vêtement d'écorce pourvu des douze qualités. Je renonçai à la hutte de feuilles pourvue des huit défauts [et] j'atteignis le pied d'un arbre pourvu des dix qualités. J'abandonnai complètement le grain semé et planté et je pris des fruits sauvages pourvus de nombreuses qualités.

Là je fis des efforts en étant assis, en étant debout, en marchant. En une semaine j'obtins le pouvoir de la Connaissance surnaturelle. De cette manière, j'ai obtenu les accomplissements (siddhi) et je suis devenu un maître dans l'enseignement.

Apparition du samyaksam-buddha Dîpankara

Le Victorieux (jina), guide du monde nommé Dîpankara apparut. Absorbé dans le plaisir de la méditation, je ne vis pas les quatre signes [concernant] l'apparition, la naissance, l'Eveil, la prédication de la doctrine. [Les habitants} de la région voisine ayant invité le Tathâgata nettoyèrent le chemin pour sa venue, l'esprit satis­fait.

En ce temps-là, étant parti de mon propre ermitage, secouant mes vêtements d'écorce, j'allai alors "à travers le ciel". Ayant aperçu des gens enthousiastes, satisfaits et joyeux, réjouis, étant descendu du ciel, je demandai immédiatement aux gens : "Satisfaite et joyeuse, réjouie, enthousiaste est cette foule. Pour qui est nettoyée la route droite, le chemin direct ?". Interrogés, ils m'expliquèrent: "Un Buddha suprême (annutara) nommé Dîpankara le Victorieux est apparu dans ce monde, c'est pour lui que la route droite, le chemin direct est nettoyé."

Ayant entendu le mot "Buddha", la joie naquit en moi tout de suite. Disant "Buddha, Buddha", j'exprimai ainsi mon allégresse. Là, me tenant debout, je pensai satisfait, tout ému : "Ici je vais planter des semences. Ne perdons pas un seul instant." "Si vous nettoyez pour le Buddha, donnez-moi une place ; je vais moi aussi nettoyer la [route] droite, le chemin direct." Ils me donnèrent alors une place à nettoyer. Alors, en pensant "Buddha, Buddha", je nettoyai la route.

Ma partie [de chemin] n'étant pas encore terminée, le Grand Sage Dîpankara, le Victorieux, entra sur la route droite avec quatre cent mille [personnes ayant] les six branches de la Connaissance surnaturelle, libres d'obstructions mentales, sans souillures. Beaucoup se déplacent, venant à [sa] rencontre, jouant du tambour. Hommes et dieux joyeux crient : "Bien !" Les dieux voient les hommes et les hommes aussi [voient] les dieux, et les deux aussi, les mains jointes, suivent le Tathâgata. Les dieux avec leurs instruments de musique divins et les hommes avec leurs propres [instruments] humains, ensemble, en jouant, suivent le Tathâgata. Les divinités, venant comme un nuage dans le ciel, jettent des fleurs de l'arbre de corail divin, des lotus et des fleurs de l'arbre de corail dans toutes les directions. Depuis la surface de la terre, les hommes jettent en l'air, dans toutes les [directions], des fleurs de sala, nîpa, nâga, punnâga, ketaka, campaka.

Ici, ayant dénoué mes cheveux, ayant étendu dans la boue ma peau et le vêtement d'écorce, je me couchai, la face contre le sol. Ayant marché sur moi, que le Buddha passe avec ses disciples. Qu'il ne marche pas dans la boue ; ce sera bénéfique pour moi. Couché sur la terre, mes pensées étaient celles-ci : "Je souhaite brûler mes souillures maintenant. Pourquoi moi, qui ai l'aspect d'un inconnu, verrais-je ici la Doctrine avec évidence pour moi [seul] ? Ayant atteint l'Omniscience, je deviendrai un Buddha dans le monde des hommes et des dieux. Pourquoi serais-je le seul homme à "traverser", ayant vu sa fermeté ? Ayant atteint l'Omniscience, je ferai traverser [les êtres], dans le monde des hommes et des dieux. Par ce service méritoire rendu par moi au plus élevé des hommes, ayant atteint l'Omniscience, je [veux] faire traverser de nombreuses personnes. Ayant coupé le courant de la transmigration, ayant détruit les trois [formes] d'existence, étant monté sur le bateau de la Doctrine (Dhamma), je ferai traverser [les êtres], dans le monde des hommes et des dieux. La résolution se réalise à partir de la réunion de huit conditions : une exis­tence humaine, la caractéristique sexuelle [mâle], la cause, la rencontre avec un maître, l'abandon du monde, les qualités, le service et la volonté."

La "confirmation" de Dîpankara

Dîpankara, Connaisseur de l'Univers, réceptacle des marques de vénération, étant debout près de ma tête, prononça alors ces mots : "Voyez cet ascète aux cheveux tressés qui se livre à une ascèse intense, dans d'innombrables éons, il deviendra un Buddha dans le monde. Ayant quitté la charmante ville nommée Kapila[vastu], ayant fait des efforts de concentration, ayant accompli des austérités. S'étant assis au pied d'un arbre Ajapâla, ayant reçu du riz bouilli dans du lait, le Tathâgata se rendra alors au bord de la Nerañjarâ. Ayant reçu le riz [bouilli dans du lait] sur le bord de la Nerañjarâ, ce Victorieux ira au pied de l'arbre de l'Eveil par l'excellent chemin préparé. Ayant alors effectué une circonvolution autour de l'aire de l'Eveil, le suprême de grande gloire s'éveillera au pied de l'arbre Assatha. La mère génitrice sera nommée Mâyâ, son père sera nommé Suddhodana [et] il sera Gotama. Libres des quatre courants impurs, l'esprit débarrassé des passions et calme, concentrés, Kolita et Upatissa deviendront ses disciples principaux. L'assistant qui servira le Victorieux s'appel­lera Ananda ; Khemâ et Uppalavannâ seront les chefs de ses disciples féminins. Libres des quatre courants impurs, sans passion, l'esprit calme, concentrés ; l'arbre de l'Eveil du Béni [sera] appelé Assatha. Citta et Hatthâlavaka seront les chefs des serviteurs ; Nandamâtâ et Uttarâ seront les chefs des servantes féminines. "

Alors, ayant entendu ce discours du Grand Sage sans égal, les hommes et les dieux, réjouis [pensèrent] : "Celui-ci est le germe de la graine du Buddha". Les sons des acclamations se firent entendre, Les [habitants] des dix mille mondes ensemble avec les dieux applaudirent, rirent et les mains jointes saluèrent [le Buddha]. "Si nous manquons l'enseignement de ce Maître du monde [Dîpankara], dans les temps futurs nous serons face à face avec celui-ci [Sumedha, futur Sâkyamuni]. Comme des hommes, traversant une rivière, ayant manqué la rive opposée, ayant emprunté [alors] un gué en aval, traversent la grande rivière. De même si l'on manque ce Vainqueur, dans le futur, nous serons face à face avec celui-ci."

