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Le premier enseignement du Bouddha

 
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Jean-Sherab
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PostPosted: 27/11/2006 18:48:47    Post subject: Le premier enseignement du Bouddha Reply with quote

Le "Dhammacakka sutta".

Les Quatre Nobles Vérités.



I. Ainsi ai-je entendu : une fois le bienheureux se trouvait au parc des gazelles, à Isipatana (le (Séjour des sages) près de Varanasi.

Les deux extrêmes

II. Puis le Bouddha s’adressa aux cinq ascètes : « Ô moines, celui qui a renoncé à le vie du monde ne doit pas s’abandonner au deux extrêmes. Quels sont ces deux extrêmes ? C’est se complaire dans les objets désirables pour les sens, ce qui est bas, vulgaire, terrestre, vil, indigne et sans profit et c’est se vouer aux mortifications, ce qui est douloureux, indigne et sans profit.

Le Chemin du milieu

III. « Ô moines, évitant ces deux extrêmes, le Tathagatha a réalisé le Chemin du milieu. Celui-ci donne la vue, il donne la connaissance, il conduit à la tranquillité, à la connaissance suprême, à l’Eveil, au Nibbana.

IV. Et quel est ce chemin du milieu, ô moines que le Tathagatha à réalisé ? C’est simplement le Noble Octuple Sentier, à savoir : la vue juste, la pensée juste, la parole juste, l’action juste, les moyens d’existence justes, l’effort juste, l’attention juste, la concentration juste. Tel est le Noble Octuple Sentier réalisé par le Tathagatha. Il donne la Vue, il donne la connaissance, il conduit à la tranquillité, à la connaissance suprême, à l’Eveil, au Nibbana.

Les Quatre Nobles Vérités

V. Voici, ô moines, la Noble Vérité de la souffrance (dukkha) : La naissance est souffrance, la maladie est souffrance, vieillir est souffrance, la maladie est souffrance, la mort est souffrance, le chagrin et les lamentations, la douleur, l’affliction et le désespoir sont souffrance, être uni à ce que l’on n’aime pas ou ce qui déplaît est souffrance, être séparé de ce que l’on aime ou de ce qui plaît est souffrance, ne pas obtenir ce que l’on désire est souffrance. En bref, les cinq agrégats de l’attachement sont souffrance.

VI. « Voici, ô moines, la Noble Vérité de l’origine de la souffrance : c’est le désir, lié au plaisir et à la convoitise, qui produit les renaissances. Il fait ces délices de ceci et de cela, autrement dit, c’est le désir tendu vers le plaisir des sens, le désir de l’existence ou du devenir et le désir de la non-existence ou de l’annihilation.

VII. « Voici ô moines, la Noble vérité de la cessation de la souffrance. C’est la complète extinction du désir, l’abandonner, y renoncer, s’en libérer, s’en détacher.

VIII. Voici, ô moines, la Noble Vérité du sentier conduisant à la cessation de la souffrance. C’est simplement le Noble Octuple Sentier, à savoir : la compréhension juste, la pensée juste, la parole juste, l’action juste, les moyens d’existence justes, l’effort juste, l’attention juste, la concentration juste.


Les douze aspects de la sagesse

IX. "Telle est la Noble Vérité de la souffrance. Ainsi, ô moines, concernant ces choses non-entendues auparavant, s'élèvèrent en moi la vue, le savoir, la sagesse, la vision pénétrante et la lumière."

X. "Telle est la Noble vérité de la souffrance telle qu'ele doit être parfaitement comprise.Ainsi, ô moines, concernant ces choses non-entendues auparavant, s'élèvèrent en moi la vue, le savoir, la sagesse, la vision pénétrante et la lumière."

XI. Telle est la Noble Vérité de la souffrance, qui a été comprise. Ainsi, ô moines, concernant ces choses non-entendues auparavant, s'élèvèrent en moi la vue, le savoir, la sagesse, la vision pénétrante et la lumière."

XII. "Telle est la Noble Vérité de l'origine de la souffrance. Ainsi, ô moines, concernant ces choses non-entendues auparavant, s'élèvèrent en moi la vue, le savoir, la sagesse, la vision pénétrante et la lumière."

XIII. "Telle est la Noble Vérité de l'origine de la souffrance, telle qu'elle doit être abandonnée. Ainsi, ô moines, concernant ces choses non-entendues auparavant, s'élèvèrent en moi la vue, le savoir, la sagesse, la vision pénétrante et la lumière."

XIV. "Telle est la Noble vérité de l'origine de la souffrance, qui a été abandonnée. Ainsi, ô moines, concernant ces choses non-entendues auparavant, s'élèvèrent en moi la vue, le savoir, la sagesse, la vision pénétrante et la lumière."

XV. "Telle est la Noble Vérité de la cessation de la souffrance. Ainsi, ô moines, concernant ces choses non-entendues auparavant, s'élèvèrent en moi la vue, le savoir, la sagesse, la vision pénétrante et la lumière."

XVI. "Telle est la Noble Vérité de la cessation de la souffrance, telle qu'elle doit être comprise. Ainsi, ô moines, concernant ces choses non-entendues auparavant, s'élèvèrent en moi la vue, le savoir, la sagesse, la vision pénétrante et la lumière."

XVII. "Telle est la Noble Vérité de la cessation de la souffrance, qui a été comprise. Ainsi, ô moines, concernant ces choses non-entendues auparavant, s'élèvèrent en moi la vue, le savoir, la sagesse, la vision pénétrante et la lumière."

XVIII. "Telle est la Noble Vérité du chemin conduisant à la cessation de la souffrance. Ainsi, ô moines, concernant ces choses non-entendues auparavant, s'élèvèrent en moi la vue, le savoir, la sagesse, la vision pénétrante et la lumière."

XIX. "Telle est la Noble Vérité Du chemin conduisant à la cessation de la souffrance, tel qu'il doit être pratiqué. Ainsi, ô moines, concernant ces choses non-entendues auparavant, s'élèvèrent en moi la vue, le savoir, la sagesse, la vision pénétrante et la lumière."

XX. Telle est la Noble Vérité du chemin conduisant à la cessation de la souffrance, qui a été pratiqué. Ainsi, ô moines, concernant ces choses non-entendues auparavant, s'élèvèrent en moi la vue, le savoir, la sagesse, la vision pénétrante et la lumière."

Eveil non proclamé

XXI. "Aussi longtemps, ô moines, que ma vision de la vraie connaissance n'a pas été entièrement claire dans ces trois aspects et ses douze fonctions concernant les Quatre Nobles Vérités, je n'ai pas prétendu avoir réalisé l'illumination parfaite, qui est suprême dans cemonde avec ses dévas, ses maras et se brahmas, dans ce monde avec ses ermites et ses brahmanas, avec ses princes et ses hommes."

Proclamation de l'Eveil

XXII. "Mais lorsque ômoines, ma vision de la vraie connaissance a été entièrement claire dans ses trois aspects et ces douze fonctions concernant les Quatre Nobles Vérités, alors j'ai proclamé que j'avais réalisé l'illumination parfaite, qui est suprême dans cemonde avec ses dévas, ses maras et ses brahmas, dans ce monde avec ses ermites et ses brahmanas, avec ses princes et ses hommes."

XXIII. "En effet, la vision de la vraie connaissance s'est élevée en moi, de sorte que la délivrance de mon esprit est inébranlable. Ceci est la derrnière naissance. Il n'y aura plus désormais d'autre devenir."

Remarques sur le sermon

XXIV. Ainsi parla le Bouddha. Les cinq moines furent heureux et se réjouirent de ses paroles. Pendant l’exposé de la doctrine, le Vénérable Kondanna eut la vision pure et immaculée de la vérité et il réalisa : « Tout ce qui est soumis à la causalité est aussi soumis à la cessation ».


(extrait du livre du Dr. Rewata Dhamma "Le premier enseignement du Bouddha" éd. Claire Lumière.)


Qu'en pensez-vous? Vous choque-t-il? Vous parle-t-il? Y-a-t-il des notions ou des idées qui vous échappent ou qui vous posent question?

C'est un enseignement très important et qui est parfois négligé aujourd'hui. Il importe qu'il soit bien compris. Bien que moi-même je ne l'ai pas entièrement saisit vu qu'il ne prend sont sens complet et définitif qu'à l'Eveil je suis prêt à en discuter avec vous. Et je vous recommande la lecture du livre référencé ci-dessus si vous voulez en savoir plus. Wink


NB: J'avais fait une faute dans la retranscription, la souffrance vient d'être unis à ce que l'on aime pas, pas à ce qu'on aime. Wink


Last edited by Jean-Sherab on 29/11/2006 11:21:51; edited 1 time in total
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Jean-Sherab
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PostPosted: 28/11/2006 12:20:26    Post subject: Re: Le premier enseignement du Bouddha Reply with quote

Jean-Sherab wrote:



I. Ainsi ai-je entendu : une fois le bienheureux se trouvait au parc des gazelles, à Isipatana (le (Séjour des sages) près de Varanasi.

Les deux extrêmes

II. Puis le Bouddha s’adressa aux cinq ascètes : « Ô moines, celui qui a renoncé à le vie du monde ne doit pas s’abandonner au deux extrêmes. Quels sont ces deux extrêmes ? C’est se complaire dans les objets désirables pour les sens, ce qui est bas, vulgaire, terrestre, vil, indigne et sans profit et c’est se vouer aux mortifications, ce qui est douloureux, indigne et sans profit.

Le Chemin du milieu

III. « Ô moines, évitant ces deux extrêmes, le Tathagatha a réalisé le Chemin du milieu. Celui-ci donne la vue, il donne la connaissance, il conduit à la tranquillité, à la connaissance suprême, à l’Eveil, au Nibbana.

IV. Et quel est ce chemin du milieu, ô moines que le Tathagatha à réalisé ? C’est simplement le Noble Octuple Sentier, à savoir : la vue juste, la pensée juste, la parole juste, l’action juste, les moyens d’existence justes, l’effort juste, l’attention juste, la concentration juste. Tel est le Noble Octuple Sentier réalisé par le Tathagatha. Il donne la Vue, il donne la connaissance, il conduit à la tranquillité, à la connaissance suprême, à l’Eveil, au Nibbana.



La mortification est une vue extrêmiste.

Ce sont les cinq renonçants que le Bouddha avait rejoint alors qu'il avait pris la décision de ne plus suivre de maître mais de chercher la vérité sans préjugés.
Il les avait quitté après avoir entendu venant de la rivière face à lui lors de ses exercices de mortification, un père expliquant à son fils comment manier la barque pour la pèche. "Suis la voie du milieu" dit le père à son fils.
A ces mots le Bouddha compris qu'il était passé d'un extrême à l'autre. La mortification du corps n'avait pas plus de sens et d'utilité pour la voie spirituelle que la vie de plaisir qu'il menait dans son palais avant de partir dans sa quête du remède universel à la souffrance.
Croire que la souffrance physique par l'affaiblissement du corps permettait de liberer l'esprit est une erreur, il quitta donc le groupe des cinq ascètes pour continuer son chemin seul. Plutard après son Eveil sous l'arbre de a Bhodi à Bodhgaya, c'est à eux qu'il pensa en premier pour enseigner ce qu'il avait trouvé.
C'est donc à ces cinq ascètes extrêmistes qu'il donna d'abord son enseignement afin de les faire sortir de leur égarement. Telle est la Voie du milieu. Cette vois du milieu,le Bouddha luidonnera des extention plus vaste et notement métaphysique et psychologique dans ses enseignements ultérieurs. Cet enseignement étant une introduction extrêmement abrégée de son enseignement.

La complaisance dans les désirs sensuels, une vue extrêmiste.

La voie du milieu exclu donc les macérations et les mortifications, elles sont sans profit. Mais dit le Bouddha se complaire dans les plaisirs des sens. "C’est se complaire dans les objets désirables pour les sens, ce qui est bas, vulgaire, terrestre, vil, indigne et sans profit". Le mot important ici est "se complaire", le plaisir, le désir en eux-même ne sont pas indignes, il est comme nous le verrons plus loin un des facteurs lié au fonctionnement égocentrique de l'esprit. Le problème survient lorsqu'il n'est pas objectivé reconnu pour ce qu'il est et qu'il entraîne l'esprit dans la complaisance sensuelle, il devient alors source de dérèglement intérieure et de souffrance. C'est moins le désir le problème que les stratégies qu'il induit afin d'être maintenu, afin d'être rendu permanent, c'est cela quiproduit la souffrance. C'est cette disposition de l'esprit qu'il faut comprendre par "se complaire dans les objets désirables". Cette idée d'une nécessaire objectivation du désir, c'est-à-dire la reconnaissance de sa relativité de son caractère produit nous embête en Occident (et en Orient aussi d'ailleurs). Nous n'aurons aucun problème à abandonner les mortifications et encore nous sommes parfois victime en Occident d'une forme subtile de mortification qui est une forme de "culpabilité destructrice". Par contre toucher au désir est resentit comme une atteinte à ce qui caractérise l'existence humaine, aujourd'hui le désir est dit libéré. Le désir peut-être mais ceux qui s'y adonnent aveuglément non. Notre civilisation entière se donne comme objectif de répondre et assouvir les plaisirs des sens, produisons!, consommons! Or la frustration ne s'éteint pas pour autant, elle croît au fur et à mesure que les possibilités de choix explosent et qu e la création de nouveau besoin se multiplient ou au contraire que les possibilités d'aquérir ce qui est offert diminue. Les effets individuels et collectifs d'un tel mode de pensée sont, de tout temps et en tout lieu, l'insatisfaction, l'insécurité, l'agressivité, la violence et ultimement la guerre.
Mais au-delà de l'aspect culturel le désir lié à des projets pour l'avenir, le désir envers le sexe opposé, etc. toutes ces choses prennent une autre dimension lorsqu'on travaille sur cette complaisance. Nos rapports à ces choses prennent un caractère plus libre et plus ouvert, les relations se décrispent et prennent par là un caractère plus riche et moins autocentré.
Il n'y a pas à poser de jugement moralisant sur notre manière de vivre, votre humble serviteur est en plein dedans. Le Bouddha ne moralise pas, il prend acte, il objective, il parle en terme de causes et d'effets plutôt que de bien et de mal, il fait de l'expérience intérieure un objet d'étude. C'est ce que nous verrons avec l'analyse de Dukkha, la souffrance. Ainsi le Bouddha n'est pas un politicien ou un marchant, il ne cherche pas à plaire ou vendre quoi que ce soit. Il dit les choses telles qu'elles sont, sans détour. Ainsi il dit lui même "j'enseigne un chemin qui va à contre-courant" son enseignement va à l'encontre de l'opinion du monde. Il dit qu'il n'est pas un sauveur, croire en lui ne nous fera pas avancer d'un yota vers l'Eveil. Ainsi il dit lui-même "je montre le chemin" rien de plus.
Le Bouddha est un médecin en un sens éminent, parce qu'il soigne les maladies de l'existence en traitant les causes. Il fait un diagnostique 1er Noble Vérité. Il identifie la cause de la maladie, 2eme Noble Vérité. Il affirme que la guérison existe parce qu'il est lui-même guérit, 3eme Noble Vérité. Il administre le remède, 4eme Noble Vérité.


Mais comme le dit le point III les bénéfices de cette voie ne se limite pas à un bien être relatif, ce qui est déjà très bien par aillieurs. Mais à terme c'est à un autre régime d'existence que nous invite le Bouddha. "Ô moines, évitant ces deux extrêmes, le Tathagatha a réalisé le Chemin du milieu. Celui-ci donne la vue, il donne la connaissance, il conduit à la tranquillité, à la connaissance suprême, à l’Eveil, au Nibbana." Le Nibbana en Pali ou Nirvana en sanskrit, désigne l'état inconditionné d'existence, un état de connaissance parfaite, un état de paix inébranlable. Nous le verrons plus en détail à la troisième Noble Vérité. Comment y parvenir c'est le Point IV que le Bouddha expliqua au point VIII sur la Quatrième Noble Vérité. Nous le verrons aussi plus en détail.



N'hésitez pas à poser des questions? A donner vos impressions. Wink


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Jean-Sherab
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PostPosted: 29/11/2006 16:35:02    Post subject: Re: Le premier enseignement du Bouddha Reply with quote

Jean-Sherab wrote:


La première Noble Vérité.

V. Voici, ô moines, la Noble Vérité de la souffrance (dukkha) : La naissance est souffrance, la maladie est souffrance, vieillir est souffrance, la maladie est souffrance, la mort est souffrance, le chagrin et les lamentations, la douleur, l’affliction et le désespoir sont souffrance, être uni à ce que l’on n’aime pas ou ce qui déplaît est souffrance, être séparé de ce que l’on aime ou de ce qui plaît est souffrance, ne pas obtenir ce que l’on désire est souffrance. En bref, les cinq agrégats de l’attachement sont souffrance.




Dukkha est une notion très vaste. Il est difficile de le traduire on pourrait le traduire par souffrance ou plus présisément par le "réel sous sa modalité souffrante". En fait c'est ce qu'il y a a comprendre, ayant compris Dukkha on en est libéré. Ainsi le Bouddha dit:

"Qui voit dukkha, voit la naissance de dukkha, voit la cessation de dukkha et voit le chemin conduisant à la cessation de dukkha" (Sumyutta Nikaya).

Bref qui comprend la première Noble Vérité comprend les quatre. On voit comment le Bouddhisme est un exercice de compréhension circulaire. Nous sommes sous l'emprise universelle de Dukkha (1er), nous en reconnaissons les causes (2em), étant le résultat de cause nous comprenons que sa cessation est possible (3em), nous empreintons le chemin le chemin qui conduit à la cessation (4em) ainsi Dukkha est progressivement vu pour ce qui l'est. On voit pourquoi le Bouddhisme n'est pas un nihilisme, dukkha ne disparaît au Nirvana pas il est élucidé, compris et par la pred toute emprise sur l'esprit. La relation d'aliénation est remplacée par une relation de connaissance.

Dukkha est alors reconnu dans ses trois caractéristiques:

- Dukkha est souffrance. en effet bien des fois nous sommes tellement emporté par nos conditionnements que nous ne voyons pas que nous souffrons, nous ne voyons pas l'ensemble des mécanismes à l'oeuvre, entraîné par l'enchainement des événements interieurs et extérieurs. Plus que ça un Bouddha voyant toutes les relations à l'oeuvre voit l'ensemble des implications de dukkha non seulement pour lui mais pour tous les être de tout temps et en tous lieux.

- Dukka est impermanent. C'est ça nature et la non reconaissance de l'impermanence empêche la reconnaissance de dukkha et sa libération. C'est parce que nous ne voulons pas accepter l'impermanence, parce que cherchons par de multiples stratégies à maintenir une permanence envers ce qui par nature n'en a pas que nous souffrons. Ainsi nous cherchons activement à maintenir la manifestation des choses plaisantes permanente et à maintenir la non-manifestation
des choses déplaisantes permanente. Le dukkha dans toute sa diversité étant impermanent les efforts et stratégies pour maintenir ces "permanences" prennent énormément d'énergie et produisent beaucoup de souffrances, pour de toute façons un jour où l'autre être détruit puisque leur nature est impermanente. Et cela ne fusse que par la mort.

- Dukkha est insubstantiel. Là aussi c'est sa nature. Etant le résultat de causes et de conditions elle ne posède pas de nature propre. Ainsi le Bouddha réfute l'existence de substances éternelles comme l'âme ou une éventuelle "matière primordiale". Nous verrons ça plus en détail dans les posts suivant.

L'interdépendance de ces trois caractèristiques définit la nature de dukkha.

De ce point de dukkha reste assez théorique et on a du mal à voir ce que c'est pour nous dans nos vies. Dukkha comprend trois manières de se manifester:

Ce sera pour la prochaine

N'hésitez pas à poser des questions et si vous avez une meilleurs connaissance de ce sujet n'hésitez pas à y mettre votre grain de sel


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Jean-Sherab
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PostPosted: 30/11/2006 19:49:18    Post subject: Le premier enseignement du Bouddha Reply with quote

La première Noble Vérité suite...

Dukkha se manifeste dons de trois manières.
Les deux premières sont assez vite accessible, la troisième se révèle au fur et à mesure du cheminement.

La première est dukkha dukkha c'est-à-dire la souffrance ordinaire.