Dîpankara, Connaisseur du monde, lui qui reçoit des offrandes, ayant loué hautement mon action, leva le pied droit. Alors, tous les disciples du Vainqueur qui étaient là firent la circonvolution par la droite autour de moi. Les dieux, les hommes et les asura ayant salué avec respect partirent.

Lorsque le guide du monde avec la Commu­nauté furent sortis de ma vue, m'étant relevé de ma position couchée, je m'assis alors les jambes croisées. Heureux, [transporté] de bonheur, réjoui, rempli d'allégresse et de joie, je m'assis alors les jambes croisées. M'étant ainsi assis les jambes croisées, je pensai alors : "Je suis devenu un maître dans la méditation et suis parvenu à la perfection dans la Connaissance surnaturelle. Dans les milliers de mondes il n'y a aucun sage qui soit mon égal ; sans égal dans les pouvoirs surnaturels, j'ai obtenu un tel bonheur."

La "confirmation" par les dieux

Tandis que j'étais assis les jambes croisées, [les habitants] des dix mille mondes émirent une grande clameur : "Sûrement, tu deviendras un Buddha. Les signes qui étaient visibles pour les Bod­hisatta jadis assis les jambes croisées sont visibles maintenant. Le froid disparaît et la chaleur est apaisée ; ceci est visible maintenant : sûrement, tu deviendras un Buddha. Les habitants des dix mille mondes deviennent silencieux et calmes. Les grands vents ne soufflent plus, les rivières ne coulent plus. Toutes les fleurs qui poussent sur le sol et dans l'eau fleurissent à ce moment. Les lianes et les arbres portent des fruits à ce moment, tous sont en fruits maintenant. Les joyaux célestes et terrestres resplendissent à ce moment, [tous] ces joyaux resplendissent aussi maintenant. Les dieux et les hommes jouent d'instruments de musique, à ce moment, tous retentissent aussi maintenant. Des fleurs multicolores pleuvent du ciel à ce moment, ceci aussi est visible maintenant. L'océan se retire, les [habitants] des dix mille mondes tremblent, tous les deux aussi retentissent maintenant. Les dix mille feux aussi s'éteignent dans les enfers, à ce moment, ces feux aussi se sont éteints maintenant. Le soleil devient pur, toutes les étoiles sont visibles. L'eau jaillit de la terre qui n'avait pas reçu de pluie à ce moment. Les multitudes d'étoiles et les constellations resplen­dissent sur la voûte céleste, visâkhâ est en conjonction avec la lune. Les [animaux] des terriers et des grottes quittent leurs propres refuges, ces refuges aussi sont abandonnés maintenant. Il n'y a pas de déplaisir parmi les êtres, ils sont satisfaits, tous sont satisfaits maintenant. Les maladies cessent alors et la faim disparaît. Les passions deviennent alors très faibles, la haine (dosa) et l'égarement (moha) disparaissent, toutes ont aussi disparu maintenant. La peur n'existe plus alors, ceci aussi est visible maintenant : par ces signes nous savons que tu deviendras sûrement un Buddha. La poussière ne s'envole pas ; l'odeur déplaisante s'éloigne, l'odeur divine se diffuse. Tous les dieux sont visibles à l'exception des Sans-Formes. Aussi loin que ce qui est nommé Niraya, tout est visible à ce moment, tout aussi est visible maintenant : sûrement, tu deviendras un Buddha. Les murs, les panneaux de portes et les pierres ne sont plus des obstacles, ils sont maintenant devenus [comme] l'espace. La mort et la naissance n'existent plus à ce moment, ceci est visible maintenant : sûrement, tu devien­dras un Buddha. Ayant fermement saisi l'énergie sans te retour­ner, va de l'avant. Nous savons aussi que tu deviendras sûrement un Buddha."

Ayant entendu les deux discours, [celui] du Buddha et [celui] des dix mille, ravi et satisfait, tout joyeux, je pensai alors : "Les paroles du Buddha ne sont pas à double sens, les paroles du Victorieux ne sont pas fausses. Assurément, je deviendrai un Buddha. Comme une motte de terre jetée dans le ciel tombe certainement sur le sol ; comme aussi la mort de tous les êtres est sûre et certaine ; comme, le déclin de la nuit étant arrivé, le lever du soleil [arrive] sûrement ; comme le rugissement du lion quittant sa couche est certain ; comme pour les êtres [tombés dans les transmigrations] l'accouchement d'une femme enceinte est certain, la parole des meilleurs des Buddha est sûre et certaine; il n'y a rien d'erroné chez le Buddha. Assurément, je deviendrai un Buddha."



Source: http://www.bouddhisme-universite.net/CEL/textes/texte2.htm

D'autres textes sur les quatre demeures sublimes: http://www.bouddhisme-universite.net/CEL/textes/texte3.htm#texte3

Pour une étude du statut du Bodhisatta dans le Canon Pali et la transformation de ce concept dans le Mahayana vous trouverez sur cette page quelques liens et références bibliographiques de premier plan: http://fr.wikipedia.org/wiki/Bodhisattva


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MessagePosté le: 30/03/2007 16:55:54    Sujet du message: Le premier enseignement du Bouddha Répondre en citant

Nous venons de voir rapidement les deux premier point de l'octuple sentier qui constitue l'entrainement àla sagesse ou "panna". Les quatre points suivant développe le développement à l'éthique (Sila).

Le premier est la parole juste

La parole juste comme toute pratique bouddhiste à d'abord la forme d'une règle de conduite mais qui vise dans son approfondissement à l'objectif de toute pratique bouddhique c'est-à-dire l'abandon de la saisie égocentrique. Donc la parole juste n'est pas donnée d'emblée, c'est parole empreinte de compréhension et de bonne volonté ne sont pas toujours celle qui nous viennent à l'esprit de prime abord, il s'agit donc d'une pratique c'est-à-dire aussi d'un effort cherchant à modifier nos habitudes de parole afin qu'elles aient comme objectif notre libération et celle des autres.

Voici quelque texte de référence, source :http://www.canonpali.org/samma-vaca.html

Définition


Citation:
"Et qu'est-ce que la parole correcte? S'abstenir de mentir, de d'avoir des paroles qui sèment la discorde, de langage injurieux, et de bavardage inutile: C'est ce qu'on appelle la parole correcte."

-- SN XLV.8




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Cinq clefs pour la parole correcte


Citation:
"Bikkhus, un énoncé doté des cinq facteurs est bien dit, pas mal dit. Il est sans blâme et n'est pas mis en faute par les gens avisés. Quels sont ces cinq?

"Il est dit au bon moment. Il est prononcé en vérité. Il est prononcé de façon affectueuse. Il est prononcé de façon bénéfique. Il est prononcé dans un esprit de bonne volonté."

-- AN V.198




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Le danger de mentir


Citation:
"Pour la personne qui transgresse en une chose, vous dis-je, il y a une mauvaise action qui ne peut pas être évitée. Quelle est-elle? Ceci: dire un mensonge délibéré."