"La naissance est souffrance, la maladie est souffrance, vieillir est souffrance, la maladie est souffrance, la mort est souffrance, le chagrin et les lamentations, la douleur, l’affliction et le désespoir sont souffrance, ..."

Voici la souffrance dans sa manifestation la plus immédiate, elle ne demande pas d'explication particulière, elle est le "produit fini" de dukkha.


être uni à ce que l’on n’aime pas ou ce qui déplaît est souffrance, être séparé de ce que l’on aime ou de ce qui plaît est souffrance, ne pas obtenir ce que l’on désire est souffrance.

Elle est la souffrance liée à l'impermanence, ce qui est plaisant parce que les conditions changent soit disparaît provoquant la souffrance de la perte soit devient source de déplaisir. Ce qui est déplaisant parce que les conditions changent vient à se manifester. Bref tous les événements intérieures et extérieures parce qu'il résultent de cause et de conditions sont soumis aux changements qui produisent alors toute la gamme des souffrances décrites dans la première forme de dukkha.


En bref, les cinq agrégats de l’attachement sont souffrance.

C'est là qu'est la forme la plus subtile de souffrance, les cinq agrégats constituent dukkha lui-même. Ils sont les éléments de la production conditionnée. En effet, étant dukkha, il sont souffrance, impermanence et insubstantiel. Les comprendre c'est en être libéré, en être libéré c'est les voir dans leur fonctionnement sans être prisonnié de leurs action. En fait dukkha mobilise de nombreux éléments interdépendants, néanmoins à des fins pragmatiques le Bouddha commença par enseigner ces cinq agrégats qui sont suffisant pour comprendre le mécanisme à l'oeuvre et les appliquer à une méditation analytique.

Le premier agrégat est celui de la Matière.

La matière est ici quelque chose de plus vaste que dans notre culture. C'est d'une part la matière grossière, qui est en gros la manière telle que nous la pensons en Occident c'est-à-dire des agrégats d'atomes formant des molècules. Cette conception n'a rien de très nouveau en Inde et en Grèce cette conception était très répendue. A cela s'ajoutte une forme de matière plus subtile que l'on désigne généralement par "énergie" est sont traditionnellement symbolisé par les 4 éléments (terre, feu, eau ,air) plus l'éther ou "mana". C'est quatre éléments sont associés à un organe des cinq sens, la terre pour le touché, le feu pour la vision, l'eau pour le goût et l'odorat, l'air pour le l'ouïe. L'éther pour l'"organe mental". Ces cinq énergies se prolongeant dans le domaine d'objet propre à chaque organe. Ainsi le jeu des associations et des dépendances entre ces divers agrégats d'atomes et d'énergie crée à la fois les organes et leur domaine d'objet si bien que l'agrégat de la matière englobe tout les aspects de la matière qu'il soit intérieur ou extérieur. Ainsi dans divers interprétations ultérieures (le plus célèbre étant le traité du "Bardo Thodhol") le flux des agrégats interdépendant continue à produire s'est effet si bien que la seul matière qui reste, constituant le cadavre est les agrégats d'atomes, une forme de "matière subtile" peut transmigrer après la cessation du corps organique.

Le second agrégat est celui de la sensation

En dépendance du premier agrégat naît la sensation. la sensation est la réponse en terme de sensation plaisante, déplaisante ou neutre qui résulte du "contact" entre un organe et son domaine d'objets. Sensations produites par le contact des formes visuelles et de l'oeil, des sons et l'oreille, etc.. jusqu'à le contact des objets mentaux avec l'organe mental (organe mental qui est plus que le cerveau bien que celui-ci en fasse sans aucun doute partie). L'organe mental n'est donc pas d'une nature supérieure aux autres organes dans sa constitution étant un élément parmi d'autres de ce qui fait une personne, on comprend par ce qui précède comment le bouddhisme et les autres pensées orientales en général ne séparent jamais complètement corps et esprit.

Le troisième agrégat est la perception

La perception naît en dépendance de la sensation et a pour fonction de reconnaître l'objet. Comme pour la sensation, la perception est de six types selon le domaine des sens correspondants.

Le quatrième agrégat est les formations mentales ou actes volitionnels.

C'est ici que se situe le noeud de la production de l'expérience, parce que c'est ici qu'intervient le karma c'est-à-dire littéralement "l'acte", la saisie, la "soif" c'est la racine du mouvement, "ce qui se porte vers" tel objet de perception, tel objet mental, etc. C'est à ce niveau qu'est produit la multiplicité des expériences individuelles bonnes ou mauvaises car c'est ici que la volonté intervient. "La volition est une construction mentale. Sa fonction est de diriger l'esprit dans la sphère des actions bonnes, mauvaises ou neutres". Ainsi 52 activités mentales sont répertoriées bonnes, mauvaises ou neutres en fonction de leur capacité à liberer ou à affliger l'esprit. La confiance, la honte, l'aversion et le haine, le désir, la volonté la concentration, l'attention, etc.
Plus loin nous verrons comment ces facteurs s'enchaînent mais ne nous embrouillions pas d'avantage. Le karma, l'acte posé à un moment donné induit alors une semence qui induira une réactions similaires dans des conditions similaires à celles où à été posé cet acte.
Plus tard dans le Mahayana. (Le Grand Véhicule développement ultérieur du bouddhisme par opposition au Petit Véhicule ou Teravada ne reconnaissant que les textes du Canon Pali ceux que nous utilisons maintenant pour cette présentation) ce mécanisme va faire l'objet d'explication et d'investigation plus précise et cet agrégat comprendra une conscience supplémentaire la conscience-tréfond qui viendra compléter le mécanisme, bien que son fonctionnement soit différent elle rapelle ce qu'on entend en Occident par "inconscient" (le maître ouvrage pour ce sujet est "la somme du Grands Véhicule" d'Asanga éd. de l'Institut Orientaliste de Louvain-La-Neuve).

Le cinquième agrégat est celui de la conscience.

La conscience apparaît en dépendance de l'ensemble du mécanisme. et l'on voit qu'elle vient finalement après la conscience étant toujours "conscience de... quelque chose". La conscience ne reconnaît pas les objets, ça c'est la perception qui le fait, la conscience est simplement une attention à, le fait de "s'aviser de la présence de l'objet". Ainsi la conscience s'avise de la présence du "bleu" mais c'est la perception qui reconnaît le "bleu" comme étant du "bleu". "Bleu" qui fait alors l'objet de la volition d'une manière ou d'une autre et produit les productions discurssives qui auront comme réponses émotions créant d'autres sensation de plaisirs, déplaisirs, neutres qui appèlerons d'autre volition, d'autre actes mentaux, etc. ...
Dès lors la conscience est un flux elle apparaît et disparaît perpétuellement dans un continuum où ces moments de conscience sont lié entre eux par la causalité. Mais ce flux n'est pas reconnu comme tel et la saisie (4em agrégat) cherche à solidifier ce flux (effort illusoire) et donne la sensation d'un moi, d'une continuité, d'une entité substantielle, éternelle, solide. Le verbe qui convient le mieux à la conscience est celui de "voir". La conscience n'est pas non plus à confondre avec la notion d'esprit, l'esprit est utilisé dans des dévelloppement ultérieur du bouddhisme et prend un sens bien plus vaste que la conscience car la conscience est toujours conditionnée, elle n'apparaît qu'en dépendance d'un phénomène.

Où est le Soi?

Le Bouddha a été très clair la dessus. Un jour qu'un de ses disciples pensait exposer la notion de conscience à un ami. La conscience "est se qui sent, éprouve les résultats des actions bonnes ou mauvaises ici et là". En entendant ces paroles le Bouddha relevat cette affirmation et dit: "A qui m'avez-vous enseigner la doctrine de cette manière, ô stupide? Shocked Laughing N'ais-je pas de beaucoup de manières expliqué la conscience comme naissant de conditions" ("l'enseignement du Bouddha, d'après les textes les plus anciens" Walpola Rahula éd. Seuil, coll. point sagesses). Là où notre tendance habituelle nous pousse à faire de la conscience une chose, une entité indépendante douée d'une existence propre, le Bouddha montra que la nature de la conscience était insubstantielle.
Dès lors si le mode d'existence de la conscience n'est pas la substance quel est son mode d'existence? La conscience est le résultat de la production conditionnée, les cinq agrégats n'aissent en dépendance les uns des autres. On ne voit dès lors le "moi" nulle part! Il n'est pas dans un des agrégats, chaque agrégat naissant en dépendance les un des autres aucun de ceux-ci ne peut réclamer le droit d'être le fondement du "moi". Il ne peuvent pas exister séparément puisqu'il dépendent mutuellement les uns des autres pour apparaître. Il n'est pas quelque part entre les agrégats. Il n'est pas dans un, deux, trois, quatre ou même les cinq. Est-il alors dans leur somme, dans la totalité? non. Si tel était le cas il ne serait pas cinq mais un, s'il était un il serait substantiel, s'il était substantiel il ne serait pas le résultat de la production conditionnée, s'il n'était pas le résultat de la conditionnée il serait permanent et si il était permanent il n'y aurait pas de fin à la souffrance.

Or il n'a pas d'existence propre, il n'a qu'une existence en dépendance. Les agrégats n'existent pas en eux-même, ils se conditionnent mutuellement seul ils n'existent pas, ils naissent les uns des autres, ils sont interrelatifs, ils apparaîssent relativement les un aux autres. Dès lors s'ils sont le résultats de causes et de conditions, ils sont insubstantiels, s'ils sont insubstantiels ils sont impermanents, s'ils sont impermanents la souffrance peut prendre fin.
Qu'est-ce que le "moi" alors dans ce flux impermanent, d'où naît ce sentiment? Lui aussi naît en dépendance, il n'est qu'un des facteurs mentaux de l'agrégat des actions volitionnelles (le quatrième) mais c'est celui là qui engendre le plus de saisies, il est à la base de la "soif", du désir, de l'aversion etc. Le désir de retourner ce flux en "centre", le désir d'obstruer le jeu infiniment mouvent du réel en y projettant des îlots compacts qui déjà ne cherche qu'à s'attirer ou à se repousser ou même à se détruire, le désir de chosifier le réel, la volonté de mettre un pilote dans ce qui n'en a jamais eut besoin, voilà la cause de la souffrance.

Quelles sont les conséquences d'une telle conception de la personne c'est qu'elle n'est pas un machin tout solide qui devrait "perdurer dans l'être" comme disait Spinoza, qu'elle n'est pas une citadelle assiégée en perpétuelle insécurité, devant identifier les amis et ennemis afin de contraindre le monde à sa volonté. En réalité les bénéfices personnels et collectifs d'une telle compréhension de la personne en tant qu'enchevêtrement de relations sont incalculables. Ne fusse qu'à dédramatiser la vie mentale pour être plus capable de comprendre la vie tout court, sa vie, son histoire. Mais plus qu'une compréhension intellectuel c'est à une compréhension intuitive que nous invite la Bouddha. La quête du plus précieux des trésors, le travail d'une vie, une liberté sans commune mesure.

Il n'y a donc rien dans dukkha de tristounet, de déprimant, rien de lugubre ni de mélancolique. Quand on lit les enseignements du Bouddha il n'a rien d'une souche morte. Il donne inlasablement des enseignements à ceux qui le demande, va à la rencontre des gens est décrit comme souriant, il fait même rire à l'occasion. L'abandon de tout désir ne semble pas déssécher ou dévitaliser les gens bien au contraire, il faut comprendre pourquoi. Et il faut surtout comprendre qu'on devient capable de l'abandonner que lorsque on a plus l'impression de perdre quelque chose mais de gagner. Ou plutôt de ni gagner ni perdre, c'est autre chose qui se met en place. Ca c'est le rôle de l'Octuple Sentier.

C'est ce que nous verrons dans la deuxième Noble Vérité et les suivante. Wink


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Jean-Sherab
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PostPosted: 02/12/2006 11:10:55    Post subject: Le premier enseignement du Bouddha Reply with quote

Jean-Sherab wrote:


La seconde Noble Vérité.

VI. « Voici, ô moines, la Noble Vérité de l’origine de la souffrance : c’est le désir, lié au plaisir et à la convoitise, qui produit les renaissances. Il fait ces délices de ceci et de cela, autrement dit, c’est le désir tendu vers le plaisir des sens, le désir de l’existence ou du devenir et le désir de la non-existence ou de l’annihilation.



Ici le Dr Réwata Dhamma traduit (tanha) par désir, le Vénérable Walpola Rahula quant à lui le traduit par "soif" ce qui est la traduction la plus courante. Mais ce n'est pas seulement la "soif" ce qu'elle induit comme enchaînement, c'est la "soif" lié aux plaisirs et à la convoitise. La "soif" oriente l'être vers les objets conçu comme plaisant produisant une stimulation agréable, stimulation qu'il cherche à faire perdurer par la répétition, c'est là qu'apparaît la convoitise. L'être convoite alors tous les objets susceptibles de réactiver cette stimulation, "Il fait ses délices de ceci et de cela".
Le terme "soif" rend bien l'idée de quelque chose qui n'en a jamais fini d'avoir "soif" quelque chose qui n'en a jamais fini de devoir être assouvit et qui n'aboutit qu'à l'insatisfaction appelant encore à la satisfaction orientent encore vers d'autres objets tout aussi deçevant.

C'est à ce niveau qu'il faut parler du karma. Le karma signifie "acte", comme nous l'avons vu c'est la "volition", c'est là qu'est la racine volontaire du fonctionnement des cinq agrégats. Les trois premier ne sont pas vraiment volontaire quant au cinquième il est conditionné par le quatrième, bien qu'il ne soit pas le résultat fini, tout les éléments sont à a fois conditionné et conditionnant. Mais le karma est donc l'acte mental qui entraîne la "soif" et par la suite l'attachement, entraînent le l'enchainement des actes physiques et verbaux. La "soif" est donc un mouvement de saisie. Ce mouvement de saisie est d'abord orienté vers les objets mentaux, c'est à ce niveau là que le travail doit d'abord se faire.

Quand on entend qu'il faut abandonner le désir on croit que cela se joue au niveau des objets extérieur qu'il faut rejetter les objets plaisants. En réalité si on pense comme ça on va se soumettre à des sentiment de manque, de privation, qui risque de nous faire percevoir la voie spirituelle comme une punition. Nous ne sommes pas des ascètes, nous ne vivons pas au temps du Bouddha, parler comme le Bouddha l'a fait à ses cinq amis ascètes cela a du les soulager de comprendre que il ne devaient pas se meurtrir pour se liberer. Mais le même enseignement ne nous soulage pas mais nous choque, voir nous révulse. Peut-être même que c'était le souhait du Bouddha. En effet, je me souviens lorsque j'entendais pour la première fois des enseignements sur ces choses, j'étais épaté par la pertinence des propos "enfin un enseignement qui me dit ce que je vis et le "comment" de cette vie et le "comment" de sa transformation et pas seulement quelques théories philosophiques qui bien que belles, pertinentes et sensées ne me disaient toujours pas concrêtement comment "faire", comment agir sur l'esprit pour atteindre ces idéaux éthiques et existentiels qu'elles promettaient" (qulqu'un a-t-il seulement déjà été kantien? peut-être même pas Kant lui-même). Néanmoins, parfois un petit noeud dans le ventre me disait "oui, c'est vrai mais je ne veux pas que ce soit comme ça", toutes mes idées sur la vie et ce qu'elle devait être se manifestait et s'opposaient devant ce discours. La vie c'est l'éclat, c'est le mouvement, c'est "se sentir" engagé dans le monde, "faire" pour les autres, rencontrer, exulter, "se sentir vivre", oui il y aa des hauts et des bas mais enfin c'est comme ça la vie! Dès lors, le désir est imaginé comme le moteur de ce "se sentir vivre", qui doit nous pousser en avant et créer, produire, échanger, amasser, construire, etc. Dès lors, on se dit assez logiquement que si le désir disparaît tout cela disparaît aussi et n'est remplacé par rien, qu'on devient soit insensible, soit morne. D'aillieurs il nous difficile est d'imaginer une vie sans désir, les seules images que nous avons en tête c'est celle de la dépression, celle d'une forme de haine du monde culpabilisée ou misanthrope, ou même l'impuissance sexuelle. Ce ne sont pas là le résultat d'une pratique d'abandon du désir basé sur une spiritualité authentique mais des déséquilibres voir des pathologies du désir. De nombreux médecins s'intéressent d'ailleurs à ces pratiques pour soigner certaine de ces pathologies.
Or, avec un peu d'analyse on se rend compte d'une part que cette définition de la vie comme le besoin de se sentir vivre à travers des expériences etc. n'est pas vrai que c'est une sorte de justification idéologique afin nous éviter de regarder les choses en face. Heureusement pour moi je souffrais juste assez pour voir que cette conception de la vie était mensongère. D'ailleurs "se sentir vivre", comme si la vie avait besoin d'être attestée régulièremment comme si on devait bien se convaincre qu'on vit bien, "oui là je me sens vivre! ok je vis, ouf!". N'est-ce pas la peur de la mort, le besoin de se rassurer sur un possible anéantissement qui nous pousse à reproduire cette attestation. D'autre part, l'idée que l'abandon du désir, de la "soif" entraîne une perte de relation au monde, un dévitalisation c'est faux, nous l'avons déjà dit la relation qui s'élabore progressivement c'est un lien dont la nature est celle des "quatre illimités", un sentiment mèlé de compassion, d'amour, de joie et d'équanimité, en vérité il n'y a rien de plus vital.

Mais nous n'en sommes pas là! Nous sommes dans le désir et convenablement, nous partons donc de beaucoup plus loin non seulement que ces ascètes (ou plutôt il était aussi loin que nous mais dans l'autre sens) mais peut-être aussi que de certaine des personnes vivantes dans des sociétés où ce genre de conception est valorisée. Notre culture est entièrement branchée sur ce "se sentir vivre". Dès lors est-ce seulement possible de prendre ce chemin? oui absolument. Pourquoi parce que la voie du Bouddha est beaucoup plus subtile et intelligente qu'un simple rejet du monde, elle nous prend là où nous sommes avec ce que nous sommes en nous apprenant à nous observer et à nous comprendre pas seulement ou même pas nécessairement en nous disant d'abandonner les objets du désir ou avec des raisonnements complexes mais en nous montrant la racine de la souffrance en nous ammenant à en observer le fonctionnement. Et cette racine c'est la "soif", le karma, la volition. Ce sont des synonymes. En effet, pas besoin d'abandonner des objets, abandonner l'objet, le rejetter ne changera rien à la tendance volitive, elle sera toujours là et trouvera un autre objet pour assouvir la "soif".
Par la méditation on travaille sur ce noeud qu'est là "volition", "l'acte mental" et on rééduque la volition pour qu'elle puisse aussi apprendre à la "lacher" et plus seulement à "prendre". On travaille alors sur le remplacement de facteur mentaux quicet fois sont libérateurs. On cherchera par exemple à remplacer cette "soif" par les facteurs mentaux de l'attention et de la concentration. Nous y reviendrons dans le Sentier Octuple. Aujourd'hui on entend plus que des discours sur le "lacher prise" etc. Mais le "lacher prise" n'est pas le lacher des objets, des événements et des personnes mais la relachement de la "volition mentale", c'est donc un "lacher prise" intérieur dont il s'agit.
Ce "lacher prise" est une travail de longue haleine. Il se travaille sur de nombreuses années, il faut un peu de détermination mais les fruits extérieurs sont là et viennent d'eux-même. Bien sûr on peut se dire tel acte (sans parler des actes répréensibles, tuer, voler, etc... ce qui va de soit) petit à petit je vais l'abandonner, on peut faire des voeux, mais pas dans un jugement culpabilisant et rigoriste parce que la méditation viendra nous aider petit à petit à le "lacher" sans que un sentiment de manque vienne nous faire perdre notre joie de vivre. Parce que c'est ça l'objectif c'est de remplacer peu à peu le besoin de "se sentir vivre" par la simple "joie de vivre" sans qu'aucun artifices extérieurs ne doivent venir nous rappeler à l'existence. Parce que sa source est intérieure.