La personne qui ment,
qui transgresse dans cette seule chose,
transcendant sa préoccupation pour le monde au-delà:
il n'est aucun mal
qu'elle ne pourrait faire.

-- Iti 25




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Auto-purification au moyen de paroles bien choisies


Citation:
"Et comment est-on purifié en quatre façons par action verbale?

"On a le cas où une certaine personne, abandonnant le faux discours, abstains de faux discours. Lorsqu'elle a été appelée à une assemblée de village, une assemblée de groupe, un rassemblement de ses parents, de sa guilde, ou de la royauté, si on la demande comme témoin, 'Venez, et dites moi, mon bon monsieur, ce que vous savez': Si elle ne le sait pas, elle dit, 'Je ne sais pas.' Si elle le sait, elle dit, 'Je sais.' Si elle n'a pas vu, elle dit, 'Je n'ai pas vu.' Si elle a vu, elle dit, 'J'ai vu.' Ainsi elle ne dit pas consciemment un mensonge pour elle-même, pour quelqu'un d'autre, ou pour une quelconque récompense. En abandonnant le faux discours, elle s'abstient de faux discours. Elle dit la vérité, tient à la vérité, est ferme, fiable, n'est pas un trompeur du monde.

"En cessant d'avoir des paroles qui sèment la discorde elle s'abstient d'avoir des paroles qui sèment la discorde. Ce qu'elle a entendu ici elle ne le dit pas là afin de séparer ces personnes-ci de ces personnes-là. Ce qu'elle a entendu là elle ne le dit pas ici afin de séparer ces personnes-là de ces personnes-ci. Ainsi, réconciliant ceux qui se sont séparés ou cimentant ceux qui sont unis, elle aime la concorde, fait ses délices de la concorde, jouit de la concorde, dit des choses qui créent la concorde.

"En abandonnant le langage injurieux, elle s'abstient de le langage injurieux. Elle dit des paroles qui sont douces à l'oreille, qui sont affectueuses, qui vont droit au coeur, qui sont polies, séduisantes et agréables aux gens en général.

"En abandonnant le bavardage inutile, elle s'abstient de bavardage inutile. Elle parle au bon moment, parle de ce qui est factuel, ce qui est en accord avec l'objectif, le Dhamma, et le Vinaya. Elle dit des paroles qui méritent qu'on les chérisse, opportunes, raisonnables, circonscrites, en rapport avec l'objectif.

"Voici comment on est purifié de quatre façons par l'action verbale."

-- AN X.176




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Sa relation aux autres éléments du sentier


Citation:
Et en quoi la vue correcte est-elle l'avant-coureur? On discerne la parole erronée comme étant parole erronée, et la parole correcte comme étant parole correcte. Et qu'est la parole erronée? Mentir, raconter des histoires pour semer la discorde, le langage injurieux, et le bavardage inutile. C'est là la parole erronée......

"On tente d'abandonner la parole erronée et d'entrer dans la parole correcte: c'est là notre effort correct. On est attentifs à abandonner la parole erronée et d'entrer et demeurer dans la parole correcte: C'est là notre attention correcte. C'est ainsi que ces trois qualités -- la vue correcte, l'effort correct, et l'attention correcte -- courent autour et entourent les moyens de vie corrects."

-- MN 117




--------------------------------------------------------------------------------


Les critères pour décider de ce qui mérite qu'on le dise


Citation:
[1] "Dans le cas des paroles dont le Tathagata sait qu'elles sont non-factuelles, fausses, non-bénéfiques (ou: pas en rapport avec l'objectif), antipathiques et désagréables pour les autres, il ne les prononce pas.

[2] "Dans le cas des paroles dont le Tathagata sait qu'elles sont factuelles, véridiques, non-bénéfiques, antipathiques et désagréables pour les autres, il ne les prononce pas.

[3] "Dans le cas des paroles dont le Tathagata sait qu'elles sont factuelles, véridiques, bénéfiques, mais antipathiques et désagréables pour les autres, il a l'art et la manière du bon moment pour les dire.

[4] "Dans le cas des paroles dont le Tathagata sait qu'elles sont non-factuelles, fausses, non-bénéfiques, mais sympathiques et agréables pour les autres, il ne les prononce pas.

[5] "Dans le cas des paroles dont le Tathagata sait qu'elles sont factuelles, véridiques, non-bénéfiques, mais sympathiques et agréables pour les autres, il ne les prononce pas.

[6] "Dans le cas des paroles dont le Tathagata sait qu'elles sont factuelles, véridiques, bénéfiques, et sympathiques et agréables pour les autres, il a l'art et la manière du bon moment pour les dire. Pourquoi cela? Parce que le Tathagata a de la sympathie pour les êtres vivants."

-- MN 58





Citation:
Ne dites que les paroles
qui ni ne vous tourmentent à vous
ni ne font du tort aux autres.
Une telle parole est vraiment bien dite.

Ne dites que des paroles sympathiques,
un discours qui est le bienvenu.
Un discours qui n'apporte aucun mal
pour les autres
est plaisant.

-- Sn III.3




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Réfléchissez sur vos paroles, avant, pendant, et après avoir parlé...

Citation:

[Le Bouddha parle à son fils, Rahula:] "Chaque fois que tu voudras accomplir un acte verbal, il faut que tu y réfléchisses: 'Cet acte verbal que je veux accomplir -- conduirait-il à ma propre affliction, à l'affliction d'autres que moi, ou aux deux? Est-ce un acte verbal maladroit, aux conséquences malheureuses, aux résultats malheureux?' Si, à la réflexion, tu sais qu'il conduirait à ta propre affliction, à l'affliction d'autres que toi, ou aux deux; que ce serait un acte verbal maladroit aux conséquences malheureuses, aux résultats malheureux, alors absolument inapproprié que tu fasses tout acte verbal de cette sorte. Mais si à la réflexion tu sais que ça ne causerait pas d'affliction... que ce serait une adroite action verbale aux heureuses conséquences, aux heureux résultats, alors il est approprié que tu fasses tout acte verbal de cette sorte.

"Pendant que tu accomplis un acte verbal, il faut que tu y réfléchisses: 'Cet acte verbal que je suis en train de faire -- conduit-il à ma propre affliction, à l'affliction d'autres que moi, ou aux deux? Est-ce un acte verbal maladroit, aux conséquences malheureuses, aux résultats malheureux?' Si, à la réflexion, tu sais qu'il te conduit à ta propre affliction, à l'affliction d'autres que toi, ou aux deux... il faut le laisser tomber. Mais si à la réflexion tu sais que ce n'est pas le cas... tu peux continuer à le faire.

"Ayant accompli un acte verbal, il faut que tu y réfléchisses... Si, à la réflexion, tu sais qu'il a conduit à ta propre affliction, à l'affliction d'autres que toi, ou aux deux; que c'était un acte verbal maladroit aux conséquences malheureuses, aux résultats malheureux, alors il faut que le confesser, le révéler, le dévoiler au Maître ou à un compagnon avisé dans la vie sainte. L'ayant confessé... il faut que tu fasses preuve de mesure à l'avenir. Mais si à la réflexion tu sais que qu'il n'a pas conduit à l'affliction... que c'était une adroite action verbale aux heureuses conséquences, aux heureux résultats, alors il faut demeurer mentalement frais et joyeux, t'entraînant jour et nuit aux qualités mentales adroites."

-- MN 61




--------------------------------------------------------------------------------


Variétés de discours que doivent éviter les contemplatifs


Citation:
"Cependant que des prêtres et des contemplatifs, vivant de nourriture donnée de bonne foi, s'adonnent à discuter de sujets vulgaires comme ceux-ci -- discuter de rois, voleurs, ministres d'état; armées, alertes, et battailles; nourriture et boisson; vêtements, ameublement, guirlandes, et parfums; parenté; véhicules; villages, bourgs, cités, la campagne; femmes et héros; la rumeur de la rue et du puits; histoires de défunts; histoires de diversité [discussions philosophiques du passé et de l'avenir], la création du monde et de la mer, et discussions pour savoir si des choses existent ou pas -- elle s'abstient de discuter de sujets vulgaires comme ceux-ci. Cela aussi, fait partie de sa vertu.

"Cependant que des prêtres et des contemplatifs, vivant de nourriture donnée de bonne foi, s'adonnent à des débats comme ceux-ci -- Tu comprends cette doctrine et discipline? C'est moi qui comprend cette doctrine et discipline. Comment pourrais-tu comprendre cette doctrine et discipline? Tu pratiques erronément. Je pratique correctement. Je suis consistant. Pas toi. Ce qui aurait dû être dit en premier tu l'as dit en dernier. Ce qui aurait dû être dit en dernier tu l'as dit en premier. Ce qu'il t'a fallu si longtemps à penser a déjà été réfuté. Ta doctrine est disqualifiée. Tu es vaincu. Vas-y, essaye de rattrapper ta doctrine; sors-toi de là si tu le peux!' -- elle s'abstient de des débats comme ceux-ci. Cela aussi, fait partie de sa vertu."

-- DN 2




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Dix sujets de conversation salubres


Citation:
"Il y a ces dix sujets de conversation [juste] . Quels sont ces dix? Parler de modestie, de satisfaction, de solitude, de non-complication, de susciter la persistance, de vertu, de concentration, de discernement, de libération, et de connaissance et de vision de la libération. Ce sont là les dix sujets de conversation. Si vous deviez vous engager de façon répétée dans ces dix sujets de conversation, vous en éclipseriez même le soleil et la lune, si grands, si puissants -- pour ne rien dire des errants des autres écoles."

-- AN X.69




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Comment admonester adroitement quelqu'un d'autre

Citation:

"O bhikkhus, un bhikkhu qui désire admonester quelqu'un d'autre ne devrait le faire qu'après avoir examiné cinq conditions en lui-même et après avoir établi cinq autres conditions en lui-même. Quelles sont les cinq conditions qu'il devrait examiner en lui-même?

[1] "Suis-je quelqu'un qui pratique la pureté en action physique, sans faute et sans souillure...?

[2] "Suis-je quelqu'un qui pratique la pureté en paroles, sans faute et sans souillure...?

[3] "Mon coeur est-il de bonne volonté, exempt de malice, bien disposé en moi envers mes collègues dans la vie sainte...?

[4] "Suis-je ou ne suis-je pas quelqu'un qui en a entendu beaucoup, qui garde à l'esprit ce qu'il a entendu, qui emmagasine ce qu'il a entendu? Ces enseignements qui sont aussi bons à leur début, au milieu, et à la fin, proclamant parfaitement l'esprit et la lettre de la vie sainte totalement purifiée -- ai-je beaucoup entendu de tels enseignements, est-ce que je les ai gardé à l'esprit, pratiqués en paroles, pondéré dans mon coeur et correctement pénétrés par perspicacité...?

[5] "Ai-je parfaitement appris par coeur la totalité des Patimokkhas [règles de conduite pour bikkhus et bikkhunis (nonnes)], les ai-je bien analysés en parfaite connaissance de leur sens, clairement divisés sutta par sutta et les connais-je dans leur moindre détail...?

"Ces cinq conditions doivent être examinées en elles-mêmes.

"Et quelles autres cinq conditions doivent être examinées en elles-mêmes ?

[1] "Est-ce que je parle au bon moment, ou pas?

[2] "Est-ce que je parle de faits, ou pas?

[3] "Est-ce que je parle gentiment ou durement?

[4] "Est-ce que je dis des paroles profitables ou pas?

[5] "Est-ce que je parle de bon coeur, ou suis-je intérieurement malveillant?

"O bhikkhus, ces cinq conditions doivent être examinées en elles-mêmes et les dernières cinq examinées en elles-mêmes par un bhikkhu qui désirerait admonester quelqu'un d'autre ."

-- AN V (Extrait de The Patimokkha, Ñanamoli Thera, trad.)


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MessagePosté le: 30/03/2007 17:15:12    Sujet du message: Le premier enseignement du Bouddha Répondre en citant

Il en va de même pour l'action juste et les moyens d'existence juste:


Définition

Citation:
"Et qu'est-ce que l'action correcte? S'abstenir de prendre la vie, s'abstenir de voler, s'abstenir de non-chasteté. C'est ce qu'on appelle l'action correcte."

-- SN XLV 8




--------------------------------------------------------------------------------


Sa relation aux autres éléments du sentier

Citation:
"Et comment la vue correcte est-elle l'avant-coureur? On discerne une mauvaise action en tant que mauvaise action, et l'action correcte en tant qu'action correcte. Et qu'est-ce qu'une mauvaise action? Tuer, prendre ce qui n'est pas donné, la sexualité illicite. Cela est une mauvaise action...

"On tente d'abandonner une mauvaise action et d'entrer dans l'action correcte: Cela est notre propre effort correct. On est attentif à abandonner une mauvaise action et à entrer et demeurer dans l'action correcte: Cela est notre propre attention correcte. C'est ainsi que ces trois qualités -- vue correcte, effort correct, et attention correcte -- courent et font cercle autour de l'action correcte."

-- MN 117




--------------------------------------------------------------------------------


Une vie vécue adroitement

Citation:
"Ayant ainsi tout quitté, en suivant l'entraînement et le mode de vie des bikkhus, cessant de prendre la vie, il s'abstient de prendre la vie. Il demeure à bâton posé, à couteau posé, scrupuleux, bon, compassioné pour le bien-être de tous les êtres vivants. Cessant de prendre of ce qui n'est pas donné, il s'abstient de prendre ce qui n'est pas donné. Il ne prend que ce qu'il lui est donné, n'accepte que ce qu'il lui est donné, ne vit pas par ruse mais au moyen d'un soi qui est devenu pur. Quittant l'incélibat, il vit la vie célibataire, au-dessus de tout ça, s'abstenant de l'acte sexuel qui est la façon du villageois."