Il y a évidement des désirs dont la force est plus grande que d'autres, pas besoin de vous faire un dessin. Là aussi les choses s'appaisent petit à petit selon les circonstances. Mais là non plus vous ne risquez pas l'impuissance. Néanmoins même envers ces désirs très puissant on peut travailler dans l'immédiat sur l'analyse des effets de ce type de désir. Par exemple je vois un corps de femme cela produit du plaisir s'il me paraît plaisant, mais si c'est sur cette seule forme que se produit le plaisir, déjà je suis appelé à une autre forme ou je transforme celle-là dans mon imagination afin de maintenir la stimulation du plaisirs, il me faudra combien de ces images ou de ces transformations phantasmatiques pour maintenir cela? jusqu'au moment où viendra nécessairement la lassitude. Bilan de l'oprération rien, nada! Où plutôt si des empreintes karmiques, des actes mentaux qui seront la cause d'actes mentaux futurs. Dès lors lorsque nous sommes dans la concupicence ne nous jugons pas, observons comment l'esprit agit dans cette situation, comment agit la "soif" pour produire la "saisie" et l'"attachement" à ces images mentales, comment il fait pour pousser à l'action physique et verbale. Evaluer les avancées et éventuellement les reculs dans la pratique par des questions du genre :"Est-ce que cela à encore de l'impact? beaucoup? moins qu'avant? etc. ?" Après posons un constat objectif sur l'enchaînement de ces actions, faisons un bilan sur les satisafactions et insatisafactions, sur leur capacité à nous aporter une vrai paix en terme de bien être pour nous même et les autres et pas seulement en terme de soulagement momentané. Si le bilan en terme de bien-être total pour nous même et autrui est positif si cela l'a fait croitre c'est qu'on est dans le bon pour le moment. Si sur une plus longue période on voit que le même comportement produit un bilan négatif pour autrui et pour nous c'est que ce comportement est inadéquat et qu'on doit travailler sur celui-ci afin de le désamorcer par la méditation.

Donc partons de là où nous sommes et en nous imposons pas de trop grands idéaux qui pourraient devenir des fardeaux. On voit comment fonctionne la Voie du Milieu. Lorsqu'on sent qu'on va trop dans les plaisirs sensuels que cela produit des dérèglements dans notre comportement reprenons l'effort par une pratique combinée de la méditation et de l'abandon des actes en question. Si on cherche à abandonner quelque chose et que cela produit un trop gros manque d'un coup, relachons un peu l'effort et ainsi de suite de cette manière l'effort sera juste et gardera une certaine douceur.
A partir de là on comprend que cela est un chemin progessif et qui peut être adapter à chacun.
Le Bouddha n'enseignait pas qu'à des moines, il enseignait aussi à des laics à plusieurs reprises il donna des conseils à des gens venu lui demander comment mener la vie dans le monde. Il donnait génralement des conseils sur la famille, encouragait la monogamie, le respect mutuel des époux, la fidélité, le respect des serviteurs et des maîtres, une conception égalitaire des êtres, donnait des conseils sur la gestion des royaumes, comment gèrer les deniers du ménage, des héritages famillaux, comment organiser les dons aux déshérités etc. et seulement après il expliquait la nature de dukkha et la pratique méditative. Le Bouddha n'a jamais opposé la spiritualité au monde. Néanmoins ceux qui désiraient développer les qualités d'un Eveillé pousser leurs efforts au-delà. C'est pour cette raison qu'on ne doit pas juger du degrés d'engagement d'une personne dans une voie spirituel. Certains chercheront un bien-être et un confort spirituel relatif, d'autres seront prêt à engager plus de temps et d'effort dans la voie pour dépasser les connaissances et les réalisations relatives mais il n'y a pas à dire l'engagement total est bien l'engagement à moitié ces mieux et l'engagement léger c'est mal. L'important c'est que la part totale de bonheur, de compréhension, de bien-être, de sagesse, de joie, augmente dans le monde.
Certain aurons de plus gros attachement que d'autres à certaines choses et modulerons leurs efforts en fonction de cela, certain se sera la colère, la curiosité pour la vie des autres, d'autres le besoin du regard approbateur d'autrui à travers des oeuvres, d'autres l'attraît érotique ou le plaisir de l'achat, du chopping, pour d'autre l'amour des jeux de concepts, etc. parfois tout ça en même temps. Le mot clef c'est compassion, d'abord sans quoi rien n'est possible la compassion envers soi, accepter ses limites, ses lachetés, ses turpitudes sans quoi on ne pourra pas les abandonner sans s'y relier sainement, on ne voudra pas les voir, on les niera et on souffrira lorsqu'elles se manifesteront. La compassion, l'acceptation de ce qu'on est est aussi un long travail.


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Jean-Sherab
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PostPosted: 02/12/2006 13:21:47    Post subject: Le premier enseignement du Bouddha Reply with quote

2emme Noble Vérité (suite)


Alors quoi on ne pourra plus faire tout ça? Il y aura des choses qu'on abandonnera facilement parce que elles sont sans intérêt, d'autre qu'on abandonnera avec un long travail et qu'on finira par abandonner parce que elle ne nous manquerons plus grace à la stabilité intérieure acquise par la méditation et le développement dans le courant de conscience des "quatre illimités", d'autres qui resterons peut-être mais de manière assainies. D'autres encore que nous arriverons à voir comme les causes d'un Bonheur authentique, celles-là devrons être encouragée et faire l'objet d'une assiduité progressive, afin de les pousser à leurs plein accomplissement. C'est essenntiellement l'Octuple Sentier, les "quatre illimités" et ce qu'on appelera aussi les 6 paramitas.
De manière générale, le Bouddha à montrer que la "soif" n'était pas le seul moteur de l'existence ni le plus utile et efficace. Les oeuvres, la tendresse même la sexualité toutes ces choses peuvent s'accomplir sans que la "soif" entre en ligne de compte. Les même choses mues par la sagesse des "quatre illimités" gagnent en authenticité et en gratuité.

Mais que cela ne vous empêche pas de faire du chopping Wink Vous acheterez non plus mue par la "soif" mais par la joie ça fait toute la différence. Satisfaite de peu ce sera aussi le porte-feuille qui sera plus heureux et peut-être aussi ceux à qui vous ferez des cadeaux ou l'une ou l'autre associations d'utilité publique.

Donc voilà la racine, la volition mentale qui nous pousse à saisir et entretenir les objets mentaux. La volition saisit même les pensées déplaisantes si bien que la saisie, la soif est un mode mental pour une grande partie incontrôlée. Elle est l'acte volontaire par excellence, la source de la volonté et en même est largement instinctive et non-controlée. C'est là que le Bouddhisme réfute une certaine conception du libre arbitre, la liberté n'est jamais inconditionnée, l'idée que l'espace d'un instant on puisse s'extraire de ses déterminations pour faire un choix libre est une vue l'esprit. Tant que nous ne serons pas des Bouddhas nos choix seront conditionnés. Ce qui ne veut pas dire que la liberté et la possibilité de choix n'existent pas mais leur pouvoir réel est fortement relativisé.
Ainsi lorsqu'une pensée désagréable apparaît à l'esprit suite à des causes et des conditions, situations etc. Au lieu de la lacher et d'arriver à ce détendre la laissant se dissoudre d'elle-même nous la saisissons si bien qu'un "karma", un "acte" est produit donnant une force à cette pensée si bien qu'au lieu de partir elle restera et produira son action, une sensation de malaise, etc. . Au lieu de laisser passer, de lacher prise, d'abandonner la pensée nous la prenons pour comme la sortir de notre conscience, ce faisant nous produisons l'effet exactement inverse à celui voulu. Nous sommes donc vraiment dans l'ignorance de ces mécanismes et même lorsque nous le comprennons intellectuellement cela ne change pas encore grand chose, il faut appprendre à lacher par l'entraînement à la méditation durant plusieurs années ne fusse que quelque minute par jours (5 à 10 minutes), pas besoin de retraite intensive dans une grotte pendant 20 ans.
De manière générale nous sommes alors envahit de pensée de toutes sortes agréables et désagréables voulant nous attacher aux premières et rejetter les secondes. Mais dans tout les cas il y a égarement et souffrance. D'abord parce que la "soif" qui est à la source des volitions est tellement conditionnée, tellement automatique que elle saisit indistinctement formes mentales agréables et désagréables. Deuxièmement parce que ce n'est pas parce que une formes mentales (concepts, idées, souvenir, phantasmes, émotions) a des effets agréables sur le moment que elles sont source d'un bien-être réel, leurs concéquences sur le moyen et long terme peuvent déteriorer la paix, le contentement, le sentiment de sécurité, l'estime de soi, pousser à des comportements négatifs, etc.
Exemple la colère, sur lemoment on s'y attache, elle semble être légitime, on ne la lachepas parce que elle nous fait du bien, elle nous rassure dans nos choix, elle est le signe de notre sentiment d'avoir été lésé, qu'une injustice à été commise contre nous, etc. Elle sera peut-être le moteur d'acte qui engendrerons plus de malheur que de solution. Et après ... la colère restera là, elle aura été entretenue, même valorisée par nous mais petit à petit elle détruira notre joi de vivre, notre bien être, les même paroles, les mêmes images reviendront, les mêmes sénario de réparation tourneront en tête, etc. Alors est-ce qu'il faut se laisser faire? non! Mais encore une fois la recherche d'une solution et même de justice se fera plus éfficacement si on cherche à contrôler la colère. De cette manière les actions sont moins incontrôlée et de surcroît on fait en sorte que la colère ne nous détruise pas pendant et après. L'idée qu'il faut que la colère sorte sinon on la garde en soi n'est pas juste jusqu'à un certain point parce que avant qu'on doive en arrivé à faire sortir la colère il est possible de ne pas la laisser entrer et s'installer. Mais là non plus ne pas culpabiliser parce qu'on se met en colère c'est un mécanisme normal de l'"ego" qui cherche à proteger le "moi" et le "mien". dès lors ne pas se facher de s'être facher mais prendre tout événement intérieur et extérieur comme support de pratique. Objectiver, le prendre comme un travail à réaliser, pas comme étant la production substantiel d'un "moi" substantiel mais la le jeu de l'interdépendance.
Enfin parce que l'agitation mentales produit des périodes d'euphories suivies de période de dépression plus ou moins important selon les personnes, qui fatigue l'esprit, l'encombre et le rende insatisfait.