-- AN X 99




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L'adroitesse du laïc

Citation:
"Et comment se rend-on pur de trois façons par l'action corporelle? On a le cas où une certaine personne, cessant prendre la vie, s'abstient de prendre la vie. Elle demeure à bâton posé, ) couteau posé, scrupuleuse, pleine de pitié, compassionée pour le bien-être de tous les êtres vivants. Cessant the prendre of ce qui n'est pas donné, elle s'abstient de prendre ce qui n'est pas donné. Elle ne prend pas, à la façon d'un voleur, dans un village ou un désert des choses qui appartiennent à d'autres et ne leur ont pas été données par eux. Cessant l'inconduite sexuelle, elle s'abstient de l'inconduite sexuelle. Elle ne s'implique pas sexuellement avec qui est protégé par sa mère, son père, ses frères, ses soeurs, sa parenté, ou son Dhamma; qui a mari, qui mérite punition, ou même qui a été couronné de fleurs par un autre homme. C'est ainsi qu'on est purifié de trois façons par l'action corporelle."

-- AN X 176


Sources: http://www.canonpali.org/samma-kammanto.html


Les moyens d'existence juste

Citation:

Définition

"Et que sont les moyens de vie corrects? On a le cas où un disciple des personnes nobles, ayant abandonné les moyens de vie malhonnêtes, gagne sa vie avec les moyens de vie corrects: C'est ce qu'sur appelle les moyens de vie corrects."

-- SN XLV.8




--------------------------------------------------------------------------------


Des moyens de vie équilibrés
Citation:

"Sur ce point, Vyagghapajja, un maître de maison qui connaît ses revenus et ses dépenses mène une vie équilibrée, ni extravagante ni avare, sachant qu'ainsi son revenu excèdera ses dépenses, mais non pas ses dépenses excéder ses revenus.

"De même que l'orfèvre, ou son apprenti, sait à tenir la balance, que d'autant qu'elle a descendu, d'autant elle remonte, , de même un maître de maison, qui connaît ses revenus et ses dépenses mène une vie équilibrée, ni extravagante ni avare, sachant qu'ainsi son revenu excèdera ses dépenses, mais non pas ses dépenses excéder ses revenus."

-- AN VIII.54




--------------------------------------------------------------------------------


Sa relation aux autres éléments du sentier
Citation:

"Et en quoi la vue correcte est-elle l'avant-coureur? On discerne les moyens de vie erronés comme étant des moyens de vie erronés, et les moyens de vie corrects comme étant des moyens de vie corrects. Et que sont les moyens de vie erronés? Intriguer, persuader, inciter, humilier, et rechercher gain sur gain. Ce sont là les moyens de vie erronés...

"On tente d'abandonner les moyens de vie erronés et d'entrer dans les moyens de vie corrects: c'est là notre effort correct. On est attentifs à abandonner les moyens de vie erronés et d'entrer et demeurer dans les moyens de vie corrects: C'est là notre attention correcte. C'est ainsi que ces trois qualités -- la vue correcte, l'effort correct, et l'attention correcte -- courent autour et entourent les moyens de vie corrects."

-- MN 117



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Moyens de vie erronés pour les disciples laïcs
Citation:

"Un disciple laïc ne devrait pas se commettre dans cinq types d'affaires. Quels cinq? Le commerce des armes, le commerce des êtres vivants, le commerce de la viande, le commerce des intoxicants, et le commerce de poisons."

-- AN V.177




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Moyens de vie erronés pour des contemplatifs
Citation:

...
la lecture des marques sur les membres [par ex., les lignes de la main];
la lecture des présages et des signes;
l'interprétation des événements célestes [étoiles filantes, comètes];
l'interprétation des rêves;
la lecture des marques sur le corps [par ex., la phrénologie];
la lecture des marques sur les tissus grignotés par les souris;
les offrandes d'oblations de feu, d'oblations à la louche, d'oblations de cosses, de poudre de riz, de grains de riz, de ghee, et d'huile;
les offrandes d'oblations de la bouche;
les offrandes de sacrifices de sang;
les prédictions basées sur les bouts des doigts;
la géomancie;
disposer des démons dans un cimetière;
les invocations d'esprits;
les récitations de sorts de protection des maisons;
charmer les serpents, la science des poisons, la science des scorpions, la science des rats, la science des oiseaux, la science des corneille;
la bonne aventure basée sur des visions;
donner des sorts de protection;
l'interprétation des chants d'oiseaux et des cris d'animaux
...
[La liste continue, ce qui précède n'est pas exhaustif]

-- DN 2


Source:http://www.canonpali.org/samma-ajivo.html


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Jean-Sherab
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MessagePosté le: 30/03/2007 18:00:59    Sujet du message: Le premier enseignement du Bouddha Répondre en citant

Vient ensuite le Quatrième point de l'entraînement à Sila, l'effort juste:

L'effort juste est en effet central puisqu'il sera le moteur de la pratique et du développement spirituel mais de nouveau celui-ci doit rester, comme l'explique le dernier texte, hors des extrêmes du laxisme et du rigorisme, il faut "trouver son thème".

Définition (les quatre Efforts corrects):

Citation:
"Et qu'est-ce que, bikkhus, l'effort correct?

[i] "Il y a le cas où un bikkhu génère du désir, entreprend, active sa persistance, maintient et met en vigueur son intention afin que ne surgisse ni le mal, ni les qualités maladroites qui n'ont pas encore surgi.

[ii] "Il génère du désir, entreprend, active sa persistance, maintient et met en vigueur son intention afin d'abandonner le mal, ainsi que les qualités maladroites qui ont surgi.

[iii] "Il génère du désir, entreprend, active sa persistance, maintient et met en vigueur son intention afin de faire surgir les qualités adroites qui n'ont pas encore surgi.

[iv] "Il génère du désir, entreprend, active sa persistance, maintient et met en vigueur son intention pour le maintien, la non-confusion, l'augmentation, la plénitude, le développement, et la culmination des qualités adroites qui ont surgi: C'est là, bikkhus, ce qu'sur appelle l'effort correct."

-- SN XLV.8



--------------------------------------------------------------------------------


Abandonner le maladroit, développer l'adroit

Citation:
"Abandonnez ce qui est maladroit, bikkhus. Il est possible d'abandonner ce qui est maladroit. S'il n'était pas possible d'abandonner ce qui est maladroit, je ne vous dirais pas, 'Abandonnez ce qui est maladroit.' Mais parce qu'il est possible d'abandonner ce qui est maladroit, je vous dis, 'Abandonnez ce qui est maladroit.' Si cet abandon de ce qui est maladroit devait entraîner des dommages et de la douleur, je ne vous dirais pas, 'Abandonnez ce qui est maladroit.' Mais parce que cet abandon de ce qui est maladroit entraîne des bénéfices et du plaisir, je vous dis, 'Abandonnez ce qui est maladroit.'

"Développez ce qui est adroit, bikkhus. Il est possible de développer ce qui est adroit. S'il n'était pas possible de développer ce qui est adroit, je ne vous dirais pas, 'Développez ce qui est adroit.' Mais parce qu'il est possible de développer ce qui est adroit, je vous dis, 'Développez ce qui est adroit.' Si ce développement de ce qui est adroit devait entraîner des dommages et de la douleur, je ne vous dirais pas, 'Développez ce qui est adroit.' Mais parce que ce développement de ce qui est adroit entraîne des bénéfices et du plaisir, je vous dis, 'Développez ce qui est adroit.'"

-- AN II.19




--------------------------------------------------------------------------------


Abandon des éléments néfastes de la voie

Citation:
"On tente d'abandonner la vue erronée et d'entrer dans la vue correcte: C'est là notre effort correct...

"On tente d'abandonner la détermination erronée et d'entrer dans la détermination correcte: C'est là notre effort correct...

"On tente d'abandonner la parole erronée et d'entrer dans la parole correcte: C'est là notre effort correct...

"On tente d'abandonner l'action erronée et d'entrer dans l'action correcte: C'est là notre effort correct...

"On tente d'abandonner les moyens de vie erronés et d'entrer dans les moyens de vie corrects: C'est là notre effort correct."

-- MN 117




--------------------------------------------------------------------------------


Comme bien accorder un instrument de musique

Citation:
Alors que le Vén. Sona méditait dans l'isolement [après avoir fait sa méditation marchée au point que la peau de la plante de ses pieds était fendillée et saignait], ce train de pensée surgit dans sa conscience: "Je fais partie des disciples du Béni du Ciel qui ont développé leur persistance, mais mon esprit n'est pas libéré des écoulements par manque de d'attachement/soutien. 0r, ma famille possède assez de richesses pour qu'il me soit possible de jouir de la richesse et d'accumuler des mérites. Qu'en serait-il si je devais désavouer l'entraînement, revenir à la vie inférieure, jouir de la richesse, et accumuler des mérites?"

Alors le Béni du Ciel, aussitôt que, grâce à sa conscience, il eût perçu le train de pensée dans la conscience du Vén. Sona -- ainsi qu'un homme fort pourrait étirer son bras plié ou plier son bras étiré -- disparut du Pic du Mont des Vautours, apparut dans le Frais Bois juste devant le Vén. Sona, et s'assit sur un siège tout prêt. Le Vén. Sona, après s'être incliné devant le Béni du Ciel, s'assit d'un côté. Alors que il était assis là, le Béni du Ciel lui dit, "Juste à cet instant, alors que tu méditais dans l'isolement, ce train de pensée n'a-t-il pas apparu à ta conscience: ' Je fais partie des disciples du Béni du Ciel qui ont développé leur persistance, mais mon esprit n'est pas libéré des écoulements... Qu'en serait-il si je devais désavouer l'entraînement, revenir à la vie inférieure, jouir de la richesse, et accumuler des mérites?'"

"Oui, seigneur."

"Donc qu'est-ce que tu en penses, Sona. Auparavant, lorsque tu étais sédentaire, étais-tu habile à jouer du vina?"

"Oui, seigneur."

"Et qu'est-ce que tu en penses: lorsque les cordes de ton vina étaient trop tendues, est-ce que ton vina était accordé et jouable?"

"Non, seigneur."

"Et qu'est-ce que tu en penses: lorsque les cordes de ton vina étaient trop détendues, est-ce que ton vina était accordé et jouable?"

"Non, seigneur."

"Et qu'est-ce que tu en penses: lorsque les cordes de ton vina étaient ni trop tendues ni trop détendues, mais accordées (litt: 'établies') juste au ton, est-ce que ton vina était accordé et jouable?"

"Oui, seigneur."

"De la même manière, Sona, exacerbée la persistance conduit à l'irréquiétude, exagérément relâchée la persistance conduit à la paresse. Ainsi dois-tu déterminer le bon ton pour ta persistance, accorder ('pénétrer,' 'dénicher') le ton des [cinq] facultés [à cela], et là trouver ton thème."

"Oui, seigneur," répondit le Vén. Sona au Béni du Ciel. Alors, ayant donné cette exhortation au Vén. Sona, le Béni du Ciel -- ainsi qu'un homme fort pourrait étirer son bras plié ou plier son bras étiré -- disparut du Frais Bois et apparut sur le Pic du Mont des Vautours.

Ainsi après cela, le Vén. Sona détermina le bon ton pour sa persistance, accorda le ton des [cinq] facultés [à cela], et là trouva son thème. Habitant tout seul, reclus, attentif, ardent, et résolu, en un rien de temps il atteint et demeura dans le but suprême de la vie sainte pour laquelle les hommes du clan à bon droit quittent la maison pour l'errance, la connaissant et la réalisant pour lui-même dans l'ici et maintenant. Il sut: "La naissance est terminée, la vie sainte est atteinte, la tâche est accomplie. Il ne reste rien pour moi en ce monde." Et c'est ainsi que le Vén. Sona devint un autre des Arahants.

-- AN VI.55


Source: http://www.canonpali.org/samma-vayamo.html

La prochaine fois nous verrons et approfondirons les deux derniers points de l'octuple sentier qui constituent l'entrainement à la méditation ou samadhi, l'attention juste et la concentration juste.


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sousou


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MessagePosté le: 16/07/2007 14:37:08    Sujet du message: Re: Le premier enseignement du Bouddha Répondre en citant

Jean-Sherab a écrit:


V. Voici, ô moines, la Noble Vérité de la souffrance (dukkha) : La naissance est souffrance, la maladie est souffrance, vieillir est souffrance, la maladie est souffrance, la mort est souffrance, le chagrin et les lamentations, la douleur, l’affliction et le désespoir sont souffrance, être uni à ce que l’on n’aime pas ou ce qui déplaît est souffrance, être séparé de ce que l’on aime ou de ce qui plaît est souffrance, ne pas obtenir ce que l’on désire est souffrance. En bref, les cinq agrégats de l’attachement sont souffrance.

VI. « Voici, ô moines, la Noble Vérité de l’origine de la souffrance : c’est le désir, lié au plaisir et à la convoitise, qui produit les renaissances. Il fait ces délices de ceci et de cela, autrement dit, c’est le désir tendu vers le plaisir des sens, le désir de l’existence ou du devenir et le désir de la non-existence ou de l’annihilation.

VII. « Voici ô moines, la Noble vérité de la cessation de la souffrance. C’est la complète extinction du désir, l’abandonner, y renoncer, s’en libérer, s’en détacher.



La naissance serait une souffrance pour ce Bouddha. Or, il arrive que des parents, au lieu de souffrir (sauf certains cas particuliers ^^), soient contents au lieu souffrir. A moins que ce ne soit le bébé ce qui est logique.