De plus on peut continuer longtemps a comparer les deux modes de rapport à l'esprit on ne saute pas à un courant de conscience largement dominé par l'ignorance et la "soif" à un courant intégralement imprègné de la sagesse lumineuse et des "quatre illimités". Pendant longtemps en fait on peut comparer les fois où on à réussit à "lacher prise" et les fois où on a échoué à ne pas se laisser prendre par la "soif" et la volitions mentales. On peut comparer les effets en termes de bien-être, d'aisance émotionnelle, les effets direct dans la vie et dans nos relations avec les autres, etc. Parce que pendant des années nous allons alterner échec et réussite du "laché prise", tant que notre habileté mental n'est pas suffisament avancée il nous arrivera de louper le coche. Pour une maîtrise pas totale mais suffisante il faut, 7, 8, 9 ans selon les gens. Mais les bénéfices en termes de bien-être, de compréhensin, de stabilité émotionnelle, de bonheur et d'harmonie relationnelle elle sont là dès les première années, voir les premiers mois, faut quand même compter une petite années de pratique quotidienne pour que l'on voit vraiment la différence. Pour certaine ce sera peut-être moins je sais pas. Mais quant on réussit il y a pas photo!
Je n'ai encore rencontré personne, bouddhiste ou pas, qui m'ait dit "je regrète de m'être mi à la méditation, je préferais avant". Au début on a peut-être l'impression d'avoir du mal et de se prendre la tête pour rien alors on a des gens qui veulent arrêter mais avec un peu de persévérance et de patience et une fois passé ce cap alors on a plus envie de retourner en arrière. Ca existe peut-être mais je ne connais pas.


C'est ici qu'on doit parler du karma et après du désir d'annihilation..se sera pour la prochane .. Wink


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Jean-Sherab
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PostPosted: 05/12/2006 18:05:13    Post subject: Le premier enseignement du Bouddha Reply with quote

Terminons la Deuxième Noble Vérité en la reprenant rapidement.

Quote:
« Voici, ô moines, la Noble Vérité de l’origine de la souffrance : c’est le désir, lié au plaisir et à la convoitise, qui produit les renaissances."


Nous avons vu en abrégé comment se produit l'enchainement des éléments qui engendre la souffrance. La dernière partie de la phrase: "qui produit les renaissances" est à lier aussi à la partie de la phrase si dessous qui dit : "le désir de l'existence et du devenir".

Au première abord, on pense ici à la théorie des renaissance, de la transmigration. En effet cette transmigration est engendrée par la "soif", celle-ci ne s'éteingnant pas elle engendre la continuation du flux de conscience sous son mode égocentrique, ce qui l'entraîne à reprendre naissance sous une forme ou une autre, en fonction du "fruit" de ses acte passés. C'est le désir du devenir ou de l'existence

Quote:
"Il fait ces délices de ceci et de cela, autrement dit, c’est le désir tendu vers le plaisir des sens, le désir de l’existence ou du devenir"


Nous avons déjà vu cela plus haut.

Quote:
"et le désir de la non-existence ou de l’annihilation."


Ce désir peut prendre plusieurs forme. Il peut prendre un sens de nihilisme matérialiste, il n'y a pas de karma, pas de vie après la mort et les actes n'ont pas de conséquence. Bon maintenant on peut dire qu'il y a un marérialisme humaniste qui cherche la responsabilité à travers la raison. Ce n'est pas parce que Anne morelli a envie d'étrangler Monseigneur Léonard à chaque débat qu'elle le fait, elle sait qu'il y aura des ocnséquences. Very Happy
L'autre c'est a volonté de non-existence, l'idée d'une dissolution pure et simple de toutes formes d'existences. Viens ensuite, et à mon sens ces tendances-ci ne sont que des formes moins radicale de la précédente, les désirs d'autodestruction, les "je ne suis rien", l'autopunition, l'autodénigrement, l'idée de ne pas en valoir la peine. Ces tendances sont plus ou moins présente en chacun de nous. Ainsi les échecs, les actes manqués, l'autosabotage, la culpabilisation maladive, toutes ces choses qui plus ou moins consciement nous disent que notre existence est plus ou moins sans valeurs.

Le désir d'existence et le désir de non-existence ne sont que deux modes d'un même mécanisme qui est celui de la saisie dualiste ou égocentrique, c'est-à-dire la croyance en l'existence d'un soi qui existe réellement comme une entitée séparée et qu'il faudrait soit renforcer, faire perdurer, soit dans le deuxième cas annihiler, on entre laors dans des logiques de sacrifice, etc.
Or cela n'a pas de sens de vouloir annihiler ou sacrifier ce qui n'a jamais existé. Dans les deux cas on est dans l'illusion d'un Soi existant entretenu par la "soif".

Donc pour réaliser la nature de dukkha il faut abandonner ces deux désirs qui en dernière analyse s'alimentent de la même illusion.
Dès lors, est formulé dès le premier enseignement la fameuse formule "ni nihilisme, ni essentialisme".

La prochaine ce sera sur le rapport entre karma et liberté. Wink


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Jean-Sherab
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PostPosted: 14/12/2006 13:20:55    Post subject: Le premier enseignement du Bouddha Reply with quote

Le karma nous l'avons vu est la "volition", le "mouvement qui porte à la saisie" dès lors le karma se réalise toujours dans le présent. C'est important parce qu'on à pris l'habitude de penser le karma comme une dette, c'est-à-dire comme une charge qui détermine notre présent de telle manière que celui-ci serait totalement déterminé.
En effet le karma présentement produit impregne l'esprit de telle manière que les actes passés pèsent plus ou moins fortement selon les circonstances sur le présent et les actes présent donc détermine plus ou moins fortement le futur. Mais ce background d'actes passé est appelé "fruit". Le terme "karma" étant réservé stricto sensu aux actes mentaux et physiques présents. Pourquoi "fruit" parce que ce qui détermine le présent n'est pas le résultat brut à l'identique d'un acte du passé mais la "maturation" des actes passés. Maturation qui veut dire que dans l'esprit les différentes imprégnations interagissent et donc se modifient mutuellement. Néanmoins on parle par commodité de karma pour désigner ce background et on utilise aussi l'adjectif de karmique pour désigner les éléments lié à ce processus. Les conséquences karmique donc, d'un acte négatif pourra être diminuer dans leur négativité par une réparation des dégâts, si la réparation n'est pas possible et même dans le cas où elle est possible par un remord constructif c'est-à-dire la mise un place d'un travail spirituel visant à corriger le travers qui à aboutit à cet acte négatif.
Il faut évidement que ce remord soit mu par une réelle intention de ne plus faire souffrir pas celle de s'arranger avec son "karma". Certain pense le karma comme une banque où on fait fructifier ses acquits. En fait le penser de cette manière c'est produire un karma médiocre. Cette compréhension superficielle du karma a eut dans le bouddhisme la même fonction que la peur de l'enfer et la promesse du paradis dans le christianisme. Le but était de civiliser les peuples par la peur, ce qui n'est peut-être pas la meillieur manière de moraliser la vie mais qui à du moins un impact positif sur la vie sociale pour des gens et à des époques où l'instruction était très faible. Cela dit et heureusement la plupart des gens même peu instruit n'ont pas besoin de la peur pour être bien agir ou même être altruiste et l'instruction ne suffit pas à faire quelqu'un de vertueux.
Mais le "karma" à donc d'une manière plus subtile plusieurs composantes. Nous l'avons vu le "fruit" c'est-à-dire les effets présents de la "maturation" des actes passés dans l'esprit. Ensuite le karma lui-même. L'acte mental de la volition induisant la saisie mental, l'attachement et les actes verbaux et physiques en découlant. C'est un processus mental assez rapide et dont nous avons vu que nous n'en avions pas la maîtrise totale. Ca c'est un mécanisme de base mais d'un point de vue éthique ce mécanisme de base en relation avec le "fruit" induit des comportements mentaux plus élaboré qui ne se limitent plus aux mécanismes mentaux formel (comme la saisie, attention, etc.) mais qui élaborent des contenus de pensées pour justifier ces actes, ce sont les motivations ou intentions. Nous fabriquons des motivations à nos actions qui cherchent à justifier le sens de nos actions. L'intention est donc un élément fondamental du karma. Si par exemple on agit bien en apparence avec l'intention d'"améliorer son karma", le karma produit sera médiocre. En effet l'action altruiste en apparence aura une motivation à finalité égoïste. Pire évidement si on agit pour le bien en apparence même avec des conséquences bénéfiques dans l'immédiat, et que la motivation est celle d'une stratégie cherchant à tromper les autres ou a dissimuler l'objectif réel de notre action, les conséquences à moyen et long terme seront négatives car le fruit des actes mentaux est implacable. Le "fruit" n'est donc pas un juge externe ni un juge interne qui compterait les points et avec qui on pourrait s'arranger, ce sont les actes mentaux eux-mêmes qui participent à imprimer la voie de réalisation de leur conséquences. Notre responsabilité envers nos actes est totale mais dans l'immédiat immergé dans l'ignorance nous sommes incapables d'en assumer la totalité parce que nous n'avons pas la sagesse suffisante pour en voir toutes leurs conséquences à court, moyen et long terme. Dès lors il faut travailler en maximum sur l'intention morale et en même temps être capable d'assumer notre finitude et notre caractère limité lorsque les conséquences de nos actes n'ont pas l'effet escompté. La aussi la compassion envers soi est nécessaire.
En réalité, peu de nos intentions sont pures. Souvent elles sont impures dans le sens ou elles ne sont presque jamais dénuées d'égocentrisme ou très rarement purement altruiste. Par exemple on peut avoir l'intention de poser une action altruiste pour quelqu'un et qu'ensuite l'idée d'un profit personnel apparaîssent, ne fusse que penser au plaisir du regard approbateur d'autrui, ou le fait d'être en accord avec notre conscience et nous éviter par là une culpabilité quelconque. Ou l'inverse on a une intention en grande partie egoiste et qu'une justification altruiste vient après coup. Dès lors, on peut se gargariser sur le fait qu'on agit pour les autres et il faut toujours souhaiter que ce soit le cas mais les mécanismes égocentriques sont tels qu'il est difficile de pouvoir être sûr qu'on est dans un altruisme pur. Il est préférable de chercher à développer une telle motivation par un effort permanent et rester conscient qu'en attendant on reste sans doute largement dans des mécanismes égocentriques. Comme ça on risque pas de prétendre plus qu'on ne peut réellement.
L'un des objectifs de la pratique méditative liée au développement de la sagesse c'est de purifier l'intention jusqu'à ce qu'elle deviennent purement altruiste et qu'à terme l'autre deviennent plus important que soi sans que cela devienne une dénégation ou un sacrifice douloureux de soi. La aussi l'entraînement à l'altruisme, portant l'intention au sens cognitif (vigilence, attention) et l'intention au sens moral sur autrui, un tel entraînement de l'esprit participe (avec la méditation et la sagesse) au décentrement et à l'abandon de la saisie d'un "soi" solide et réel.
Ce n'est pas pour rien que les études en neurobiologie par imagerie cérébrale montrent que les personnes engagées dans l'aide et le service aux autres (psychologique, associatif, social, etc. ...) montrent des modifications du fonctionnement du lobe préfrontal et de l'amydale similaire à ceux que l'on trouve dans le cerveau des méditants et qui montre une plus grande résistance aux émotions négatives. ("Surmonter les émotions destructrices", Daniel Goldman, éd. Robet Laffont).