Si on suppose éviter toute souffrance, il faudrait alors éviter toute reproduction sexuelle afin d'éviter à toute progéniture de nouvelles souffrances. Autrement dit, ascèse sexuelle totale.

Si tout le monde met en pratique ces conseils, il n'y aurait plus d'humanité sur Terre. Ce serait en effet l'idéal pour éviter à la nature de subir plusieurs souffrances (pollution, réchauffement climatique, destruction de certaines espèces). Je ne doute pas que si certaines espèces pouvaient parler, elles prendraient le bouddha pour leur dieu. ^^

Bref, à part cette dernière plaisanterie, n'est-ce pas contradictoire de vouloir cesser de souffrir par le biais des naissances ?


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Jean-Sherab
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MessagePosté le: 16/07/2007 15:48:49    Sujet du message: Le premier enseignement du Bouddha Répondre en citant

voilà des questions comme je les aimes, celles qui forcent à continuer à penser!

Oui c'est une question que je me suis posé et queles bouddhistes se sont posés dès les débuts.
En fait il y aura toujours une humanité parce que quand bien même tout les êtres qui ont un karma pour être humains passeraient en Nirvana, les humains ne sont pas les seuls à vivre dans la souffrance du samsara et la roue des renaissances continue à tourner, les dieux et les demi-dieux épuiseraient le karma positif et chuteraient pour renaître notament en humain comme c'est déjà le cas maintenant et de même, les êtres animaux, fantomatiques et infernaux continueraient à se purifier, à créé du karma positifs et finiraient par prendre une renaissance humaines.
Il n'y a pas de début ni de fin du monde dans le bouddhisme, les univers naissent et meurent mais il n'y a jamais eut de premier univers et il n'y en aura pas de dernier.

Les textes que j'utilise sur ce fil sont tous des textes du Canon Pali, dans le bouddhisme ultérieure qu'on appelle Mahayana on présente les Quatre Nobles Vérités de manière un peu différentes mais c'est toujours le même Esprit.

Par exemple, pour revenir à ce que Nagarjuna disait sur le Nirvana, ceux qui font crac crac sont déjà en nirvana (doubelement en Nirvana diraient certains Mr. Green ), celui qui naît est déjà en Nirvana, alors ne pas renaître pour aller où? Quand ce qu'il y a a réaliser est déjà ici?

De toute façons que le nirvana soit un "ici" ou un "là-bas", il faut se mettre au travail pour réaliser une compréhension qui soit délivré des limitations du langage qui, surtout dans ce domaine, tappe toujours à côté de ce qu'il veut dire...
Le Nirvana est une compréhension immédiate qui ne se laisse pas capturer par les cadres limités du langage.


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sousou


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MessagePosté le: 19/07/2007 08:55:52    Sujet du message: Re: Le premier enseignement du Bouddha Répondre en citant

Jean-Sherab a écrit:
VII. « Voici ô moines, la Noble vérité de la cessation de la souffrance. C’est la complète extinction du désir, l’abandonner, y renoncer, s’en libérer, s’en détacher.



Il y est dit qu'il faut renoncer à tout désir. Tout désir comprend-il également le désir de se nourrir afin de ne pas périr. Notre ventre désire être approvisionné sinon notre anus n'aurait aucune utilité. Wink

Comment peut-on se passer de désir "nutritionnel" s'il faut être détaché de tout désir ?


Citation:
En fait il y aura toujours une humanité parce que quand bien même tout les êtres qui ont un karma pour être humains passeraient en Nirvana, les humains ne sont pas les seuls à vivre dans la souffrance du samsara et la roue des renaissances continue à tourner, les dieux et les demi-dieux épuiseraient le karma positif et chuteraient pour renaître notament en humain comme c'est déjà le cas maintenant et de même, les êtres animaux, fantomatiques et infernaux continueraient à se purifier, à créé du karma positifs et finiraient par prendre une renaissance humaines.
Il n'y a pas de début ni de fin du monde dans le bouddhisme, les univers naissent et meurent mais il n'y a jamais eut de premier univers et il n'y en aura pas de dernier.


Pourquoi cette obsession de renaissances sinon pour pouvoir allonger les souffrances ? Il faut être sadomasochiste ou quoi ? Laughing


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Jean-Sherab
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MessagePosté le: 19/07/2007 09:13:51    Sujet du message: Le premier enseignement du Bouddha Répondre en citant

ben non Sousou là je parle du fonctionnement du monde en général tel qu'il fonctionne sous l'action de l'ignorance. Le but du bouddhiste n'estpas de renaître c'est bien de dépasser cette habitude compulsive que nous avons de vouloir renaître pris par la croyance en notre existence absolue, il n'y a donc pas d'obsession de renaissance dans le bouddisme ni d'obssession de nirvana, parce que dès qu'il y a obsession de quoi que ce soit il y a bloquage mental et on ne sais pas se liberer.

Quant au fait de se nourrir, il faut distinguer, besoin et désir, ce nourrir est un besoin quand ça devient un désir c'est là qu'est l'attachement. La plupart du temps pour moi manger relève du désir je sais de quoi je parle Rolling Eyes


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Jean-Sherab
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MessagePosté le: 22/06/2008 15:15:22    Sujet du message: Le premier enseignement du Bouddha Répondre en citant

Je n'était pas revenu sur la question de l'attention juste et de la concentration juste. Il s'agit du troisième entraînement de l'octuple sentier, la méditation (samatha), après celui de l'éthique (sila) et de la sagesse, compréhension (panna). En fait il s'agit des deux éléments de la méditation qui permettent justement de ne plus alimenter les "écoulements mentaux toxiques" et qui permettent de ce libérer simultanément de la souffrance et de l'ignorance, puisque la seconde est cause de la première. L'attention juste est cette attitude de l'esprit qui permet d'entrer petit à petit dans un autre mode de rapport à la vie mentale. L'attention est une présence particulière à notre vie mentale et qui se développe par un entraînement continu. L'attention se développe en prenant un support quelconque, les sensations corporelles, la respiration, un support visuel (une image du bouddha), la visualisation d'un point lumineux ou comme des traditions comme le bouddhisme tantrique un son (mantras ou chants) ou une visualisation complexe (génération d'une visualisation complexe, le mandala d'un yidam par exemple, càd une divinité de méditation représentant symboliquement la nature éveillée de tous les êtres). Peu importe à vrai dire le support tous ont leurs avantages et inconvénients il faut seulement choisir le type de support avec lequel on est le plus à l'aise et changer aussi de temps en temps pour ne pas lasser l'esprit (qui comme on s'en rend vite compte se lasse vite). L'entraînement consiste donc à s'habituer à développer une présence attentive au support afin de ne pas se laisser emporter par les pensées qui se présentent spontanément à l'esprit. Lorsque l'esprit est entraîné par une de ces pensées, qu'il se laisse emporter par la saisie de celle-ci et que la présence attentive est perdue, une seconde pensées vient à l'esprit et ainsi de suite jusqu'à ce que l'esprit soit à nouveau encombré de pensées incontrôlées qui viendront de nouveau produire les effets émotionnels qu'on à pris l'habitude d'y associer. A ce moment il faut revenir au support d'attention, il faut arriver lorsqu'une pensée se présente à l'esprit de maintenir la présence attentive et de laisser passer celle-ci comme on regarde passer un train. Et si on y arrive pas tout de suite au moins essayer de ne pas se laisser enfermer par la pensée et de revenir au support d'attention avant que l'enchaînement des pensées s'emballe à nouveau.
On constatera très vite que cela n'est pas aisé à réaliser. Au début cet exercice semblera même impossible ou même on aura l'impression d'être plus chargé de pensées qu'avant. En réalité c'est simplement le fait que l'on s'applique à un exercice qui va à l'encontre des tendances habituelles de notre esprit, seulement habitué avant cela à saisir toutes pensées lui passant sous le nez de manière automatique et aveugle. Mais au fil des semaines et des mois on voit déjà s'installer les premiers bienfaits de la pratique. De plus, hors des pratiques formelles journalières (c'est l'idéal), qui ne doivent pas nécessairement dépasser les 15 à 20 minutes par jours (voir note) une conscience particulière de notre vie mentales dans la vie quotidienne s'installera aussi, nous donnant des outils très précieux pour faire face aux situations concrètes.

La concentration juste est quant à elle l'effet direct de l'attention mais pas seulement puisque les six précédent éléments de l'octuple sentier contribuent à la concentration et aussi à l'attention. En effet, une vie en accord avec le sens moral, un effort de compréhension de notre condition réelle d'existence tous cela est indispensable à la pratique de la pacification mentale. La concentration juste donc, est l'effet de la pacification et particulièrement celle qui apparaît avec l'attention juste. Le terme de concentration traduit mal le sens que rend "jahnna", le terme Pali qui représente plutôt une idée de "dilatation", un sentiment d'ouverture et de grande liberté intérieure. On traduit aussi ce terme par "absorption" qui bien qu'il rend l'idée d'entrer dans quelque chose ne rend toujours pas compte de cette expérience. En attendant une terminologie meilleure, il suffit simplement de dire que la concentration est une expérience de bien-être qui ouvre l'esprit à sa propre nature et finalement à une expérience toujours plus proche de la nature des choses en général. Les pensées ne sont plus maîtresse de l'esprit, si elles apparaissent c'est directement reconnue pour ce qu'elles sont vides et dénuées du réel qu'elles prétendent amené à l'esprit. Parce c'est bien cela la cause principale de notre souffrance, donner à ce qui n'exister pas la force d'une existence réelle et par là donner à de simples pensées la capacité de nous nuire. Lorsque nous ruminons un passé révolu nous donnons à des souvenirs la consistance de ce réel révolu sans plus aucune existence, si ce n'est celle des effets que nous lui permettons d'avoir encore sur nous par le ressassement perpétuel des mêmes pensées qui en elles-même sont sans forces. Quand nous fantasmons sur un futur hypothétique la force que nous donnons à ces pensées finissent par lui donner une réalité et l'existence qu'il n'a pas, puisque ce futur n'existe pas. Ce futur d'ailleurs n'existera peut-être jamais et de toutes façons n'existera jamais de la manière exacte dont nous l'avons fantasmé. Ne pas préformer, préfugurer le futur de manière figée c'est donner une plus grande souplesse au présent et donc une plus grande liberté. La fixation sur des pensées liées à des événements présents crée les crispations mentales qui mènent à des inadéquations dans les actions et réactions verbales et physiques dans les situation du quotidien. Ces fixations étant elles-mêmes le résultat des habitudes mentales entretenues aveuglément par le passé, travailler sur ces schémas et habitudes passées à travers les trois entraînements libèrent l'action et le présent.
Suite donc à l'entraînement à l'attention juste se développe la concentration qui a pour effet la détente de l'esprit donnant une latittude de plus en plus large par rapport à notre vie mentale, ainsi qu'une autonomie de plus en plus grande de celle-ci par rapport aux émotions conflictuelles qui minent notre contentement et notre joie de vivre. Mais la concentration à son tour soutient la présence attentive si bien que ces deux éléments de la méditation finissent par se renforcer mutuellement, créant un cercle vertueux qui fini progressivement par établir une certaine stabilité dans les effets de la méditation. Vous pouvez retrouver les textes qui ont trait à ces deux derniers éléments de l'Octuple sentier sur le site de la Socéité Pali http://www.canonpali.org.

Les quatre nobles vérités et les 8 éléments de la quatrième que nous venons de présenter à travers quelques textes du Canon Pali sont indispensables, c'est la base, le soubassement nécessaire à la compréhension du bouddhisme. Elle est nécessaire à tout développement ultérieur et à toutes pratiques ultérieures, sans notamment une pratique suffisamment avancée de la pacification mentale c'est-à-dire de l'attention juste et de la concentration juste mais aussi de l'entraînement à l'éthique et à la compréhension, les autres pratiques qu'elles soient d'inspiration Teravada, Mahayaniste ou Tantrique n'auront que peu d'effets, aucune libération authentique ne surviendra dans la vie du pratiquant.
C'est pour cette raison qu'il ne faut pas prendre au sérieux la présente présentation de ce "pompeux cornichon" qui se dit disciple du Bouddha et ne parvient pas à appliquer un 1/100 des principes qu'il conseille, qu'il s'agit déjà d'en rire et de vous faire votre propre opinion par la réflexion et l'expérience. Wink




Note:Au début même 2 x 5 minutes suffisent, de petites sessions de 5 minutes sont idéales pour commencer, l'efficacité de la pratique ne résidant pas, comme on le croit souvent, dans la quantité, faire une heure de méditation par semaine ne donnera rien, mais la qualité et la répétition journalière de l'exercice est la méthode la plus adaptée à notre époque et la plus efficace.
Un petit conseil de lecture pour commencer "La méditation: conseils aux débutants" de Bokar Rinpoché aux éditions Claire Lumière.


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SMILER45


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MessagePosté le: 08/10/2010 03:54:48    Sujet du message: I wrong? Répondre en citant

Looked around happy people can work all day, every moment I have not relaxed my own, I asked myself why?
Because you said I was an idiot, I want to study it to you because you said I was incompetent, I want to show you.
I am learning to do it themselves, what are trying to do,SWTOR Gold but in your heart, I was incompetent. When I was holding a charity that you are weak in subsidies, I thought I was beggars.
Because you said I believed it did, I beggars, and you are noble giver. I do not know what else to adhere to when?
Me whether each of the site with barbed no longer sharp?
Or I should not choose, do I selfish?
Is it just because I am not the same as, Wow Gold and I should be hurt by this, I am not a man of God.


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MessagePosté le: 21/09/2017 09:30:29    Sujet du message: Le premier enseignement du Bouddha

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