L'autre composante du "karma" sont les conséquences. Selon les écoles on donne plus ou moins d'importance aux conséquences. Pour certaine les conséquences des actions involontaires n'ont pas du tout d'effets karmiques, pour d'autres ils en ont. Mais les actions volontaires ont toujours des conséquences karmiques même si des actions de nature inverses viennent contre-balancer ou transformer leurs effets directes, voir disparaître par l'action d'un travail conscient et sincère de transformation. Une histoire pour illustrer ce propos raconte qu'un jour où le Bouddha voyagait, il se prit une épines dans le pied, il dit "ce sont les dernier effets karmiques des conséquences d'un acte posé contre une personne que j'ai tué il y a plusieurs centaine de vie". Derniers effets puisque dans ses vies antérieures le Bouddha alors qu'il était encore dans ses vies néfastes trouva la mort, même entré dans ses vies bénéfiques où il commença son travail spirituel, sa vie fût plusieurs fois mise en danger. Lorsqu'il devint un haut bodhisattva il offrit sa vie à plusieurs reprises par amour pour les êtres. Donc le remort, la purification, la reconnaissance des actes, le travail de réparation sont des actes qui permettent à la fois de modifier le courant de conscience et de faire que nous ne poserons plus ce type d'acte à l'avenir, voir que nous aurons développer un détachement tel que nous serons devenu capable de prendre la souffrance sur nous pour secourir les autres.
On voit que les intentions et les conséquences laissent des marques dans le courant de conscience et qui interagissent mutuellement pour produire le "fruit". Mais en dernière analyse c'est l'intention qui détermine le plus le "fruit" puisqu'elle est la racine de l'acte et donc des conséquences. Si l'intention était alimentée de véritables motivations altruistes et que les conséquences n'ont pas les effets positifs escomptés ou même ont des effets négatifs, les effets karmiques des intentions seront plus lourds que les effets karmiques des conséquences.
J'ai parlé de réincarnation plus haut mais on comprend que le "karma" peut être pensé sans recours en la croyance en la réincarnation, le Bouddha n'ayant pas fait de celle-ci un point doctrinal irrévocable.
Quel est la place de la liberté dans cette vision de la psychée et de l'action humaine (ou pas d'aillieurs, la psychée des autres formes d'existence comme les animaux ont un fonctionnement similaire avec moins de liberté évidemment)? Ce sera la prochaine fois. Wink


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Jean-Sherab
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PostPosted: 29/12/2006 14:04:23    Post subject: Le premier enseignement du Bouddha Reply with quote

Cette question qui est celle classique du rapport entre déterminisme et liberté est une chose difficile à saisir. Aujourd'hui en Occident, le rapport entre le discours sur le monde essentiellement scientifique nous parle d'un homme quasi automatisé, régit par des déterminismes aveugles (processus électrochimique et neuroneux), certain auteur vont jusqu'à dire que la conscience elle-même n'est qu'un épiphénomène, une "sécretion" inactive du cerveau dont la finalité est de maintenir l'illusion d'un sujet à des fin évolutive et adaptative (si la conscience n'a pas d'effet rétroactif on se demande lesquelles, voir Dennet, "la conscience expliquée" éd. Odile Jacob qui est sans doute celui qui a pousser le plus loin cette hypothèse de l'esprit-cerveau). Ca c'est le paradygme scientifique le plus largement admis dans la communauté scientifique et dans le grand publique l'hypothèse qui n'est d'aillieurs plus considérée comme une hypothèse par beaucoup mais comme un fait certain, un dogme, un fait scientifique alors qu'il n'y a là qu'une position métaphysique ne pouvant être directement confirmé expérimentalement. Certain cherche à sauver la liberté et la conscience par la notion de "complexité", la liberté apparaîtrait parce que les processus en question seraient très très complexes or la complexité ne change rien à la nature de ces processus, des processus déterministes et aveugles même très complexes restent des processus déterministes et aveugles. Quant à l'hypothèse émergentiste-holiste-rationnaliste (voir, l'intentionnalité de Searle, éd. de Minuit) déjà plus intéressante, elle décrit la conscience comme une qualité émergente de la totalité interconnectée des neurones de la même manière que la qualité liquide émerge des molècules d'eau alors qu'individuellement elle ne possèdent pas cette qualité. Une proprièté nouvelle apparaît dans la totalité qui ne résidait pas dans les parties. C'est intéressant mais cela reste très abstrait et ne repose sur aucune observations. Dans l'hypothèse réductionniste-évolutive on compare le cerveau à un ordinateur (entrée-traitement-sortie) dans l'hypothèse holiste on compare le cerveau à un phénomène naturel (l'eau) mais on reste dans l'analogie, la métaphore rien de scientifique et souvent pourtant ces hypothèse se présentent comme telles (pas dans le cas de Searle qui reste très conscient des limites de son approche contrairement aux réductionnistes). Bref nous ne voyons toujours pas de liberté dans ce cerveau dont tout le monde semble pourtant considérer comme la seule source possible de la conscience tout en niant de fait sa possibilité.
D'un autre côté alors que les conséquences métaphysiques et éthiques d'une telle position métaphysique sur l'esprit ne semble gèner personne et se fondre dans la culture ambiante avec la caution d'un prétendu rationalisme, cette même culture exalte la liberté comme une réalité allant de soi. De plus, la liberté telle qu'elle est plus ou moins promue dans l'idéologie ambiante est celle de la liberté de choix dans sa forme la plus plate et insignifiante. Le fameux "je fais ce que je veux!", dans cette conception les affects, émotions et impulsions spontannées sont considérées comme non problèmatiques tant qu'elles ne transgressent pas le cadre de la loi, les limites de cette liberté sont purement extérieures. Mais au sein de ces limites de nombreuses choses sont encore possible qui ne trouve pas de limites légales et temps mieux sans quoi aucune éthique ne serait possible. Si cette conception est une sorte de degrés zero de la liberté dans la mesure où elle se croit en essence totalement inconditionnée pensant la loi comme une limitation nécessaire mais contraire à la nature inconditionnée de la liberté. C'est en rapport spontanné, naïf et irréfléchit à la liberté mais le problème c'est que cette conception tend à se répendre notament à travers une certaines conception de l'économie de consommation de masse où la liberté fini par se réduire à notre "pouvoir d'achat" et où lorsque celui-ci n'est pas suffisant nous ne remettons pas cette prétendue liberté en question mais la loi, l'autorité qui est alors accusée de nous réfréner dans celle-ci, en nous privant du pouvoir de consommer qui est alors confondu avec le pouvoir d'être.
Alors attention je parle ici d'une certaine mentalité dans la conception de la liberté, je ne parle pas ici d'exigence de justice sociale légitime. Parce que il n'y a aucune raison que ce soit seulement ceux que leurs capacité financière ne leur permettent pas d'exercer ce pouvoir qui devraient remettre cette conceptions de la liberté en question mais tout le monde.
Heureusement, même si nous sommes tous plus ou moins imbibé de cette idéologie pour la plus grande part d'entre nous nous sommes tourner vers des conceptions plus rafinées de la liberté.
Dès lors, un rafinement supérieur de cette liberté est celle qui considère que ma liberté se limites là où commence celle des autres, là il y a un début d'intériorisation de la limites, l'individu fait sienne la limite et la nécessité d'un contrôle minimal de soi parce qu'il sait que c'est dans son intérêt, c'est l'égoisme rationnel qui est encore trop formel pour être considéré comme éthique. Ensuite le degrès supplémentaire est celui où expérimentant la souffrance en notre propre individualité nous ne désirons pas infliger la même chose à d'autres et cherchons à l'éviter.
Cette liberté qui prend appui sur la conscience de la souffrance de l'autre pour s'autolimité est en fait le premier moment éthique et altruiste de la liberté. La conscience de la souffrance sert alors de contenu imaginatif permettant de jauger du caractère éthique ou altruiste d'une action. Ce moment est formulé dans toutes les traditions religieuses comme par exemple la fameuse injonction du Christ: "Ne fait pas à autrui ce que tu n'aimerais pas que l'on te fasse".

Ou le Bouddha qui devant un roi lui disant qu'après examen il était difficile de trouver plus chère que soi-même, lui répondit
Quote:
:"Même si l'on traverse le monde entier , on ne trouvera point quelqu'un de plus cher que soi-même. Puisque chacun est la plus chère personne pour soi. Que personne n'inflige une souffrance à personne"

Ou encore dans le Dhammapada (v. 129)
Quote:
"En comparent la douleur de sa propre personne avec celle de la victime, on ne doit pas la harceler ni la tuer "

Mohan Wijayaratna, les entretiens du Bouddha", Seuil, point sagesse, p 129.

Donc la réflexion est un moment important de la liberté, elle mets déjà à distance les impulsions immédiates afin d'en voir les conséquences de manière plus vaste. On prend déjà distance avec l'idée de la liberté comme étant "je fais ce que je veux", voyant que loin d'être une liberté authentique c'est en fait un mode de vie largement aliénant. La conscience de l'autre grandit. Parfois on entend que dans le Bouddhisme il ne faut plus penser, c'est faux et c'est une présentation dangereuse. Les trois entraînements du bouddhisme sont Sila (l'entraînement éthique), Samadhi (l'entraînement à l'attention et à la méditation pacifiante qui permet de "voir" les processus de production mentale et où on doit préalablement s'entraîner à lacher les pensées) et panna (la sagesse, la réflexion, etc..). Grace à samadhi on comprend de manière intuitive, non-réflexive la manière dont se produit la souffrance, c'est-à-dire par l'attachement égocentrique, la "soif", étant de plus en plus conscient de ses modes d'apparition. Tout en nous en libérant de plus en plus de cette souffrance, nous sommes de plus en plus conscient de "comment" nous souffrons, les autres souffrent, se font souffrir et éventuellement nous font souffrir. Et "comment" souvent malgrès nous, nous faisons souffrir les autres. Comprenant cela de manière non-réflexif par la contemplation, nous refléchissons ensuite sur les données receuillies par cette contemplation, sur les causes et les effets des actions, sur les intentions, nous analysons nos motivations, nous mettons en mot les processus de production observé, c'est panna. Etant de plus en plus conscient du caractère universel de l'ignorance et de la souffrance dans laquelles nous sommes tous plongé, le développement de sila (dana, la générosité, metta, la bienveillance, etc..) devient de plus en plus naturel et prioritaire. Sila, sammadhi et panna se développent et se renforcent mutuellement.
Mais n'étant pas directement capable de comprendre la souffrance et toutes les conséquences de nos actes, il faut commencer par un travail sur panna, la réflexion, c'est ce qui nous est le plus directement accessible. Comme le montre ce Soutra du Bouddha à son fils de 7 ans.

Quote:
>© Nanabozho (Gichi Wabush)

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Majjhima Nikaya 61
Ambalatthikarahulovada Sutta
L'enseignement à Rahula à la Pierre de Mangue

D'après la traduction du Pâli à l'Anglais par Thanissaro Bhikkhu.
Pour distribution gratuite exclusivement.

Tiré de That the True Dhamma Might Last a Long Time: Readings Selected by King Asoka, traduit par Thanissaro Bhikkhu.


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J'ai entendu qu'en une occasion le Béni du Ciel demeurait à Rajagaha, au Bosquet de Bambous, le Sanctuaire des Ecureuils.

A cette époque le Vén. Rahula[1] demeurait à la Pierre de Mangue. Alors le Béni du Ciel, sortant de sa réclusion tard l'après-midi, alla là où le Vén. Rahula demeurait à la Pierre de Mangue. Le Vén. Rahula le vit venir de loin et, en le voyant, prépara un siège et de l'eau pour laver les pieds. Le Béni du Ciel s'assit sur le siège préparé pour lui et, s'étant assis, lava ses pieds. Le Vén. Rahula, s'inclinant devant le Béni du Ciel, s'assit d'un côté.

[...]

"Comment vois-tu ceci, Rahula: A quoi sert un miroir?"

"A la réflexion, monsieur."

"De même, Rahula, les actes corporels, les actes verbaux, et les actes mentaux doivent être accomplis après mûre réflexion.

"Chaque fois que tu voudras accomplir un acte corporel, tu devras y réfléchir: 'Cet acte corporel que je veux accomplir -- est-ce qu'il pourrait mener à une calamité pour moi-même, à une calamité pour les autres, ou pour les deux? Est-ce un acte corporel malhabile, aux désagréables conséquences, aux désagréables résultats?' Si, à la réflexion, tu sais qu'il entraînerait une calamité pour toi-même, une calamité pour les autres, ou pour les deux; que ce serait un acte corporel malhabile aux désagréables conséquences, aux désagréables résultats, alors tout acte corporel de ce genre est absolument inapproprié pour toi. Mais si à la réflexion tu sais qu'il n'entraînerait pas de calamité... que ce serait une action corporelle habile aux heureuses conséquences, aux heureux résultats, alors tout acte corporel de ce genre te convient.

"Lorsque tu es en train d'accomplir un acte corporel, tu devras y réfléchir: 'Cet acte corporel que je suis en train de faire -- est-ce qu'il mène à une calamité pour moi-même, à une calamité pour les autres, ou pour les deux? Est-ce un acte corporel malhabile, aux désagréables conséquences, aux désagréables résultats?' Si, à la réflexion, tu sais qu'il mène à une calamité pour toi-même, à une calamité pour les autres, ou les deux... tu devrais l'abandonner. Mais si à la réflexion tu sais que ce n'est pas le cas... tu peux continuer à le faire.

"Ayant accompli un acte corporel, tu devras y réfléchir... Si, à la réflexion, tu sais qu'il entraîne une calamité pour toi-même, à une calamité pour les autres, ou pour les deux; que c'était un acte corporel malhabile aux désagréables conséquences, aux désagréables résultats, alors tu devrais t'en confesser, le révéler, le mettre à plat devant l'Enseignant ou un compagnon avisé dans la vie sainte. L'ayant confessé... tu devrais faire preuve de modération à l'avenir. Mais si à la réflexion tu sais qu'il n'entraînerait pas de calamité... que c'était une action corporelle habile aux heureuses conséquences, aux heureux résultats, alors tu devrais demeurer mentalement rafraîchi et joyeux, t'entraînant jour et nuit dans les qualités mentales habiles.

"Chaque fois que tu voudras accomplir un acte verbal, tu devras y réfléchir: 'Cet acte verbal que je veux accomplir -- est-ce qu'il pourrait mener à une calamité pour moi-même, à une calamité pour les autres, ou pour les deux? Est-ce un acte verbal malhabile, aux désagréables conséquences, aux désagréables résultats?' Si, à la réflexion, tu sais qu'il entraînerait une calamité pour toi-même, à une calamité pour les autres, ou pour les deux; ce serait un acte verbal malhabile aux désagréables conséquences, aux désagréables résultats, alors tout acte verbal de ce genre est absolument inapproprié pour toi. Mais si à la réflexion tu sais qu'il n'entraînerait pas de calamité... ce serait une action verbale habile aux heureuses conséquences, aux heureux résultats, alors tout acte verbal de ce genre te convient.

"Lorsque tu es en train d'accomplir un acte verbal, tu devras y réfléchir: 'Cet acte verbal que je suis en train de faire -- est-ce qu'il mène à une calamité pour moi-même, à une calamité pour les autres, ou pour les deux? Est-ce un acte verbal malhabile, aux désagréables conséquences, aux désagréables résultats?' Si, à la réflexion, tu sais qu'il mène à une calamité pour toi-même, à une calamité pour les autres, ou pour les deux... tu devrais l'abandonner. Mais si à la réflexion tu sais que ce n'est pas le cas... tu peux continuer à le faire.

"Ayant accompli un acte verbal, tu devras y réfléchir... Si, à la réflexion, tu sais qu'il entraîne une calamité pour toi-même, à une calamité pour les autres, ou pour les deux; que c'était un acte verbal malhabile aux désagréables conséquences, aux désagréables résultats, alors tu devrais t'en confesser, le révéler, le mettre à plat devant l'Enseignant ou un compagnon avisé dans la vie sainte. Ayant confessé... tu devrais faire preuve de modération à l'avenir. Mais si à la réflexion tu sais qu'il n'entraînerait pas de calamité... que c'était une action verbale habile aux heureuses conséquences, aux heureux résultats, alors tu devrais demeurer mentalement rafraîchi et joyeux, t'entraînant jour et nuit dans les qualités mentales habiles.

"Chaque fois que tu voudras accomplir un acte mental, tu devras y réfléchir: 'Cet acte mental que je veux accomplir -- est-ce qu'il pourrait mener à une calamité pour moi-même, à une calamité pour les autres, ou pour les deux? Est-ce un acte mental malhabile, aux désagréables conséquences, aux désagréables résultats?' Si, à la réflexion, tu sais qu'il entraînerait une calamité pour toi-même, une calamité pour les autres, ou pour les deux; ce serait un acte mental malhabile aux désagréables conséquences, aux désagréables résultats, alors tout acte mental de ce genre est absolument inapproprié pour toi. Mais si à la réflexion tu sais qu'il n'entraînerait pas de calamité... ce serait une action mentale habile aux heureuses conséquences, aux heureux résultats, alors tout acte mental de ce genre te convient.

"Lorsque tu es en train d'accomplir un acte mental, tu devras y réfléchir: 'Cet acte mental que je suis en train de faire -- est-ce qu'il mène à une calamité pour moi-même, à une calamité pour les autres, ou pour les deux? Est-ce un acte mental malhabile, aux désagréables conséquences, aux désagréables résultats?' Si, à la réflexion, tu sais qu'il mène à une calamité pour toi-même, à une calamité pour les autres, ou pour les deux... tu devrais l'abandonner. Mais si à la réflexion tu sais que ce n'est pas le cas... tu peux continuer à le faire.

"Ayant accompli un acte mental, tu devras y réfléchir... Si, à la réflexion, tu sais qu'il entraîne une calamité pour toi-même, à une calamité pour les autres, ou pour les deux; que c'était un acte mental malhabile aux désagréables conséquences, aux désagréables résultats, alors tu devrais t'en sentir angoissé, honteux, et dégoûté. Te sentant angoissé... tu devrais faire preuve de modération à l'avenir. Mais si à la réflexion tu sais qu'il n'entraînerait pas de calamité... que c'était une action mentale habile aux heureuses conséquences, aux heureux résultats, alors tu devrais demeurer mentalement rafraîchi et joyeux, t'entraînant jour et nuit dans les qualités mentales habiles.

"Rahula, tous ces prêtres et contemplatifs au cours du passé qui ont purifié leurs actes corporels, leurs actes verbaux, et leurs actes mentaux, l'ont fait au moyen d'une réflexion répétée sur leurs actes corporels, leurs actes verbaux, et leurs actes mentaux juste de cette manière.

"Tous ces prêtres et contemplatifs au cours de l'avenir qui purifieront leurs actes corporels, leurs actes verbaux, et leurs actes mentaux, le feront au moyen d'une réflexion répétée sur leurs actes corporels, leurs actes verbaux, et leurs actes mentaux juste de cette manière.

"Tous ces prêtres et contemplatifs à présent qui purifient leurs actes corporels, leurs actes verba